lundi 2 septembre 2019
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Les acteurs sont de vrais cons

Du 15 au 19 juillet, France Culture a diffusé une série d’épisodes quotidiens sur Céline intitulée « Louis-Ferdinand Céline au fond de la nuit »… Pourquoi pas au fond du trou des chiottes ? La Christine Lecerf responsable ne s’est pas gênée pour truffer son biopic radiophonique de tout un tas d’interventions les plus négatives possibles.


Toute la bande des céliniens plus ou moins faux-culs y ont pris la parole de jour en jour selon les thèmes : Un génie monstrueux, Une double vie, Bagatelles pour un massacre, Dans les décombres… Parmi les femmes, car il y avait beaucoup de femmes anti-céliniennes qui sont venues blablater sur la chaine cultureuse, une certaine Anne Simonin, plus zélée que la Duraffour, n’a pas hésité à affirmer – mensonges à l’appui — que Céline était « très lié à l’Institut des questions juives ». Elle se montra aussi choquée que le juge Zousmann ait abandonné les charges contre le maudit. Simonin a aussi qualifié les pamphlets de Céline de « Mein Kampf en français facile » et a cru découvrir une lune en disant que Les beaux draps était beaucoup plus pernicieux et peut-être le pamphlet le plus antisémite des trois de Céline. Pourquoi ? Parce qu’il y « des notes en bas de pages » (dixit Simonin). Des notes ? Non, une seule note, et en bas de la page 115. Et pourquoi ? Pour mettre en valeur humoristiquement une définition du Juif par Céline. Elle n’a vu que ça et ça lui permet de l’enfoncer davantage en prétendant qu’il avait un programme racialo-politique précis (elle zappe évidemment le « communisme Labiche »), et également de reprendre avec ses amies toutes les rengaines sur le soi-disant rôle effectif de Céline pendant l’Occupation ! Rien de moins qu’avoir été un agent de la Gestapo stipendié par les Nazis pour dénoncer à qui mieux-mieux les Juifs qui le gênait ! N’importe quoi ! Et Gibault qui participe à cette mascarade funèbre au moment où sa Lucette, qu’il isole de plus en plus du monde, soufflait les 107 bougies d’un gâteau sur lequel il y aurait beaucoup à dire…
     Pour finir, on remarquera que comme cautions artistiques, cette énième série sur Céline avait besoin des sempiternels acteurs Fabrice Luchini et Denis Lavant qui feraient bien de fermer leurs gueules quand ils ne lisent pas (mal) du Céline. C’est à hurler d’entendre de telles conneries lorsqu’on donne la parole à un comédien : la traîtrise de son sujet lui vient automatiquement aux lèvres. Qu’on en juge !