vendredi 18 décembre 2020
Anciens numéros
Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Le Transgendre
par Marc-Édouard Nabe

Jonathann (drôle d’orthographe) Daval est un jeune informaticien qui avait 33 ans en octobre 2017. Né donc en 1984, le 16 janvier… Ce jour-là, c’est marqué dans mon Journal intime à la page 218, je lisais le marquis de Sade… Daval est un Capricorne ascendant Scorpion, comme Yves Loffredo, Thomas Codaccioni et Anthoine Carton. Jonathann porte une sorte de houppette à la Tintin brun et le reste de ses cheveux est gominé avec raie sur le côté. Son enfance a été marquée, sur sa gueule d’abord, par une acné persistante, puis il a dû porter un corset car il était un peu bossu. Atteint de demi-surdité, c’est surtout des tocs qui sont apparus à la mort de son père ouvrier, quand il avait 12 ans, et dont le principal est un lavage des mains incessant : voilà quelqu’un qui n’a pas souffert des mesures sanitaires contre le Covid-19 ! C’est tout juste s’il ne se faisait pas offrir des bouteilles de gel hydroalcoolique pour Noël. « L’affreux Jojo », comme personne ne l’a jamais surnommé, vivait avec ses six frères et sœurs et surtout sa mère, qui s’est remariée et qu’il avait besoin de voir plusieurs fois par semaine, même une fois parti du nid.
     En 2004, Daval rencontre Alexia Fouillot, une Verseau de 1988, employée de banque et fille de petits bourgeois de Gray (tout cela se passe en Haute-Saône). Alexia est soi-disant lumineuse, belle, solaire, souvent comparée à une coupe de champagne (en vérité une insignifiante blondinette proprette avec de petites lunettes). C’est la fleur de la famille, la plante, l’ « héliotrope » du père, son Isménie ! C’est elle qui choisit Jonathann comme homme et se marie avec lui en 2015. Lune de miel dans le Pacifique. Ils s’installent, tout va bien, Isabelle et Jean-Pierre, les parents Fouillot (un patron de café et une conseillère municipale) les couvent comme deux petits poussins d’amour. Je vous le dis, on est chez Labiche !… Il y a aussi la grande sœur d’Alexia, Stéphanie, qui la drive gynécologiquement pour qu’Alexia arrive à avoir un enfant, car le couple Daval semble peiner à y parvenir. Jonathann a l’air si heureux et si à l’aise dans cette nouvelle famille qu’il appelle sa belle-mère « maman » et tient la main de son beau-papa quand ils se baladent dans la rue. Tout le monde trouve ça normal et le normal explose le soir du vendredi 27 octobre 2017 (là, je ne peux pas ramener ma gueule : je ne tenais plus mon Journal intime).
     Après une bonne raclette en famille chez les Fouillot, Alexia et Jonathann rentrent chez eux, elle donne à manger au chat, lance une machine, puis ils se couchent vers minuit, sans histoire. Le lendemain, samedi, le couple se lève, ils petit-déjeunent devant une série, puis Alexia part faire son footing vers 9 heures. Jonathann va à son boulot, il lui envoie des textos auxquels elle ne répond pas. Vers 11 heures, inquiet, il va chez ses beaux-parents et part avec son beau-frère, le mari de Stéphanie, Grégory, d’abord dans la campagne pour rechercher Alexia, puis aux urgences où elle n’est pas, et enfin à la Gendarmerie pour signaler son retard. Aussitôt, toutes les braves âmes de la région se mettent à la chercher, traumatisées, comme la plupart des Français, par des histoires approchantes de joggeuses disparues et agressées, sans doute par un sale Arabe encore… Voilà pourquoi une battue spontanée de plus de 200 Graylois est immédiatement lancée. Zéro résultat.
     Deux jours après, le corps d’Alexia est retrouvé à moitié brûlé sous des branchages à l’orée du bois d’Esmoulins. Effondrement de Jonathann et de sa belle-famille… C’est bien ce que tout le monde craignait : un rôdeur a chopé la blonde qui courait en short. Elle s’est débattue, il l’a frappée, étranglée et cramée, l’enculé. À l’enterrement, Jonathann se vautre sur le cercueil, ne veut pas qu’on l’en arrache pour l’enterrer, il l’inonde de larmes. D’ailleurs, ce cercueil, c’est lui qui l’a choisi, ainsi que l’intérieur… « Je souhaite à tout le monde d’avoir un gendre comme Jonathann » dit Isabelle Fouillot. Une marche blanche dans la plus stricte tradition victimaire de réaction à des crimes sur des jeune gens au XXIe siècle est organisée dans le village. 8000 personnes défilent en boucle en passant d’un pont à l’autre jusqu’au centre-ville où une estrade est dressée, et sur laquelle le père, la mère d’Alexia, et son mari Jonathann, toujours effondré et soutenu par eux deux, s’expriment au micro. Tout le monde est bouleversé par le masque de douleur humide du veuf ensanglotté qui a du mal à rendre hommage à sa femme assassinée et qui finit par lire son papelard : « Alexia aimait nager et courir, passions qui nous réunissaient tant dans l’effort que dans l’épanouissement de notre couple… Elle était ma première supportrice, mon oxygène, la force qui me poussait à me surpasser lors de mes challenges physiques… ».
     Il y a même un jogging solidaire après la marche blanche, avec non seulement les villageois de tous les alentours, mais aussi d’autres compatissants courant ailleurs dans plusieurs villes de France. De celui de Gray, Jonathann est bien sûr en tête, saluant tout le monde, recueillant les condoléances. Monsieur Le Veuf est moulé dans un tee-shirt lie de vin marqué au marathon de Lausanne qu’il a dû faire avec son Alexia quelques années auparavant.
     Trois mois suivent pendant lesquels Jonathann va dîner quasiment tous les soirs chez sa belle-famille, ils pleurent tous ensemble en attendant que les enquêteurs retrouvent le salaud qui a détruit leur vie. Jonathann a même passé chez les Fouillot le premier Noël sans Alexia, et on arrive au 30 janvier 2018 : coup de théâtre : un suspect est mis en garde à vue : c’est Jonathann lui-même ! Son avocat, qui était partie civile de Daval contre X, se retrouve à assister son client dans une garde à vue où c’est celui-ci qui est suspecté et identifé comme étant le fameux X ! Les flics ont attendu trois mois pour être bien sûrs, ils mettent sous le nez de Jonathann des éléments factuels et irréfutables. Le mari s’effondre d’une autre manière : il avoue, c’est bien lui ! L’assassin = le mari ! La mariée mise à mort par le mari, même… Mais, dit-il, c’était juste un accident après une dispute conjugale, il a paniqué, fait n’importe quoi, c’est-à-dire qu’au lieu d’appeler les secours après avoir tué Alexia en essayant de maîtriser une énième crise de la coléreuse, il a apporté son corps le lendemain matin dans la forêt pour faire croire à un crime sexuel par un maraudeur, mais ce n’est pas lui qui a mis le feu à sa femme. Il faudra plusieurs mois à Jonathann, lors de la reconstitution, pour avouer finalement que c’est lui aussi qui a enflammé le cadavre de son épouse.
     Très forts, les enquêteurs, pour une fois. Des comportementalistes ont étudié l’attitude de Jonathann lors de toutes ses apparitions publiques de démoli en larmes continuelles. En douce, ils ont filmé ses gestes de maladroit dans son jeu de rôle qui a pourtant abusé tout le monde autour de lui, parents et avocats compris… Les flics ont appris aussi qu’un voisin avait été réveillé la nuit du 26 au 27 par le bruit de la plaque métallique au sol devant chez les Daval, et avait vu par sa fenêtre le déplacement de la camionnette blanche de Jonathann du parking en face à son garage, alors que le futur veuf avait affirmé ne pas avoir bougé de la nuit… Ensuite, les traces de pneus remarquées dans la boue non loin du corps d’Alexia ont permis d’identifier l’une des roues même du véhicule de fonction de Daval muni d’un traqueur indiquant chaque fois qu’il roulait et même qu’on en ouvrait une des portes… Les fins limiers n’avaient plus qu’à cueillir le mari comme une fleur du mal, et lui sécher ses pleurs du bien.
     Perquisition ! Là, dans la maison des Daval, ils trouvent une bombe d’aérosol incendiante dont le capuchon manque : c’est celui qui a été retrouvé sous le corps d’Alexia. Et ils constatent que le drap dans lequel était enveloppée la femme étranglée et brûlée vient directement de la trousse de mariage familiale du couple exemplaire. Jonathann pensait sans doute que c’était la meilleure manière de transporter discretos le corps pendant le trajet pour aller au bois, et il l’avait laissé sur place pour qu’il brûle avec le reste plutôt que de le rapporter chez lui, le laver et le reranger… Ça fait déjà beaucoup de biscuits pour la Police, mais il y en a d’autres. Son crime parfait était plutôt un crime perfectible ! Il a trop montré de l’inquiétude tout de suite alors qu’elle n’était partie que depuis trois heures, il a parlé d’Alexia au passé le jour même aux gendarmes, et sur le cadavre il a oublié de casser les lunettes de sa femme pour crédibiliser une bagarre… Il y a aussi le choix de l’utilisation imprudente de son utilitaire professionnel, dont il ignorait peut-être que son patron y avait installé un « mouchard », mais qui, d’un autre côté, était justifiée car il n’allait pas asseoir sa femme à la place du mort dans leur petite bagnole privée !… Que d’erreurs ! Au trou !
     Après un an de prison, Jonathann revient sur sa version et accuse sa belle-famille. C’est eux qui ont assassiné sa femme, et en particulier son beau-frère Grégory, ils étaient tous complices les uns les autres pour couvrir le crime et lui faire porter le chapeau à lui, pauvre prol’ tordu. En apprenant l’accusation de son gendre, Isabelle Fouillot pousse un rire de hyène douloureuse : « C’est une blague ? ». Une confrontation s’impose. Personne n’arrive à faire craquer Jonathann sauf sa belle-mère qui lui montre une photo d’Alexia avec leur chat, Happy. Devant le juge et les avocats, Jonathann s’effondre (qu’est-ce qu’il se sera effondré !) aux genoux de sa « Maman » qui le relève et le prend dans ses bras. Scène « surréaliste » a-t-on-dit, alors qu’elle est surtout chrétienne, et encore, car ce n’est pas par charité ou communion christique que madame Fouillot a pris son gendre-assassin dans ses bras, mais pour le remercier de l’avoir lavée elle et toute sa famille de cette infamie supplémentaire ! On est en plein croisement incestuel œdipeux !…
     Et c’est enfin le procès qui démarre le 16 novembre 2020. Ça se passe à Vesoul, comme toujours. Le Palais de Justice est assailli de journalistes. Du côté Fouillot, les avocats des « victimes » (alors que la victime, c’est Alexia, pas sa famille) : le père et le fils Portejoie, une jeune endive et un vieux salsifis aux cheveux blancs et duffle-coat années 70, qui veulent « savoir la vérité ». Du côté de Jonathann, 1,65m, il y a le sien, d’avocat, Maître Randall Schwerdorffer (1,95m) passé de partie civile à défense : un clone de Dupont-Moretti mais avec ses particularités à lui : sourcils pointus, petits yeux de partouzard, rouflaquettes de rocker, barbe forte de pirate sur double-menton en sueur de notable libertin, et bedaine de gras gaillard vicieux : un vrai personnage de Sade !… Entre Blangis et Forville avec une pincée de Saint-Fond… Randall, on dirait en permanence qu’il vient de baiser. Avant de plaider, c’est toujours bien de se vider la tête… Accentue cette impression son assistante, toujours dans son ombre visqueuse, Ornella Spatafora, une brune méditerranéenne à gros seins, bandante à l’extrême, avec des regards de velours et une petite voix porno. Ils entendent tous deux ramener le meurtre de leur client à la riposte excessive d’un mari humilié par la « personnalité écrasante » de sa femme, alors que pour la partie civile, c’est un dominant déguisé en dominé ! Un pervers narcissique ! Un gamin qui se cache derrière sa petite bite ! Les beaux-parents ont tout essayé…
     Six jours de procès mal immortalisé par les dessins d’audience nuls d’un crobardeux sans talent dont la ressemblance est le dernier des soucis. En revanche, bien couvert par la reporter Amélie Rosique, encore une fille sexy : il n’y a que ça dans cette histoire ! Tout le monde trouve Jonathann « absent » pendant les séances… Il est déjà absent de lui-même, comment il pourrait être présent à son procès ? La semaine a été surtout marqué par le malaise vagal (malaise Daval ?) de Jonathann au troisième jour, au moment même où le juge commençait à le cuisiner, à 19 heures 30, après une journée de confrontations et de témoignages éprouvante. Évidemment, il était sur les nerfs, il avait les glandes para antipathiques coincées, il en avait trop sur le cœur…
     Tous les soirs, après l’audience, la famille Fouillot ne se fait pas prier pour donner ses impressions et faire part de ses desiderata victimaires sur le perron du Palais de Justice où fort heureusement, la plupart du temps, les masques anti-Covid obligatoires ont permis d’échapper à la vision de leurs visages à la fois revendicateurs et pleurnichards. Surtout la mère qui, depuis la mort de sa fille, est passée nouvelle star du clan ! On l’a vue en col de fourrure de renard, s’insurgeant de la lecture du rapport légiste qui a décrit sa fille comme ayant été tabassée, déchiquetée, sacrifiée (comme un renard ?), ou bien croyant qu’Alexia avait eu le pied amputé par son monstre de beau-fils alors que c’est la calcination partielle qui a fait tomber le pied de sa fille mi-cuite à côté d’elle dans les feuillages. L’autopsie avait parlé aussi d’ongles retournés (ce qui apparemment n’a questionné personne).
     Ah ! Ses speechs sur le perron, à la dadame de Gray, on s’en souviendra ! Isabelle Fouillot s’adresse tour à tour à la défense, aux juges, au public, à la France ! Et même aux journalistes : « Donnez-moi du courage, les journalistes ! » Avec ses longues écharpes de bourgeoise bariolées ou jaune Tournesol en cachemire, elle est toute fière de sa douleur de mère qui exige la vérité. Mais qu’est-ce que la vérité, puisqu’on la connaît déjà ? Il suffisait d’être attentive, madame. Mais la Fouillot ne se remet pas en question, elle croit avoir un ascendant infaillible sur son ex-gendre et est persuadé de pouvoir lui tirer les vers du nez, celui-là même par lequel sa fille le menait. Elles sont castratrices de mère en fille. D’ailleurs comme Alexia, Isabelle demande à Jonathann de se comporter comme un homme… Elle lui dit textuellement à la barre : « J’aimerais bien qu’aujourd’hui pour une fois, tu sois un homme dans ta vie, que tu nous dises la vérité. » Sa vérité à elle bien sûr, Isabelle Fouillot : c’est-à-dire qu’Alexia l’ange, sa fille parfaite, voulait quitter ce minable de Jonathann et que c’est pour ça qu’il l’a tuée, le sous-homme. Pourtant, pour appuyer les intentions de rupture de sa fille, Isabelle lit, vulgairement et à haute-voix, au tribunal, une lettre d’Alexia adressée à Jonathann, écrite en lettres d’or à l’occasion d’une Saint-Valentin, et où sa fille se réjouissait d’être avec un type si chouette… Drôle de façon de vouloir prouver que le couple battait de l’aile ! C’est comme quand la même Isabelle omet de déclarer au juge que sa fille avait eu un crush pour un pâtissier au début de sa relation avec Jonathann et que c’est elle, sa maman, « sage » conseillère, qui avait convaincu sa fille de rester avec le gnome de Velet. « Réfléchis. Il me semble que tu as trouvé le bon »… Quel flair, ces mères !… Voilà où ça mène de vouloir absolument faire de sa fille une sainte, une martyre, une victime, afin que cela rejaillisse sur elle, la mère. Elle l’a bien caché, ça, au procès, Isabelle, sourde jadis au désir de sa fille, et qui a posteriori voudrait que ce soit Jonathann qui confirme qu’Alexia voulait le quitter pour se déculpabiliser, elle, de l’avoir poussée à ne pas s’extraire des bras, des mains, de son futur assassin… Les Bévues de Madame Fouillot (très bon titre mais j’ai déjà mieux).
     Lors de sa dernière intervention, comme elle sent qu’elle ne tirera rien de plus de Jonathann, vexée, Isabelle Fouillot lui lance, avant d’aller se rasseoir sur son banc : « Je te souhaite un bon séjour en prison ! ». Classe ! En sortant de la salle d’audience, on a droit à un aussi abject « Parler à la barre m’a fait du bien » qu’Isabelle confie encore à la barre de BFM… C’est comme quand elle avait dit que ça lui avait fait « chaud au cœur » lorsque Marlène Schiappa, la Madame Toutes-les-nanosecondes-et-demie-une-femme-succombe-sous-les-coups-de-son-conjoint, s’était indignée que ce cher « Schwer », l’avocat de Daval, ait réfuté l’accusation de « féminicide » à l’encontre de son client… Au passage, à quand l’accusation d’ « épousicide », mieux adaptée ? Quant au père Fouillot, lorsqu’on lui demande, toujours sur le perron des débriefings obscènes, son souhait, il répond qu’il estime qu’eux-mêmes étant déjà endeuillés « à perpétuité », il exige cette même perpétuité pour son sale gendre. Sauf que, mec, elle est réservée d’ordinaire aux serial killers à la Fourniret, Dutroux, Guy Georges et Cie, ta perpet’, et pas à un pauvre type de Gray-la-Ville qui a tué une seule fois dans sa vie sa propre femme sur un coup de sang !
     Le père Fouillot, parlons-en une seconde (le temps que dix femmes de plus meurent « sous les coups de leurs conjoints »). Jean-Pierre Fouillot : une sorte de loufiat XIXe siècle aux poils dans le nez, aux moustaches blanches ridicules et soigneusement entretenues comme sa Porsche de parvenu que zieutait Jonathann. Il avoue aux journaleux qu’il aime encore l’assassin de sa fille et une seule question à Jonathann sortira des lèvres pincées de ce moustachu ânonnant : « Le chat Happy t’a-t-il regardé faire ? »… Le cafetier tenait si bien par l’épaule ou par la taille le meurtrier meurtri de sa fille pendant les trois mois où il jouait la comédie que désormais ça lui manque, au papa. Quel gâchis ! Il le regrette presque autant qu’Alexia. C’est qu’il s’en trouvait, des points communs avec Jonathann, c’était le fils qu’il n’avait pas eu avec Isabelle ! Encore un totalement écrabouillé par sa femme, d’une « personnalité écrasante » également, c’est héréditaire. À l’évidence, ce n’est pas Jean-Pierre qui porte le pantalon chez les Fouillot, encore moins les couilles censées être dedans… Un qui a dû bien en souffrir aussi, c’est l’autre gendre, le pas « idéal », le maudit Grégory, celui qui avait choisi la plus moche des deux sœurs, et qui a été négligé par les beaux-parents qui lui ont préféré Jonathann si longtemps, jusqu’au meurtre, et même, de leur propre aveu, après. Grégory était tellement gavé qu’il est même allé s’installer à Paris avec sa Stéphanie pour échapper à ses laids-parents ! Que de vagins sécateurs ! Fuir cette fusion incestueuse !
     Grégory, lui, c’est le plus tendu de tous, acharné, virulent : il a étudié le dossier pendant trois ans, il ne se laissera pas avoir par les nouvelles larmes de son beauf’ dans son box, recroquevillé de trouille et de faux remords… C’est la revanche du mal-aimé jaloux : pour Grégory, Jonathann a prémédité son crime en empoisonnant petit à petit aux médics sa belle-sœur Alexia puis il l’a violée après sa mort puisqu’on a trouvé des traces du sperme made in Daval… Mais les juges et les jurés ne vont pas aussi loin : le 21 novembre, le verdict tombe. Pas de perpétuité pour Jonathann Daval, mais 25 ans de réclusion pour meurtre sur conjoint, la famille devra s’en contenter. Là, la pression se relâche, les Fouillot s’estiment satisfaits malgré un regret : « On a eu le comment, mais pas le pourquoi ». Contrairement à Auschwitz, à Gray, il y a un pourquoi ! Mais ce n’était pas à Jonathann de le dire, c’était aux autres de le comprendre. Et ils en sont incapables, ces abrutis. Et maintenant c’est trop tard, le procès est fini. Ils peuvent alors cracher leur purée de haine qu’ils ont fait passer pour de l’amour.
     Ah, ils ne sont pas jojos les anti-Jonathann ! Les « victimes », c’est comme les survivants, quand on les approche d’un peu près, on se dit qu’ils méritent de crever. La mère ne se tient plus sous les sunlights, tout sourire, elle lance des coucous de la main aux villageois sortis sur leur balcon des immeubles en face du Palais pour les acclamer comme des héros rocks stars (Les Boring Stones ?)… Le père émet le vœu pas pieux que le visage de son Alexia soit désormais aussi connu que celui du Petit Grégory de la Vologne ! Et puis quoi encore, connard ? Sacrilège ! Jean-Marie Villemin, reprends ta carabine !… La voilà, la vraie indécence ! Et elle culminera sans doute avec le procès en civil qui suivra, pas du tout médiatisé celui-là, en catimini, et qui servira à estimer les dédommagements financiers auxquels Jonathann sera astreint pendant des années pour « rembourser » la mort d’Alexia. Car elle va jusque-là, l’obscène Justice : la partie civile a tout à fait le droit de réclamer du fric à l’accusé-coupable-condamné, et cet argent sera même une sorte de curseur posé sur l’emprisonnement de l’assassin… Il faut le savoir ! Plus il casquera à la famille de sa victime, par ponctionnements réguliers de ses économies sur son compte bancaire et prélèvements automatiques sur sa solde de taulard, plus il aura des chances de voir sa peine diminuer. L’argent, c’est du temps (gagné) ! À coups de centaines d’euros versés au fur et à mesure, Daval pourra ainsi grignoter 6, 8 mois, un an ou deux, sur sa future libération. Plein les fouilles, les Fouillot !
     Rien n’est jamais dit. Non seulement pendant les trois ans de préventive qui ont précédé le procès Daval, mais surtout pendant la semaine du procès même, tout a été éludé ! À l’aide de paraphrases, litotes, euphémismes, les différents experts, plus nuls les uns que les autres, les psychiatres à la noix, les hommes du milieu judiciaire partis en cacahouètes et les journalistes à l’amende, tous ont été de connivence pour ne jamais poser les bonnes questions… Et si par hasard, il y en avait une qui passait, la consigne était de surtout ne jamais y répondre !
     Quel procès bâclé ! La faute d’abord aux déballages de la famille de la victime (en particulier la « digne » Isabelle), mais surtout aux négligences du président qui n’a pas posé les bonnes questions à Jonathann, et qui est responsable de son malaise vagal. Par exemple, à la barre, on n’a jamais entendu ses amis, ses frères et sœurs invités à venir témoigner. Personne. Encore une fois il était face aux seuls Fouillot. Quant aux « zones d’ombre » du crime, elles ont continué à zoner dans l’ombre : sur les mots exacts qu’Alexia lui a crachés, sur le drap emprunté, le traqueur, etc… Un grand fautif aussi, ç’a été le procureur Emmanuel Dupic : c’est lui qui avait appelé la famille et qui avait rendu compte de la découverte du corps en octobre 2017, et c’est lui qu’on retrouve avocat général (c’est permis ça ?) ! Si proche de la famille Fouillot que Dupic avait même programmé l’arrestation de Jonathann juste après l’enterrement d’Alexia (ce qui aurait eu une certaine gueule !), et qu’il l’a annulée lorsqu’il apprit que des journalistes avait fuité dessus… Vexation antimédiatique ! Dupic se plaindra aussi pendant le procès de la surprésence des journalistes, mais à la sortie de son réquisitoire, il est allé dare dare justifier sa demande de perpétuité auprès d’eux (c’est permis ça ? bis )…
     On a dit qu’à la famille, on a donné la vengeance mais pas la vérité. Évidemment, ces ploucs bourges se sont cantonnés à tenir leur rôle (eux aussi, ils ont joué un rôle) de « victimes dignes ». Mais ce n’est pas en étant digne qu’on obtient la vérité, c’est en faisant fi de toute pudeur. La pudeur, voilà le crime numéro 1, car c’est elle qui ralentit la vraie justice, qui la bloque, qui la rend impraticable. Comme dans tant d’autres affaires, il y a eu beaucoup de pudeur et aucune psychologie, alors que c’était si simple, si clair. Il n’y a aucun mystère dans la vie, c’est ça, son secret. La famille Fouillot n’a pas eu les réponses qu’elle escomptait ? Tant pis pour sa gueule ! Ça va être à moi de les donner, et avec mes mots, désolé !
     D’abord, première omission : Jonathann et Alexia avait évidemment un « problème de couple », pour le moins ! Tout le monde n’a fait que glisser dessus rapidement, en coup de vent, comme si ça n’expliquait rien. Horreur de l’explication en toute chose : voilà notre époque. On l’a pourtant assez dit sans le dire qu’Alexia et Jonathann étaient mal assortis. On se demande d’ailleurs ce qui avait poussé cette petite bourgeoise, fille de commerçant, à jeter son dévolu glauque sur un minus sombre prolo pareil… Sa famille n’avait pas d’autre alternative que de l’adopter comme un bon chienchien ou bien de le rejeter à coups de pied dans le cul. C’est la première solution qui fut adoptée, elle aussi, par cette famille Fenouillard des Fouillot, ce qui ne pouvait qu’exacerber le sentiment de rancœur mélangé à un goût du profit et de revanche sociale chez l’enfoiré Daval. Le nouveau couple a vécu un an chez papa-maman Fouillot, ce qui n’est pas très sain, et ensuite la mère Fouillot leur a repassé sa maison d’enfance à elle, Isabelle, pour maintenir Jonathann dans les ondes du passé fouillotesque, et le détacher ainsi de son lien névrotique à sa mère, la bonne grosse Martine qui toute la journée tricotait encore les cordons ombilicaux de ses enfants !
     Si Jonathann allait tout le temps en cachette d’Alexia et de sa belle-famille voir sa vraie mère, c’était pour se reposer de jouer le gendre exemplaire, et aussi pour s’épancher sur les coups à l’âme et au corps que lui infligeait sa « solaire » épouse… Car tout foire depuis le mariage : Jonathann se voyait en beau-fils du buraliste de la bourgade, mais pas en mari soumis et martyrisé d’une hystéro. Seule Martine le comprend. Il n’en peut plus, des Fouillot… D’ailleurs, rien que la différence de décor est frappante : Martine vit à Velet dans un quasi-cabanon, propre mais pauvre, en bric-à-brac naturel : elle reçoit les télés dans sa cuisine, à sa table avec toile cirée, très Hara Kiri… Chez les Fouillot, à Gray, c’est déjà la villa superchic, superchère, avec piscine, digne d’un rédacteur de Charlie Hebdo… Tout est blanc : murs, canapés en cuir, commode, fauteuils, chaises, rideaux, dallage. Quelques touches de grenat par-ci par-là, un piano droit, une salle à manger « moderne », deux croûtes abstraites au mur. Isabelle reçoit au salon, autour de la table basse en verre, face à l’écran plasma de leur télé géante, idéal miroir pour s’y voir le plus souvent possible ! Martine et Isabelle, c’est le chaud contre le froid, les cheveux rouges en brosse contre la mise-en plis après « couleur », le tablier à fleurs contre le chemisier à d’autres fleurs…
     C’est parce que les Fouillot le considéraient comme leur fils qu’ils trouvaient normal que Jonathann appelle Isabelle « Maman ». Martine, « la vraie maman », comme elle s’appelle elle-même, ne s’en offusque pas « si ça fait du bien à Jonathann »… La vraie digne, c’est Martine. L’autre, elle joue à la digne pour cacher sa culpabilité d’avoir influencé son Alexia pour qu’elle reste avec Jonathann alors qu’il allait devenir son meurtrier.
     C’est aussi, ne l’oublions pas, toujours elle, la mère Isabelle, qui les a mariés, chipant le ruban tricolore de la mairesse au dernier moment pour procéder herself à la cérémonie. Très mauvaise idée. Et malgré tout ça, aucun des Fouillot ne veut admettre que ça pouvait se passer mal entre Alexia et Jonathann : « on n’a rien vu, jamais aucun mot plus haut que l’autre ». Ça a pourtant dû y aller, dans les soirées familiales, les allusions à l’aspect enfantin de Jonathann qui redoublaient les reproches intimes de leur fifille hyper avide d’avoir un gosse de l’ex-bossu, ex-sourd, plein de tocs, dans son lit. Voilà pourquoi elle faisait des crises à répétition, ultraviolentes, suivies d’un « black-out » (obtenu à coups de médicaments : les voilà !) où elle ne se souvenait plus de rien. Que de frustrations ! De castrations ! Tout cela est resté nié par la sainte belle-famille. Ni la sœur Stéphanie, qui devait souffrir d’être la moins belle des deux, et qui suivait les tentatives de grossesse de sa cadette infertile (Alexia avait quand même fait une fausse-couche en juillet 2017), ni la mère Isabelle, qui se targue d’être une grande bourgeoise de Gray cultivée et chic, lectrice de Madame de Stael, ne s’est rendue compte qu’Alexia souffrait ? Et qu’elle dominait complètement son pauvre petit mari de rien du tout ? Non, c’est comme ça, la bourgeoisie provinciale : on ne voit rien parce qu’on ne veut rien voir, parce qu’on ne peut rien voir (ce n’est pas une excuse !). Ce qu’on ne voit pas n’a jamais existé : on connait…
     « Le soir du drame », comme on dit sur CNews, c’est très simple : Jonathann et Alexia reviennent de leur raclette chez les parents Fouillot. Lui dira qu’elle lui a demandé « un rapport sexuel » (comme si ça se « demandait » !) et qu’il a refusé parce qu’il en avait marre de toujours faire l’amour sur commande pour qu’elle puisse avoir son putain d’enfant. Je le sais d’expérience, c’est désagréable d’avoir des heures précises pour pouvoir baiser sa femme dans le seul but de la fertiliser. J’ai connu ça avec Hélène en 1988-89, quand elle avait du mal à tomber enceinte, et qu’elle programmait nos baises « utilitaires ». Je la voyais se pointer dans la chambre, en mode pute, faisant sa chatte pour m’exciter selon les horaires de l’Ovule roi ! Tu veux ou tu veux pas ? Et en dehors du créneau fixé, je pouvais crever la bite au poing bien sûr… Déjà, pour un type « normal » comme moi, c’était difficile à supporter, alors pour un « monstre » comme Jonathann…
     Sa belle-sœur Stéphanie réfutera cette thèse en disant qu’Alexia venait de se fourrer dans la chatte une capsule allongée de progestérone post-menstrues (qu’est-ce qu’elle en sait, Stéphanie ?) et que la procréativité du rapport s’avérait alors inefficiente ce soir-là, et que donc Daval mentait. Mais comme a riposté justement Jonathann, Alexia voulait peut-être faire l’amour juste par plaisir. Grand ricanement sur le banc de la famille Fouillot !… Ce qui le dégoûtait surtout beaucoup Daval chez sa femme, c’était tout son stock de sextoys. Ça non plus, ça n’a pas été développé pendant le procès. Oui, Alexia-la-pure avait dans le tiroir de sa table de chevet un lot conséquent de « roses classiques », « anneaux vibrants » et autres « boules de geisha » argentées. Et même un dé aux faces en images de positions du Kamasutra… Comment on le sait ? Parce que le 5 mars 2019, soit un an après que la maison fut mise sous scellés, elle a été l’objet d’un drôle de cambriolage… Jonathann a été emmené à leur domicile de Gray-la-Ville et a constaté que rien de précieux n’avait été piqué, seulement les sextoys d’Alexia, et un caméscope avec des vidéos privées du couple, ainsi qu’un album de photos. On aurait dit que le ou les voleurs connaissaient très bien la maison pour savoir où trouver quoi. C’était comme s’il s’agissait de faire disparaître les éléments tendant à prouver que le couple qu’Alexia formait avec Jonathann n’était pas si modèle que ça, et cela juste avant la reconstitution des flics prévue sur les lieux… Comme pour laver Alexia d’une éventuelle accusation d’« impureté » en confisquant en quelque sorte toutes traces de son hystérie sexuelle…
     Qui sait si le soir fatal, la geisha Alexia n’a pas commencé à s’astiquer aux boules d’argent devant son mari pas motivé ? Ou alors à s’enfoncer un rose énorme dans la fente : « Oh my gode ! ». De toute façon, même si la demande de baise ce soir-là n’a pas eu lieu, ce fut assez souvent le cas pour que Jonathann ait pu décaler cette injonction récurrente d’Alexia qui l’aura plutôt, cette fois et pour la énième, provoqué sur son impuissance. C’était une des scies de la si sympa blonde à lunettes… C’est pas moi qui l’invente : « Tu bandes pas, t’es qu’une merde » a rapporté Jonathann à son avocat Randall qui l’a rapporté aux médias.
     Après la raclette, la raclée ! Jonathann, lorsqu’il sent la colère monter en lui, cherche à se barrer chez sa sœur, mais Alexia a les clés de la caisse et refuse de les lui filer. Alors il la secoue sec. Elle se réfugie dans les escaliers. Elle le griffe (d’où les ongles d’elle retournés), elle le mord (d’où la morsure sur son bras à lui). Là, il lui cogne plusieurs fois la tête contre le mur en béton mais elle continue à parler. Les insultes, je les devine, et je les dirai après. Alexia commence à être sonnée, surtout que, comme un fou, hors de lui (il le dira), Jonathann frappe à coups de poings pour la première fois de sa vie dans le visage d’un être humain : ça tombe bien, c’est sa femme ! Il lui avait enlevé ses lunettes au préalable. Elle a le nez cassé, les joues éclatées, la mâchoire enfoncée, elle saigne, mais elle arrive encore à l’insulter, à insulter sa bite, sa non-bite même ! Alors, il la prend au cou et il serre. Et là, il ne peut plus s’arrêter, ça dure quatre minutes (on l’a assez dit) où il ne relâche rien, il veut la tuer, c’est clair. Et d’ailleurs, elle meurt dans ses mains encore serrantes. Elle tombe, il la ramasse, l’allonge dans le salon, et réfléchit sur la réalité de ce qu’il vient de vivre. Évidemment, c’est faux quand il dit qu’il est monté dans sa chambre se coucher après avoir avalé des somnifères. C’est là plutôt que bien réveillé, il imagine le scénario du lendemain. Du Hitchcock, ou mieux : du Clouzot ! Il va faire passer son meurtre pour celui d’un prédateur dans les bois qui serait tombé par hasard sur sa femme et l’aurait violée puis étranglée. Il écrit sur son ordinateur tout ce qu’il prétendrait avoir fait le samedi matin sur deux pages qu’on a appelé un « planning ». Jonathann expliquera que c’était un pense-bête que sa belle-sœur Stéphanie lui avait conseillé d’écrire au moment où les rumeurs sur lui montait dans la ville afin qu’il n’oublie rien…Plan à suivre au préalable ou bien récapitulatif postérieur de ses gestes et déplacements ? On bascule dans La Poison de Sacha Guitry !
     Tout est en place dans sa tête, ce n’est pas un monstre froid, c’est un Capricorne ! C’est-à-dire un type organisé, pragmatique et jusqu’au-boutiste. Comme l’avait parfaitement défini Alexia : « Tu es un être atypique aussi gentil que diablotin ». Il a le corps de sa femme étranglé par lui dans son salon, il est minuit et demi. Il commence à l’habiller comme le faisait Kokoschka avec sa poupée d’Alma Mahler… Allez, dans une tenue de joggeuse, short noir, petit haut rouge et baskets roses ! Ensuite, il réfléchit à tout ce qu’il faut pour maquiller son crime. Laisser les gnons et le sang sur son visage, OK, c’est crédible, mais la première chose que feront les enquêteurs, c’est de constater qu’elle a bien été violée, car si tel n’était pas le cas, la thèse du chasseur de chatte excité campagnard ne tiendrait plus. Alors, il va la baiser. C’est ce que le monde judiciaire a évoqué du bout des lèvres sous le terme de viol post-mortem non retenu par le juge d’instruction. Moi, je le retiens ! D’abord, ce n’est pas un viol, car c’était sa femme (au secours, Schiappa !), mais surtout ce n’est pas de gaité de cœur, même de bite, que Jonathann l’a fait. Il fallait juste qu’il éjacule dans son vagin, et même qu’il laisse des taches sur son short et sa culotte pour simuler un débattement de l’« agressée ». Peut-être à ce moment-là lui est-il remonté toute sa frustration anti-sexuelle débordant sur cette femme qui ne pensait pas être honorée ainsi ! Et par une rage, qu’ils ont tous appelée « narcissique », Daval a donc défoncé sa Fouillot en lui donnant morte ce qu’il lui refusait vivante. Tout à l’heure, je ne voulais pas, mais maintenant, je veux ! Le foutre dont elle rêvait pour faire un enfant, OK, mais dans un vagin caduc afin qu’elle ne puisse pas en profiter. Tout en limant le sexe défunt de son épouse inerte, prémonitoirement il chantait à tue-femme : « T’as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul ! » D’accord, on va me dire que ce n’est pas très malin de sa part, car son sperme allait vite être identifié comme étant le sien. Oui, mais il lui suffirait d’affirmer ensuite qu’il s’agissait du résidus d’un rapport antérieur (trois jours) ayant laissé aussi quelques traces sur le short et la culotte qu’elle portait lorsqu’ils avaient baisé et qu’Alexia avait remis pour aller. Et toc ! Eh, oui, ça arrive au moins motivés d’être fougueux un soir, jusqu’à prendre sa femme encore en tenue lorsqu’elle revient du sport !… Et si on lui rétorquait qu’il était bizarre qu’Alexia ne se soit pas lavée la chatte au bout de trois jours, Jonathann dirait que c’était exprès pour essayer de tomber enceinte qu’elle gardait le sperme en elle… D’autres questions ? Très intelligent, ce petit Jo !
     Jonathann est allé ensuite chercher sa camionnette, c’est là, à 1h26, qu’un voisin a entendu et vu en effet le camion blanc rentrer dans le garage. Jonathann a descendu sa femme morte et « violée » dans le véhicule. Puis, dodo par somnifères, ceux d’Alexia justement, le Tramadol qu’on a fait semblant de retrouver anormalement dans le sang de la victime alors qu’Alexia était si mal en permanence que, traitement hormonal ou pas, elle s’enfilait n’importe quoi pour se désangoisser que sa petite chose de mari ne se décide pas à l’engrosser… Ouf ! Jonathann méritait bien de se reposer quelques heures avant la grande journée du lendemain. Pourquoi il mentirait quand il dit qu’il s’est réveillé plusieurs fois et est descendu dans la nuit dans son garage pour vérifier que c’était bien réel tout ça ?
     Le lendemain, samedi, donc, vers 8h, Jonathan emprunte le portable de sa femme et écrit à Stéphanie, sa belle-sœur, un faux message d’Alexia pour crédibiliser le jogging de celle-ci: « Hello je vais courir et je passerai vous voir après si j’ai la motivation ». À 8h30, il prend sa fourgonnette, et va un peu au hasard à la sortie de la ville vers le bois d’Esmoulins. Il se gare sur la route et traîne le corps, « comme un sac de patates », expression du père d’Alexia (bravo monsieur !) dans les fourrés, il trouve un endroit cafouilleux de vieux troncs et de branches mortes. Il allonge Alexia, la recouvre du drap qu’il a piqué dans son armoire, et l’arrose à la bombe moussante expansive inflammable pour accélérer la crémation, avant d’y foutre le feu, surtout les parties génitales et la tête… Peut-être réalisa-t-il sur le terrain (il était temps !) que son ADN sur les zones particulièrement touchées par lui allaient le trahir, et donc crut que la combustion suffirait à l’effacer…     Sans attendre que tout le corps brûle, Jonathann repart en ville pour aller boire un petit café chez sa mère à qui il ne dit rien. C’est fou le nombre de choses qu’on peut cacher à une mère ! Après, il passe voir son beau-père, le moustachu débile qui tient le café-PMU « La Terrasse », qui se situe d’ailleurs juste en face d’un cabaret-spectacle de transformistes : Au Mastroquet… Là, autre petit café, Jonathann signale juste au père Fouillot qu’Alexia est partie courir et qu’elle n’était pas en forme. Sacré Petit Poucet à l’envers, ce Jonathann semeur de cailloux-alibis. Ensuite, il va chez son patron récupérer une imprimante pour un voisin. Rien de remarquable. Puis, vers 11h, il arrive en pleurs chez sa belle-mère pour lui dire qu’il est très inquiet car Alexia n’est toujours pas revenue après deux heures seulement. Pas de puce à l’oreille de la belle-maman bouchée… Il lui dit que sa fille ne répond pas à ses messages (envoyés exprès pour laisser des traces). Il en envoie en masse des textos à blanc ! 10 h 37 : « Je vais passer par le boulot récupérer l’imprimante pour notre voisin, ne m’attends pas pour la douche ». 11 h 04 : « Tu es rentrée ? Je vais arriver ». À ce moment même, Alexia se consume dans le bois…
     Il y en a un qui est marrant même : « Toujours en train de courir ??? Je vais vider les cadavres de bouteilles que tu bois… Lol. Bisous, à tout à l’heure. Je t’aime. »… Il aura plein de mots comme ça, lacaniennement passionnants, comme évidemment le fameux : « c’était mon oxygène » lors de son show de veuf en pleurs rendant hommage à sa disparue devant 8 000 personnes. Visage de plouc en pleurs, là, on en a un beau ! Quand il va vérifier chez lui, avec son beauf-frère si Alexia est rentrée, il hurle dans toute la maison « Alexia ! Alexia ! » alors qu’il sait très bien qu’elle n’est pas là, mais dans le bois, chaude comme de la braise. Comment la foule, la famille, les spectateurs, les téléspectateurs, les journalistes, les flics (non, pas les flics) ont-ils pu croire sincère la comédie évidente de cette petite merde à la gueule crispée de douleur feinte, aux yeux de fouine bleus ruisselant de larmes que des millions de crocodiles d’Afrique Noire pataugeant pendant mille ans dans leurs marigots n’auraient jamais eu le cran de verser ! C’était un masque de tragédie même pas grecque, un faux Picasso période Dora Maar explosant en pleurs après le cubisme ! Et tant de médiocres observateurs se sont demandés a posteriori ce qu’il a bien pu ressentir !… Où a-t-il donc trouvé la force de parvenir à une telle volonté de tromperie, sinon dans le déni… Et pour manipuler ainsi tout le monde, où nichait-il donc ses deux personnalités, Docteur Jonathann et Mister Daval sinon dans la schizophrénie la plus aggravée ?… Conneries ! Manipulateur ? Pas du tout ! Jonathann n’a pas été manipulateur, sauf du cadavre de sa femme. Déni ? Encore moins ! Daval n’était pas dans le déni, mais dans le mensonge, tout simplement. Un mensonge énorme et théâtral, un peu comme celui de Jean-Claude Romand. Même Grégory a souligné « la qualité de son mensonge ».
     Jonathann n’est habité par aucun amour, certains psys diront que ça date de la mort de son père quand il avait 12 ans, mort qui a tué en lui tout amour pour tout autre être humain, y compris lui-même (ça, c’est moi qui le rajoute). Et en premier pour sa femme et sa belle-famille à la con qui croyaient en chœur que la vie, c’était ça : la vie de famille, avec ses dîners sympas, ses petites plaisanteries, ses coups de main, ses coups de pouce, ses coups de coude. Que de coups sans jamais en tirer un seul ! Je me demande si, lorsqu’il a baisé sa morte, à chaque coup de sa queue enfin tendue pour quelque chose d’utile (pas la fabrication d’un enfant, mais celle d’un alibi !), Jonathann ne cherchait pas à faire ressusciter son père… En tout cas, c’était aussi pour lui faire payer à Alexia, cette conne, d’avoir voulu absolument un gosse de lui alors qu’il était mort depuis l’âge de 12 ans et qu’elle ne le voyait pas, persistant à lui violer l’âme en le faisant sans arrêt chier avec ça ! Quelle horreur ! « Moi, père ? Jamais ! » devait se dire Jonathann en tronchant une dernière fois son macchabée tiède.
     Pas d’amour donc, mais beaucoup d’humour… Évidemment, c’est un humour un peu spécial, très capricornien. Par exemple : remettre la veste mordorée (mort de rire !) de son mariage le jour de l’enterrement de sa femme. Black jacket ! Après tout, c’est noir aussi, voilà une veste qui peut servir deux fois. Économie et humour noir ! Qui d’autre que Jonathann Daval a eu assez d’esprit analogique pour s’apercevoir que le noir symbolisant le chic et la joie d’un mariage était le même que celui, sobre et grave, de la tristesse d’un deuil ? D’ailleurs, question qui vient grâce à la veste à double-emploi : est-ce que c’est le jour de son mariage avec Alexia qui fut son véritable enterrement, ou bien c’est lors des obsèques de sa regrettée épouse qu’il enterrait en quelque sorte sa vie de garçon ? Le marié était en noir ! Il a tué son mariage à l’enterrement de sa femme. On peut tout lui reprocher, à Jonathann, mais il a le groove ! Rien que la coiffure, on dirait une guitariste de chez Prince ! Un faux air de Wendy Melvoin… Et cette veste genre smoking satinée, il n’y a que ça dans le funk. Je répète : déplacer un vêtement festif dans un contexte de mort, si ça, c’est pas drôle ! Il a fait passer pour du sentimentalisme un pur cynisme !
     C’est comme ses pleurs en public, beaucoup ont pensé qu’ils étaient quand même sincères, mais non, évidemment ! Même s’il se forçait à ne jamais sortir du rôle du veuf détruit, il pleurait trop pour être honnête. Son visage grimaçant d’auto-torture rappelait un jeu d’acteur du Muet, à la Lon Chaney… Larmes de clown ! Les comportementalistes-flics l’ont bien noté. Moi-même, par quelques arrêts sur images, j’ai chopé pas mal de petits coups d’yeux fuyants du caméléon entre deux rictus de désespoir… Caméléon ! On l’a dit aussi. Il existait déjà les airs de chien battu, Jonathann Daval a inventé les airs de caméléon battu ! Sauf qu’on se demanderait pourquoi on en arriverait à battre un caméléon… Jonathann, pendant toute la durée de son rôle, avait aussi un petit côté Zelig qui se noie dans l’ambiance. Nazi avec les nazis, résistant avec les résistants. Oui, il donne aux autres l’image, fausse bien sûr, qu’ils se sont faite de lui, ces cons. Celle d’un époux dévasté par une douleur outrancière, qui a du mal à respirer, soutenu par ses beaux-parents comme par deux béquilles pour accéder au micro et balancer à la France entière que celle qu’il venait d’étrangler était son « oxygène » alors qu’elle l’étouffait depuis plus de dix ans. Qu’on s’y trompe ! Son fameux masque de mari martyr était fait sur mesure pour son rôle. Quel mauvais acteur ! Pourtant, les autres l’ont trouvé excellent ! Et alors ? Voyez le nombre de comédiens nuls à chier qui obtiennent l’Oscar du meilleur de l’année ! Le beau-père Fouillot, lui, a dit qu’on devrait lui décerner « le César du meilleur scénario ». Toujours le mot pour rire, Jean-Pierre. C’est comme quand il lui avait demandé la raison pour laquelle il avait tué sa fille : « Parce qu’elle n’a pas mangé assez de raclette ? »
     Beaucoup de cafetiers du commerce psychiatrique ont affirmé qu’une fois rentré chez lui après une dure journée de supercherie, Jonathann, la nuit, tout seul se mettait à vraiment pleurer pour décompresser, pour évacuer sa vraie tristesse d’avoir commis « l’irréparable ». Mais non ! Je ne serais pas étonné si un jour, en le visitant au parloir, Jonathann Daval m’apprenait que pendant ses trois mois de théâtre, il riait bien sûr ! Des fous rires à se casser une autre côte, car on a un peu vite oublié au procès qu’Alexia lui avait cassé une côte lors d’une de ses fameuses crises où elle voulait absolument un enfant. Côte d’Ève, toi-même ! Prends ça…
     Pourquoi Daval riait ? Parce qu’il voyait bien qu’il les avait bien niqués, tous. Jamais il n’aura pris un tel pied contre la société, contre la famille, contre le sexe « normal », contre la vie banale et minable de la petite plouquerie satisfaite… Finalement, son masque de grimace impudique, c’était pour cacher qu’il avait envie de rire, de pleurer de rire. Tout son effort était de se retenir de se marrer d’avoir cocufié toute une famille et tout un pays. En vérité, il pleurait de rire au fond de lui et pour cacher son fou rire, il pleurait. Il vaut mieux en pleurer qu’en rire ! Enfin, loin des regards, Jonathann pleure de joie, enfin libre, enfin homme ! Cet « homme » que sa femme, sa belle-mère, son beau-frère et sa belle-sœur lui ont dénié d’être pendant ces années, il l’a compressé au fond de lui comme dans un canon d’artillerie qui a explosé ce soir-là et a craché, par son orifice chauffé à blanc, son boulet criminel jusqu’à défoncer sa responsable-en-chef, son ennemie, sa femme qui le crucifiait chaque fois qu’elle lui demandait de la pénétrer. Avoir tué Alexia, Jonathann, ça l’a fait renaître, et même naître tout court !
     Et ça ne lui suffisait pas, il fallait aussi défoncer la belle-famille après son aveu, les accuser eux d’avoir tué sa femme. De même que ce grand psychologue avait bien remarqué le traumatisme fantasmatique de la « joggeuse disparue » dans la société des petits blancs apeurés de notre époque (au point qu’aujourd’hui encore on reprend la version de Daval, en parlant d’Alexia comme de « la joggeuse », alors qu’elle n’a jamais fait de jogging ce jour-là !) ; de même, Jonathann a bien senti la névrose du complotisme de cette même époque puisqu’il a accusé les Fouillot d’être les auteurs d’un « complot familial » où tous seraient dans le coup, la mère couvrant le père qui aurait transporté le corps sur les ordres de sa deuxième fille, et le beau-frère, Grégory qui ne serait rien moins que celui qui aurait étranglé Alexia ! Encore quelque chose de bien pensé de la part de Jonathann. Mais qui de la Justice et des Médias, ces incompétents, aurait pu remarquer que s’il a choisi Grégory, ce n’est pas par hasard ? D’abord, il était évident que ce beau-frère était amoureux de sa femme Alexia, il suffit de regarder Stéphanie, sa femme à lui qui a pris 20 kilos depuis la mort de sa sœur, pour le comprendre. Ensuite, les fainéants du journalisme s’indignant que Jonathann l’ait dénoncé comme meurtrier, oublient de dire que Grégory lui aussi a accusé d’une façon indigne quelqu’un et pas n’importe qui, ni n’importe quand (une semaine avant la confrontation) : la mère de Jonathann, dont on a retrouvé un cheveu dans la camionnette qui a servi à transporter Alexia au bois d’Esmoulins ! Oui ! C’est une des basses œuvres de Greg le plus-que-chelou… On est à deux doigts de le soupçonner du cambriolage des sextoys de sa belle-sœur dans le tiroir de sa table de chevet, mais on se contentera de constater que cet enculé a quand même essayé de faire croire que la grosse Martine était complice de son fils, le monstre Jonathann Devil !… Encore une fois, les saints ne sont pas ceux qu’on croit, et les salauds pareils ! Martine, pas si con, a d’ailleurs très bien répondu en expliquant que c’était un cheveu évidemment collé sur les vêtements de son fils (ils s’enlaçaient trois fois par jour !) et tombé dans le camion quand celui-ci était allé décharger Alexia dans la forêt… « Le cheveu et son maître s’embrassèrent étroitement, comme deux amis qui se revoient après une longue absence. » Ô Lautréamont !
     Allons un peu plus loin… Sur NRJ 12, chez Jean-Marc Morandini, un des rares journalistes que toute l’Affaire intéresse vraiment et qui pose les bonnes questions (par exemple, ça le taraude d’élucider cette histoire de sperme trouvé sur et en Alexia, et que Randall et Ornella ont essuyé d’un coup d’éponge…), j’ai entendu un certain Jacques Waynberg, sexologue-criminologue qui aura été le seul intervenant en trois ans de médiatisation du fait divers à oser en ouvrir le dossier principal : la sexualité… À force d’auto-censure, d’incompréhension fondamentale, de pudeur mal placée, de respect bourgeois des convenances, on n’a jamais parlé de l’essentiel qui palpite pourtant à la façon d’un pouls tout au long de l’affaire Alexia Daval, pardon… Fouillot. Car ses mesquins parents, dès que leur gendre eut avoué, sont allés dare-dare changer la plaque funéraire de la tombe grotesque de leur fille (ange et chat en fer forgé, cœur de pierre, fleurs infanables et vasque de larmes régulièrement renouvelées…) au cimetière de Gray pour lui enlever son patronyme d’épouse et lui recoller son nom de jeune fille (le leur, quoi). Alexia re-née Fouillot, mais morte… Il est retrouvé ! Quoi ? Son nom pour l’éternité ! Cela dit tout de la volonté, là depuis le début mais explosant ici, qu’Alexia ne soit jamais une Daval, qu’on efface le mauvais souvenir qu’elle ait pu épouser cette ordure, et qu’elle reste désormais bien sagement pour toujours la petite Fouillot…
     Il faut être juste, il n’y a pas eu que l’excellent Waynberg qui a osé parler… Une psychologue aussi et toujours chez Morandini (bravo, Jean-Marc !), Stéphanie Germani, toute maquillée décolletée supersexy elle aussi (dans un autre genre qu’Ornella Spatafora et que sa stagiaire Élise Gheidene, pas mal non plus : décidément cette affaire regorge de gorges, et on va comprendre pourquoi par contraste…), a émis l’hypothèse qu’un truc inconscient et pourtant visible rongeait Jonathann… Ce fut dit aussi par un jeune avocat minet barbu, Me Pierre Fargue, sur lequel ses interlocutrices, deux salopes « pudiques », sont tombées sur le plateau de CNews… Chut ! On ne doit pas y faire allusion… Ce qui n’a pas été retenu dans le dossier, ça n’existe pas ! Jeter un voile pudique sur toutes ces choses-là, pour moi c’est ça, la véritable honte aujourd’hui.
     Le truc ? Mais c’est que Jonathann, à l’évidence, est un homo refoulé voyons ! Ça crève les cieux ! Ah, ce n’est pas Pascal Praud qui allait le dire, qu’il est gay refoulé, frustré de l’anus, Jonathann… Praud a trop peur que ça lui arrive, il se contenta de trouver que toute l’histoire ressemblait « à un Simenon » (lequel ?), et se rangea immédiatement du côté de la famille, malgré l’indécence flagrante de celle-ci. Une chroniqueuse récurrente de son émission (pas Charlotte d’Ornellas, ça ne l’intéresse pas l’affaire Daval, trop humaine, trop sexuelle, et puis surtout il n’y a pas d’Arabe dedans), Sophie Obadia, a quand même osé les trouver too much les Fouillot dans leur déballage. Tape immédiate du prof Praud sur les doigts de l’Obadia tancée ensuite par le père Jean-Pierre Fouillot lui-même qui, reçu par visiophone, s’est plaint à Praud de la sortie « indécente » de Sophie, le connard ! En plein procès, il n’a rien d’autre à foutre, le papa d’Alexia, que de critiquer une des très rares censées de L’Heure des Pros ?
     Par trouille de passer pour homophobe, aucun journaliste ni commentateur n’a donc osé mettre la pédalerie de Daval dans la balance. Il suffit pourtant de le voir et de l’admettre, comme lui n’a jamais réussi à le faire. Ce n’est pas que Jonathann ressemble à un pédé, c’est qu’il ressemble à une lesbienne, et même à une lesbienne opérée. On en voit dans les films documentaires magnifiques de Rosa Von Praunheim. Il est comme une femme qui se serait fait opérer en homme ! La même tête, la même expression, la même coiffure, la même peau tendue, le même regard déplacé, quelque chose de luisant, de plastifié dans le visage, de mal à l’aise dans l’expression, et de perdu malgré le self-control et sa puissance de vice… Bref, une transsexuelle goudou déguisée en homme, voilà ce qu’était « l’enfant » Jonathann Daval ! Un quasi transgenre, un transgendre ! Et c’est ce que n’a pas su voir toute cette famille d’abrutis Fouillot si gentils, si plein d’ « amour », à tel point qu’ils se sont complètement fait baiser par leur beau-fils qui avait cherché pendant des années auprès d’eux un soutien chaleureux ou un encouragement à déclarer son homosexualité rentrée, et qui n’a trouvé que du non-dit et de la moralisation, que du forcing pour une couplerie insipide avec leur fille au clitoris négligé et à l’utérus sec ! Oui, aucun Fouillot n’a su accompagner le drame de Jonathann, par frousse du qu’en-dira-t-on, par franchouillardise catholique antipédée, par politique de l’autruche graylloise bien connue : cul offert au vent des médias et tête dans le sable des déserts de l’amour !
     Rappelons enfin que le beau-frère de Jonathann (toujours lui), s’appelle Grégory Gay, et que ce n’est pas pour rien que Jonathann a accusé juste le mec qui portait son attribution secrète à lui. Il a désigné comme coupable celui qui incarnait par son nom son homosexualité personnelle alors que lui en avait honte. C’est sur ça aussi qu’il pleurait. On aurait bien aimé savoir si Jonathann n’allait pas le samedi Au Mastroquet voir les sous-Michoux se produire en face de chez beau-papa Fouillot, et même avec Greg pourquoi pas, lui aussi attiré par la gente trans’, qui sait ?… Tout ça a été évidemment occulté au procès, et maintenant c’est trop tard. L’autre, il est en prison pour 25 ans, autant dire pour 13 ans, voire 10 selon son bon comportement et le fric qu’il donnera à la famille Fouillot pour la dédommager. On remarquera également que Daval a été plus condamné que Bertrand Cantat pour à peu près la même chose (lui aussi, Bertrand, a été bien écrasé par sa belle-mère Trintignant avant de reporter ses coups sur Marie). 8 ans en 2003 / 25 ans en 2020 ! #MeToo est passé par là ! « Féminicide », le meurtre d’Alexia ? Plutôt homicide dans le sens où il y a eu mort d’un homo, et à petit feu pendant des années, tué par une bourgeoisie bien française, bien comme il faut. La mort d’Alexia aurait pu être évitée si au moins une personne chez les Fouillot avait parlé de l’homosexualité évidente de Jonathann avec lui, et avait remis en question d’une façon bienveillante sa présence incongrue dans cette famille comme celle de son zob non hétéro dans le vagin de leur jeune blonde en mal d’enfant. Ce que Jonathann voulait, ce n’était pas un enfant, c’était une bite dans le cul. Au moins, il se fera enculer en prison, c’est ce qu’on lui souhaite !
     Pour rester dans la région (je ne parle pas de la Haute-Saône), j’ai chopé au vol la confidence d’une avocate, mais dite à mi-voix (hélas, ce n’est pas sorti de la belle bouche de la Spatafora !) : l’autopsie a démontré non seulement qu’il y avait du sperme dans le vagin d’Alexia, mais aussi un « hématome à la marge anale », c’est-à-dire que Jonathan l’aurait enculée post-mortem également ! Autant se faire un peu plaisir à soi-même ! Surtout si on imagine que mademoiselle Fouillot était contre la sodomie dont elle ne voyait pas l’intérêt en tant que femme à féconder. Ça aussi, on n’en a jamais entendu parler ! « Et l’ecchymose anale ? » « Pfff… » a fait Schwerdorffer, pour ne pas dire : « Prout »… La partie civile familiale a préféré buter encore sur la thèse de l’empoisonnement par médicaments que Jonathann aurait pratiqué en douce pendant des mois, des années… N’importe quoi !
     Ce qu’on cache, c’est toujours la sexualité et le langage. Personne pendant le procès n’a été foutu de demander clairement à Jonathann ce qu’Alexia lui avait dit exactement le soir du meurtre. Quels étaient les mots insultants qu’il a voulus lui faire ravaler, qu’il a coincés dans sa glotte, qu’il a empêchés de sortir, d’éjaculer à son visage de gouine opérée de naissance ? Quel manque d’imagination de croire qu’elle voulait le quitter ! Non, c’était des mots de pure haine de femme comme seule une femme sait en cracher à la gueule d’un homme qui refuse de la piner… Mais lesquels ? Quelque chose comme ça :
     — Espèce de pédé ! Même pas capable d’assumer qu’il veut absolument m’enculer alors que je veux un enfant, connard d’impuissant que je ne fais pas bander ! Tu es le seul de tout Gray à ne pas triquer pour ma personne, petit prolo de merde, qui croyait t’élever socialement en bouffant au râtelier de ma famille ! Nain bossu nul ! Incapable d’être un homme ! Tu crois que je vais me contenter d’une fausse-couche de toi, fœtus attardé de grosse vache ? Si ça continue, je vais le dire à mes parents que t’es qu’une fiotte, une tante refoulée, que tu dois prendre des médocs pour faire lever ta petite queue de merde, etc., etc.
     « Alexia était une belle personne, c’est elle la victime », dixit Isabelle Fouillot… Ce procès, ç’a été celui du crime d’un caméléon pédé fondu dans le décor d’une famille « classique », mais ça aurait dû être celui de la bêtise de cette famille, avant tout. Tout est toujours à cause de la bêtise. C’est elle, la criminelle. Et la famille Fouillot a prouvé qu’elle était en tête de cette course, de ce jogging de la connerie. Avec, en marathonienne qui voulait absolument arriver première, madame Fouillot ! Et comme disait Jean Gabin à Lucienne Bogaert à la fin de Maigret tend un piège (1958) :
     — Madame Maurin, vous êtes un monstre mais avant tout un monstre de bêtise, vaniteuse, possessive, méchante. Mais surtout vous êtes bête, mais alors, bête !

Marc-Édouard Nabe

Portfolio de l’affaire Daval :

*