vendredi 1 mars 2019
Anciens numéros
Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Courrier

From: Youssef
To:
Il est 04H31 à l’heure où j’écris ces lignes . Je viens de lire le texte de David Vesper sur le « mouvement » des gilets jaunes ( qui n’était effectivement qu’un « mouvement » ) et je l’ai trouvé d’une justesse qui l’ honore . Je remercie Dieu de m’avoir donné la capacité de supporter des changements climatique brutaux ,car à la lecture de la réponse de laurent dimitri j’ai éprouvé la désagréable sensation de passer brutalement du feu à la glace…

Puis après l’avoir finit, de me mettre a nouveau a bouillir intérieurement mais de rage cette fois ci ,face au mépris et à la méconnaissance totale de la banlieue et des pauvres ( les vrais) si perceptible chez laurent dimitri . Rien d’étonnant pour quelqu’un que je sens si loin du réel qu’il pense avoir si bien saisi.
Pourtant un simple séjour à St-Denis ou à Aubervilliers où je vis, lui aurait permis de se rendre compte à quel point il se fourre le doigt dans l’oeil, ou ailleurs ( et jusqu’au coude ) avec sa vision manichéenne des gentils travailleurs dociles qui ( dans une posture quasi christique ) travaillent en serrant les dents et en courbant l’échine volontairement jusqu’au sacrifice ultime pour permettre aux méchants sales arabes et racailles de banlieue de se la couler douce .
Au delà de la stupidité de l’analyse ,Il y a quelques choses de nauséabond si flagrant qui suinte de ce passage « Gloubiboulguesque » de son « Barabbas » que je reproduis ci dessous :

« Des figures de cette fable, posons la question : qui sont les Barabbas modernes, absous par la foule inconséquente ? Ce sont les pauvres, les minorités, les éternels chômeurs, les immigrés, les banlieusards, les fous, les radicalisés. Voilà ceux au sujet desquels les puissants disent : libérez-les. Ceux-là ne seront pas jugés, ni punis, ni crucifiés. Les vrais nuisibles, les vrais criminels, la racaille, voilà tout un peuple de Barabbas en liberté. »

Quelle soupe !

laurent dimitri aurait pu ne pas se tromper s’il avait eu , au choix , la curiosité, la présence d’esprit, l’intelligence, ou les couilles de traverser le périphérique pour aller S’IMMERGER et je mets volontairement ce mot en majuscule pour souligner qu’un simple petit tour en banlieue ou chez les pauvres afin de s’encanailler suffisamment pour pouvoir dire « j’y suis allé monsieur », ne suffit pas; (légitimité de pacotille).
Oui s’immerger LONGTEMPS (comme l’a fait Vesper) et fréquenter et parler, enquêter et s’imbiber jusqu’a ne faire qu’un avec ce peuple, qui, aujourd’hui comme hier, reste le plus méprisé et le plus honnit de tous .
Il se serait rendu compte que son concept fantasmé de servitude volontaire n’existe que dans sa tête.
Comme dans ce passage d’une bêtise sans nom :

« La majeure partie de ce peuple travailleur se contente parfaitement de cette situation. C’est un problème dont la solution échappe aux bourgeois. Pourquoi acceptent-ils leur condition ? Deux mots tragiques pour y répondre : faiblesse et réalisme. Les travailleurs réalisent avec lucidité à quel point ils sont faibles. Avec humilité, ils acceptent leur position, contrairement aux citoyens bien nés qui prennent pour force de caractère la simple richesse de leurs aïeux. Ils savent bien qu’ils ne pourront pas briller par une intelligence particulière, qu’ils n’ont pas de talent ni le sens du sublime pour les sauver, que l’effort sera trop lourd et vain pour s’extirper au-delà de leur classe sociale. Finalement, ils savent qu’ils peuvent s’en tirer à moindre frais moral dans cette servitude volontaire : devenir ouvriers, salariés, cadres ; attendre patiemment de monter des échelons, gagner quelques centaines d’euros supplémentaires. Le peuple du travail a l’humilité christique. Cette humilité est respectable. Ce sont les soldats d’une guerre invisible. Les gilets jaunes sont les soldats inconnus de notre siècle. Ils acceptent leur condition comme ils acceptaient autrefois les tranchées cruelles de la guerre. Il n’est pas étonnant que la foule se soit pressée autour de la flamme qui resplendit sous l’Arc de Triomphe : le soldat inconnu était des leurs ».

Absurde sanctifications du saint travailleur qui la ferme et se sacrifie pour que tout continue plutôt que de prendre le risque de tout foutre en l’air …
mais foutre en l’air quoi ? la machine de production qui l’asservit et lui permet de fabriquer de jolis interrupteurs qui permettent d’éteindre de jolies ampoules électriques devant lesquels il s’exstasie ?!

Mais bordel de merde, rallumons la lumière , Louis Ferdinand Céline l’a pourtant déja si bien écrit :

Le malheur en tout ceci, c’est qu’il n’y a pas de peuple, au sens touchant où vous l’entendez, il n’y a que des exploiteurs et des exploités, et chaque exploité ne demande qu’à devenir exploiteur. Le prolétariat héroïque, égalitaire, n’existe pas. C’est un songe-creux, une faribole, d’où l’inutilité, la niaiserie écœurante de toutes ces imageries imbéciles, le prolétaire en cotte bleue, le héros de demain et le méchant capitaliste repu à chaîne d’or. Ils sont aussi fumiers l’un que l’autre. Le prolétaire est un bourgeois qui n’a pas réussi. Rien de plus, rien de moins.
(Lettre à Élie Faure de juillet 1935) .

laurent dimitri est Don Quichotte qui veut a tout prix conformer ( et non pas confronter ) le réel a ses fantasmes de pti bourgeois fasciné par les gentils travailleurs docile qui je le répète encore, n’existe que dans sa tête.
Pourquoi ?
Parce qu’apparemment une forme de mépris de classe associée a une vision caricaturale et fantasmé de la banlieue, ainsi qu’un certains racisme lâche qui ne dit pas son nom, l’empêche de reconnaitre que la majorité de la population de banlieue TRAVAILLE et que pour autant elle ne s’est pas sentie le devoir ou le besoin de se mêler a cette cohorte de petits bras aux petites revendications minables.
Et ça , comme pour la grandeur , l’utopie réaliste ou la quête de transcendance …il ne semble pas le comprendre .

Mais dans un soucis pédagogique de vulgarisation Voilà ce que la banlieue lui répondrait :

Nous n’aimons pas le faire mais
On vous transporte
On vous conduit
On vous prépare vos menus
On nettoie vos appartements
On conduis vos ambulances
On garde et on élève vos gosses
On vous protège pendant votre sommeil.
On vous a torché étant gosses et on vous torchent une fois vieux
On vous accompagne jusqu’à votre dernier souffle
On vous conduis enfin jusqu’à votre dernière demeure .

J’espère qu’il saura reconnaitre tout les corps de métiers représenté ici et occupés par une majorité écrasante de métèques et autres racailles de banlieue qu’il prends plaisir à dénigrer et a mépriser pour les opposer aux gentils , saints et dociles travailleurs (serfs volontaires et heureux de l’être ) .

Et enfin pour finir j’invite le laurent dimitri à sortir un peu , à se sortir les doigts qui bouchent ses orifices …auditifs ..peut être…
et à écouter par exemple cette vidéo de 5 minutes de Silvano Agosti dont je reproduis le lien ici:

Agosti ,comme moi, crache sur les serfs volontaires et ceux qui les encouragent et qui ne contribuent finalement qu’à une chose : Maintenir et perpétuer cet enfer sur terre .

PS:
Si des subtilités d’ordre sémantique, ou plus largement d’ordre philosophique vous ont échappé, l’autodidacte que je suis se tient à votre entière disposition pour plus d’éclaircissement .

Cordialement , sans haine mais un peu énervé
Youssef .
Aubervilliers. le 30/12/2018

*

Salut !
Votre nouveau numéro est vraiment génial, j’adore, je ne m’étend pas. J’ai parfois une tête de « psychopathe » il dit, je lui dis : « regarde, là bas, un vol de canards. » Nous sommes dans les Landes, en hiver. Bon, mais… Quelle CONNASSE, cette HAOULIA !!! Je voudrais faire une chanson, Haoulia-a-a tu te gênes pas-ah-ah ! Mais si j’arrive vraiment à faire quelque chose, je sais que ça fait des années que je dis ça, mais je progresse, si j’arrive à faire quelque chose, une chanson, un truc, une vidéo, je vous l’envoie d’abord.
A plus !

Date : 11 janvier 2019

Nicolas Gabet

*

From: Georges Gabet
Date: ven. 28 déc. 2018 à 19:33
Subject: Formulaire de contact : La Haine
To:

Bonjour !
Je découvre à l’instant votre nouveau Nabe’s News. Encore une géniale performance, non seulement dans le domaine des photo-montages, mais dans toute la présentation, c’est simple : TOUT donne envie de lire, de regarder. Pas besoin de chercher plus loin du talent journalistique, vous êtes les meilleurs. D’habitude : les titres et la forme repoussent l’envie, mais comme le fond semble important, on se force à lire (journaux classiques). Mais vous, c’est l’inverse. Au départ, le fond je m’en branle, Naïma Haoulia, les questions « féministes », les procédures… je m’en branlais. Mais là… Vous arrivez à rendre indispensable une lecture dont à priori je n’avais rien à foutre (le fond.) ! Franchement, c’est exceptionnel. Merci !! Bravo !! J’espère que vous continuerez encore longtemps et finirez par avoir raison de vos racketteurs judiciaires.
Georges Gabet

*

From: Yohan Switalski
Date: mer. 6 févr. 2019 à 21:53
Subject: Formulaire de contact : Manor
To:

Bonjour Monsieur Nabe,

Je suis le lycéen qui vous a rencontré dans le magasin Manor, je voulais tout d’abord vous remercier pour votre gentillesse et du temps que vous avez pris pour dialoguer avec moi, de telles qualités sont si rares de nos jours.

J’aimerais beaucoup, si vous l’acceptez, prolonger ce dialogue car votre avis sur beaucoup de questions actuelles est très pertinent.

Salutations,

Yohan Switalski