lundi 19 octobre 2020
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Triste Sire

Remise en place d’un catho tradi ridic ! On regrettera juste que Juan Asensio se soit laissé berner par le début positif d’un article plus que faiblard d’un certain Guillaume Sire, venant de l’arrière-garde nabienne catho, et bien sûr encouragé par la toujours connasse Elisabeth Bart.

On ne va pas tomber dans le « qui est Guillaume Sire ? », parce qu’à l’évidence, ce n’est personne. D’après sa fiche Wikipédia (qui supporte encore d’être sur Wikipédia ?), c’est un catho universitaire lettré de droite classique. On connaît… Guillaume Sire n’est pas une exception parmi les fans de Nabe : il y en a beaucoup de bloqués ainsi dans le Régal et qui continuent à voir Nabe avec un nœud papillon et des lunettes rondes parler de Rebatet et de Céline… Et ils font croire qu’ils trouvent Nabe perdu ou moins bon comme par hasard après 2001. Ils ne vont pas dire que c’est pour des raisons anti-islamo-révolutionnaires, mais c’est quand même ça le point commun de tous les « lâcheurs », au sens bloyen du terme, qui appréciaient Nabe pour sa grande culture de « droite », « civilisée », plus ou moins accepté par le milieu bourgeois des Lettres, et qui, depuis Une Lueur d’espoir (2001 donc), le trouvent complètement à la ramasse de la littérature.
     Guillaume Sire, c’est un fainéant, comme beaucoup. Il n’a pas pris la peine de regarder plus avant ces livres qu’il critique. Il cite Le Bonheur, L’Âge du Christ, Lucette, Je suis mort, Journal intime et Alain Zannini mais il n’en dit rien et se permet de faire des leçons de « jugeote » à ceux qui n’ont pas compris le Régal (né comme lui en 1985!). Comment prendre au sérieux ce Cormary maigre ? Et quelle incohérence : jusqu’en 2001, il est difficile d’attaquer le style et les livres de Nabe, mais après, oui, car Nabe serait devenu « fade » !… Pourtant, d’après Sire, L’Homme qui arrêta d’écrire, c’est pas mal… On ne va pas l’humilier en le renvoyant à des études sur la non-écriture produites par des anonymes parfaits (et non de parfaits anonymes comme Guillaume Sire…).
     Ça partait bien, pourtant… Toute la première partie de son texte était « intéressante », puis ça s’est barré dans la mauvaise foi et la déception pour pas grand chose. Nabe, auteur majeur et artiste, ça faisait monter Sire dans les tours de la passion littéraire, mais arrivé au 11-Septembre, paf !, Sire a calé, il est déçu… Mais qu’il nous dise vraiment ce qu’il ne lui plait pas ! Évidemment, c’est entre les lignes que le propos se trouve : c’est la « Trilogie politique » : Une lueur d’espoir (2001) – Printemps de feu (2003) – J’enfonce le clou (2004). Et rien d’autre ! La preuve ? Elle est toute là dans cette phrase : « Après 2001 comme avant, Nabe a assumé le réel. Hélas son verbe s’est affadi, et son propos est devenu de plus en plus inintéressant, mais parce que le réel sest affadi. » Sous entendu, Sire n’aime pas que l’on explique le terrorisme arabe et que l’on attaque l’Occident et ses si chères valeurs punies par l’Orient. Que Monsieur Sire nous dise précisément en quoi le « verbe s’est affadi » ! Ça va être difficile de prouver que les articles de J’enfonce le clou sont moins écrits que les articles de L’Idiot international publiés exactement quinze ans plus tôt…
     Plus loin, Sire dit quand même que « le dernier grand texte de Nabe fut son roman L’Homme qui arrêta d’écrire auto-publié (« antipublié » comme il dit) en 2007. » En 2010, pas 2007, Sire l’imprécis ! Il a aussi apprécié Alain Zannini, monumental roman de 800 pages écrit entre septembre 2000 et l’été 2002. Il est où, le verbe affadi là ? Fini le langage, finie la phrase ? Sire ose dire ça ? C’est quoi la phrase pour lui ? C’est celle bien troussée à la hussarde ?
Sire s’enfonce encore dans son ignorance suffisante de ce que Nabe a créé ces dernières années… Il aurait gagné à lire vraiment la grande interview de février 2020 dans Valeurs Actuelles par Amaury Brelet où beaucoup de ses questions auraient trouvé des réponses. Et quand il écrit « que ce n’est pas de la faute de Marc-Édouard Nabe si son site internet est irregardable », de quel site internet parle-t-il ? Ça ne doit pas être WikiNabia qui est allé trop vite pour lui, ou même marcedouardnabe.com, simple plateforme de vente, mais on a compris : Nabe’s News ! Une telle méconnaissance de la presse d’opinion et les possibilités d’Internet explosées par Nabe et son équipe ne rendent pas crédible la fine bouche de Monsieur Sire.
     Quant aux « vidéos de la rue Sauton » (les Éclats) n’en voulons pas trop à monsieur Sire qui est certainement inculte en cinéma documentaire comme le prouve son jugement sur le manque d’intérêt d’une telle entreprise de monstration en direct du corps et du verbe d’un écrivain en action et en direct. Non, ça ne lui plaît pas non plus, au nabien réac : trop de vie dans Les Eclats et pas assez de d’interviews « posées », de cicéronades télévisées…  On aimerait bien savoir quels sont selon Sire les sommets dans l’art oratoire de Nabe que celui-ci atteignait autrefois (Apostrophes ? Ardisson ? Taddeï ?).
     On souffre pour Sire de devoir assumer sa phrase idiote finale : « Lorsque je lis ses dernières œuvres, bien sûr il marrive d’être amusé ou intéressé, Nabe n’est pas devenu idiot, il ne le sera jamais, il y a encore des éclairs dans la cacabouillasse, mais je ne peux m’empêcher de ressentir d’amers regrets à l’idée que je vis dans un siècle capable de troquer l’auteur du Régal et du Bonheur pour celui de L’Enculé et des Porcs. » Pourtant quatre grands livres incontestables de styles différents mais de valeurs égales ! On doute qu’il ait vu dans Les Porcs le travail de transmission scrupuleuse du réel d’une époque par une écriture dont le laboratoire a été constitué par Patience et les tracts dont M. Sire ne dit rien. Pour un fan du Nabe période 1985-2001, Sire ne dit pas un mot non plus du Patience 3, dont la moitié a été écrite en Israël en 1992… Cacabouillasse que tout cela ?  Allons !
     La vérité, c’est que Guillaume Sire ne peut pas suivre un artiste qui va trop vite pour lui. Même Daniel Conversano  trouve que Les Porcs est un chef d’œuvre, pourtant Sire ne doit pas, au fond, être moins à droite que Daniel…
     Sire joue aux symboles sur les titres, mais alors, on ne voit pas en quoi L’Homme qui arrêta d’écrire est plus symptomatique que Je suis mort, que pourtant Sire sauve. D’ailleurs, le mot « inintéressant » revient souvent. Inintéressant, quelqu’un qui, comme ses idoles catholiques, prend son temps à la gorge ? Ce n’est pas l’époque qui a contaminé Nabe pour le faire écrire moins bien, mais M. Sire qui s’est laissé contaminer par l’époque pour ne pas entrevoir la force qu’il a fallu à un seul écrivain pour la combattre justement, cette époque horrible comme l’ont fait d’autres écrivains « traditionalistes » que Sire certainement adule (Bloy, Péguy, Bernanos, etc). Sire est banalement comme ces innombrables jeunes lettrés de droite des années 2010-2020 qui voudraient que Nabe copie strictement les parcours de ses maîtres d’il y a cent ans !
     Non, Nabe n’obéit pas à la voix du temps ! Il fait en sorte que son temps obéisse à sa voix, et même avec beaucoup d’avance sur l’avenir. Parce que l’époque est nulle, donc Nabe est forcément nul ? Sire a-t-il vraiment eu entre les mains le Patience 4, à l’évidence il n’a même pas lu l’éditorial et ne fait que répéter ce qu’il en a entendu dire. Son féminisme n’allant pas plus loin que le bout du clitoris de son alliée sur Twitter, Madame Bart (vous vous souvenez ? la trafiquante de spermacéti !), rien à attendre d’un catho coincé incapable de regarder les yeux dans les seins une Alexandra plus que nue sur 150 photos « pornographiques prises avec “sa meuf” et un iPhone » comme dit Sire !

     Et au fait, que peut-il avoir contre le protestantisme, ce bigot catho racorni qui donne des leçons à un cohérent mystique du XXIe siècle qui n’a aucune leçon de christianisme à recevoir d’un apprenti écrivain « inintéressant », bien situé à droite ? Laisse tomber tes références greco-antique, Sire ! Avec le peu d’infos qu’il a, ton copain Le Durtal est davantage perspicace sur le protestantisme révolutionnaire de Nabe…
     Enfin, dans un paragraphe rajouté à sa diatribe nabo-antinabienne, Guillaume Sire se reprend en aggravant son cas : ce n’est plus l’époque qui est responsable de la « sortie de piste » de Nabe, c’est Nabe lui-même qui a lâché les commandes de son bolide pour quitter le chemin de l’art et de la création et déraper dans les graviers de la perdition (en gros) !… Sire part tous azimuts dans le n’importe quoi désordonné : il s’attaque à son « site internet d’une vulgarité inouïe »… Décidément, il l’obsède ce Nabe’s news dans lequel il se retrouve pour toujours. La vulgarité inouïe, ce sont les montages géniaux des unes bien sûr ! Pour Sire, Nabe’s News, avec sa soixantaine de collaborateurs et ses centaines d’articles en 25 numéros, s’apparente aux réseaux sociaux : Nabe « se répand en grossièreté sur les réseaux sociaux » (il faudrait commencer par lire le thème « Internet » dans WikiNabia !).
     Puis, la Faute, la grande Faute de Sire arrive, au sens catholique du terme ! Sire résume Les Porcs ainsi : «  mille pages à propos des branlettes de Soral chez sa logeuse »… En vérité, une moitié de page (225) et c’est de sodomies sur un père qu’il s’agit et pas de masturbations. Sire a donc un gros problème de genre et de précision sexuelles ! Est-ce que ça a un rapport avec son catholicisme malsain ? Ça nous semble évident, surtout quand Sire se prend pour un Jésus qui pourrait sauver Nabe comme artiste au milieu des 99 brebis galeuses ? Pas un instant, il pense que c’est à Nabe que la métaphore christique pourrait s’appliquer, car c’est exactement ce qu’il fait, justement… Il sauve les brebis choisies et élues de cette époque en effet en perdition, et, sans le comparer évidemment à Jésus, il ne serait pas absurde, surtout de la part d’un chrétien, de voir dans l’attitude de Marc-Édouard Nabe une certaine sainteté, non ?
     On n’achève pas un puzzle en disséminant sur une table quelques pièces reliées entre elles. Sire croit faire le tour du Nabe 2000-2020 en regardant un seul Éclat, en grimaçant face à un montage de Nabe’s News, en lisant rapidement une demi-page des Porcs sur Twitter… Eh non ! Nous, à Nabes News, on ne trouvera crédible des détracteurs de Marc-Édouard Nabe que s’ils ont lu en intégralité Les Porcs, s’ils ont fouillé dans Nabes News pour trouver des informations réelles sur l’actualité de Nabe, s’ils naviguent dans WikiNabia pour dépasser l’image de Nabe qu’ils se sont faites avec trois miettes, s’ils ont vu plus de 35 Éclats (car c’est dans la continuité des visionnages qu’on peut en comprendre l’intérêt et l’ampleur de l’entreprise).
     Eh oui, c’est du boulot de haïr informé ! Il ne suffit pas de déclarer ce qu’un artiste devrait être selon ses goûts à soi pour être un bon critique. Il faut savoir creuser l’œuvre en cours et comprendre ce que l’artiste a voulu faire, et a fait, et pourquoi. Essaie, Guillaume, essaie encore !

La rédaction de Nabe’s News

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