jeudi 27 décembre 2018
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Les Gilets Jaunes sont des conspis comme les autres

Il fallait pas y croire, voyons ! Bien sûr, ça a un peu frémi le premier décembre, mais très vite les Gilets ont montré leurs jaunes visages : celui de la peur de transformer leur mouvement en révolution. Il aurait fallu savoir faire des sacrifices comme en 1789, en 1848, en 1870, et même presque en 1968… L’objectif Élysée était excellent pour les révoltés et baisés de première, portés par l’exaspération, mais étaient-ils prêts à laisser 200 Gilets Jaunes, ou plutôt rouges, sur le carreau ? Non, évidemment ! C’est pourtant à ce prix (200 morts et non 100€*) qu’une véritable révolution pourrait avoir lieu : en prenant le palais de l’Élysée, en saccageant tout dedans, et en forçant Macron a être présent, avec sa femme, à côté d’un Gilet leader non cagoulé qui parlerait face caméra à la France des minables (aussi bien celle des riches que des pauvres). Hors cela, pas de salut ! Gilets Jaunes, encore un effort pour être révolutionnaires !
     À partir du moment où les Gilets Jaunes se sont désolidarisés des casseurs, c’était foutu. Comme tous les beaufs, ils ne comprennent pas que les casseurs sont le fer de lance de leur liberté… Sans casseurs, pas de changement réel. Il fallait assumer les casseurs et se fondre à eux, et même leur rendre grâce pendant qu’ils rendaient gorge au Pouvoir.
     Pour en revenir à lui, désolé mais c’est le sujet principal de cette gazette, Marc-Édouard Nabe a déjà tout dit, en 1995 dans une émission de télé retrouvée…

…ainsi que dans ses textes, notamment les trois fameux chapitres des Porcs sur « Le désordre juste » et « Fourmies ». À lire et à relire.

     Il était donc bien naïf que de s’imaginer que Nabe serait plus ou moins « Gilet Jaune », surtout qu’il était attendu que la plupart d’entre eux, on l’a vu avec l’un des « chefs » Nicolle Rider, pendant l’attentat de Strasbourg, sont des conspis comme les autres.
     Quoi de plus logique alors que de voir les figures les plus infâmes de l’ancienne « Dissidence » tomber dans le jaune panneau ? Jusqu’à Hervé Ryssen qui s’est trouvé « comme par hasard » à la Une de Paris Match dont l’ignorance des rédacteurs n’est pas une légende. Gaffe qui en dit long sur l’inconscient négationniste de la société française sur la question conspirationniste.

Et les autres : Soral, Dieudonné et Laïbi…

Laïbi, l’ex « bonnet rouge »… Le plus jaune des gilets pourris qui a plongé directement dans le complot Strasbourg sans surprise, et soutenu par les plus abrutis de ses zbires.


*Au sujet des 100€, à lire l’excellent texte du correcteur des Porcs, Thomas Codaccioni. Posté sur Facebook le 11 décembre, 23:41 :

     Il n’y a aucune augmentation du Smic hormis celle – dérisoire – de 1,8 % prévue par l’inflation. Lorsque Macron déclare, et à sa suite tous les cloportes d’En Marche, que le Smic, c’est-à-dire le salaire, c’est-à-dire le montant inscrit sur le bulletin de paie, augmentera de cent euros dès janvier, ce n’est pas une approximation, ce n’est même pas de l’enfumage, c’est un mensonge. Pur et simple ! Proféré en direct à la télévision devant plus de 20 millions de Français !
     Soit. 24 heures plus tard, les choses se clarifiant d’elles-mêmes, nul n’ignore plus désormais que c’est la prime d’activité qui va augmenter, dont bénéficient les smicards, mais aussi, quoique de façon dégressive (faut pas déconner), les salariés à peine mieux lotis. C’est loin, très loin, du cadeau espéré, qu’on a cru – que j’ai cru – pourtant obtenir l’espace d’un instant, le temps, non que la brume se dissipe – j’insiste – mais que le mensonge soit éventé : cette augmentation du Smic crânement annoncée par Macron et qui, en fin de compte, n’en était pas une. A-t-on jamais connu pareille fausse joie ? Quelques miettes lancées et aussitôt retirées du bec avant même qu’on ait pu en croquer une. Macron, ou le sadisme d’État.
     Enfin, ne crachons pas dans la soupe. Il est heureux que la prime d’activité augmente. Passons sur le fait que cette augmentation était prévue de longue date et qu’elle devait initialement s’étaler tout au long du quinquennat. En revanche, ce que beaucoup ignorent, ce qu’il faut dire, ce sur quoi je veux attirer votre attention, ce que, dans l’ensemble, les médias n’ont pas suffisamment souligné, c’est qu’il ne suffit pas d’être smicard ou salarié modeste pour pouvoir prétendre à la prime d’activité, oh que non, il faut avant toute chose… vivre seul, ou du moins en colocation parfaitement platonique. En effet, petit smicard, si la vie n’a pas été trop chienne avec toi, si elle t’a tout de même accordé la grâce de rencontrer l’amour et t’a offert la possibilité d’habiter avec celui ou celle qui fait battre ton coeur, sache que tu n’auras plus droit à aucune aide sociale pour peu que, contrairement à toi, la personne que tu aimes gagne plutôt bien sa vie, et ce quand bien même tu ne serais ni pacsé ni marié avec elle. Je cite LCI : « Le versement de la prime d’activité dépend des revenus du ménage et pas des individus. Ce qui signifierait que cette hausse ne s’appliquerait pas à une personne au Smic, si une autre personne dans son foyer gagne bien sa vie. »
     Et pour finir, ce matin, je reçois un mail de la Caf m’informant qu’au 1er janvier 2019, je n’aurai plus droit non plus à l’aide au logement. Après sept ans d’études, je vis donc avec un Smic, et c’est tout, basta, pas un centime de plus. Pardonnez cette fin abrupte, il y aurait encore bien des choses à dire, mais je suis fatigué, il est tard, et demain je me lève tôt pour aller bosser. La fleur au fusil avant le fusil dans la bouche.