samedi 11 septembre 2021
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Courrier

De : Xavier Salques <no-reply@marcedouardnabe.com>
Date: jeu. 18 févr. 2021 à 19:58
Subject: Formulaire de contact : Critique des Porcs 2
To: <contact@marcedouardnabe.com>

Je viens de lire le dernier Nabe : un éclat de rire par page, le livre fait plus de 1’000 pages ; au prix du pavé, ça fait moins de 0,06 cents le bon moment. C’est pas cher payé, et ça les vaut vraiment.
Au delà de la suite des aventures des personnages du Tome 1 (Laïbi, Soral, Dieudonné, etc) qu’on voit un peu plus s’enfoncer dans l’entre-soi, le mensonge et l’abjection, on voit Nabe en chier avec sa femme (Audrey Vernon), avec une fan belge aux gros seins, et être à deux doigts de galocher la femme de Dieudonné.

C’est les moments les plus touchants du livre, les seuls où on a envie de lui dire : « Mais fais quelque chose, putain ! »
Avec Audrey, le plus simple aurait été de lui avouer : « Écoute ma chérie, j’en ai marre de rentrer le soir pour trouver une femme qui attend de moi ce que je ne voudrai jamais lui donner : des gosses, une vie bourgeoise, une maison, un labrador. Et qui, pire que tout, veut réussir dans ce milieu atroce qu’est le show-biz. Le mieux pour nous serait de nous séparer dans les plus brefs délais. Tu m’excites encore certes, mais beaucoup moins que la moindre bonnasse qui ne baisse pas les yeux quand je la regarde. » Si après ça, elle reste et insiste pour rester, c’est à dire qu’elle remise ses rêves au vestiaire et met toutes les armes de la putasserie féminine à la disposition de l’auteur (le faire bander coûte que coûte, qu’elles que soient les circonstances, tant qu’il lui assure le gîte et le couvert), faut pas la lâcher, mais n’est pas Lucette Destouches qui veut.
Concernant la fan belge aux gros seins, elle s’arrange pour faire rater le train de Nabe en gare de Bruxelles tellement elle admire sa prose, et il se retrouve coincé avec elle, qui n’a rien demandé évidemment, dans une chambre d’hôtel. Y a plus rien qui va avec Audrey, la fan a une poitrine magnifique, et que fait Nabe ? Rien. Ça donne quand même lieu à un chapitre hallucinant de drôlerie (avec citations de Baudelaire), même si je pense que le chapitre aurait été encore plus drôle si l’auteur, avant de suivre sa fan au resto en compagnie d’un ami à elle, avait insisté pour qu’elle lui montre ses seins afin qu’il puisse les lécher, ou si, dans un mélange mi-Choron mi Rocco, il avait trempé sa bite dans la bière avant de la faire goûter à sa fan tout en malaxant ses seins magnifiques. L’érection et l’orgasme sont secondaires, seul le geste importe. Et je pense que tout le monde y aurait trouvé son compte : l’auteur, la fan et le lecteur. Sauf Audrey, et encore… ça aurait pu éviter à Nabe une soirée atroce, où il n’apprit rien de ce qu’il savait déjà, et où il dut se coltiner deux individus, dont une blonde à grosse poitrine sur laquelle il aurait pu se branler quelques heures avant. Connaissant les femmes et leur ingratitude, ça lui a aussi évité la gloire négative de Balance ton porc.
Le problème de mes amis, c’est qu’il y en a aucun qui apprécie Nabe. Certains trouvent qu’il a tort de taper si fort sur tout le monde sans distinction. D’autres le trouvent surfait, dans le sens où il est surestimé et ne se prend pas pour une merde. Aux premiers, je réponds qu’un auteur ne tape jamais assez fort. Et quand je demande aux seconds de m’aligner un seul écrivain contemporain qui tienne aussi bien la route que lui, ça bugge. Pour les faire rêver, je leur dis que la saga des Porcs est un mix entre la trilogie allemande célinienne et le Journal d’un écrivain de Dosto, mais y a rien à faire : de Céline ils connaissent le Voyage, et de Dosto le nom. Il y a enfin ceux qui ne l’aiment pas par anti-anti-complotisme primaire : avec ceux-là, je me refuse à parler de littérature – de politique ou de femmes à la rigueur…
Que demande une femme ? Qu’un homme lui fasse avec amour ce que les plus salopes d’entre elles osent accorder à un acteur dans un film porno, et qu’il la fasse jouir. Que veut un homme ? Pouvoir bander sur une femme qui se comporte comme une actrice porno, qui a pas froid aux yeux, et qui accepte d’en mettre partout (du sperme et de la cyprine). Si on évacue les problèmes de maternité, c’est pas compliqué, le bonheur tient à pas grand-chose.
La femme de Dieudo donc.
Déjà, elle choisit Nabe comme témoin à son mariage : c’est pas courant qu’une femme choisisse un homme comme témoin pour ce genre de cérémonie. Elles préfèrent en général se préparer entre elles et se dire : « Ouah, t’es trop belle ! – Merci, merci, c’est le plus beau jour de ma vie. »
Ensuite, elle lui avoue quelques jours avant de convoler qu’elle a déjà trompé Dieudo avec le bras droit de Soral, qu’elle était enceinte quand elle a commencé, qu’elle a continué après l’accouchement et qu’elle a trop aimé ça. Elle dit ça à l’auteur entre quatre-yeux, dans un bar, juste avant qu’il l’accompagne au magasin chercher sa robe de mariage, un mariage auquel elle ne semble pas tenir plus que ça.
À ce moment du récit, je me demande si Nabe sait que Noémie Montagne (la femme de Dieudo) a déjà tourné dans des films de cul, qu’elle est passé par les bras de HPG, et que c’est donc une pure aventurière, le genre de femme à qui il aurait pu dire sans craindre une rebuffade : « Écoute ma belle, laisse tomber Dieudo et ce mariage à la con, moi non plus ça va pas avec ma femme, suis-moi, je vais t’embrasser et te manger le cul comme on te l’a jamais mangé… dans les chiottes du bar, sous un porche, dans une chambre d’hôtel, à ta guise. Si ça marche, c’est à dire si je bande et que tu jouis, on prend le premier train qu’on trouve, et on se casse. » Dans la scène que décrit Nabe, entre le bar, le magasin et le parking, la belle Noémie semble au fond n’attendre que ça, que son témoin se lance, et qu’il l’enlève une semaine avant le mariage. Qui sait ? Elle aurait peut-être géré l’anti-édition comme une reine, et elle aurait été autrement mieux entouré par les jeunes collaborateurs nabiens que par les bras cassés qui pullulent autour de Dieudonné. Et niveau quenelle, Nabe aurait eu moyen d’en remontrer au maître quenellier, et de lui expliquer qu’au dessus le soleil, y a Nabe.
Ceci dit, c’est pas parce que Nabe n’a rien tenté avec sa fan belge et la femme à Dieudo qu’il a raté son livre, au contraire. Rater une femme, ça arrive, même aux meilleurs. Rater un livre, c’est le lot commun de tous nos auteurs hexagonaux, et les Porcs 2 fait figure d’exception. Comme dans le Tome 1, il mélange à merveille les personnages, les situations, l’actualité, l’histoire, et toutes les techniques romanesques sont convoquées pour que la mayonnaise prenne et aboutisse à ce final grandiose : le dialogue entre Mohamed Merah et le négociateur de la DCRI. Bukowsky : « Ça suffit à faire pleurer un homme, mais je ne pleure pas, et vous ? »

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De : Francisco.
Date: sam. 13 févr. 2021 à 05:28
Subject: IL faut que tu te Souviennes de ça.
To:

Salut à toi je voulais juste te dire que ton business cartonne tu es fort et persévérant que touts les objectifs que tu as fixe seront réalisés.

Passe une bonne journée
De Francisco.

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De : Mina Bontempo &lt;no-reply@marcedouardnabe.com&gt;
Date: mar. 9 févr. 2021 à 18:07
Subject: Formulaire de contact : Les porcs
To:

Je suis en train de lire les Porcs. Vous êtes atteints de bovarysme. Au lieu de livres à l’eau de rose, vous avez lu quelques auteurs qui se voulaient être des parias mais profitaient de ce bovarysme généralisé en France qui fait que le moindre quidam veuille écrire un bouquin. Cela donne des plagieurs, mal aidés par leurs nègres, de Ardisson à Sarkozy en passant par Calixthe je ne sais pas quoi que je ne connaissais pas. Vous vous piquez de littérature mais sans jamais parler de ce qui se fait de bien. Vous vous piquez de jazz, mais c’est Braxton, c’est Lacy, c’est Konitz que des gens que vous avez rencontrés. Alors qu’il y a matière à dire sur Marion Brown, Henry Threadgill, Cecil Taylor, Roscoe Mitchell pour les plus anciens. Vous êtes enfournés dans une espèce de provincialisme français alors que vous crachez, pas à tort sur la France. On dirait que la culture s’est arrêtée à la France, aux années 80 et à votre entrée dans l’espace télévisuel. Bons auteurs, jazzmens, etc, tout ça représente un public de niche qui mérite peut-être de finir à la poubelle, on s’en fout, c’est tout à ton honneur de te rouler dans la fange mais bon… C’est nul, c’est médiocre, ça compte les vues sur youtube, ça s’entoure de médiocre pour les dézinguer, ça fait des jeux de mots à longueurs de pages. Les raisons de la colère. Lire des livres, j’aime bien, lire des jeux de mots débiles, je peux aller sur des sites de foot pour ça. Là je lis le People des complotistes C manière honteuse pour moi. C’est nul comme projet, je ne vais pas faire l’offense de dire “projet littéraire” parce que l’adjectif “littéraire” est tellement surévalué et ringard.

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De : Nicolas Boussand &lt;no-reply@marcedouardnabe.com&gt;
Date: dim. 7 févr. 2021 à 22:26
Subject: Formulaire de contact : Gratitude + dédicace si possible (suite à commande Porcs 2_07_02_2021) reçu n°490404286201588 sinon c’est pas grave, merci !
To:

Cher Monsieur Marc-Edouard Nabe,
Je vous écris pour vous demander s’il vous plaît une dédicace, car j’ai commandé cette nuit un exemplaire de votre dernier livre Porcs 2.
Je me réveille un peu tard, mais j’en suis arrivé à regretter être passé à côté de vous, enfin de vos livres, alors que j’ai précisément dû, sans le savoir, passer à côté de vous, parisien que j’étais.
J’ai été touché d’apprendre, dans votre Alain Zannini que vous avez passé une nuit au Jacks Hotel, Paris 13ème où vécu Jean Genet. J’ai longtemps habité dans la petite impasse dite du petit modèle que jouxte cet hôtel.
Au-delà de l’insignifiance de cette anecdote, j’y vois une confirmation, parmi tant d’innombrables autres possibles que vous n’êtes, pour vos lecteurs, pas seulement un être de papier, mais aussi une personne réelle.
Alors que j’étais étudiant fauché, je me souviens que j’avais hésité à acheter le premier tome de votre journal intime, j’ai cependant dérobé de sa furtive lecture dans les rayons de l’enseigne cette phrase « plus j’écrirai sur moi-même, plus je serai libre »
Alors, aujourd’hui Internet donne une deuxième chance aux rendez-vous ratés, si on se donne la chance de traverser le filtre de la virtualité. J’aurais préféré vous dire ces mots de vive voix. Parfois quand on croise une personne qui représente quelque chose pour vous (cela m’est arrivé une fois, avec Muriel Cerf) elle vous donne quelque chose en retour, une sorte de darshan, une bénédiction silencieuse, que l’on emporte avec soi, et vous relie avec un fil de vérité.
Je m’excuse de dire des choses aussi plates, mais ma vie a pris un relief différent le jour où j’ai deviné qu’il y avait au-dedans des livres de la vérité, et aussi une histoire de Liber té.
Pardon si je m’exprime mal, ce que je souhaite simplement vous dire, c’est que je sens dans votre démarche, une œuvre pour la vérité, et cela me touche.
Merci à vous
Nicolas Boussand

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De : Hamadi Ibrahim &lt;no-reply@marcedouardnabe.com&gt;
Date: sam. 6 févr. 2021 à 02:18
Subject: Formulaire de contact : Précision facturation
To: &lt;contact@marcedouardnabe.com&gt;&lt;/contact@marcedouardnabe.com&gt;&lt;/no-reply@marcedouardnabe.com&gt;

Messieurs Bonsoir.
Avant tout, du fond du cœur, merci.
L’époque n’est que pourriture sur pourriture, et il n’y a, je crois que l’auteur du Régale qui peut nous la rendre comestible, le temps d’une lecture,
c’est à dire, d’une lecture du temps. Au commencement était le verbe, n’est-ce pas? Et bien je dis qu’Allah approuve les “gerbes d’or” du Nabi protestant. Et vous, tous autant que vous êtes, en toute humilité, vous êtes, gratuitement, en toute infinité donc, les guerriers de l’ombre d’une des plus belles aventures de l’histoire tout court.(Histoire littéraire, et littérature historique sont des plénoasmes).
Encore une fois, du fond du cœur, merci.
A présent, j’aimerais juste signaler que le numéro de téléphone qui s’affiche sur l’adresse de facturation n’est pas le bon.
Peut-être pourriez vous le remplacer par le suivant:
Il me tarde de commencer à lire la suite des PORCS 1. Je suis en train de lire l’Idiot de Dosto en plus…je n’en suis qu’au début, certes, mais
une intuition me dit que les Porcs sont plus frères de L’idiot qu’ils le sont des Démons…peut-être ne dis-je que de la merde? Bas les couilles de s’tromper. Tant que ca me mène vers la vérité, vers moins de complotïte, c’est l’essentiel.
Une dernière fois, du fond du cœur, merci.

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De : victor decatheu &lt;vdecatheu@hotmail.com&gt;
Date: dim. 31 janv. 2021 à 23:08
Subject: Has been
To:

Marc edouard,
Tu fais de la peine. Tu n’existes plus. Tu fais vraiment pitié fraté !
Tu as de la culture et une sensibilité artistique mais Céline te pisserait dessus l’ami !
Tu es dans une posture. C’est bien de « faire de son nombril le maelström du monde » mais encore faut il avoir du talent.
On peut être fan de toi, à l’adolescence, mais un moment donné tu t es tiré une balle dans les couilles man !
Soral t’a annulé. Il t’a mis en pièce. Tu avais deja commencé à te finir tout seul mon salaud !
Tu es devenu un pauvre type. C’est risible. C est bien d avoir confiance en soi, mais la c est comme un mec à qui il manquerait une jambe et qui se prendrait pour un champion du 100 m !
Faut redescendre. T’es devenu une chiure ! Jaloux que des valides t’ai mis à l’amende.
Sois beau joueur.
Rideau (pour toi)
Un ancien fan (adolescent).