mercredi 26 juillet 2017
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Les plagiaires non reconnaissants :
1) Pacôme Thiellement

     On le sait, les mille pages des Porcs I dépeignent dans le détail une somme impressionnante de menteurs, de souillons, d’arrivistes, de voleurs, d’incompétents, de lâches, de traîtres, d’abrutis, de racistes, de faussaires, de plagiaires, de vexés et d’imposteurs appelés à continuer de pourrir en direct sous nos yeux tout au long des nombreux chapitres annoncés pour le tome II. Pourtant, le troupeau est loin d’être entièrement constitué…

Bien des personnages, et parmi les plus répugnants, n’ont toujours pas fait leur entrée et attendent, pétrifiés, que l’auteur les appelle à leur tour pour se faire perforer la panse et vider de leurs tripes, à jamais consignées.
     Enfin, il y a ceux dont on voit remuer le bout du groin, de loin, ceux que le narrateur commence tout juste à dépeindre mais qui n’ont pas encore eu le temps de révéler toute l’étendue de leurs viscères. C’est le cas de Pacôme Thiellement, qui apparaît à la page 906, interviewé par Taddeï dans Ce soir (ou jamais !) juste après que Nabe y eut présenté L’Homme en 2010 :

Pacôme Thiellement était une sorte de spécialiste de l’ésotérisme, de l’occultisme, du rock (il venait présenter un livre sur Led Zeppelin), des séries… Toute une sous-culture, dont je devais m’apercevoir de plus en plus qu’elle était elle aussi un excellent terreau pour le conspirationnisme. Le Thiellement parlait de la « vampirisation de la société »… Je ne savais pas encore à l’époque qu’il allait devenir l’un des miens, de vampires, parmi les plus assidus, dans les années qui suivraient… Et aussi un très intéressant personnage sans intérêt (comme il y en a déjà beaucoup) de ce livre, je ne vous dis que ça… »

Et plus loin :

« Enfin, quand Taddeï tendit à Thiellement une perche pour rapprocher mon pessimisme du sien, le rouquin Pacôme garda le silence dans un sourire gêné de tantouze à barbe.

Les Porcs p.906

     Que va donc devenir Thiellement dans le deuxième tome ? On le découvrira bientôt. Mais d’ores et déjà, dévoilons un seul exemple de sa plagite aiguë : Van Gogh, et pas n’importe lequel : celui de Maurice Pialat ! Voilà un porc qui sous la torture de l’abattoir nierait encore qu’il a lu et adoré Le Mauvais Pialat de MEN écrit et publié en 1991 !

     Il ne fallait pas à toucher à Vincent, gros gourou pour vieux cons gauchos !



 

L’Imbécile de Paris n° 5, décembre 1991

Pour lire le texte repris dans Non (1998) : cliquer ici