lundi 2 septembre 2019
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Courrier

De : Georges Gabet
Date: lun. 8 juil. 2019 à 12:39
Objet : Purée
Purée ! Je m’étais arrêté sur le lolo gauche plein de purée d’Alexandra sur la plage (de Lacanau en plus, on dirait) pour vous écrire un mail : c’est parti tout seul, j’ai pas eu le temps de finir ! Le mail, je veux dire. Geste artistique énorme, j’allais vous faire part des doutes de ma mère qui vous trouve mégalo (peuh ! la jalouse), qui dit que vous vous foutez de la gueule du monde. Peu importe ! Bon, j’y retourne. Il y a beaucoup de choses à dire, mais il faut prendre le temps.

De : Georges Gabet
Date: lun. 8 juil. 2019 à 15:43
Subject: Formulaire de contact : Patience 4
To:

Le coup est énorme artistiquement dans le sens où vous ne laissez aucune chance de critique, à mon avis. Vos adversaires, qui doivent vous fantasmer en tout s

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De : Georges Gabet
Date: mer. 17 juil. 2019 à 18:38
Subject: Formulaire de contact : Jean-Jean et les Gilets Jaunes
To:

Bonjour ! Aujourd’hui, je me suis mis en tête de répondre à Juan Asensio, Jean l’ascension en français. Je préviens, parce que ça représente pour moi un boulot au bout duquel je ne suis pas sûr d’arriver. J’aurais aussi très envie que quelqu’un écrive un truc sur Juan Branco, Jean le taré en français. Je veux dire : sur la tronche de Juan Branco, son regard surtout. Il y a quelque chose, je n’arrive pas à retrouver les traits animaux qui correspondent aux siens, mais tout le monde doit voir que quelque chose cloche, physiquement, il n’est pas « normal ». Bon, revenons au premier Jean-Jean (mon père aussi s’appelle Jean).
D’abord, c’est du boulot parce que ça m’emmerde franchement de le lire, contrairement à d’autres, là ça devient du boulot, c’est comme ça.
Quel problème les « attaques physiques » peuvent-ils bien lui poser ? De nos jours, ça ne choque que les femmes (et encore, certaines), ou ceux qui ont l’habitude de s’asseoir sur des bites, et encore, ceux qui n’assument pas. Et même, encore faut-il bien déterminer qu’il s’agit d’une « attaque » ! Gros cul, ben quoi ? Il est où le problème à dire « gros cul » ? Je comprends pas … Et quant au passage sur les gros seins juteux d’Aude Lancelin, personnellement ça m’a fait regretter d’avoir écrit ailleurs que je la verrais bien avec un entonnoir dans l’anus. Parce que ce passage érotico-maternel m’a limite fait bander pour elle. (il m’en faut peu, j’ai une imagination de ouf pour ça … Ou alors c’est que c’est très bien écrit ! Après Pornabe, on doit oser dire que souvent, Nabe fait bander. Et Alexandra.)
Le point suivant, ce sont ces espèces de contractions de mots que vous faites, ou ces inventions, enfin moi j’englobe toujours ça dans « jeux de mots », et d’habitude je déteste ça très sérieusement. Certains, dans les Porcs, je les avais trouvés nuls, c’est peut être mon seul bémol sur ce livre, et alors ? (je les relèverai à la relecture pour voir si je les trouve toujours nuls) Par contre, dans les Rats (j’aime aussi ces titres animaux, bientôt les Lions ?) je trouve que vous vous surpassez ! Et même dans Nabe’s News, « retropédalage d’une sale moule » c’est vraiment bien ! Donc, non, aucun reproche de ce côté-là.
Une petite parenthèse : Juan Asensio dit à un moment que vous avez défié « l’amazone Sollersienne » Josyane Savigneau : c’est qui ? Où et en quoi vous l’avez défiée, c’est quoi cette histoire ? Que j’ai peut-être oubliée ? Ca m’intéresse, parce que ça m’émoustille, les tensions avec les femmes, et du genre « fortes », enfin bref ça n’a rien à voir. Je continue.
Vient après la question cruciale, qu’on m’a déjà posée et que je vais donc reformuler autrement, mais c’est la même : « Vasy, d’où il se permet d’écrire ça lui ? Il y a été aux manifs ? Il a été se bastonner, lui ? Il a perdu sa main, lui ? Non ? Alors qu’il ferme sa gueule ! » Ce face à quoi j’avoue que je suis quelque peu désemparé, non pas en ce qui vous concerne, mais parce que moi-même je n’ai pas été me battre alors que je bouillais de haine. Les raisons qui m’ont maintenu dans l’inaction sont multiples, et j’ai pas envie de risquer mes couilles dans une vaine initiative individuelle, mais ce n’est pas de moi qu’on parle ici. En ce qui vous concerne, je ne me borne pas à penser que vous êtes écrivain, et que si vous aviez voulu faire de la politique, ça aurait été facile : vous auriez pris une mitraillette. Je pense aussi qu’à un moment où un autre vous avez dû bouger votre carcasse quelque part, ne serait-ce que pour tenir les impressions qui ont permis d’écrire la toute première description de champs-élysées-de-bataille. Tout ça, je n’en ai aucune idée, mais en tous cas, dans les deux-trois premières pages, on y est, on s’y sent, dans ce 1er Décembre et je ne suis pas sûr que ça ne provienne que des vidéos, de l’internet, réel qui s’épure de vibrations, de crasse, de peur, de douleur, etc … . Les coulisses de Nabe, qui en sait quelque chose ? Pas moi, ou très peu, grâce aux éclats. Autrement dit, ma réponse, c’est qu’un écrivain n’est pas un combattant, à priori. Et comment il écrirait sans sa main, patate ? Ok, il lui resterait sa langue, mais franchement vous êtes cons.
Bon, on arrive à la moitié, et je dis que je dois être quand même beaucoup moins érudit que Juan Asensio, parce que j’ai du mal à le lire. Mais je continue ! Allez ! Purée, quand même, lisez-moi ce passage : « […] mais ce n’est là que la surface de la flache jaune pisse comme il se doit, que Nabe ne nous expose que pour se donner le plaisir de lancer une sonde qu’il espère vite voir descendre plus bas, beaucoup plus bas, vers une eau bien plus sombre et même franchement noire, qui donne sa puissance corrosive à ce libelle qui prône la dévastation bien davantage qu’une méthodique corrosion démocratiquement recyclacble. » … C’est de la merde, non ? C’est pas lisible ! C’est quoi cette sonde, l’eau noire au fond de la flaque de pisse, ça veut dire quoi exactement ? Bon. Moi-même alcoolique, ça arrive d’écrire des trucs … Mais bon, moi je ne suis pas Juan Asensio.
Je vais boire un coup quelque part à Lausanne et je reviens.
Finalement non, là est mon propre piège, je l’ai subtilement évité, je suis toujours là.
C’est que le passage suivant est lourd … mais lourd ! J’ai appris ce qu’est un palimpseste, merci Jean-Jean, mais je n’ai pas lu l’Apocalypse, alors je ne vois pas la matrice. Alors, selon lui, je ne devrais pas comprendre pourquoi tant de violence chez vous, alors que j’adore ça et que je n’en trouve même pas assez à mon goût ; et je devrais vous bannir, de mes raouts, alors que je suis parfaitement solitaire, moi ! Bon, finalement je vais chercher un peu de bière, j’arrive, c’est vraiment en temps réel.
A l’endroit où Asensio parle d’un peuple mort, ou plutôt qui ne vit pas, je ne suis pas tout à fait d’accord. Tout zombie soit-il, et encore ils ne sont pas assez effrayants, tout zombie sois-je, enfin tout « robots » soient-ils ? Non, ils ne sont pas assez logiques ! Tout quoi … Non, ce peuple, les mouvements et actions de mes semblables ont bien une incidence, une chiée incidence, sur ma vie, sur le monde, sur la merde. Bien sûr qu’il existe, ce peuple, autrement qui aurait construit cette société de merde ? Pas moi !
Eh merde, maintenant il parle de Philip K Dick, que j’évite soigneusement de lire, et il vous met à côté de lui pour se mettre à dire que nous n’existons pas. Ca y est, et pis Matrix, et mes couilles dans le tonneau de choucroute aussi. Ou alors, je n’ai pas compris. Evidemment, ça déboule du net, mais le virtuel fait partie du réel, on n’oppose pas les deux, si ? Non ! C’est parce qu’ils déboulent d’internet qu’ils sont intolérables dans le réel ! Ils sont d’autant plus réels qu’ils déboulent d’internet, mais toujours le smartphone prêt à filmer dans la main pour retourner le réel dans le virtuel, et pouf quoi merde, en réalité il n’y a QUE du réel. Quand même ! On ne doit pas s’autoriser à penser le virtuel si c’est pour en concevoir un machin tout séparé du réel, complètement inutile donc. Pour moi le virtuel est une technologie comme la feuille de papier, pas un monde parallèle.
Bon, finalement j’ai quand même l’impression qu’il l’aime, votre pamphlet, mais sur la fin il ne dit vraiment que de la merde. Enfin, n’ayant pas lu l’Apocalypse, je ne devrais pas me prononcer, mais franchement … « quelle force d’ébranlement véritable, intrinsèquement livré à sa propre propagation » C’est quoi ce bordel, c’est de la physique ? C’est du Tesla ? Et le principe de l’inertie ? N’ébranle rien du tout. La force d’ébranlement véritable, ça aurait pu être une haine meurtrière contre les ordures de CRS, quant à sa propagation c’est très simple : si t’arrives à planquer des cocktails molotovs en ville jusqu’aux manifs, ben au moment propice il suffit de cinq ou six têtes brûlées pour cramer des flics vifs, le problème c’est qu’eux ils ont aussi des canons à eaux, mais bon. Une fois ça lancé, tu penses bien qu’elle va se propager, la violence ! A moins que tout le monde ait la trouille et aille se planquer ? Trop tard ! Bon, enfin.
Je termine : « L’auteur ne répond pas, comme s’il avait compris, et cela bien avant de se pencher sur le cas des Gilets jaunes, que l’Apocalypse ne pouvait ébranler qu’un monde qui n’aurait pas été … » Bon, j’en sais rien, moi encore une fois je n’ai toujours pas lu l’Apocalypse. Mais enfin : si, Nabe répond ! On est vraiment des couilles molles, voilà la réponse, et ce qu’il fallait pour avancer, c’est de la violence, or on est dans un siècle coupeur de couilles, vraiment, ça crève tellement les yeux, toute forme de violence même la plus minime va être sévèrement punie, dans cette société de merde ! Quelle réponse à cet état de fait, autre que le sacrifice dans l’ultraviolence ? Encore faut-il CROIRE, pour se sacrifier …
Voilà, c’est encore confus, mais c’est ma réponse. Au départ je voulais écrire des impressions de Lausanne, ça a failli venir hier, et comme un débile j’ai fumé un joint ! Terminé, plus rien. Ca reviendra peut-être ce soir. Ca prouve que lorsqu’on sent que ça vient, il ne faut pas traîner, il faut s’y mettre de suite, et surtout pas fumer un joint, quelle idée à la con. Ca aurait surtout pu prouver que je suis un gros branleur, si je n’avais pas fait l’effort de lire tout l’article de Juan Asensio ! Quand même !
Merci de m’avoir lu, au revoir !