vendredi 12 octobre 2018
Anciens numéros
Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Courrier

From: odile Lemaire
Date: lun. 3 sept. 2018 à 12:22
Subject: Formulaire de contact : Frédéric Vignale jugé aujourd’hui pour tentative de meurtre
To:

Frédéric Vignale sera jugé aujourd’hui pour tentative d’homicide sur son ex-compagne (multiples coups de couteau – elle est aujourd’hui handicapée) au TGI de Paris, troisième chambre, quatrième étage, à partir de 13h30 (audience publique.

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From: Devaud
Date: mar. 4 sept. 2018 à 19:05
Subject: Formulaire de contact : Frederic Vignale
To:

Bonjour Monsieur Nabe,
Je m’appelle Sébastien Devaud. Je suis journaliste pour le Nouveau Detective.
Je travaille actuellement sur un homme, un certain Frederic Vignale dans le cadre d’une procédure judiciaire pour laquelle il est passé devant le tribunal correctionnel de Paris le 3 septembre.
Or en discutant avec différents intervenants, j’ai cru comprendre que vous avez peut être eu quelques démêlés.
Je vous sollicite donc en vue début saisir de manière plus précise ce personnage « romanesque »
Si vous le souhaitez, vous pouvez me joindre au

Cordialement,
Sébastien Devaud

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From: Florian UZAN
Date: mar. 4 sept. 2018 à 13:10
Subject: Formulaire de contact : Lettre à Marc-Édouard Nabe
To:

À Monsieur Marc-Édouard Nabe

J’ignore si ce message vous sera transmis ; dans le cas cependant où vous tomberiez sur ces lignes, je tiens à ce que vous sachiez à quel point je vous suis reconnaissant… .
Tout cela est peut-être bien inutile et même un peu ridicule, mais il m’est particulièrement pénible de taire mon admiration alors que l’un des plus grands écrivains de l’entre-deux-siècles tenait encore – il y a peu – une galerie à quelques mètres seulement de chez moi et que je n’osais approcher par timidité. Vos livres (vous le savez) sont des merveilles : de chef-d’œuvre en chef-d’œuvre jusqu’à la défaite… Depuis le jour de votre passage à « Apostrophe » (véritable performance artistique !) jusqu’à votre « Enfer » de Dante (« Les porcs » !) vous avez donné une leçon d’art à votre siècle !… et il vous en veut pour cela ! Et c’est vrai qu’il y a de quoi vous en vouloir !… à côté de vous, n’importe quel écrivain passerait pour un amateur, un truqueur, un imposteur même ! Vous rendez la vocation impossible, vous le savez ça ?! Je dirai même que n’importe quel être humain aurait l’air de vivre à blanc face à vous. Mais peut-être est-ce l’admiration qui m’aveugle ? … .
Je vous remercie, cher monsieur pour tous vos livres : le succulent « Régal », le parfait « Bonheur »… sans oublier – bien sûr – l’ »Homme » ! (dont la contraction mélodique sonne déjà comme un grand classique : après la « Recherche », après et le « Voyage », voici l’ »Homme » !…) Tous ces livres en somme que je dévore comme autant de bonbons pour adultes et qui me font rire noir de mes pleurs et pleurer jaune de mes rires.
J’arrête ici ! Je me rends compte à quel point mes jeux de mots sont imbéciles. Et en effet quelle arrogance de vous écrire ! À vous ! Comme si avec un vilain coup de crayon (quoique je dessine assez bien en vérité) j’envoyais une estampe à Léonard de Vinci pour lui dire tout mon amour… « Ah ça ! Il est beau mon soleil, me dirait-il ! Et mes oiseaux aussi !… tout en V aplatis et ma maison bleue ! Sans oublier bien sûr mon joli bonhomme tout juste assez ressemblant pour discerner les pieds des mains… »
Bref, je digresse. J’ai conscience de ne pas vous avoir dit grand chose. Veuillez me pardonner, le groupisme n’est pas mon fort. C’est même la première fois à vrai dire que je m’adresse à quelqu’un dont j’admire le travail. Mais il fallait que ça sorte ! Et aussi naturellement que possible ! Après tout même ce cher Ducasse n’a pas résisté à dire son respect à ce grand « Tout » de Victor Hugo !
Je ne vous demande rien (un petit mot à la rigueur…). Je n’espère ni vous rencontrer, ni même devenir l’un de vos étranges disciples au silence suspect… je ne vous admire que de loin, et vous lis toujours de près ! C’est tout.
Dans quelques jours, je vous commanderai « Oui » : peut-être la facette la plus méconnue de votre écriture… Et pourtant pas la moins importante ! On a beau en parler autour de soi, le bouche-à-oreille se change désespérément en téléphone arabe… Et oui, que voulez-vous ? Les gens ne vous comprennent pas… Ils vous perdent en route (peut-être les semez-vous ?) et vous voilà seul au milieu de vos livres à rire de vos stigmates. Ne vous lamentez cependant pas trop de cette solitude qui vous entoure, quand bien même son goût vous serait amer et insupportable ; car elle est le signe irréfutable d’une liberté qui ne se pose que sur le front des prophètes et des artistes, c’est-à-dire des âmes les plus élevées.
Vous êtes seul ?… alors « Bravo ! »

Florian Uzan

P.S. « Vous ne sauriez croire combien vous rendriez une être humain heureux, si vous m’écriviez quelques mots ». En outre, accepteriez-vous de me dédicacer « Oui » ?

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De : Nadia Fleurdelotus
Date : jeu. 30 août 2018 à 14:01
Objet :
À : contact@marcedouardnabe.com

Salut, merci pour le fou rire pour l’article sur stephanie palhon, je l’ai un peu connue étant donné que je suis passé dessus et qu’elle prétendait vouloir faire sa vie avec moi, cette fille est une complète cinglée alcoolique dépendante au shit borderline manipulatrice perverse narcissique et j’ai tellement de dossiers sur elle que je pourrais écrire un roman de 800 pages.
J’avais pas autant ri depuis qu’elle s’est faite afficher sur le net à moitié à poil en train de se faire tripoter par une ex star de la radio qui fait 30 auditeurs par soir.

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De : Nathanaël
Date : jeu. 30 août 2018 à 16:09
Objet : Formulaire de contact : Les Porcs…
À :

Monsieur Nabe,

C’est l’histoire d’une idée fausse sous une plume de vérité que vous offrez à la postérité. Vous donnez le ton dès l’introduction : Les possédés ! C’est aussi ce que je ne puis m’empêcher, modestement, de regretter. A la joie des historiens du troisième millénaire vous offrez la généalogie de l’idéologie de ce siècle, échappant à celui qui n’est pas voyant… A celui qui n’est pas poète ou qui ne porte pas vos lunettes… Seulement, ce n’est pas un roman! Tout est là ! Votre littérature ne peut souffrir qu’un roman comme celui-ci ne soit offert qu’au seul lecteur que je suis. Peut-être suis-je le seul fou à avoir lu votre livre en ayant les possédés au fond de la tête ? Alain Soral et Dieudonné n’ont pas la dignité d’être des Possédés, dans la réalité… Peut-être sont-ils riches d’idées de cet ordre mais ils sont bien pauvres à côté de Stavroguine. Seul le roman peut les élever au rang de médicaments contre indiqués… Transposer Soral dans un des personnages Dostoievskien… Nabien! ferait des complotistes les plus grands personnages de la littérature de ce siècle. Les dépossédés… en voilà une idée de titre. Ils ont dépossédés une époque de la vérité… un peuple de sa révolution contre l’occupation! de la dépravation.
Le 11 septembre est un avion ivre de poésie, ils l’ont réduit à un trou noir de lendemain de cuite ! Que s’est-il passé hier soir ? Vous avez manqué la révolution bande de cons ! Trop tard… ils ont recouvert leur courte mémoire d’un voile d’ignorance… dévoilant aux hommes qu’ils sont manipulés par des apprentis sorciers…, quelle nouveauté !
Les Meyssaniens crient leur messe d’une seule voix : « occupez vous des faits, il faut être bête pour ne pas voir l’escroquerie » ! Votre livre répond par une forme de journal intime… exposant à ceux qui nient la réalité, qu’elle n’est pas telle qu’ils se l’imaginent… qu’un roman n’est pas un argument pour contredire les gens qui, précisément, vivent dans un roman sans fondement (est-ce la raison d’être du journal ?) ; mais n’est -elle qu’un combat factuel ou chaque camps prétend détenir l’objectivité, le vêtement qui habille le mieux la réalité ? Je ne puis imaginer que cela soit votre unique finalité… Dans le présent, l’instant, il n’y a que celui qui a le jugement le plus adéquat à l’objet pour échapper à la postérité comme tribunal de vérité. Sauf qu’on a oublié que la postérité est identique à la con-temporanéité, elle se fout de la vérité ! De quelle vérité est-il question dans votre livre ? La vérité métapolitique, métaphysique…Aux faits des complotistes il n’y a que des faits comme contradiction et l’âne de buridan de notre époque ne saurait de quel côté pencher… Votre plume n’est pas faite de l’ancre sophistique… Votre littérature n’a que la vérité… La vérité des faits est celle que vous écrivez… Sous celle-ci il y en a une autre, plus profonde, qui est l’unique moyen de mesurer la valeur d’une plume : la vérité poétique, mystique.
Voilà le poids de votre livre, selon moi : un thermomètre… Comme un médecin Célinien vous faites le diagnostique de la maladie d’un temps, non pas celui des corps mais celui des esprits… Pas de physique, de la métaphysique ! Pour l’apercevoir il faut comprendre que ce n’est pas la loi de Newton qui règne sur notre planète mais la conscience qu’en ont les hommes… C’est pourquoi ma lecture m’a imposé de vous écrire le plaisir que j’ai eu à m’imaginer que c’était un roman… c’est par là que vous avez dit ou que vous auriez dit encore plus fort à la sourde oreille de l’humanité, en jouant votre symphonie, subjuguant jusqu’aux cerveaux les plus pesants d’une mélodie venue de l’éternité :
« Vos Esprits ne sont pas assez grands pour la Vérité ! »
Mille pages de votre style englué dans l’histoire m’empêcha de dormir… je voulais tout finir! Mille pages de votre poésie injectée dans un roman c’est une pensée que je vous confie en toute fraternité. Vous aviez l’idée… qui n’est pas seulement à votre portée mais sous votre pied qui pèse lourd pour une époque dépourvue de créateur.
Amitiés Dostoïevskiennes.
Nathanaël
(Qui signifie don de Dieu ou Dieu à donné, donc Dieudonné mais en hébreux… quelle ironie!)

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De : Georges Gabet
Date : ven. 31 août 2018 à 18:44
Objet : Formulaire de contact : Naïma … !
À :

Oh, un nouveau numéro, je suis surexcité ! Naïma Haoulia, quelle excitation, quelle déception ! Moi, mon avis de merde c’est qu’ après avoir lu la super lettre « Où puis-je vous la mettre, Maître ? » , que j’avais trouvée carrément mignonne surtout dans son invitation au sexe, je me suis dit, avec l’allure mienne d’un petit chat mesquin de Reiser, les pattes sur les hanches, « Ben merde ! Qu’est-ce que je lis ! » Si après avoir osé ça il se la chope pas, l’enfoiré ! C’était carrément mignon comme lettre, loin de la déshonorer, au contraire ! merde ! Naïma ! Moi ? Purée, il me semblait bien que je vous avais un jour envoyé des poèmes à la noix, les revoilà dans les courriers ! Quoi de neuf ? Si peu ! J’avais dit que je m’étais encore jeté dans la gueule de la psychiatrie, avec la curiosité de savoir ce que le monstre ira chier cette fois-ci …? Eh bien cette fois-ci, je ne lui en ai pas laissé le loisir ! Je me suis débattu comme un Lion dans son estomac, la psychiatrie a dégueulé, et me revoilà, plus perdu et insignifiant que jamais, à Mont de Marsan à côté de la pharmacie Saint Louis, qui régulièrement me procure les cachets qui m’empêchent de devenir officiellement fou. Juste quelques lumières de lucioles pour me guider… Une tante qui chante devant moi pour me draguer… Pourquoi pas ! Mais elles sont si vieilles ou rares, les lumières, les lucioles, même les tantes ! Je vous cherche encore ! Qu’est-ce qui peut encore nous guider ? Führer, donde estas ? C’est pas mon fanatisme mourant pour ces fausses brutes de Death Grips qui va me sortir la bite des ronces, ni me donner la piste musicale ! Eux ils sont dans la destruction, on ne peut pas chercher à suivre. Et puis je ne les verrai finalement pas à l’Elysée Montmartre, ce 8 Septembre. J’ai pas une tune rien que pour venir à Paris. C’est dommage, parce que le 8 c’est l’infini, mon chiffre à moi, et Septembre j’y suis né. Mais bon. Death Grips, finalement, je m’en fous, c’est de la merde ! Je n’y verrais que quoi ? Un batteur qui joue trop vite, trop nuancé et trop bien derrière un rappeur hurleur magnifique dans ses insanités sataniques, et un DJ qui bouffe des drogues qui n’existent pas encore. Et puis il balance les morceaux tels quels comme si c’était play-back, sauf qu’ils jouent vraiment par dessus. Du coup je te raconte pas la cacophonie, en plus ils s’arrêtent jamais de jouer, pas une seule seconde, ce qui surexcite et épuise le public, et on se prend plein de coups de coudes et de poings dans le gueule et le ventre, où qu’on soit. Ca, c’est punk ! Mais j’en ai marre, moi. C’est pas comme ça qu’on va flinguer tout ce rock de merde. Je veux retourner à ce qui n’intéresse personne, aux bases de la musique. Comme a dit à peu près Wynton Marsalis à propos de Mingus : c’était quelqu’un qui, dans ses compositions (je crois qu’il parlait d’Epitaph) attachait le plus d’importance aux vraies bases musicales, qui donnent leur puissance au tout. C’est pas clair, je sais, on ne peut pas parler clairement de musique. Mais Mingus c’est un type qui avait étudié Stravinsky, Shoenberg et Bartok, ce qui n’a rien d’étonnant quand on écoute Epitaph. Bref ! Je voulais vous écrire, pourquoi… Parce que… Vous m’avez encore donné de la joie ! Ca va aller mieux, ça va chier ! Dans la joie, les humeurs et le foutage de gueule ! Je n’aime rien mieux que me foutre de la gueule des gens, voilà pourquoi j’aime vos Nabe’s News aussi. Bon ! J’arrête, Bises ! A vous et à Naïma ! Naïma, un thème fabuleux, on est encore passés à côté d’une vraie discussion musicale intéressante : décortiquer Naïma de Coltrane, en amateur. Moi, ça fait un moment que je cherche plus ou moins à capter (je réussis un peu, à ma manière) l’harmonie qui suppose cette merveilleuse mélodie… Mais Maître Haoulia s’est trop crue agressée, je sais pas, bof…. Allez ! J’avais PLEIN de choses à dire mais c’est mon jour de bière et je vous contenterai d’un mail indigeste. Je vous aime toujours ! Mais à qui est ce cul à la clarinette ?

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From: Antonio Vio
Date: jeu. 2 août 2018 à 12:07
Subject: Formulaire de contact : attention elle arrive
To:

Salut,

Gare à vous cher M. Nabe.
Je viens de voir que la Fourest a ouvert un probable nouveau front, courroucée qu’elle est au sujet du recrutement récent de Taddéï.
On a bien compris que si elle pouvait, elle vous alignerait avec Tariq, Fredéric, et probablement une bonne partie de l’autre moitié de l’humanité, celle qui urine debout et ménage ses sphincter.
Cette femme suinte la haine et l’idéologie inaltérable.
Deux des principaux constituants de la connerie sphérique absolue.
Problème : elle est dangereuse et même un vieux mercenaire comme vous ne devrait pas sous-estimer le contemporain « white girl power » et il semble qu’avec Taddéï, elle vous ait dans le viseur pour la rentrée.
Ne pas non plus reproduire l’erreur de Soral, qui a mal estimé l’adversité et la modernité de ses nouveaux adversaires élevés aux mamelles des nouvelles technologies de communication (mais bon Soral est vraiment très con, ça ne l’aide pas).
Comparativement, certes Fourest est moins nouvelle qu’un « raptor dissident », mais elle a sans doute été élevée aux mamelles de l’état profond français (bourgeoisie de province, un père négociant en pinard, un DESS à la Sorbonne etc…), elle est passée experte dans l’art de l’intrigue de Cour et de l’instrumentalisation médiatique.
Elle est l’incarnation d’un mal français profond, l’un des fers de lance de ce fascisme en gestation, ce fascisme laïco-franchouillard mâtiné d’islamophobie honteuse (donc refoulée), qui entrave la possibilité de sortir par le haut du lourd passé colonial français.
Méfiance ! Elle a le vent dans le dos.
Je sais que vous pourriez revendiquer votre parcours et votre capacité à toujours vous relever grâce à votre plume mais, je me répète, ne surtout pas sous-estimer le « white girl power ».
Ce serait aussi mal avisé que de contredire les féministes sur la question de l’inégalité entre les hommes et les femmes lorsque, en histoire, en droit et trop souvent en pratique, tant d’éléments objectifs prouvent l’existence de cette inégalité.
Surtout, ne perdez pas votre lucidité légendaire.
Malheureusement, le vieillissement exige des efforts pour préserver cette lucidité le plus possible et vous n’échappez pas au vieillissement, tout écrivain immortel que vous êtes.
Bisou

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Caroline FIMA
Avocat

Cher confrère,

Je reviens vers vous dans ce dossier cité en référence.
Votre client a récidivé le 29 août dernier en publiant une succession d’articles et de photographies injurieux visant directement Maître HAOULIA. Vous êtes d’ailleurs visés également dans ces publications et certains échanges confidentiels sont relatés.
Je vous remercie en conséquence de bien vouloir inviter votre client à retirer sans délai ces nouvelles publications sur son site « nabe-news » : http://www.nabesnews.com/
A défaut, nous serons de nouveau contraints de demander le retrait de ces éléments devant le président du TGI.

Dans l’attente de votre obligeant retour.

Votre bien dévouée,