jeudi 15 juin 2017
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Courrier

De : Timothée Dupas
Date : 10 juin 2017 à 21:52
Objet : Formulaire de contact : Petit message de retour suite à la lecture des Porcs
À : contact@marcedouardnabe.com
 

J’achève à l’instant le tome 1 de votre immense livre Les Porcs. Après Patience I et II, ces deux bombes atomiques dont le nuage s’élève au-dessus de la marée de faussetés, d’imbécilités, de ratés, de mécompréhension, de myopie intellectuelle, de mauvaise foi, de partisannerie imbécile et par-dessous tout…

M. Marc-Edouard Nabe,

J’achève à l’instant le tome 1 de votre immense livre Les Porcs.

Après Patience I et II, ces deux bombes atomiques dont le nuage s’élève au-dessus de la marée de faussetés, d’imbécilités, de ratés, de mécompréhension, de myopie intellectuelle, de mauvaise foi, de partisannerie imbécile et par-dessous tout de la fange conspirationniste qui jamais ne s’éleva de toute son histoire au-delà de la fosse sceptique dans laquelle elle est née, voilà que le feu du ciel descend, brûle tout mais surtout irradie de son incandescence le monde et dévoile aux yeux de tous, l’infamie régnante.

Lorsque la Bête voit son heure arriver, elle donne ses derniers coups de crocs avant que le glaive du Seigneur n’en finisse avec elle ; aussi, mais je ne crois pas vous l’apprendre, faut-il s’attendre à un dernier soubresaut d’hystérie délirante et d’agressivité mourante chez vos ennemis avant qu’enfin ils ne soient jetés dans l’étang de feu et de souffre. C’est en dépassant par le haut le flot de vidéos et d’infamies verbales auxquelles ils se livrent, ces chacals remplis de haine, que vous les avez déjà vaincus au regard de l’Histoire, de l’Art et de la Vérité. Seuls les résidus de l’actuelle histoire tendent à infirmer cette évidence.

Votre Littérature depuis le début de ces années-là tâchait de guérir les conspis de leur anti-vérité chronique et virale, avec un relatif succès, mais elle s’axait plutôt « conceptuellement » (dans le sens de la dénonciation de l’erreur seule, en soi) et en vous bornant au rappel des faits historiques sur ces fameuses questions : Ben Laden, Al Qaida, le 11 septembre, les chambres à gaz, etc. Et ce malgré l’implacable violence de la couverture de Patience I… Ce n’est quand même pas pour rien que votre préambule à ces Porcs commence par « J’ai été trop sympa ». N’ayant pu en guérir qu’une partie, dont votre serviteur, il était temps de descendre dans le concret des individus empoisonneurs des puits de vérité que sont les réalités historiques. C’est véritablement une Incarnation que votre livre réalise, afin que la Justice témoigne en agissant contre les falsificateurs.

Vous n’avez rien laissé passé ! Quelle avalanche ! Le glissement depuis un flou intellectuel, ou un crime d’ignorance (le pêché par omission finalement ?) sur des questions claires, en mettant les Moix, Blanrue, Laibi, Dieudonné et Soral au pied du mur ils se sont confondus ! Le « système » pratiquant la censure et le statut-quo politique et idéologique sur sa vision de l’histoire, ils l’ont tous « attaqué » en attaquant la vérité puisque soi-disant le système s’en sert pour se justifier ! Puisque le système impose ses visions et sa politique par sa lecture de l’histoire, tuons l’histoire pour attaquer le système, disent-ils ! Mais non, dites-vous, ce sont les justes conclusions à tirer de l’Histoire qu’il faut faire valoir, instiller comme de l’eau pure à ceux qui seraient prêts à s’engager pour la Justice. Les Juifs nous culpabilisent avec la Shoah ? Tuons la culpabilité plutôt que la réalité des chambres à gaz ! Les Arabes sont en position de faiblesse face à l’hyperpuissance spoliatrice occidentale ? Eh bien soutenons ces héros terroristes lorsqu’ils agissent pour foutre dehors les occidentaux plutôt que de reprocher à ceux qui combattent de mouiller au passage leurs frères (sous-entendu : « rien ne vaut mieux pour vous que de vous soumettre, ça fait moins mal ! »). Le tabou français est colossal là-dessus et l’affrontez avec maestria ! Et vous avez déjà gagné !

Mais que de tribulations lorsqu’on passe à la guerre visible, que de cicatrices et d’abimes de solitudes ! Votre pudeur n’a ployé qu’en de brèves allusions à l’immense calvaire que tous ces évènements, toutes ces trahisons, tous ces éloignements injustes que vos « amis » vous ont infligé lors même que vous ne commettiez que le crime de rester fidèle. Moix, puis Blanrue, puis Laïbi, puis Dieudonné, puis Soral… Vous qui êtes nu et si outrageusement visible, leurs coups de poignards en ont été d’autant plus profondément enfoncés dans la chair. Le genre humain a été Sauvé par l’infinie souffrance du Christ ; je ne puis que vous admirer de n’avoir pas fui au moment d’être traîné à votre tour dans Son sanglant sillage. Beaucoup de mes amis n’entendent absolument rien à cette pudeur et restent rebutés par votre violence, comme si en l’occultant – la violence – on annihilait sa présence. Rebatet a pourtant parfaitement montré dans ses Décombres (dont un autre ami à moi dit que vous avez écrit les vôtres !) la capacité inouïe de déni dont peut faire preuve un français dans les années 1930, et dont l’histoire récente montre qu’elle ne s’est guère tarie.

Un ami, nabien lui, m’a confié, il y a quelques, la terreur physique par lui ressentie, du gigantisme de la déflagration que promet d’être le tome 2. Les dernières pages de « La Paix (toute relative) » exercent une mise sous pression, une compression insoutenable. Je ne pouvais tout simplement plus respirer tant j’étouffai de rage, d’injustice et de désolation avec vous ! Que vous ayez été transparent et fidèle à la réalité, je le crois, car même extérieurement à vous on remarque le glissement, l’évolution chronologique de Soral et Laïbi – notamment – sur vous dans leurs interventions. Force est de croire qu’eux ont bien frappé en premier. Il ne manquerait plus que ça, un conspirationnisme sur vous après ce Déluge implacable de 2017 ! Mais Laïbi l’a fait, trop tard.

Pour moi, je suis arrivé à vous sur le tard, après bien des batailles. En passant par Soral, puis Soral et Dieudonné, puis Laïbi, puis Laurent James ! (que vous avez pas mal chargé avec ce qui doit apparaître comme un fouet de velours…), puis Nabe. Inutile de le cacher, je n’ai pas connu votre œuvre dans son ensemble et encore moins dans les années critiques où sa capacité de subversion était la plus manifeste.

Vous et Laurent James avez pourtant contribué à me guérir de la véritable maladie mentale qu’est le conspirationnisme. Vous m’avez offert par votre œuvre de pouvoir admirer et louer le beau et le vrai, ne plus tomber dans les arnaques et les mensonges des manipulateurs dont j’étais si pucellement dépendant et cela n’a pas de prix. Des grands vous ont précédé que vous ne manquez guère de mentionner, Bloy, Céline, Rimbaud, Ellington… Autant de phares que Dieu a planté dans le monde pour nous rappelé Sa propre beauté, et dont vous ne manquez point de partager l’héritage. Les géants se reconnaissent et restent inaccessibles à la foule des manipulateurs et escrocs.

Aussi le plus remarquable et difficile avec vous, et c’est votre force, c’est l’impossibilité totale de vous récupérer ou exploiter de quelque façon que ce soit dans une perspective politique ou idéologique quelconque. C’est la raison pour laquelle tant de gens se cassent les dents sur vous, dont je, souvent : « il est inclassable ! ».

Même guéris des aliénations « nous » (je m’associe bien malgré moi aux gens) ne pouvons nous empêcher de chercher une formule, un concept, un système ! finalement qui cette fois, serait le bon. La vérité est parfois visible si on cherche bien, mais insaisissable comme l’eau. On peut se laisser traverser par elle, la boire et pourquoi par la faire jaillir, moyennant un coup de lance dans le côté droit, mais cherchons à la posséder et elle se change instantanément en sang. Toute possession est tyrannie, et la tyrannie est le Mal qu’exècre Dieu, tyran Lui-même, mais donnant Sa vie de Lui-même, dans Sa pleine cohérence avec la vérité.

Tout parti-pris, toute conception communautaire, filiale, quelle qu’elle fût ; en un mot, tout ordre nécessite-il ainsi de sacrifier la vérité, de pêcher par omission ou de tuer le bouc-émissaire ? Par opposition, le désordre juste que vous professez est le nœud gordien du problème entre Soral, homme de l’ordre, et vous. De manière si flagrante si on ouvre les yeux, la vérité est incarnée plus purement par des individus tels que vous que par un « groupe ». Je n’ai pas la moindre idée du pourquoi pour ma part… Mais vous l’assumez, et depuis toujours, et c’est là votre plus grand mérite.

Merci pour vos efforts et vos exploits, et puisse Dieu vous tenir en Sa bénédiction.

Timothée Dupas.