mardi 20 juin 2017
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Les trois petits cochons jihadologues et le grand méchant loup choisi

Suite de l’affaire Inrocks / Nabe : Abu Jamal écrit à Nabe’s News pour mettre les points sur les i de Romain Caillet, David Thomson, Wassim Nasr et tous les sceptiques du mail et du message de l’État islamique envoyés à Nabe.

 

    Le 30 mai, Marc-Édouard Nabe reçoit sur sa boite mail un message, ou plutôt un communiqué, se disant provenir de l’EI. Ultimatum : arrêt complet des opérations françaises en terre islamique (du Mali à la Syrie) ou reprise des attentats sur le français. Sept jours pour mettre en pratique la demande. Véridique ? C’est la question que se posent les sceptiques débiles.
     Les taupes de la jihadosphère sont surprises. Pour l’informateur Caillet, petit ami des renseignements, pas assez d’ « inch Allah » et d’ « expressions religieuses ». Pour le non-musulman Nasr, les doutes sont nombreux : « absence totale de référence religieuse », l’EI ne va pas « négocier de la sorte », et puis « Al Rumi », c’est « médiéval » comme nom. Pour Nasr, l’auteur du mail serait une sorte de jihadiste has been…. Pour Thomson, c’est un peu différent : « codes jihadistes » respectés, mais le « canal de communication » n’est pas le bon…  Les trois « experts » qui font leur beurre sur le Jihad sont tous autant à la ramasse… Même un partisan arabe de l’EI influent sur Twitter, et bien trop méfiant vis à vis de Nabe, se dit sceptique : « une attaque ne s’annonce pas »…  
     Apothéose : les Inrocks s’intéressent à l’affaire du message de « Daesh ». Ils se gargarisent, les imbéciles : Nabe l’anti-consipirationniste se serait il fait avoir comme un bleu par des faussaires ? Le comble !

     Ils s’y croient tous un peu trop. Un recadrage s’impose…

Des références à la pensée islamique

     Pas de références, alors ? Et la dernière phrase, c’est quoi ? « Attendez, nous aussi nous attendons… » C’est juste une citation du Coran…

Sourate 11, Hud, versets 121 et 122 :
Et dis à ceux qui ne croient pas : « Œuvrez autant que vous pouvez. Nous aussi, nous œuvrons.
Et attendez. Nous aussi nous attendons ! »

Sourate  9, Le Repentir, verset 52 :
Dis : « Qu’attendez-vous pour nous, sinon l’une des deux meilleures choses ? Tandis que ce que nous attendons pour vous, c’est qu’Allah vous inflige un châtiment de Sa part ou par nos mains. Attendez donc ! Nous attendons aussi, avec vous ».

     Second point essentiel : le message rappelle qu’une fois informé, le peuple français ne pourra plus se dire innocent. Il s’agit ici de mettre en pratique l’enseignement coranique se basant sur l’histoire du prophète Salih (Alayi salam) et de son peule, les Tamud. Bien qu’une infime partie de ces derniers ait agi concrètement, positivement, contre le décret d’Allah, c’est l’ensemble du peuple qui fut détruit et pas simplement les conspirateurs. Justement parce que bien qu’informés de la conjuration, ils ne firent rien pour l’éviter…
     Enfin, si Caillet affirme que sans « inch Allah », la légitimité du texte peut être remise en question, c’est parce qu’il pense qu’en bons débiles mentaux, les djihadistes n’en connaissent pas plus, des invocations religieuses… Pour lui, qui croit comprendre beaucoup à l’islam, la façon de parler, d’écrire des djihadistes, se caractérisent par l’ « invocation » (qui n’en est pas une) la plus basique. Non, abruti. Pour devenir djihadiste, il faut dans le crâne autant que ce qui manque dans le tien ! Certes, « inch Allah » est une parole demandée. Son absence ne suffit pas vraiment pour décrédibiliser un musulman quelconque dans le monde, aussi radical soit-il.

     1ère leçon : pour comprendre l’Islam, et a fortiori le jihad, le Coran est une première lecture conseillée.

     2ème leçon : un spécialiste du djihad n’aura jamais autant de compétences qu’un djihadiste puisque, justement, il ne l’est pas…

Les surnoms

     L’argument le plus débile, c’est celui du nom médiéval. Honte sur toi Wassim, encore. Les djihadistes utilisent pour s’identifier des surnoms, appelés kunyas. Un musulman en a souvent une, il en a même plusieurs s’il le souhaite. Généralement on utilise le nom de sa descendance : Abu Souleyman, c’est-à-dire père de Souleymane, par exemple. Il faut juste ne pas utiliser la kunya du Prophète (saw). Les surnoms « classiques » si on peut dire ainsi, sont accompagnés de l’origine du combattant : al Faranci (le Francais), al Alfriki ( l’Africain) etc. Sur le terrain, elles permettent de satisfaire une exigence de référencement, de clarté, elles permettent de distinguer les profils. On sait si le combattant a émigré ou pas. Si oui, d’où il vient, quelle langue il parle, etc. Cette exigence en France n’est pas pertinente. Les surnoms ne sont pas juste un choix esthétique, un délire de djihadistes qui aiment bien se rappeler d’où ils viennent (je n’en connais aucun qui aime être appelé « le Français » !)… Les surnoms permettent de se distinguer. En France, il serait stupide de préciser al Faranci… Utiliser une kunya qui permettrait de préciser l’ethnie est plus logique :  Al Rumi signifie l’Européen. Le porte parole n’est Arabe, il est Blanc. Voilà l’info intéressante ! On ne recrute pas juste des profils ayant un lien plus ou moins direct avec l’Islam, ou en tout cas des profils ayant une ascendance musulmane. Maintenant, même un Blanc, un « vrai » Francais peut prêter allégeance… Allah est Grand, n’est-Il pas ?

Une négociation qui n’en est pas

     Nasr vient nous expliquer que l’EI ne « négocie » pas comme ça. Sale imbécile de Libanais maronite qui passe trop de temps à châtelet en manteau Carharrt avec sa Blanche enrobée…Le texte est un ultimatum : c’est-à-dire le degré zéro de la négociation… Lorsque l’on demande à Macron d’arrêter ses bombardements, pour que son peuple pervers et lâche ne risque pas l’explosion, personne ne « négocie » avec le Président. Si le numéro un Français répond favorablement, il ne recevra rien en échange : personne n’agira contre lui, nuance. Mais s’il répond négativement, alors lui et ses sujets seront punis. C’est la recherche du compromis qui caractérise une négociation : impossible de mettre en évidence une telle volonté ici. L’auteur demande à la France de se soumettre à l’ensemble des conditions édictées par l’EI pour obtenir la miséricorde du groupe. Les ultimatums, ou plutôt les demandes unilatérales de soumission ou de reddition, sont dans la droite ligne de la politique de l’organisation. C’est une marque de fabrique qui date du temps d Abu Musab al Zarkawi, rahimahullah. L’auteur du message ne contredit par conséquent en rien la position du Califat : il applique très clairement le mode opératoire de la structure à laquelle il a prêté allégeance.

Une annonce qui en suit des milliers

     On trouvera même parmi les sceptiques un nouvel argument : le texte est stupide puisqu’il annonce une attaque qui, par principe, ne doit pas être annoncée. Que les choses soient claires : le texte n’a pas donné la date du prochain attentat, ni le mode opératoire, encore moins le lieu. Mais l’Etat Islamique ne ruse pas sur le principe : il annonce depuis des années qu’il va attaquer l’Occident. Je ne connais pas un Francais ou un Américain surpris qu’un attentat ait été accompli par des djihadistes, justement parce que ces derniers ont toujours informé leurs ennemis de leur volonté guerrière. L’Etat islamique prévient l’Occident, toujours. Bien évidemment, il ne va pas donner le détail de ses attaques…  Précisons, de plus, que l’EI a déjà annoncé aux sunnites de Falloujah, qu’il prévoyait de reprendre la ville bientôt, sans que cela joue pour autant en sa défaveur : pas un chien chiite ne sera capable de prévoir la future attaque…

Les canaux de la Vérité

     L’État islamique a prouvé, entre autres, qu’il avait remporté depuis longtemps la bataille de l’information. Il s’agit du premier groupe djihadiste à avoir compris qu’un des points essentiels de la prêche religieuse reposait sur sa capacité à faire parvenir une information intelligible.  Il a construit, depuis une décennie maintenant, un discours (une « propagande » comme disent les djihadologues et les occidentaux) accessible à tout être sincère sur cette planète. Pour réussir, il a dû trouver des solutions concrètes en permanence : dans un premier temps, il s’est focalisé sur la mise en scène des exécutions de ses ennemis pour prouver qu’elles étaient justifiées. Les mises à mort suivent toujours une présentation des actes commis par le futur exécuté. Pour prouver son courage dans la lutte, le groupe a décidé de filmer ses soldats en plein combat. Au sol tout d’abord, soit avec un véritable caméraman aux côtés des lions, soit en mettant une caméra directement sur le torse d’un combattant.  Par les airs, ensuite, en enregistrant au moyen de drônes les derniers instants des martyrs se sacrifiant dans leurs véhicules blindés en pleines rues de Mossoul. La lutte pour faire parvenir l’information est une priorité du Califat : c’est une raison de son succès. Pour expliquer sa méthode, il a publié plusieurs « magazines », mensuels, hebdomadaires ou même quotidiens (Dar al Islam, Rumiyah, An Naba). Pour informer concernant les conséquences concrètes de ses actions martiales (nombre de morts suite à un attentat, revendications d’attentats…) , il a fondé l’agence de presse la plus fiable du monde, Amaq. Pour faire parvenir discrètement ses directives aux fidèles vivant en Occident, il utilise l’application Télégram. Pour recruter dans les rangs des Kurdes de Kirkouk, il émet des messages radiophoniques provenant de Mossoul. Pour annoncer la prochaine attaque de Falloujah, il distribue des tracts à la population de la ville (Nabe et l’EI, décidemment, ça se rejoint même dans le rapport à la diffusion…)
     Ce qu’il faut comprendre par là, c’est que le groupe innove sans cesse pour faire parvenir sa parole, constamment censurée. Nabe comprend certainement ça comme personne ! Que des soldats aient choisi de communiquer leurs revendications non plus par vidéos, magazines, ou Amaq, mais en envoyant leurs demandes par mail directement aux concernés est très pertinent. Ils recherchent en permanence le moyen de communication le plus direct qui existe…

 

L’élu

     Bien évidemment, Nabe est l’élu de l’EI. Les membres Français de l’organisation connaissent tous, sans exception, la position de Nabe vis-à-vis de l’Islam et du djihad. Ils savent de plus qu’il est croyant,  et qu’il attache sa crédibilité au fait qu’il n’écrive que ce qu’il constate dans la réalité (contrairement à un Onfray qui est non seulement athée mais qui ment sur l’Islam et a insulté le Prophète (saw)). Nabe écrit les faits. Ils (les soldats du Califat) n’ont certainement pas lu son journal intime, mais ils en ont saisi l’esprit. S’ils lui envoient une demande, une information, il ne la cachera pas, ne la déformera pas, bref, il ne mentira pas. Il transmettra la Vérité. David Thomson le déradicaliseur ou Caillet l’hérétique n’ont pas la même réputation… Nasr, lui, prouve pour moi cet argument : il a reçu le message mais il n’en a pas parlé. Bande de faibles, va !

Abu Jamal