lundi 11 mai 2020
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Elisabeth Bart, c’est quoi cette connasse ?

Élisabeth Bart est une vieille conne « lettrée », bien à droite, et catholique, et qui adore tweeter dans sa culotte ! Elle est dans la mouvance Philitt et se prend pour une spécialiste de littérature. Ce n’est qu’un sac. Bien mal lui en a pris de s’en prendre à Marc-Édouard Nabe et à son entretien avec Antoine Rosseletparu dans le Nabe’s News du 1er mars 2019.

     Elisabeth Bart Aiguilleverte 4 avril à @Durtal2 :
     Oui, j’avais lu et un énorme contresens sur « Moby Dick » (chap. XCIV) m’avait de suite sauté aux yeux: les marins ne malaxent pas du sperme, comme l’écrit Nabe, mais du spermaceti.
     Si Nabe cite ce passage de mémoire, la confusion et le contresens révèlent un bien mauvais lecteur, incapable de sortir de sa subjectivité. Il projette sur ce passage ses fantasmes, son obsession sexuelle.
     Ce magnifique passage n’a pas de connotation sexuelle et pour cause : le spermaceti ou blanc de baleine est la précieuse substance pour laquelle on chassait le cachalot. En le malaxant, Ismahel, le narrateur, éprouve une extase qui est purification.
Ismahel découvre ainsi l’amour fraternel. Le sens symbolique est très clair. Le passage s’achève sur la vision de longues files d’anges portant des jarres de spermaceti. L’amour divin s’oppose à la quête d’Achab, mue par la volonté de puissance.
Melville retourne la métaphysique occidentale qui a engendré un régime économique de prédation. Le spermaceti n’a plus de valeur marchande, il représente une des merveilles de la nature que Dieu nous a donnée.
     Il n’est donc pas étonnant que Nabe soit en pleine confusion sur le protestantisme, qui a favorisé la sécularisation du christianisme, sa dissolution dans l’humanisme, comme le montre, par exemple, le grand roman, « Les Somnambules » de Broch.
Tout ce que Nabe prétend détester (l’ordre bourgeois, l’horrible philanthropie de l’humanisme bourgeois) vient du protestantisme. A noter que Shakespeare n’est pas un protestant, comme le dit Nabe, mais un anglican d’avant le triomphe du protestantisme.
     Ceci dit, Nabe a raison sur le milieu catholique français. Il avait écrit un texte intéressant sur La Salette, « Le Bras de mon fils » ( dans « Oui ») où il oppose l’Eglise visible à l’Eglise invisible. Je croyais qu’il avait compris la double essence de l’Eglise : humaine, donc pécheresse et Corps Mystique du Christ. Je crois à l’Eglise invisible de ceux qui souffrent et prient dans l’ombre, en silence. A l’opposé, la phrase de Nabe,  » je suis un maître de la religion, pas son esclave » est celle d’un pervers narcissique.
     Il y a dans ce texte également une confusion entre le spirituel et le temporel, certes différente de celle des « figaromagazinistes » qu’il fustige. Néanmoins, j’ai toujours pensé et je pense encore que Nabe n’est pas fini, qu’il peut nous surprendre. »



     Elle ne doute de rien, la prétentieuse Bart ! Elle croit qu’elle peut remettre en place comme ça Marc-Edouard Nabe, et sur Melville en plus, et la religion, et le sexe !… Elle qui aime le latin, on va d’abord lui apprendre que ce sont les latins qui ont confondu dans leur appellation même sperme et spermaceti. Étymologiquement, le sperme est contenu dans spermaceti comme ce liquide blanc fluide est contenu dans deux sortes de sacs près de la gueule (couilles de la mâchoire ?), et Melville joue sur ça bien sûr.

     On signalera aussi à Bart que Melville voulait appeler son roman Moby Dick or The sperm whale (c’est-à-dire Moby Dick ou le cachalot, puisque sperm whale, ça veut dire cachalot et pas baleine) et qu’il y a renoncé parce que la connotation sexuelle du mot était trop voyante, il a donc sacrifié d’une part la véritable espèce de Moby Dick (cachalot), et de l’autre, en enlevant le mot sperm, il a laissé l’inconscient du lecteur croire qu’il s’agissait d’une baleine. Et même si on sait qu’il existe autant de baleines mâles que femelles (comme de cachalots d’ailleurs), des générations de lecteurs, en particulier ceux abusés par les différentes traductions (« baleine » partout en français), ont cru pendant longtemps que Moby Dick était du sexe féminin ! Sans doute, le même genre de romantiques à la Bart qui s’imaginaient qu’Achab ne pouvait que poursuivre une femelle de son genre (à Bart)…! Il a fallu attendre Philippe Jaworski, LE traducteur de Melville dans la Pléiade pour dissiper le malentendu (et rétablir le mâle entendu !) : Moby Dick ou le cachalot
     Par ailleurs, il suffit de lire l’extrait de Moby Dick dont parle Bart pour juger de sa mauvaise foi antinabienne de principe :

     « Tandis que mes mains baignaient dans ces globules de tissus si doux, coagulés sur l’heure, tandis que leur opulence fondait sous mes doigts comme la grappe mûre qui abandonne son vin, tandis que je respirais ce vierge parfum, en vérité tout pareil à celui des violettes au printemps, je vous le dis, pendant ce temps je vécus dans l’odeur fauve d’une prairie. J’avais tout oublié de notre serment atroce ; dans cet indicible spermaceti j’en lavais et mes mains et mon cœur. J’en venais presque à croire avec Paracelse que cette matière avait la précieuse vertu de tempérer l’ardeur de la colère. Plongé dans ce bain, je me sentais divinement libéré de toute malveillance, de toute irritabilité, de toute rancune de quelque nature que ce soit ». (chapitre 94)

     Allez, on va lui mettre, sur un autre extrait, et en gras, quelques mots parlants pour bien lui montrer, à cette donneuse de leçon, qu’Herman pense que le spermaceti du cétacé, qui n’est pas du sperme, d’accord, n’en est pas moins une matière paradisiaque, divinement sexuelle, faite pour l’amour (ou pour l’amitié, car pour Melville, ce grand pédé refoulé ­— qui n’a pas choisi que l’objet de la quête obsessionnelle d’Achab soit un mâle pour rien — , c’est pareil) :

     « Serrer, presser, la matinée durant ! J’étreignais ce spermaceti jusqu’à m’y fondre, jusqu’à ce qu’enfin une étrange folie m’envahit et je me surpris à serrer involontairement les mains de mes camarades, les prenant pour des mottes douces. Ce travail faisait naître un tel débordement d’affection, de fraternité, d’amour que pour finir je continuai à étreindre leurs mains, les regardant tendrement dans les yeux comme pour leur dire : Oh ! mes bien-aimés semblables, pourquoi nourririons-nous des rancunes sociales, des humeurs acariâtres, de l’envie ? Allons, serrons-nous tous les mains, non, faisons davantage, fondons-nous les uns dans les autres, perdons-nous dans l’universel et devenons le lait et le spermaceti de la bonté.
     (…) Maintenant que j’ai compris cela, je suis prêt pour une éternelle étreinte. Dans mes nocturnes visions j’ai vu, au paradis, des anges défiler longuement, tenant entre leurs mains une jarre de spermaceti. »

     Les fraternels marins qui malaxent la précise substance dont dépend leur subsistance, sans parler des anges portant des cruches grosses comme des testicules et pleines de liquide d’amour, ça ne parle pas à Madame Bart ? Croire Melville assez naïf ou inconscient pour avoir en toute « innocence » manipulé de telles images et de tels mots sans en faire résonner le sens érotique est débile. Il faut être une sacrée coincée de peau de vache non-obsédée sexuelle comme madame Bart pour ne pas admettre que Melville fait bel et bien du spermaceti une « allégorie » palpable du sperme !…
     C’est bon, Bart ? Allez, pas de leçon de melvillisme à M. Nabe, espèce de twitteuse ! On voit qu’elle a peut-être lu Moby Dick, mais pas Mardi ni Pierre  ou les ambiguïtés (péché mortel !)… Elle, qui crache sur celui, tout récent, de Nabe, qu’elle nous parle donc du protestantisme de l’auteur d’Israël Potter, et nous dise en quoi elle le trouve moins indigne que celui de l’auteur de Patience 4 !

     PS : Le tweet de la Bart aura au moins provoqué une réaction intéressante : celle d’un certain « Le Durtal » pseudo piqué chez Huysmans. Ce Durtal du haut de sa jeunesse va nous faire croire qu’il n’a pas eu besoin de Nabe pour lui faire découvrir Bloy, Pound et Rebatet ! Et, en même temps, il coche toutes les cases de la buse catho d’extrème-droite banalement raciste : grand remplacement, Bloy, Bernanos, Chesterton, l’Action Française… Bébé découvre Les Démons, et il est contre la vilaine modernité, na !, comme Ernest  Hello (ah, bon ?)…

@Durtal2 à Elisabeth Bart Aiguilleverte :

« Je suis d’accord avec vous sur tout ça. Cependant je pense comprendre que Nabe conçoit l’entièreté de son oeuvre comme un cri apocalyptique face à l’histoire humaine  ; depuis son régal des vermines, sorte de crime originel de Caïn, puis l’age du Christ le début d’une rédemption
En quelque sorte je crois comprendre qu’il essaye de vivre charnellement la trahison, cette trahison (celle de Judas) et il y a quelque chose de visionnaire là-dedans :
Cela arrive à un moment essentiel de l’Histoire de l’Eglise, confrontée au Pape qui ne se dit quasiment plus Pape, et on sent un événement majeur arriver (le sermon du Pape seul à Saint-Pierre de Rome et son « pèlerinage » solitaire dans la ville m’a confirmé cela.
Il y a évidemment une jouissance apocalyptique (je conçois toute son oeuvre comme ces deux mots ensemble) dire « l’Eglise est morte » c’est appeler à sa renaissance, enfin pas besoin de s’attarder là-dessus je pense.
Il est évident que Nabe est de mauvaise foi dans sa défense du protestantisme, il en est forcément conscient, il est bien trop érudit pour ne pas voir tout ça.
Vous prendrez ça comme une blague mais il ne se suicidera pas, puisqu’il a déjà joué le suicide dans un de ses romans. Et qu’il mélange entièrement son oeuvre à sa personne. Il ne peut donc pas être entièrement être un Judas.
Par là, il y a donc évidemment un appel de renouveau artistique, qui passe par la mort de l’ancien Nabe, conçu comme dernier prophète de l’ère catholique. Il faut ce scandale pour arriver à la vérité finale.
Donc je crois être sûr qu’il y aura après une nouvelle phase, derrière celle des « Porcs » où il attaquera le milieu « catholique » et surtout la récupération très à la mode de Bloy, Bernanos et Péguy (j’en entends faire d’eux des sortes de patriotards purement gaullistes réacs…)
Pour arriver à ce qu’il conçoit certainement aussi bien temporellement que dans sa vie comme la rédemption finale et l’éternel retour… au catholicisme originel, qui aura lieu (je pense qu’il en est sûr), pour lui comme pour l’époque, après des événements qu’on ne peut……connaître et qui ne sont pas COMPLOTS (d’où « les Porcs ») mais REVELATION.
Voilà ce que je crois comprendre de son parcours.
Le retour au catholicisme y est obligatoire (il est très nieztschéen, le retour en enfance au bout de la vie me semble une évidence de sa conception)
Et sans dire « non » au catholicisme, le retour serait impossible. C’est courageux et je pense qu’il est assez mystique pour croire réellement que ça ne peut rater.
Il faudra juger de tout ça à sa mort. Il va nous surprendre, il nous a toujours surpris.
Bon et son érotomanie, son narcissime me fatiguent et si elles sont pathétiques en dehors de son oeuvre, elles collent parfaitement au dessein global qu’il dessine
Celle d’un écrivain ayant pris acte de l’apocalypse qu’il voit venir. « Voici l’homme » (ils sont rares et vous savez que j’en vois un, plutôt dans la branche philosophique qui voit son oeuvre de la même manière, et qu’on pourrait taxer hasardeusement de narcissisme). »



     Pas mal, Gabriel Combar (Le Durtal), mais c’est pas tout à fait ça. Tu brûles (de trouver !). Cherche, cherche encore, bon chienchien, va chercher la baballe à papa !

     PS 2 : torturé le Durtal, et schyzo, comme beaucoup de néo-cathos. Il a  envoyé ce tweet au Docteur Marty :

     Charmant jeune Combar ! Il veut que Nabe sache qu’il est lu par de fervents… détracteurs de son œuvre actuelle ! Drôle de façon de le « consoler », comme si l’auteur d’Aux rats des Pâquerettes » avait besoin de tels bisous… En tous cas, ça nous a bien fait rire de voir que des naïfs inconscients pensent que ça ne peut être que la même personne qui fait WikiNabia et Nabe’s News ! Et pourquoi pas les Éclats la nuit et l’antiédition le week-end, quand le ramassage des poubelles de Lausanne lui en laisse le temps !