mardi 15 août 2017
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Basquin, baba du plagiat !

     Tinbad est donc le nom que Basquin a choisi pour sa petite entreprise de pillage. Ça vient de James Joyce, au cas où on n’aurait pas compris, et c’est un dérivé inventé par l’Irlandais du nom du fameux marin. Sinbad…

Aucun rapport entre « les aventures » de l’éditeur-écrivain-copieur Basquin et celles de Sinbad qui, lors du troisième voyage, crève les yeux du géant pour s’enfuir de l’île sur laquelle il est retenu en otage. Ici, Basquin s’aveugle lui-même afin de se constituer prisonnier du délire germanopratin anachronique qui le rend fou (ça a été écrit, ce taré s’imagine toujours au Flore dans les années 60). Enfin… Joyce a transformé Sinbad the Sailor en Tinbad the Tailor. C’est de l’anglais. Ça signifie tailleur. C’est assez bien vu finalement : « Découvrez dans la revue Tinbad de nombreux patrons d’auteurs connus à imprimer pour créer vous-mêmes votre ersatz de Nabe (exemple à l’appui, page Ljuvjine) ! » Et puis qui dit tailleur dit ciseaux ! Il a oublié l’essentiel : parce qu’en réalité, qu’est-ce que signifie le symbole de la paire de ciseaux ? Pas l’artisanat, pas la découpe, mais la censure, bien sûr ! Basquin, l’homme sans couilles (coupées par sa femme), censeur de ceux qui en ont, petit frileux mesquin et ambitieux, mégalomane patenté. Comment tendre le bâton pour se faire battre… à plate couture. Basquin avait l’embarras du choix pour le titre de sa maison d’édition et sa revue gênante. Il aurait tout aussi bien pu privilégier Ninbad the Nailer (« Pour une crucifixion de la littérature ! ») ou Finbad the Failer (faut-il vraiment expliciter ce qu’est un fail ?)…
     Il n’a pas encore fini de nous basquiner avec ses jérémiades le pilote qui joue les filles de l’air dès que se ramènent le talent, la réalité, le bon sens et la mention de l’horrible nom d’Israël ? Quel manque de discernement à tous les niveaux ! Une revue avec les Vesper ? Ce petit monsieur préfère s’allier avec Lucchesi et Rouchet, leurs restes. On lui propose du Nabe ? Ou au pire du Sollers et du Schuhl ? Monsieur, méprisé par les trois qui n’avaient pas de temps à perdre avec sa médiocrité, nous parle d’Henric… Merde à la fin. C’est le chapeau en poil de lapin qui ne le quittait jamais à l’hiver 2014 – quand Basquin se crasha dans la galerie de Nabe, rue Daru – qui lui donne des envies de prestidigitation ? Sa schizophrénie littéraire aurait du nous mettre la puce savante à l’oreille… Le tour de passe-passe de celui qui rejette, d’un coup, tout son mépris sur l’artiste qu’il disait admirer la semaine précédente – quand il se lamentait précisément du mépris dont l’artiste aimé était injustement l’objet –, on connaît, on l’a dit ! Vexé de s’être fait éconduire par Sollers qu’il continue à singer (Singer, c’est aussi un nom de machine à coudre – faut suivre !), puis forcé de désavouer un Nabe qui n’avait aucune raison de s’acoquiner avec ce pirate de l’air aux commandes d’un vaisseau rempli de fantômes – dont certains tenteront de faire réapparaître le Nabe du Régal – Basquin a eu l’idée de fonder son propre Infini (en nul) pour lâcher sur un terrain miné ses sbires (pour le coup) mal intentionnés. Mais surtout, pour ne pas répéter ce qui est déjà maintenant connu de tout l’univers, Basquin a fait de Tinbad une véritable maison à plagiats.

« I love Plagiat »

     Le plagiat, c’est un concept dans lequel le pauvre Basquin se perd complètement et s’emmêle les pinceaux, et encore plus depuis que son pauvre petit Ljuvjine a été humilié. Pour défendre ses morceaux de steak dégueulasses, Basquin s’est enfoncé dans une sorte d’enfumage absolu avec l’objectif de donner une étrange nouvelle définition de l’enculerie littéraire, du plagiat éhonté. Psychologiquement, dans l’inversion, ça a été prouvé, mais aussi carrément sur le papier, concrètement, avec des arguments qu’il pense littéraires. Mais le pauvre Basquin n’y comprend rien à la littérature, et ses amis non plus.
     La première chose qu’il faut rappeler pour comprendre pourquoi Guillaume Basquin, qui valide d’un « Soit. » nos démonstrations de leur pillage salaud, accepte, valide et pousse de jeunes types comme Ljuvjine à réécrire en moins bien, en très nul, l’œuvre d’un autre, c’est simplement parce qu’il a fait la même chose, lui, avec Sollers. Si Basquin adore le plagiat de Nabe par Lucchesi, c’est parce que ça le conforte dans sa cécité sur tout ce qu’il a piqué aux autres, Sollers, Joyce et tant d’autres. Au-delà de la revue copiée sur L’Infini, c’est le livre de Guillaume Basquin (L)ivre de papier (ce titre de merde est authentique) qui est un pompage insignifiant et très moche de Paradis de Sollers, bien entendu.

     Cette capture est une mine d’or de révélations sur l’esprit pourri du Basquin. Ces commentaires se trouvaient sur sa page Facebook, en-dessous de la publication qui mettait en avant sa fameuse lettre ouverte déjà évoquée. Pour se défendre, Basquin utilise deux arguments. Le premier, contre lui totalement dès le titre, c’est cet article de zone-critique.com sur son livre, ce « plagiat éperdu ». Le deuxième, c’est cette variation de Picasso sur un thème delacroixien qui fait écho à l’exemple qu’il cite dans son immonde lettre, celui de Debussy et Ravel qui auraient enfanté Stravinsky. Ce n’est pas tout à fait faux, mais ce n’est pas tout à fait vrai… Ce que Basquin ignore sans doute, c’est que si Debussy et Ravel (surtout Ravel) ont été enthousiasmés par leur « enfant » russe issu de leur fertile non-stérilité, c’est qu’ils y ont vu, dans les années 1910, non un copieur ingrat plagiaire, mais un jeune pair.
     Il y a un troisième argument avec lequel Basquin enfume son monde : l’exemple Lautréamont… Ce pauvre Isidore obligé de porter sur son dos la responsabilité depuis sa mort de tous les pilleurs qui se croient encouragés dans leur démarche qu’ils s’imaginent similaires à celle du génie qui écrivait ses Poésies et ses Chants… Et c’est là qu’est l’arnaque. Ce que Basquin fait semblant de ne plus voir, c’est qu’il y a quelques différences entre les créations d’un Picasso, d’un Stravinsky, d’un Lautréamont, et celles de Basquin et Ljuvjine. La première, fatale et indiscutable, c’est qu’eux, les premiers, sont tous bons, excellents, géniaux, quand les seconds, les loques de chez Tinbad sont médiocres et vides. La deuxième, c’est que Picasso comme Stravinsky, au premier regard ou à la première note, leurs univers nous sautent aux yeux et aux oreilles. Picasso, quand il varie sur du Delacroix, ça reste du Picasso absolument, sans aucune hésitation, c’est ce chaos génial d’une peinture révolutionnaire qui est peut-être l’une des plus personnelles ! Stravinsky, c’est la même chose. La troisième différence, c’est qu’il n’y a jamais chez ceux qui s’inspirent le désir de nier l’inspiration. Picasso et Delacroix, c’est très documenté, et les musiciens, encore plus ! Non seulement ce n’est pas copié à plat, mais en plus ce sont des inspirations et des hommages qui servent de vecteurs à un monde nouveau, c’est-à-dire l’art éternel, et ça c’est non seulement normal mais magnifique. Que plusieurs génies travaillent sur Les Ménines, ça n’a rien de dégueulasse, c’est grand !
     Tout ça n’a absolument aucun rapport avec un jeune con comme Lucchesi qui écrit 160 pages sans aucune idée nouvelle (parce que c’est vous, Tinbad, qui n’avez pas d’idées) et qui les découpe en chapitres qui se collent à ce que Nabe a dit ici, écrit là, en fonction des thèmes. Il n’y a aucun univers, aucune nouveauté, pas même l’ombre d’une seule minime variation (la seule, c’est la bossa qui remplace le Jazz (c’était trop gros), et ça ne trompe personne, franchement…) ou l’effort d’un angle inédit (on a pourtant prouvé que c’est faisable), et puis c’est fait en douce, en dénégations continuelles, et puis c’est surtout tellement mauvais, tellement en-dessous de l’original. Pour prolonger l’analogie bancale, ça aurait été comme si Delacroix avait subi une notoriété et une ostracisation « à la Nabe » à l’époque, et qu’un peintre médiocre, fan malade, en avait profité pour reproduire en très foireux les mêmes tableaux afin de se faire mousser sa propre petite carrière dans les salons rêvés, le tout en niant son maître et lui crachant carrément dessus avec son mécène ! On est loin de Picasso, et du génie de Ducasse qui révolutionnait la langue, à la fois dans ses Poésies, sorte de travesties subversives et poétiques, et dans ses indépassables Chants où il s’amusait à coller des morceaux de manuels animaliers, par exemple, pour tromper un certain lyrisme. C’était génial, et drôle, et ça fonctionnait, c’était du vrai collage ça, du vrai découpage ! C’était surtout nouveau. Ce n’était pas du plagiat. Les malades de la copie qui utilisent Lautréamont pour se protéger sont aussi cons que les incapables de l’art contemporain qui brandissent Duchamp comme bouclier.

Papaternité

     Enfin, ce qui semblent hanter les nuits de Guillaume Basquin, c’est la question de la paternité. Pourtant il a des petites filles très gentilles, on s’en souvient bien, elles lui tiraient le pantalon quand elles en avaient marre, pour qu’il les suive et parte, en bon toutou, alors que Basquin bavait, en érection, la queue agitée, devant les manuscrits de Nabe exposés à la rue Sauton… Basquin considère que Nabe se défile de son rôle de père des enfants que Basquin voudrait lui attribuer. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? C’est L’Arche de Basquin ? Aux dernières nouvelles, Nabe est déjà le père d’un fils en âge d’éclater de rire aux conneries du pilote connard, Nabe est aussi en pleine activité bouillonnante, et surtout Nabe devrait pouvoir avoir son mot à dire sur ceux dont il pourrait accepter la paternité ! Il n’y a aucun mystère ni aucune trahison derrière toute cette histoire : Nabe n’a pas envie d’être le père de grosses merdes, et de nuls. C’est aussi simple que ça. C’est à lui de distribuer ses sourires et ses accolades, pas à monsieur Basquin de trépigner parce que d’autres, plus méritants, ont déjà été préférés à lui, et qu’ils le seront à nouveau, avec d’autres encore espérons-le, à l’avenir. Il y a là aussi comme un décalage dans la réalité du Basquin qui devient comme conspirationniste de lui-même et de la littérature. Alors que ce qui a rendu dingue Basquin ça a été de se faire dégager d’Adieu et l’existence même d’Adieu (revue de jeunes, lancées par deux jeunes, auxquels Nabe a accepté d’offrir son aide et son patronnage, jusqu’à l’ours final, prouvant ainsi sa générosité et son amour de la jeunesse), il continue de crier partout que Nabe et ses amis seraient égoïstes, ne rouleraient que pour eux, et n’aimeraient pas la jeunesse. Léger souci…
     Une autre capture pour la route qui expose la folie du bonhomme qui sous-entend carrément que si Verlaine a fait feu sur Rimbaud, c’était par haine du style, par jalousie littéraire, et surtout pas par amour, par haine, par belle folie érotique et poétique, conflictuelle et malheureuse… Non seulement complotiste parano, conspi de lui-même, mais en plus à moitié réviso ? Bravo ! Bien dans l’époque !

     Le peu de raison qu’il reste à toute cette sale bande est utilisée pour essayer de se sortir de ce trou noir d’incohérence et de honte. Comment ? Par la mégalomanie exagérée, et stimulée par un entre-soi pathétique, naturellement. Tout y passe dans le défilé des illusions ! La jeunesse, le courage, et toutes ces notions contraires à ce qu’ils sont, certes, mais aussi des compliments jetés en pâture pour eux-mêmes, et des comparaisons bien trop flatteuses, carrément en citant des géants qui n’ont pas demandé de tels crachats…

     Pas gêné, le Basquin. Ses auteurs seraient du niveau de Mallarmé, carrément ! Et en plus, ce nul ose la leçon au grand Stéphane !

     Basquin/Breton, même combat ? Il se prend maintenant pour André Breton, le type amoureux de notre Jacques Vaché ? Jacques Vaché que Basquin est parvenu à nous voler (même ça…) pour l’exergue de son premier numéro de sa revue… Salaud !

     Il arrive à Basquin de patauger. Sollers, son deuxième Dieu, qui est à la fois apparemment un « fake » (incroyable, on dirait du Asensio), sera bien heureux d’apprendre qu’il se fait doubler sur son terrain par le nullard Basquin. À mourir de rire…

     Tout ce qui mérite cet abruti, c’est de finir entouré de ses vieux croutons et rares jeunes détruits et déprimés, dans des salons du livre mous, ou dans des librairies du centre de Paris, avec de belles subventions derrière, à signer les 70 exemplaires vendus… Ça viendra… Ça commence déjà ! La belle ambition, le beau destin !

Allez, on arrête !

     La liste pourrait être interminable, mais peut-être qu’il est légitime de considérer qu’entre Adieu, le Nabe’s News 4 et celui-ci, le travail est fait, et mieux encore, la messe est dite. Au moins c’est gravé, et c’est lu par beaucoup, c’est gagné, et pour eux, perdu. Ils n’ont que leur mégalomanie qui dépasse de très loin, et très mal, la nôtre, et qui ne s’appuie sur rien, pour se réconforter. Ces ratés ne comprennent rien à la littérature, rien à Nabe, rien aux Vesper, rien à l’édition, rien à la peinture, rien à la saine mégalomanie, rien à rien, ils ne sont que les pires exemples de ce qu’ils condamnaient à l’unisson. Ils savent bien au fond d’eux ce qui restera et ce qui ne restera pas, ils étaient les premiers à s’émouvoir des portraits brossés par certains de leurs écrivains favoris, et à avoir conscience que l’immortalité venait de là. Peut-être que c’était ça qu’ils cherchaient, finalement, être immortalisés ? Si c’est ça, alors c’est probablement un pari gagné ! Félicitations. Des beaux portraits, des personnages fantastiques et magnifiques, ce n’est pas ce qui manque en littérature, ni même ce qu’on oublie… Mais les gros porcs, les dégueulasses, les traitres, les faussaires, et les embrouillés criminels, ça reste aussi ! Ils auront beau se suicider encore et encore jusqu’à leurs vraies morts qu’ils continueront d’être sales, moches, méprisés et moqués, honteux, après, dans l’au-delà, entre deux flammes de l’Enfer (si cher à Basquin, dont il s’approprie presque le renouvellement philosophico-littéraire… On se demande d’ailleurs bien où il a piqué l’idée (dans L’Homme qui arrêta d’écrire) !), et sur terre, où les vivants liront leurs méfaits (et non leurs productions perdues) dans de grands livres, et ailleurs, et se prendront la tête entre les mains : « Comment ont-ils pu être aussi cons ? »

David et Julien Vesper