jeudi 27 décembre 2018
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

EFFATA !

Voilà où en est l’Église catholique : tous les 9 du mois, pour « fêter » la mort de saint Johnny Hallyday, la Madeleine, en plein Paris, organise des concerts-cérémonies-messes en hommage au chanteur nul et défunt… Notre envoyée spéciale Nicole Mercadier s’est rendue à l’une de ces festivités même pas blasphématoires, juste lamentables, tout à fait symboliques de l’idolâtrie, seconde mamelle, avec l’anti-mysticisme, de la catholicité contemporaine.

Après la Nuit Blanche en bus qui m’avait ramenée de La Salette jusqu’à Paris, j’étais bien à l’heure pour mon rendez-vous : Métro Madeleine,  prendre la sortie Eglise. C’était en traversant la rue, que je vis sur le trottoir ce rat étendu mort. Je n’avais encore jamais vu d’animal étendu de cette manière, à plat ventre, bien droit, la tête penchée sur le côté, les pattes avant écartées à l’équerre, comme … crucifié, aucun clou apparent pourtant … Qu’est ce que cela pouvait bien figurer ? Moi et ma pénitence ? Ce qui allait se dérouler aujourd’hui dans ce lieu qui m’attendait ? Pas le temps pour trop méditer : une femme endimanchée, alerte, que je n’avais pas repérée, avait déjà déployé son kleenex-linceul, saisit le rat bien raide pour le dissimuler presto derrière le muret qui entoure l’église. Cela  avait été plus fort qu’elle : impossible de laisser un tel spectacle offert, à l’orée de l’édifice au sein duquel se préparait « la messe » ! Celle qui se répète le 9 de chaque mois à l’attention de Johnny Hallyday depuis décembre 2017.
     Cachez-nous ce rat que l’on ne saurait voir ! La guillerette nettoyeuse avait déjà rejoint son mari en haut des marches. Moi, trouvé ma chaise parmi les fans dans la partie latérale de gauche, tout près de l’autel. Qu’est ce qui me poussait à revenir une troisième fois pour assister à çà ? Les deux cérémonies précédentes de juillet et août en semaine, s’étaient montrées déjà bien affligeantes dans leur déroulement, « infiltrées musicalement » par des airs de Johnny.
     En juillet trop top : l’orgue, pour mieux nous faire attendre (on se demande qui ?) nous avait longuement ronronné le « Oh Marie ». Un peu plus tard, le Temps précédant la Transsubstantiation avait bien tenté de s’accorder à l’air de « J’ai oublié de vivre » pendant que les paniers de la quête se remplissaient sur tous les rangs. Le 9, l’église est toujours quasiment pleine. Une moitié environ du troupeau s’était ensuite levée pour mieux « communier » avec « Retiens la nuit ». Quand au « Que je t’aime » il est collé définitif à chaque final. En juillet ma seule participation avait été de suivre l’invitation du prêtre, pour trouver à la sortie de l’église des images religieuses, selon sa propre expression. Pour 1 euro : souvenir ! Une guitare Johnny aux œillets rouges, avec au verso un morceau de Saint Paul aux Corinthiens, (qui s’ébrouent encore aujourd’hui  tous ensemble,  pour tenter de se détacher de ce qu’on leur a collé sur le dos) A l’origine, il fallait payer 5 euros pour assister au rituel, lors de mes venues je n’ai jamais eu à payer. Il me fallait juste revenir ce dimanche pour bien comprendre « l’usure » de la mécanique de ces messes qui n’en sont pas. J’avais déjà remarqué ce personnage que l’on appelle sosie, qui déjà en juillet était arrivé en retard pour mieux fendre la foule, stopper net à la droite de l’autel sous le nez de ce qui tient lieu d’icône : une photo de plus d’un mètre de haut, prise le 9 décembre du cliché de Johnny exposé ce jour là. Du début jusqu’à la fin de chaque séance, le sosie reste là, debout  face à « l’icône », sans jamais lâcher la photo de derrière ses lunettes noires, pas même au moment de la « communion », alors que le prêtre se tient tout près. En juillet au final, avec le « que je t’aime », rien n’avait pu le retenir de monter au micro pousser la chansonnette : la star de l’idole était parvenue à nous faire face. Ce dimanche il était encore bien là pour  le face à face mensuel avec son dieu.
     A chaque « messe » c’est bien un prêtre qui chante et gratte les airs de Johnny à la guitare, avec pour la porter, comme une nostalgie scoute.
     Et à chaque 9 du mois,  c’est aussi avec la même ritournelle que le prêtre officiant nous salue : son contentement de nous voir tous revenir aussi nombreux pour honorer Johnny.
     Ce dimanche, la tenue du rituel s’était voulue plus sérieuse. Fini l’intro Johnny, l’orgue bien dans l’ordre, des cameramen étaient là, se faufilant pour filmer toutes les coutures. L’air était déjà si pesant que L’Âge du Christ de Marc-Edouard Nabe s’était alors ouvert de lui-même sur mes genoux :
     « Je considère la pauvreté de la cérémonie actuelle comme une punition. Nous payons par une messe type d’avoir laissé par manque de foi, l’Eglise s’éteindre à petit feu. Même si ce n’est pas comme Jésus sur Sa croix, il faut souffrir un peu tous les dimanches en assistant à ces réunions profondément minables que l’Eglise catholique aujourd’hui agonisante nous propose.
     
Les gens sont laids, ils chantent faux, ils puent, ils toussent dans cette église froide et sans âme, les oraisons sont riquiqui, les psaumes sont mous. Le concélébrant qui lit péniblement le passage de l’Evangile rendrait jalouse la plus compétente des mouches tsétsé. Ce n’est plus de la liturgie, c’est de la léthargie.  Les gestes ont perdu toute signification, les mots sacrés n’en ont pas l’air mais ils le sont (c’est  ça qui est beau). Quand quatre mamies envisonnées chantent l’Alléluia, la pluie a si peur là-haut qu’elle refuse de tomber. Les paroles consécratoires donnent  envie de vomir, les signes de croix sont plus obscènes que des bras d’honneur. Une chose est certaine : l’organiste n’est pas Jimmy Smith. Les Amen sont désespérants. Même la fraction fait un bruit de vieil os qui craque. Quelle angoisse ! Les acolytes morvent. Le célébrant est aussi écœurant  quand il mâchonne l’hostie fractionnée que lorsqu’il nettoie son calice une fois vidé comme le  dernier  des bistrotiers essuyant un verre au fond de son café. Quel héroïsme de ne pas se laisser écraser  par l’idiotie de l’homélie dominicale ! Un sermon sur mille, et je suis gentil vaut la peine d’être écouté. Les curés déblatèrent des conneries à faire s’écrouler l’église sur les fidèles. Ça sonne faux dans des lieux creux. Quelle grande rhétorique !  Tournant plus à vide encore que celle de Lautréamont. Cette phraséologie absurde et ronflante me passionne. C’est de la très grande mauvaise littérature. Une poésie abstraite inlassablement proférée pour envoûter les esprits. Dans la prière, les mots prononcés savent pour nous ce qu’ils veulent dirent. »
     Par cette épouvantable  répétition des homélies prononcées chaque 9 du mois, le prêtre nous donne  à croire que les apôtres ont écrit tout exprès rien que pour soigner les endeuillés de Johnny, le prêtre donc avec un talent certain pour  emberlificoter le Texte, quelque soit le passage lu,  persévère à chaque séance à en   emmiévriser toute la teneur.
     Ce dimanche on avait pourtant Isaïe …La terre brûlante se changera en lac, la région de la soif, en eaux jaillissantes.
     
Et  le tonnerre de Saint Jacques ! … Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi, et des héritiers du Royaume promis par Lui à ceux qui L’auront aimé ?
Une seule phrase du psaume pouvait réanimer le premier mort-vivant venu … Le Seigneur délie les enchaînés.
Et Saint Marc … Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler, et supplient Jésus de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et avec sa salive, lui toucha la langue. Puis les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
     Un Texte pareil ! C’aurait été une bonne occasion pour changer de ton :
     — Laissons les morts s’enterrer entre eux ! Renversons avec la ceinture de Jésus ces photos funèbres ! Trouvons la Vérité.
     Ou plus fort subtil ADIEU… « Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n’ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau !… Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul. »
     4 lignes de Rimbaud en église vous dépoteraient vos endeuillés, qui verraient enfin où allumer le FEU.
     Je m’égare ? En effet, cher prêtre je vous parle en vain, car inexorablement votre voix étranglée, reprenait comme chaque 9 : le deuil et l’enfermement de sa douleur, s’ouvrir à la charité planplan, quitter le sommeil paradoxal pour se laisser engouffrer dans le train du sommeil du jardin des oliviers… Après le Credo récité au garde à vous, on nous demandait sur le papier de messe de comprendre ce que Jésus nous dit à travers cette chanson de Johnny « Je serai là » … (Ô piètre prêtre chanteur sur votre guitare perché, que dirait Saint Jean-Marie Vianney de vos shows répétés ?)
     — Et je suis là ! Si tu veux, ouvre ton cœur pour être heureux. Pour faire ce jour le plus beau jour de ta vie ! Et je suis là dans l’Hostie, comme dans ton cœur pour être heureux. Si tu es là.
     Heureusement jaillit Le Sanctus.
     Plus tard, envers et contre tout, les mains ouvertes, croire que le Notre Père va opérer en nous son chemin. Au moment de la « communion », (et je suis tellement désolée vraiment d’employer ce mot car c’est un impur sacrilège qui se répète) voyant ma voisine de devant revenir à sa place, j’avais brièvement aperçu deux croix de taille assez conséquente, l’une en broche, l’autre en pendentif, sans avoir eu le temps d’observer ce détail particulier que j’ignorais et qui relie les fans entre eux.
     Ce fut au final que tout a vraiment explosé. Enorme : au signal du chanteur officiant, la foule entière a entonné à poumons bien dilatés le « Que je t’aime » adapté du père  Jean-Yves Jaffré. Il ne m’avait jamais été donné de voir  une sortie de croix telle que celle-là, (Mais Jésus était-il venu ?) L’orgue s’était amplifié comme une mise à mort sous les regards du chanteur officiant et du caméraman, la croix a traversé la clameur de la foule qui, style fin de concert ou match de foot, à ne plus savoir où on était, une église ?
     La masse égosillait donc en boucle « Johnny Hallyday !  Johnny Hallyday ! Johnny Hallyday ! » tout en applaudissant au chaos. Les prêtres avaient  disparu, avalés.
     Ce jour là, plus encore que les précédents, au moment de l’Elévation cela s’était vu par le corps même de ces prêtres : une lenteur à se rassembler autour de l’autel, ils ne se courbaient pas d’amour. Ils étaient devenus si pesants dans leur âme de ce qu’ils imposaient à leur corps depuis tous ces  mois, que ceux-ci ne pouvaient plus mentir, le corps même des prêtres rechignant à la ritournelle…
     « La cause du relâchement du prêtre, c’est qu’on ne fait pas attention à la messe. Hélas !  mon Dieu !  qu’un prêtre est à plaindre quand il fait  cela comme une chose ordinaire ! Oh que c’est malheureux un prêtre qui n’est pas intérieur ! »
     C’est bien notre Saint Jean-Marie Vianney curé d’Ars qui parle.
     Je tardais à sortir, vis le prêtre officiant réellement comme hébété, Frigide Barjot finissait de le saluer par la très bourgeoise formule : « c’était une très belle messe ».
     Ils s’en allaient tous, sans que personne ne se regarde. Sortir !
     Sur les marches, j’ai fini par m’assoir près d’un fan solitaire assez jovial. Lui demandant pourquoi leur réunions d’endeuillés se déroulent dans une église, je tentais de lui expliquer que c’est la maison de Jésus, qu’avec ce barouf à la Johnny qu’ils y font, Jésus en est chassé, alors pourquoi l’église ? Sans pouvoir me répondre il m’explique qu’il vient de banlieue, pas de club de Johnny  là-bas. Qu’il avait été touché le jour de la cérémonie du 9 décembre d’avoir été filmé dans son beau T-shirt de fan, et d’avoir été reconnu par les mômes du quartier : devenu célèbre grâce à la mort de son idole ! Il m’expliqua sa passion musicale,  je lui décrivis la Passion de Jésus, quelque chose s’était-il passé ? J’avais quand même vu son visage changer, le temps d’une grimace…
     Pendant notre échange, j’aperçus la star de l’idole, il était venu s’asseoir non loin de nous, accompagné de quelques dames, toutes fans. Comme elles m’avaient entendu parler de Jésus,  l’une d’elles lança :
     — Quand on voyait arriver Johnny sur scène, c’était lui le messie.
     Je m’étais approchée de la star de l’idole pour comprendre. Il semblait accablé, le face à face mensuel ne semblait pas lui réussir. Je lui demandais ce que cela lui apportait de venir se présenter debout, chaque 9, devant la photo de Johnny.
     — Être près de lui, je ne pense qu’à lui à ce moment là.
     — Mais dans l’église, devant lui, vous faites des prières ? Le Notre Père ? Le je Vous  salue Marie ?
     — Non, je suis juste près de lui.
     — Alors si vous êtes à ce point près de lui, comment va-t-il ? Où est-il ?
     J’avais pensé qu’il allait s’éclairer, nous dire une bonne nouvelle, mais l’accablé me répondit :
     — Ça c’est un Mystère.
     La splendeur du mot m’encouragea,
     — Mais, depuis le temps que vous vous tenez près de lui, avec tout ce bazar qu’il laisse derrière lui, il est où ? Au purgatoire ?
     — Ah non !
     — En enfer alors ?
     — NON ! Pas là !
     — Au paradis, vous croyez ?
     — Alors oui.
     Mais après un silence, il n’a pas l’air certain, amèrement il commença à parler de Laeticia … Un silence d’ange qui pleure planait.
     Une autre dame, affirma alors sur le même ton que la précédente :
     — Ce n’est pas Jésus qui est sur notre croix, c’est Johnny.
     Ce fut alors que j’ai vu de près le bijou : sur la poitrine de l’accablé, la même croix que celle entrevue en double sur la poitrine de ma voisine dans l’église. J’avais bien sous les yeux (plaqué argent ou massif ?) le veau d’or ! Celui là, si bien décrit dans l’Exode.
     Quand on le cherche sur internet, on voit le bijou d’origine, celui qu’a voulu Johnny : un personnage en croix, portant guitare, une boule lisse à la place du visage, si lisse que, le temps faisant, les fans y ont imprimé celui de leur idole …
     « On a tous en nous quelque chose de Jésus Christ, oh saint Johnny, où que vous soyez, par la Bienveillance qui vous a été donnée du Très-Haut, il est grand temps d’infuser le message à tous vos fans, sérieux. »
     Des marches de La Madeleine, le dimanche semblait calme, les saluant je quittais les fans,  la perspective s’ouvrait … Concorde ?  Invalides ?
     « Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres par leur mauvaise vie, par leur irrévérence et leur impiété à célébrer les saints mystères, par l’amour de l’argent, l’amour de l’honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des cloaques d’impureté. Oui, les prêtres demandent vengeance, et la vengeance est suspendue sur leur têtes. Malheur aux prêtres et aux personnes consacrées à Dieu, lesquelles par leur infidélité et leur mauvaise vie crucifient de nouveau mon Fils ! Les péchés des personnes consacrées à Dieu crient vers le Ciel et appellent la vengeance, et voilà que la vengeance  est à leur porte, car il ne se trouve plus personne pour implorer la miséricorde et pardon pour le peuple ; il n’y a plus d’âmes généreuses, il n’y a plus personne digne d’offrir la Victime sans tache à l’Eternel en faveur du monde. Dieu va frapper d’une manière sans exemple. Malheur aux habitants de la terre ! Dieu va épuiser sa colère, et, personne ne pourra se soustraire à tant de maux réunis. »
     (extrait du Message de la Vierge Marie transmis à Mélanie à La Salette)
     Après 9, vient le 19 ! Ce jour là dans les églises dignes de leur nom, on fête Notre Dame de la Salette. C’est le 19 septembre 1846, que Mélanie et Maximin, deux enfants du village de Corps en Isère, qui gardaient des vaches au-dessus du village de La Salette, virent la Sainte Vierge en pleurs, avec pour les hommes et les prêtres surtout un terrible message, que l’on ne passe toujours pas. Des écrivains ont étudié le fait de La Salette , Paul Verlaine, Joris Karl Huysmans, Léon Bloy, Jacques Maritain, Louis Massignon, Paul Claudel ainsi  que dans leur lumineux sillage Marc-Edouard Nabe. Sans avoir à chercher, son livre OUI s’ouvre sur ces passages :
     « La Sainte Vierge Marie est bien apparue aux enfants parce qu’ils étaient dans un état de grâce unique et qu’ils le méritaient. La Vierge est l’incarnation lumineuse et immatérielle de l’extase des deux enfants. Si on met en doute la présence omnipotente de la Vierge dans le monde, on ne peut pas mettre en doute son apparition lors des extases que les êtres humains vivent  réellement. Je veux bien  essayer de comprendre ceux qui nient la résurrection de Jésus-Christ, mais je ne peux pas admettre ceux qui nient l’impact que la croyance en cette résurrection a sur d’autres hommes.
     Voilà qui est important. Ce n’est pas la véracité, mais la Vérité qui compte. Si on pense que Dieu, le Christ, la Vierge ont été inventés par les hommes pour donner des noms à des sensations inexpliquées de l’être humain, ça ne me choque pas car l’important ce sont  ces sensations.
      Elles font exister si fort les choses de la foi que ces choses finissent par exister. Quelle importance si elles ont été « inventées » ou non : elles sont là, et si elles sont là ce n’est pas un hasard c’est que l’homme en avait besoin sous cette forme : voilà toute l’apologétique. Elles ne sont pas réelles, elles sont vraies. C’est mieux. On peut tout prouver par le Mystère. Tout, même les miracles. Ce n’est pas plus bête que d’essayer de tout expliquer car,  même si on y parvenait, on trouverait toujours du mystère au fond de l’explication. Dans le cas de La Salette, c’est manifeste : presque tout reste inexplicable et reste inexpliqué . Une seule chose est sûre : Mélanie et Maximin ont vu la Vierge  et leur vision a été si vraie que, toute leur vie sans se contredire et sans se trahir, ils ont vécu sur cette vision. Appeler ce phénomène « hallucination » ou « névrose » ne change rien. Réduire les apparitions à l’interprétation psychanalytique ne relève que de la vieillotte incrédulité renanienne à l’époque où les imbéciles (c’est-à-dire les adultes) affirment avoir vu des ovnis ! Voila bien le résultat d’un siècle de matérialisme !
     On est passé de la Vierge aux extraterrestres par haine de la foi. Avez-vous remarqué que ce ne sont jamais les enfants qui voient des soucoupes volantes ? Eux-seuls ont assez de grâce pour voir des vierges volantes. »
     Plus loin …
     « Non, la Vierge n’est pas apparue aux deux gardiens de génisses moites pour conseiller gentiment aux hommes de ne pas travailler le dimanche et de bien faire leur prière le soir. Elle est venue parce qu’elle avait peur pour les hommes, peur que les « cloaques d’impureté » qui tiennent le pouvoir de l’Eglise visible finissent par souiller de leur méfaits trop voyants l’Eglise invisible. Les visibles seraient bien capables de rendre l’invisible aux yeux de tous ! De rajouter des bandelettes et des lunettes noires à tous les véritables chrétiens qui savent bien, grâce à Jésus, que tout ce qui ne se voit pas est bien vu. Après sa résurrection, l’Eglise visible a recrucifié le Christ en lui volant son Esprit pour en faire une religion. C’est aux chrétiens « opératifs » comme disait Mélanie de décrucifier le Christ avec la fameuse tenaille entrevue sur la petite croix ballotant sur la poitrine de Marie d’Isère, la meilleure des mères. Décrucifions Jèsus de sa sainte croix l’Eglise et lançons-le de nouveau , marteau en main, dans tous les temples, lui seul peut encore en chasser les marchands. Tout vrai chrétien ne veut rien d’autre que le marteau d’amour dans la main de Jésus, au bout de ce bras engourdi par la charité. 
      C’est peut-être le dernier rôle de l’écrivain salettin, en fin de siècle, de brandir sa plume comme Maximin avait brandi son bâton, il y a cent cinquante ans, au cas où la Vierge serait méchante, lui qui crut ensuite qu’elle pleurait parce que son fils l’avait frappée !
     Non Mémin, le bras du fils n’est pas là pour faire du mal à sa maman, ni pour se laisser écraser par le corps rêveur de son papa. Le bras du fils est dressé, bien au contraire, pour que les autres fils, manchots pour la plupart, en prennent ombrage.
     La Vierge l’a bien dit, avant de se fondre comme du beurre dans l’atmosphère : « Le bras de mon fils est trop pesant, je ne peux plus le soutenir, je vais être forcée de le laisser aller. » Ne vous gênez pas, Sainte Mère de Dieu ! Il n’est que temps. Comme un baobab foudroyé par la rage, le bras du fils va s’abattre sur ceux qui, depuis longtemps, ne savent plus pleurer.
     Merci.»

Conférence prononcée de 30 novembre 1996  à l’Institut catholique de Paris devant 38 personnes. Marc-Edouard NABE. Le bras de mon fils. OUI.

Nicole Mercadier


Bouillie smeto-catho sur « Je te promets » par le Père guitariste Mescouilles.

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« Je serai là », chanson « mystique » de Jean-Philippe Inept mise à la sauce Madeleine.

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Cette fois-ci, c’est à « Que je t’aime » d’être passé à la moulinette christique pour les cons encore endeuillés un an après.

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« Pourquoi dans une église ? », « Où est Jésus ? », « Scandalo ! », telles sont les réactions de Nicole en assistant au triomphe de la messe à Jojo, sous l’hymne « On est des champions » entonné par toute la Madeleine remplie, sans aucun doute, de gilets jaunes (Gilets Johnny, plutôt !).

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Le clou de l’Office, bien enfoncé dans la connerie sentimentaliste : Frigide Barjot qui n’en rate pas une… Du mariage envers et contre tous à l’enterrement interminable du patron Durock-la-joie.