mercredi 6 juin 2018
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Defalvard, petit renégat !

Et un renégat de lui-même de plus ! Nabe est vraiment un révélateur d’hypocrites qui ne s’essouffle jamais. Le petit Marien Defalvard avait pourtant bien tenté de cacher son jeu depuis des mois et même des années, depuis qu’il avait donné sa meilleure interview dans Adieu, dans laquelle déjà on sentait la souffrance du torturé de l’édition, du jeune ringardisé à désirs littéraires anachroniques, du rebelle (faux bien sûr !) d’une complaisance extrême avec ses bourreaux : ça puait, et tout le monde l’avait senti, sauf lui, qui avait donné de son temps, et s’était montré plutôt agréablement complice, et ce à plusieurs reprises, pour finaliser cet entretien. Déjà, à l’époque, il avait été très curieux au sujet de Nabe dont il sentait bien l’ombre planer et dont, à l’évidence, il connaissait l’œuvre sur le bout des doigts. Toute la situation contemporaine de Nabe lui avait alors été expliquée, pendant des heures.
     Ce n’est qu’un an après qu’il avait enfin daigné se rendre à la galerie pour rencontrer l’un de ses écrivains préférés. En réalité, il est même venu deux fois en juillet 2016.
     Une première fois pour parler longuement de religion avec Marc-Édouard et son assistant Antoine et participer à d’interminables débats avec les jeunes inconnus qui entraient dans la galerie comme on les voit si souvent faire dans les Éclats de Nabe, avant d’aller finir la soirée, pourtant tardive puisqu’il était trois heures du matin, avec les deux frères Vesper, au café Le Départ, où ils lui avaient d’ailleurs remis un exemplaire de leur revue dans laquelle il figurait donc et à propos de laquelle il n’avait signalé aucun mécontentement.
     Visiblement pas lassé, Defalvard était revenu à la charge (systématiquement en petit short) une seconde fois, et il avait alors non seulement écouté d’une façon très intéressée Nabe lui expliquer l’Eunuque Raide, lui qui avait déjà une dent contre Zagdanski, mais bien d’autres questions sur les livres avaient été posées à l’auteur des trente livres.
     La sympathie ambiante avait incité Nabe à inviter Defalvard à se joindre à la bande pour dîner à la pizzeria du coin. À table, il avait surpris tout le monde avec sa connaissance plus que pointue des publications nabiennes. Non content de s’être englouti ses livres par dizaines, Defalvard connaissait également tous les textes publiés dans divers journaux au fil des décennies, et il était même capable d’en donner et le journal et la date de publication… Il était reparti chez lui ravi et sans oublier de signer un petit mot à Nabe sur lequel il lui suggérait même une idée d’épigraphe tirée d’un texte de Baudrillard pour Les Porcs
     Seulement voilà, Defalvard est un jeune homme emprisonné. Emprisonné d’abord par ses mauvaises fréquentions : Juan Asensio, ennemi névrosé, presque amoureusement (donc avec haine) de Nabe, et dont la haine devient au fil du temps tout à fait déraisonnable et ridicule n’a pu qu’encourager le jeune-vieux Defalvard à se désavouer… Il faut comprendre : Asensio est le seul type à dire du bien des écrits de Marien, alors il lui serait fâcheux de le fâcher ! Pourtant, quand à Noël 2016 Juan Asensio, 47 ans, avait lâchement menacé sur Twitter de casser la mâchoire de David Vesper (se créant ainsi une névrose de plus) en insultant Nabe plus que jamais, Defalvard avait déjà donné des signes de sa grande faiblesse. Il avait appelé Nabe « l’épicier de la rue Sauton » ! Rappelé à l’ordre, il s’était excusé sur la même plate-forme en expliquant qu’il s’agissait de second degré et qu’il admirait beaucoup Nabe pour certains de ses livres. Il ne se mouillait pas encore trop…
     En mai 2018, tout s’écroule ! Marien dévoile ses cartes ! Defalvard se découvre filmé dans les Éclats et, comme beaucoup, s’effondre face à la réalité, à la sienne. Il lui est insupportable de se voir. Et que Nabe, lui, n’hésite pas à se montrer tel qu’il est (physiquement et comportementalement), et tout en prenant tous les risques, ça ne leur effleure pas l’esprit une seule seconde ! Oui, dans cet Éclat, Marien Defalvard a l’air d’un petit pédé en short qui se ronge les ongles… Et alors ? Nous aussi on a l’air de pédés devant Nabe, qui, lui aussi, a l’air d’un pédé.
     Et le voilà, en bon complotiste de lui-même, en train de mentir avec une mauvaise foi exponentielle sur Twitter (sous le pseudo « Pensée de derrière » (pourquoi pas « Je me harcèle, prout » ?) : il n’a jamais lu Nabe (ben voyons !) ; il ne savait pas qu’il était filmé (par les frères Vesper qu’il appelle « Dalton » qui étaient pourtant absents lors de cette séquence…) alors qu’on le voit regarder la caméra au moins cinq fois ; il avait détesté les habitués de la galerie (avec qui il passait toutes ces heures) ; Nabe est un pauvre type vendeur de tapis (oh le beau perroquet !) ; Defalvard avait été appâté par charité en prenant au premier degré l’exposition « vieux vêtements » (il a donc un problème avec les « degrés » en plus d’être con ?) ; et de toute façon, Defalvard n’est jamais venu (monsieur l’effaceur le décide !) dans cette galerie, ce lieu « sordide » dit-il…
     Eh bien ! On ne peut pas dire que ça respire l’honnêteté et la précision, ça en dit long sur l’esprit du mec… Quelle honte pour ce demi-romancier raté, ce demi-poète raté, qui après son livre-buzz Du temps qu’on existait en 2011 n’a pas réussi à rebondir autrement qu’en un poussiéreux recueil, Narthex, dont Grasset n’a pas voulu…
     Et encore, heureusement que sa mère n’apparaissait pas dans son Éclat non-assumé ! Car Marien tuerait père et mère pour qu’il n’y ait aucune image de la sienne. Il y a des choses qu’on ne peut pas effacer, Marien, et c’est pas grave… Renie ta mère, sur laquelle tu n’as pas réussi à écrire un livre (alors que c’est ton vrai sujet), si tu veux… Mais pas Nabe, voyons, pas Nabe !

Joe et Averell Dalton