vendredi 29 janvier 2021
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Charlotte D’Ornellas / Béatrice Dalle : les sœurs tatouées de Jérusalem

Qui aurait imaginé ça ? Charlotte D’Ornellas, la journaliste vedette de droite de CNEWS, connue pour son jeannedarquisme un peu coincé d’intello boudeuse, minaudant chez Pascal Praud et qui, entre deux « effectivement », nous assène son anti-arabisme vieille France (ou plutôt vieille Algérie-française), et Béatrice Dalle, la star n°1 du cinéma français des années 80, à la filmographie chaotique, droguée, grande gueule spontanée, égérie de la gauche caviar/coke (mélange trop bien !), sont toutes deux — la good girl et la bad girl —tatouées du même sceau, et pas de l’Apocalypse, hélas…
     Non, juste de cette « croix de Jérusalem » que Béatrice a sur le bras gauche en rouge et que Charlotte a sur son poignet, gauche également, en noir, et en plus petit. Quand on y réfléchit quatre secondes, ce n’est pas étonnant. Cette croix de Jérusalem est aujourd’hui le symbole des chrétiens et des chrétiennes qui soutiennent leurs coreligionnaires dans les pays de la Terre Sainte où ils n’ont rien à faire, en croyant, vulgaires dames patronnesses de la paroisse Saint-À-Côté-De-La-Plaque, cathos ignorantes et finalement très peu chrétiennes contrairement à ce qu’elles revendiquent, que les croisés avaient leur place du côté du saint Sépulcre, surtout pour dégager les Arabes qui tournaient autour !…
     Ah, qu’elles se ressemblent donc bien fort les deux sœurs tatouées, l’une finissant presque par devenir sexy à force de ne l’avoir jamais été, et l’autre finissant par ne plus l’être du tout à force de l’avoir été trop ! Bon vent, les filles de Jérusalem ! Vous avez bonne mine avec votre croix à la con inscrite à jamais dans votre chair de femmes tristes qui n’ont pas lu tous les livres (les bons, s’entend)… Vous avez la croix, mais il vous manque le Christ !
     Comme quoi, et on l’a toujours dit, il y a une connivence absolue entre le conservatisme et le progressisme, entre l’obéissance à la Loi et la rébellion à celle-là, entre le mauvais goût d’aimer les flics et celui d’aimer les voyous… Surtout quand ces inclinaisons sont représentées l’une par une rebelle à la bien-pensance de gauche, et qui n’est qu’une petite fille obéissante déguisée, et l’autre par une petite fille déguisée en rebelle à la bien-pensance de droite, mais qui ne l’est au fond qu’à elle-même, et qui le vit mal.