dimanche 16 février 2020
Anciens numéros
Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Le Salmigondis noir par « Orange Joe »

Le Lys noir… Qu’est-ce que c’est encore que ce torchon tout moche et mal foutu ?… Et qui sont ces gens ? À force d’ironie, de provoc très mal assurée, d’injonctions contradictoires et d’embardées polémistes hyper confuses, on ne sait même plus ce qu’ils essaient laborieusement de nous hurler dessus page après page… Chaque paragraphe fait dériver l’axe du précédent, on se prend les pieds à toutes les lignes dans leur salmigondis d’« anarcho-royalistes » !… Leurs saillies pamphlétaires sont évidemment illisibles, mais pire que ça : elles n’ont aucune direction ! « L’islam est l’ennemi de la chrétienté qui est l’ennemie de la République qui est l’ennemie de l’islam… » Voilà, démerdez-vous avec ça ! Et à partir de là, tous leurs articles essaient ultra-péniblement de broder en vain quelques préceptes chocs et autres invectives  « chevaleresques » autour de ce casse-tête pour royaliste contemporain. Putain, c’est que c’est pas évident d’être un vrai « royaliste » cohérent aujourd’hui ! Alors on ajoute « anarcho » devant, histoire de pouvoir dire un peu n’importe quoi sans trop risquer le ridicule. Raté !
     En automne 2019, les « anarcho-royalistes » du Lys noir sont très déçus par Nabe. Ils ne le suivront plus, c’est dit ! Première nouvelle : ils l’avaient suivi jusque-là… Et pas qu’un peu ! À la trace, et bien plus longtemps que la plupart de ses autres ex-fans outrés : la galerie, Darius, les Éclats, Nabe’s news… Mais maintenant, c’est fini ! Désormais, « Zanini » – comme s’amuse à l’appeler l’auteur anonyme de l’article (histoire de « rabaisser » Nabe à sa place de fils de…) – a perdu tout intérêt. Et en avant, les clichés de l’anti-nabisme éculé : le dandysme, les postures d’artiste, le café de Flore… Et vas-y qu’on conspue sa façon de « cracher sur ses vieux amis antisionistes », tout ça pour « récupérer une petite place » chez Taddeï (employé depuis plus d’un an par une chaîne conspi qu’adorent ces mêmes « vieux amis », mais passons…) !…
     Évidemment, on reproche aussi à Nabe de « faire la morale » quand il s’en prend à Bachar, de ne pas pouvoir s’empêcher de s’attaquer aux complotistes et à la Russie… Et pour bien montrer qu’on sait être justes et nuancés, on écrit que bien sûr, si le goût de Nabe pour la « négritude » nous emmerdait dans le Régal, on aimait bien « son penchant pour les gourous africains » (allez comprendre…), que si on déplore sa réaction aux attentats de Charlie, on a bien kiffé son éloge de ceux de Manhattan « façon Fight club »… Bref, que même si Nabe était anti-Français, anti-droitards, anti-Poutine, anti-conspi, anti-Bachar et pro-Arabes, il avait sa place au Lys noir, que cet anarchiste devait bien être un peu royaliste au fond, comme « nous », les netchaïeviens purs et durs…
     Pourquoi ? Mais parce qu’il était catholique, voyons ! Autant dire qu’il était de la famille, malgré ses égarements, son nombrilisme et son « pitoyable professeur Choron »  (taclé par deux fois dans l’article)… Mais voilà, Nabe est devenu protestant ! Alors terminées, les indulgences de ces anars couronneux pour l’auteur de L’Âge du Christ ! À la charrette, le parpaillot ! D’ailleurs, son seul livre publié depuis (Aux rats des pâquerettes) est « un pamphlet moralisateur » mal inspiré, plein de mépris pour le peuple, de condescendance, de jalousie…
     Airs connus, il va sans dire. La seule chose à retenir de cette énième tartine anti-nabienne, c’est que c’est précisément pour ne plus jamais être assimilé à ce type de sinistres cathos lénifiants que Nabe a choisi de se faire protestant. Relisez-le (oui, même L’Âge du Christ !) : il n’en a jamais rien eu à foutre, de leur royalisme ringard et de leur anti-modernisme absurde… Alors on peut évidemment trouver qu’il a eu tort de quitter pour autant l’Église, mais force est de constater que lui qui voulait avant tout se distancer de ces hordes de connards qui ombrageaient son Ciel ne pouvait pas frapper plus fort. De l’air, vite !

« Orange Joe »