lundi 25 mars 2019
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Courrier

From: Georges Gabet
Date: lun. 4 mars 2019 à 22:07
Subject: Formulaire de contact : Laurent Dimitri, Youssef et moi ; et aussi le Gloubiboulga des féministes, et celui de Soral qui apparemment aurait pris un an ?
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Ah ! Purée, enfin vous voilà ! La photo de Nabe fait carrément flipper. Il ne doit pas dormir beaucoup : il doit travailler. Quant à moi, j’ai remarqué que mon visage fait moins socio-psychopathe-pervers-narcissique-prédateur si j’arrête de boire entre les repas. Bon.

J’ai eu envie de répondre à Youssef, je n’avais jamais essayé de répondre à un autre courriériste via un autre courrier, ça pourrait être … Ca pourrait être. D’abord une remarque : « Gloubiboulguesque » . Purée ! (Je pourrais aussi bien écrire « Gloubiboulga !») il me semble que gloubiboulga est à la mode. J’ai commencé à l’employer quand j’essayais de converser virtuellement avec des néo-féministes radicales, depuis j’ai arrêté. J’ai trouvé que leur Gloubiboulga « patriarcat-domination-culture du viol-mes couilles- etc » ressemblait beaucoup au Gloubiboulga « américano-judéo-sioniste » de Soral (et ça leur plaît que je leur dise ça !), non pas parce que ça serait vrai ou faux, mais par leur manière de tout, absolument tout ramener à ça, le grand complot ou le patriarcat de mes couilles. Je pense aussi que les couilles reviennent à la mode. Mais bref, Gloubiboulga ! Les journalistes l’utilisent à fond maintenant ! C’est vrai que le monde rêvé des « progressistes » les plus chiants d’aujourd’hui ressemble un peu à l’Ile aux enfants.
Revenons à nous, courriéristes ! Il me semble que Youssef s’est senti insulté par le texte de Laurent Dimitri sur les GJ, qui en fait m’a embêté aussi dans une moindre mesure. Je ne suis ni banlieusard ni immigré, je suis plutôt un fils de bourgeois qui a pété un câble : on peut me rentrer dans les catégories pauvres, fous, et éternels chômeurs, bien que tout cela ne me paraisse pas définitif. Donc, on disait : « Barabbas en liberté », mais j’ai tué personne, pour l’instant !, mais ce n’est pas la question. Sérieusement, en réalité, si je le prends moins mal, c’est déjà parce que je ne suis pas banlieusard, aussi parce que j’ai un tempérament Balance, donc un peu trop couille molle, parce que j’ai une méconnaissance honteuse des Evangiles, et par conséquent parce que j’ai lu autre chose : Je pense que Laurent Dimitri voulait poser l’idée que dans cette « affaire » ou plutôt dans ce « Gloubiboulga ! » des GJ (Gloubi-Jaune), on ne me demandera rien, à moi, même si aux yeux de certain-e-s (Eh ouais, l’inclusive, salope) on est coupables (moi, du moins, de ne rien foustre pour m’intégrer, ni socialement ni professionnellement, tout en mangeant mon RSA/APL). C’est à dire qu’on devrait prendre en compte toutes les données du problème, pour bien répondre aux questions dans le vide des gens qui n’osent pas en poser, et pour finalement bien montrer du doigt, en bonne connaissance de toutes les causes, les véritables enculés ! Français ! Encore un effort !
J’aimerais bien pouvoir relire le texte en question pour développer ce qui est intéressant, mais on dirait que le dernier numéro de Nabe’s News a lui aussi des problèmes avec la société. Font grave chier, la censure sur internet va se durcir comme la bite à Weinstein, je vous le dis. Moi-même je suis déjà systématiquement banni de Facebook, dès que je créée un compte on me le bloque une heure après. Bon, et au final je ne réponds absolument pas à Youssef, bien que ç’aie été l’intention initiale. Enfin où était la question ? Question ! Ici. : « son concept fantasmé de servitude volontaire n’existe que dans sa tête » . On n’est pas d’accord, je pense que ça existe, dans le sens où certain-e-s (mais allez vous faire foutre) préfèrent, peut-être (probablement) par frousse, « rentrer dans le moule » : en gros accepter l’échange avec la société qu’on déteste. Faire partie de la société Française (j’écris ça mais je ne sais plus vraiment ce que ça veut dire) contre ses huit heures par jour de […] (remplacer par travail de merde ou humiliation permanente, enfin ça dépend des cas). Mais Youssef écrit aussi : « […] empêche de reconnaitre que la majorité de la population de banlieue TRAVAILLE » … Et sans se plaindre, comme il dit après. Je me suis complètement perdu dans mon propos… En fait je voulais répondre à ça : « […] métèques et autres racailles de banlieue qu’il prends plaisir à dénigrer et a mépriser pour les opposer aux gentils , saints et dociles travailleurs (serfs volontaires et heureux de l’être ) » en disant juste que je n’y ai pas lu cette intention. En gros il a voulu faire trois catégories, riches, pauvres et entre les deux, enfin c’est peut-être volontairement vu « en gros ». C’est une manière de voir ce qu’il se passe… Et effectivement c’était peut être pas le truc de mettre « banlieusards » à côté de « radicalisés » et « éternels chômeurs » dans la liste d’une catégorie, et surtout dans la catégorie des non-travailleurs. Ou peut-être que c’est à nous de faire la part des choses. Mais bon là, c’est vraiment mon côté Balance qui veut s’exprimer… Faut dévisser quelque chose quelque part, j’ai du bon vin pour ça.
Bon ! Malgré tout ça j’avais aimé son texte texte moi à Laurent Dimitri, ça m’a fait réfléchir, parce que je suis aussi de ceux qui ont craché copieusement sur les « serfs volontaires », représentés par ma propre soeur, et encore une fois, tout en mangeant mes aides sociales. Comment justifier sa position ? Parce que Youssef résume super bien le truc à la fin : « […] les serfs volontaires […] qui ne contribuent finalement qu’à une chose : Maintenir et perpétuer cet enfer sur terre. » Donc c’est grâce aux gens qui perpétuent l’enfer que je peux vivre, du moins vivre sans dormir dans la rue et en mangeant plutôt pas trop mal. Finalement, peut-être que JE SUIS l’enfer. Dans un sens oui, mais bon. Je déconne, c’est indécent : il faut effectivement mettre en évidence le fait que nous vivons assis sur un enfer, quand nous n’incarnons pas carrément cet enfer. Gloubiboulga ? Non ! Là, c’est clair.
Ceci dit, je veux pas jouer à l’arbitre qui de toute façon finit par se faire casser la gueule avec les autres. J’ai lu dans ce texte une manière peut-être maladroite mais audacieuse de me décrire, moi qui profite du système social (en même temps c’est ça ou rien ! Et si j’ai rien, je fais quoi ? La frousse de base) tout en étant incapable de m’intégrer : à part l’usine et les champs j’ai jamais pu garder un boulot.
BREF ! Il est aussi possible que je n’aie rien compris, que tout ça ne soit qu’un prétexte pour écrire, parce qu’il y a un nouveau numéro dont rien que les titres m’éclatent (Trop bien ! Ya Costes et Rouchet ! Trop genre ! Ya des métalleux !) . Donc, maintenant que j’ai fait mon malin… Au fait, j’ai encore prouvé qu’écrire, même si on a des choses à dire qui nous paraissent claires au début, c’est quand même un boulot de titan ! Moi j’estime l’audace et le boulot de M. Dimitri. Bon ! Trop de parenthèses. A plus

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From: Laurent
Date: dim. 17 mars 2019 à 14:08
Subject: Formulaire de contact : Texte: « Où puis-je vous la mettre maître »
To:

Bonjour, je ne vais pas y aller par quatre chemins: je veux relire ce texte (qui n’est plus sur Nabe’s news). J’enrage de ne plus pouvoir me le mettre sous les yeux, sous la dent, sous les doigts. Ce texte fait parti , selon moi, d’un des joyaux littéraires dont est capable de produire MEN. S’il vous plait, faites moi ce cadeau, moi qui suis un passionné absolu de Marc Edouard Nabe. Pouvez-vous me dire où puis-je trouver « où puis-je vous la mettre maître »? Je suis en manque, je suis accroc ! Longue vie Lausannienne ! Laurent