vendredi 29 janvier 2021
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Veau d’or Hebdo
et les quatorze boucs
par Marc-Édouard Nabe

« Indécence » ! C’est ce que les avocats des parties civiles, Patrick Klugman, Richard Malka, et toute leur bande ont lancé au visage de notre cher avocat, Isabelle Coutant Peyre, à l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015, le 2 septembre 2020. « Attentats », pas vraiment car ni Charlie (exécutions ciblées), ni l’Hyper Casher (prise d’otages avec exécutions), ne sont des attentats au sens strict du terme… On y reviendra. En attendant, certains ont donc trouvé Isabelle « indécente » d’oser dire que s’il fallait désigner les véritables co-responsables de ces faits, ce serait plutôt du côté de ceux qui ont vendu des armes aux terroristes qu’il faudrait chercher, et aussi de celui des services secrets français qui ont cessé, à un moment donné, de garder dans leur collimateur spécial « radicalisés fichés S et AT » (autrement dit « super-racailles »), les frères Kouachi et leur pote Amedy Coulibaly…
     Pour moi, l’indécence, elle est au cœur même du fonctionnement démocratique de notre époque. Indécence démocratique ! Comment appeler autrement ce qui pousse un État de Droit à monter de toutes pièces un procès bidon et à grand spectacle sur des actes de terrorisme où tous les protagonistes sont morts, en allant dénicher de vagues connaissances des meurtriers pour les jeter en pâture à l’opinion publique ! En voilà, de la lâcheté ! Oui, sur le banc des accusés, il n’y a eu que des seconds, troisièmes, quatrièmes, cinquièmes couteaux ! Un vrai arsenal de lames, un couteau suisse en vrai, et rouillé ! Coutant Peyre appelle ça « des victimes expiatoires », des « boucs-émissaires »… En effet, c’est une brochette de boucs qu’on a empalés par la tige du TGI, puis mis sur le grill pendant trois mois, pour bien les cuire à la flamme de la vengeance. Ce n’était plus des hommes, mais des morceaux de viandes… Un procès de kefta… Et jugés par des kouffars !

DOLLY, SCOUBIDOU ET LE MAIGRICHON

     Tout ça parce que la police n’a pas arrêté à temps les Kouachi et le Coulibaly… Petit rappel : les « Renseignements » savaient depuis longtemps qu’Amedy Coulibaly (27/02/1982) et Chérif Kouachi (29/11/1982) s’étaient connus à Fleury-Mérogis en 2005, Chérif s’étant pris 3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et Amedy, 6. Une fois libérés, on les retrouve en mars et avril 2010, se rendant, chacun de son côté et à tour de rôle, et parfois ensemble, chez Djamel Beghal à Murat (Cantal) qu’ils avaient connu en taule aussi, et où cet ancien du GIA était assigné à résidence. Ils se veulent les élèves de celui qu’on surnomme « L’Idéologue ». Beghal cite souvent un adage algérien : « Un coup avec une pioche vaut mieux que dix coups avec une binette »… Un jour, parmi les interlocuteurs téléphoniques de Beghal identifiés par les écoutes, un certain « Smaïn » et un incertain Teddy Valcy s’assurent auprès de Djamel que son visiteur Coulibaly ne s’est pas contenté de « poser avec une arbalète » comme les photos de lui et de sa femme Hayat Boumeddienne en témoignent, mais qu’il a bien été adoubé par Beghal… Les flics des services spéciaux interceptent aussi d’autres propos qui semblent codés, mais ces buses ne pigent pas que « hadith » veut dire action ; « mariage » attentat ; « livres » ou « vêtements » armes, etc…
     L’opération dans laquelle est en train de se mouiller Amedy (pas Chérif), c’est de faire évader ce « Smaïn » qui n’est autre que Smaïn Aït Ali Belkacem, l’artificier de l’attentat du RER à Paris en 1995 purgeant sa perpétuité à Clairvaux, et signalé pour nombreux « incidents disciplinaires » (menaces, insultes, non réintégration de cellule), et surtout pour son « prosélytisme actif ». Ce projet d’évasion est associé à des « actions pour l’honneur » prévues pour plus tard et dans lesquelles Coulibaly pourrait être plus directement sollicité… Teddy, dit « Scoubidou », rencontre Coulibaly (dit « Dolly », pour sa ressemblance avec la brebis clonée) : le courant ne passe pas trop entre l’Antillais qui se dit lui-même « braqueur de trafiquants de drogue », et le Malien ex-dealer. Scoubidou envoie un message vocal à Smaïn : « Il faut que je vous parle à toi et au frère Sam, parce que le mec-là, le frère, je l’ai vu et c’est pas tout à fait ce que vous m’aviez dit. » Autrement dit, Couli ne possède pas toutes les qualités (et toutes les munitions) requises pour mener à bien ces actions futures. Car il y en a plusieurs et de triple envergure : faire s’évader Smaïn (et son pote Fouad Bassim dit « le Maigrichon », et d’autres islamistes encore) de Clairvaux vers l’Algérie, mais aussi procéder à l’exfiltration de Beghal de son Cantal, probablement pour la Belgique (et par hélicoptère), et enfin s’acquitter de quelques coups d’éclats contre cette société de merdecréants « pour leur montrer qu’on ne rigole pas » ! Teddy recherche une Kalachnikov, « le meilleur des costumes… Moi, cette marque, ça me plaît, je suis fou de ça. »… D’autres conversations interceptées du téléphone de Smaïn en prison à ses copains à l’extérieur (Beghal et Valcy) montrent que Coulibaly, qui est appelé « le petit Noir » (il mesurait 1,65 m) contrairement à Valcy « le grand Noir », est finalement enrôlé. Interpellé le 18 mai 2010 à 6h40, à Clairvaux même, Smaïn est accusé de diriger depuis la prison « un groupement en vue de préparer une évasion avec armes en bande organisée », suivie d’« actes de terrorisme »…
     En effet, dans la cellule de Smaïn, on découvre des feuillets manuscrits en arabe : ce sont des recettes artisanales de poison : comment produire du cyanure à partir de pépins de pomme moulus et mélangés à de l’alcool et à faire chauffer pour évaporation. Mixé à de l’acide sulfurique, il produit un gaz très mortel… Un expert dira que c’est tout à fait possible à réaliser, sauf que pour ça, il faut 63 kilos de pommes ! Pas facile à accumuler dans une cellule de Centrale… Smaïn pensait emporter son produit une fois évadé, afin de commettre aussitôt à l’extérieur des « hadiths » suprêmes… Autre recette : le poison dit de « la viande avariée » : enfermer dans une boîte (autrement dit un petit cercueil) un tiers de maïs ou de fèves moulus + un gros morceau de viande sur lequel on ajoute l’équivalent d’un tiers d’excréments humains ; mélanger le tout avec de l’eau en évitant d’absorber trop d’air ; bien refermer la boîte pendant dix jours… Il se forme alors « une matière pareille à du café dont un gramme suffit à tuer un million d’individus ». Par voie orale, le décès est obtenu 30 minutes après absorption, disent les toxicologues. Miam ! Miam ! Lors de son interrogatoire, et tout en croquant dans une pomme, Smaïn refuse de donner ses autres complices impliqués dans son projet d’évasion et réfute toute programmation de nature terroriste. Il fait croire que le mot « mariage » signifie « évasion ». « J’avais l’intention de m’évader, mais pas plus que cela ».
     Autre prétendant à la « Belle » fantasmée, Fouad Bassim ! Lui aussi est interpelé et interrogé en prison, le 18 mai 2010 également. C’est lui, « Sam ». Le Maigrichon avoue l’évasion projetée, mais quand on lui met des preuves sous le nez, il prend les flics de très haut : « La personne destinataire de ce courrier que je me refuse de nommer savait où aller récupérer ce matériel ». Ou alors : « La personne chez qui vous avez trouvé le message concernant la préparation de mon évasion n’est pas forcément celle qui devait me permettre de m’évader ». Et encore : « Votre démarche est cohérente mais je n’infirmai ni affirmerai ce que vous laissez entendre »…
     Dehors, toujours le même jour (18 mai 2010), est arrêté Djamel Beghal d’abord, après qu’on eut intercepté la veille ses derniers appels avec Smaïn. Il est jugé comme « partie prenante du projet d’évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem », mais « L’Idéologue » réfute tout. Il évoque seulement « son souhait de préparer avec un avocat des demandes de libération conditionnelle pour son ami Smaïn. » Il fera quand même huit ans de prison puisque c’est en 2018 qu’il sera libéré et expulsé vers l’Algérie… Fouzi Bassim ensuite, le frère de Fouad, est arrêté à son tour, chez lui on retrouve d’étranges « pense-bêtes », puis bien sûr c’est Teddy Valcy qui tombe… Scoubidou est mis en examen pour « association de malfaiteur en vue de crimes terroristes » (quatre ans de prison).

Djamel, Smaïn et Fouad

     Quant à Chérif Kouachi, il est arrêté aussi comme les autres mais remis en liberté sous contrôle judiciaire en octobre 2010 car le Parquet dit qu’il n’a fait que fréquenter Coulibaly et aller voir Beghal à Murat. Chérif écope donc d’un non-lieu en 2013 et personne ne le surveille par la suite… Les livres retrouvés chez Chérif étaient pourtant « parlants » et montraient qu’il n’avait pas changé depuis qu’il avait été arrêté pour son appartenance à la filière des Buttes Chaumont de Farid Benyettou en 2005 : Déviances et incohérences chez les prêcheurs de la décadence ; Les savants du sultan, paroles de nos prédécesseurs (Salafs) ; L’Arabie Saoudite et la fondation de l’ONU ; Dévoilement d’un fantasme : l’Islam en guerre contre le terrorisme ; Le statut juridique de celui qui abandonne la prière ; Les Partisans du Tarwhid aiguisent le sabre du jihad sur la tête des menteurs ; Les soldats de la lumière !… On est loin de L’Effroyable imposture de Thierry Meyssan ou de Comprendre l’Empire d’Alain Soral !
     En 2011, Chérif part s’entraîner au Yémen dans un camp d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (acronymée AQPA), alors que la procédure de 2010 suit son cours et qu’il est toujours mis en examen ! Et les flics trouvent ça normal… Coulibaly, lui, au trou depuis mai 2010, sera condamné en novembre 2013 à cinq ans pour détention d’armes en vue de l’évasion de Smaïn (mais pas du tout pour penchants terroristes). Dolly restera en prison encore quatre mois car il a déjà fait trois ans de préventive. Avec sa remise de peine, Coulibaly sort comme une fleur au printemps 2014, en mai, soit un peu plus de six mois avant janvier 2015… Le temps de retrouver son Hayat chérie et d’aller faire un tour à la Mecque, c’est déjà l’heure de Charlie et de l’Hyper Casher… Hé, Société, faut pas te plaindre du « terrorisme » après, si ta police « spécialisée » » et ta justice dite « antiterroriste » font si mal leur boulot !

Chérif et Amédy

LE TRIBUNAL DE GRANDE INDÉCENCE

     La Justice, tiens, parlons-en. À voir les 14 « criminels » de substitution qu’elle a dénichés à la place des terroristes actifs de 2015, ça fait de la peine. C’est ça, la Justice ? Une pure vendetta avec des budgets de fonctionnement dignes de malfrats monégasques, et a posteriori, c’est plus sûr! Les cibles ? Des gens très peu incriminables, ou pas du tout, et pourtant condamnés d’avance. D’ailleurs, ils sont rangés dans leurs deux boxes dans l’ordre décroissant de leurs condamnations probables vu leurs dossiers… Un jeu de massacre sur des bêtes de foire… Le Pouvoir, en retard sur tout, frappe toujours à côté. Quand il s’agit de surveiller les combattants islamistes dangereux pour sa sacro-sainte société, il se caresse la barbe et quand il les coince en pleine action, il ne sait rien faire d’autre que de les liquider à la va-vite, alors qu’il faudrait au contraire y faire très très attention !… Les terroristes sont comme des vases de porcelaine chinoise Ming du XVI è siècle, remplis au ras bord de renseignements fabuleux sur leurs causes, leurs motivations, leurs accointances mais aussi sur l’état de l’État occidental qu’ils veulent punir sévèrement pour ses méfaits… Et ces récipients ultra-précieux, le même État s’ingénie à les briser en mille morceaux !…

     Oui, c’est toujours faisable de choper des « terros » vivants, même contre leur propre gré de martyrs ! Et en employant de vieilles recettes (il y en a de plus « performantes » aujourd’hui). Par exemple, en 1979, à La Mecque, lorsqu’un commando de 200 (yes, 200 !) preneurs d’otages avait retenu prisonniers des milliers (des milliers, oui!) de personnes dans les sous-sols de la Grande Mosquée, Al Saoud a demandé de l’aide à la France. Giscard lui envoie alors Prouteau et Barril (devenus célèbres plus tard dans l’affaire dite des « Écoutes de l’Elysée »), afin de mettre en place la meilleure stratégie possible pour capturer le commando et ne faire aucun dégât sur les otages : c’est-à-dire utiliser du CB (chlorobenzylidène malotronitrile), un gaz lacrymogène incapacitant !… Une bataille finale ne put être évitée mais le gaz a quand même permis à Saoud de prendre vivants plus de la moitié des rebelles (117), et qu’importe si pas mal de flics sont restés sur le carreau… Pour Al Saoud, sauvegarder la vie des forces de l’ordre n’est pas primordial. Ici, si. En France, on n’hésite pas à gazer ces poux de Gilets Jaunes aux Champs-Élysées, mais on refuse de le faire pour capturer vifs deux tueurs de dessinateurs « humoristiques » coincés dans une imprimerie vers Orly et un de Juifs venus faire leurs courses dans un supermarché à Vincennes avant le Shabbat !
     Il faut savoir que si ce procès indécent, je répète, et forcément inique a eu lieu, c’est pour deux raisons… La première : il fallait « amortir » la construction onéreuse du nouveau Palais de Justice, conçu dans le seul but de pouvoir faire se tenir des procès aux très nombreux participants, aussi bien accusés que parties civiles, familles de victimes et public… Pour une question d’espace et de spectacle, vous vous rendez compte ! L’ancien Palais de la Cité, celui qui a jugé Marie-Antoinette et Baudelaire, était trop vétuste et ses salles bien trop exiguës pour enfourner tout ce « beau monde ». Seconde raison : ce procès a fini par voir le jour sous la pression moralisatrice et culpabilisatrice de toute la bande de pourritures islamophobiques de Charlie, ces fanatiques pro-néo-colonialistes, beaufs racistes déguisés en laïques, dont ni l’orgueil ni la bêtise n’a baissé la garde depuis la sanction qu’il leur a été infligée par les frères Kouachi le 7 janvier 2015, et qui n’ont cessé de tanner l’appareil judiciaire pour que non seulement celui-ci les venge, et de la façon la plus basse, mais leur refasse de la pub, car malgré les millions encaissés, leur torchon de merde n’intéressait pas plus de monde en 2020 qu’il ne suscitait le moindre sourire au moment de sa faillite annoncée, fin 2014… Si Charlie Hebdo avait pu continuer avec Gébé, Choron et les autres, tout cela ne serait jamais arrivé.

SIGOLÈNE ET LA DOUCEUR

     Yes ! C’est pour faire plaisir à Charlie et à son équipe de nuls et de sales que ce procès a eu lieu, puisque les plus avisés savaient qu’il ne servirait à rien. Maryse Wolinski a bien compris que ce n’est pas là qu’on pourrait lui rendre des comptes sur le relâchage inexplicable de la protection policière de son mari et de ses copains… Philippe Lançon lui-même a boudé, d’une moue bizarre de sa mâchoire raccommodée, ces audiences répugnantes… Il a estimé sans doute qu’on l’avait assez vu, l’ex-jeune critique acerbe de gauche rigolard devenu en quelques mois un sinistre vieillard barbu diminué, auteur couronné Gallimard…

     Les autres concernés, victimes ou témoins, sont allés au TGI en traînant la patte, comme la belle Sigolène Vinson de Charlie Hebdo dont on se demande ce qu’elle foutait dans une équipe de laiderons pareils… C’était la plus intéressante. Elle détonnait parmi les pleurnicheurs ressasseurs…

     Sigolène, qui était là, dans la salle de rédaction, le 7 janvier 2015 à onze heures, avait d’abord décidé de ne pas venir tous les jours au tribunal parce qu’elle s’était aperçue qu’on y jugeait des idées plutôt que des hommes. Richard Malka, le baveux de Charlie Hebdo, a même osé dire : « il faut accepter qu’il y ait deux procès en un. Celui des accusés et celui des idées que l’on a voulu assassiner. Ces fameuses valeurs républicaines ébranlées. » Enfin, quand les accusés ont commencé à parler, ç’a été comme si le box explosait, a dit Sigolène. Et elle assista alors à toutes les séances parce qu’elle voulait savoir qui ils étaient, dit-elle encore. Ce qui n’intéressait pas du tout les parties civiles…
     Aux premières loges, Sigolène a tout vu et a presque tout compris ! Déjà, elle était entrée dans le lard de l’affabulatrice Caroline Fourest qui affirmait, comme si elle y avait été, que Chérif Kouachi avait épargné Sigolène en lui faisant réciter le Coran ! Cliché anti-arabe et fantasme de gouine jalouse de la beauté de Vinson, à l’évidence. Le 7 janvier, Chérif lui a recommandé de lire le Coran, c’est tout. Et avec douceur ! Depuis que je l’ai vue parler à C à vous, je comprends mieux Chérif : à part sa bouche un peu pincée, Sigolène est si belle qu’un terro — BG en plus comme l’était Chérif Kouachi ­— ne pouvait qu’être troublé, même en pleine action justicière anti-Charlie… Là encore, au procès de 2020, on l’a tellement culpabilisée que Sigolène a dû s’excuser : « OK, il n’y avait pas de douceur, j’ai rêvé… », mais très vite la Vinson se reprend et revient sur ses excuses : mais oui, c’était bien de la douceur qu’elle a vu dans le regard de Chérif ! Et depuis, elle s’accroche à cette douceur pour « survivre » dit-elle…

     Sigolène s’est même fait faire un tatouage qu’elle a montré à la Cour… Je vous le donne en mille : « Cela représente Moby Dick et il y a douze personnes dans la barque. » Une melvillienne ! Sauf que dans la chaloupe, elle a mis les douze tués rue Nicolas-Apert, cette conne ! Tu parles de marins harponneurs embarqués dans le Péquod Hebdo, et chassant quoi alors ? La baleine de l’Intolérance ? Le Cachalot de l’Islam ? Et pourquoi pas Philippe Val en Achab ! Tu as abîmé ta jolie peau pour rien, Sigo !   
     Ce sera quand même Sigolène Vinson qui a apporté le seul élément nouveau de l’enquête : l’image poétique de cartilages nimbés de débris cérébro-corticaux qui scintillaient comme des diamants au sol de la rédaction ensanglantée. « Il y avait des éclats d’os partout qui brillaient et de la matière que j’ai identifiée comme de la cervelle, qui, quelques instants avant, créait de l’intelligence et de l’humanisme. Et tout ça, c’était par terre. » N’exagère pas, ma belle, elles ne créaient rien du tout, les cervelles de moutons de tes poteaux !

LES BOUCS ÉMISSAIRES ET LE VEAU D’OR

     L’enjeu même de ce procès est en soi problématique. En quoi ça peut soulager quiconque de pas malsain d’envoyer en prison, de 4 ans à la perpétuité, une dizaine de mecs qui ont eu le malheur de connaître de près ou de loin des kamikazes ayant donné leur vie en l’enlevant à certains pour faire passer leur message de révolte anticolonialiste et antiraciste (pour le coup) comme ce n’est jamais expliqué dans aucun média ni livre d’Histoire ?… Et quand je dis des kamikazes, c’est inexact puisque les 14 n’avaient de lien qu’avec un seul : Amedy Coulibaly ! C’est à se demander si l’autre but du procès n’était pas de « revaloriser » en quelque sorte le massacre antijuif de Coulibaly dans l’Hyper Casher, quasiment occulté par la levée de boucliers « Je suis Charlie » lors de la vague d’indignation pro-liberté d’expression et pro-caricatures ayant apothéosé le fameux 11 janvier 2015…
     D’ailleurs, au TGI de la porte de Clichy (que je rebaptiserais volontiers la « Porte des Immondices » comme à Jérusalem car à cet endroit de Paris, où siège Le Grand Sanhédrin laïc, que peut-il sortir d’autre que les détritus juridiques de toute Loi ?), ce fut sans doute le morceau le plus digne à observer dans cette foire démocratique. Les familles juives racontant leurs récits pleins d’interrogations et de douleurs étaient tout à fait légitimées à faire savoir que leurs morts valaient bien ceux de Charlie, à propos desquels on n’a pas arrêté de nous bassiner qu’eux non plus n’étaient coupables de rien, et surtout pas d’avoir dessiné des saloperies antimusulmanes à un rythme stakhanoviste pendant 25 ans en s’en croyant totalement impunissables !… Oui, il était bon aujourd’hui de se rappeler (mais c’est tombé à l’eau, comme le baleinier naufragé cher à Sigolène) que si les Juifs de l’Hyper Casher étaient innocents, les dessinateurs de Charlie ne l’étaient pas !
     Cet abîme biblique qui s’est ouvert profondément entre les deux camps des parties civiles alors qu’on s’attendait à ce qu’il apparaisse plutôt entre les Charlies et les victimes juives d’un côté et les accusés arabes sur leurs bancs d’infamie de l’autre, a culminé (pour autant qu’un abîme puisse le faire) le 28 septembre, au 19e jour du procès, à la date exacte du Yom kippour… Pour moi, le grand moment crucial, le clou du spectacle où on a tout compris.
     C’était au tour des Gentils d’entendre les témoignages et ça tombait mal ! Les endeuillés depuis un lustre attendaient comme des Messies les enquêteurs censés retracer l’Holocauste des leurs dans l’Hyper Casher le 9 janvier 2015, et ils n’allaient pas pouvoir être présents à cause du Kippour ! Ils ont demandé alors à ce qu’on reporte cette audience… « Mais non ! » a refusé le président (antisémite ? Non, laïc et républicain) : pas d’exception cultuelle dans un procès censé en finir avec l’intégrisme religieux ! Meyer Habib en fulmina : « La République, c’est la laïcité, pas l’inhumanité ! ». Furax, « les Israélites », comme on disait au pays de Pétain, ont donc loupé la primordiale séance. Ce fut l’Exode au lieu de la Genèse ! Électriques mais cloîtrés chez eux sans pouvoir toucher à l’électricité, rongeant leur frein sans avoir le droit de bouffer quoi que ce soit d’autre, chauds bouillants mais s’interdisant de rien faire réchauffer, ils ont dû attendre le lendemain 29 pour se repointer au Tribunal… Quelqu’un leur a même fait remarquer que normalement ils devraient tous faire un test Covid avant de rentrer dans la salle, car on avait vu ce que ça avait donné comme contaminations dramatiques lors d’un autre rassemblement religieux (évangélique celui-là) en février à Mulhouse ! Cluster Klezmer ? Les victimes n’ont pas trouvé ça drôle. Pourtant, c’est de l’humour juif ! Comme il y en a partout dans la Bible entre baisés par l’Éternel.
     Rappel : Moïse, alerté par les répugnantes et indécentes idolâtries de ses Juifs, descend aussitôt du Mont Sinaï et met le holà au culte du Veau d’Or mis en place par son frère Aaron. Momo-la-colère en casse ses tables de la Loi. Plus tard, lorsque les fils désobéissants de ce même Aaron meurent, celui-ci instaure un nouveau rituel : le bouc émissaire ! Aussi con que le Veau d’or. Sur deux pauvres boucs innocents, on en tire un au sort (l’autre sera égorgé pour Yahvé) et on le charge de toutes les fautes d’Israël (quelles fautes ?), puis on le chasse dans le désert pour qu’il crève… Sympa, comme coutume ! Mais c’est de l’humour !… Ah, pardon, et même grand pardon.
     Eh bien, tout cela a flotté dans le procès des attentats de Janvier 2015, mais distribué différemment, perturbé par les circonstances… Plus rien à voir ! On a refait la Bible, à Clichy… Le Veau d’Or, c’était Charlie, voyons ! Veau d’Or Hebdo, qui rapporte aux prêtres sinistres qui le font adorer par la foule de veaux (pas d’or) un pognon de ouf ! Soutenu par le Temple-État, Charlie a pris toute la lumière. Les Juifs ne trouvaient pas ça très casher, ils se sont aspergés de sang et se sont mortifiés. Au Yom Kippour, ils se sont retrouvés obligés de quitter le sanctuaire rabbinique pour faire leur Grand Pardon alors qu’ils n’avaient aucune intention de pardonner aux complices des assassins de leurs proches ni aux juges-offrants qui allaient continuer à sacrifier sans eux des agneaux « coupables » ! Prises à leur propre piège de ne pas pouvoir connaître les détails de la tuerie de leurs frères pour cause de judéité religieuse par Coulibaly, les familles des victimes, toujours pour cause de judéité religieuse, n’ont pas pu assister aux audiences du jour. Ils étaient à deux doigts, en pleine aspersion du propitiatoire, de se considérer comme des boucs émissaires ! Ils se sentaient les boucs émissaires du Veau d’Or ! 
     Sauf que la place était prise ! Les boucs émissaires, ce n’étaient pas les Juifs accusateurs mais les musulmans accusés que le Veau d’Or avait choisis pour qu’ils expient les crimes et les péchés des vrais coupables. Et pas seulement : plus ésotériquement, le Veau, bien plus coupable encore, en profita pour leur faire expier au passage ses impuretés à lui, davantage occultes, cachées, dans les plis du Voile… Oui, ce sont ces Arabes louches, ayant trempé dans le sacrifice des Juifs, qui furent désignés comme les boucs badigeonnés des fautes d’autres, pour être rejetés au plus vite dans ces déserts de la haine que sont les prisons françaises… Substitution d’émissaires ! Arnaque shabbatique ! La Justice des Méchants n’en eut que pour Charlie. Malgré les débats qui ne le concernaient pas, le Veau d’Or était toujours là, et bien là, solide, seul brillant au soleil (voir la couverture de l’album du procès Charlie sur laquelle ne figure aucune allusion à l’Hyper Cacher…). Au Shabbat du 9 janvier 2015 comme au Yom Kippour du 28 septembre 2020, les Juifs auront vu l’injustice dont ils ont souffert avalée par celle faite aux musulmans de rechange.Totalement flouées des deux côtés, les parties civiles de L’Hyper Casher ! Sacrifiées sur l’autel du Veau d’Or, et mêmes pas boucs émissaires… Owy !

« UN CARGO » (DIXIT ICP)

     Selon ICP (Isabelle Coutant Peyre), ce procès, c’était un « cargo »… Cinquante jours de croisière qui ne s’amusait pas, sans compter les pauses et les reports pour cause de Covid… Et c’est seulement après six semaines de débats que les accusés, qui n’avaient toujours pas eu droit à la parole, ont pu se défendre ! « En France, on n’a pas le droit de clamer son innocence ! » (ICP toujours). Seuls les survivants et les proches de victimes ont été autorisés à blablater longuement. « Les gens venaient avec des seaux pour pleurer à la barre. » (encore ICP)… Madame Cabut, après quarante ans de vie commune, croit toujours que son mari était « un type bien ». Le vieux rat Riss pleurniche tout le long parce qu’à cause de sa vie de menacé par les méchants « fanatiques » et de protégé par la gentille police, on ne lui a pas octroyé l’autorisation d’adopter un enfant comme sa femme en rêvait tant… Snif ! Pas papa, toi ! Privé de souriceau, Riss !
     Ah, il y en aura eu des lamentations à cette barre ! La Barre des Lamentations ! Finalement, le « procès des attentats de janvier 2015 », ça n’a été que ça. Les interrogatoires des accusés sur leurs actes ont fait plutôt bâiller les magistrats… En revanche, les collègues et parents des flingués de Charlie ont été écoutés avec la plus grande attention, au régal des hermines ! Ils ont pu postillonner à souhait dans leurs masques des truismes qu’on entend partout !… Ils se sont vautrés dans de soporifiques digressions hors-sujet, toutes faites pour le spectacle organisé de la Cour et du jury… Quand on pense que dans un procès « normal », dès qu’un avocat ou un témoin se permet de donner un détail important mais déviant de quelques millimètres du point abordé, il est rappelé vertement à l’ordre par le président ! Là, pas de problème… Alors que c’est la stupide republication des caricatures qui à l’évidence a provoqué un Pakistanais de 18 ans à commettre un assaut à la « feuille de boucher », et mal préparé, aux anciens locaux de Charlie, des séances entières ont été gaspillées à disserter sur l’ « horreur » de cet acte « innommable » et « inexpliquable », sur la « barbarie » de ces « fanatiques » habités par la seule « haine » pour la civilisation pure et innocente française, etc, etc… Évidemment, une large part des audiences a été consacrée également, en octobre, à la complainte généralisée autour de l’exécution du petit prof Samuel Paty le 16 octobre… Quel rapport avec les 14 accusés d’avoir trempé dans le carnage hypercasherisé d’Amedy Coulibaly le 9 janvier 2015 ? Aucun, mais il fallait quand même célébrer Paty et son courage de saint laïc qui n’a fait que son devoir en éduquant des gosses de 12 ans à coups de crobards pornotico-islamophobes !  
     Tous les prétextes sont bons pour fustiger ces ânes de musulmans qui sont si bêtes de s’offusquer devant un simple dessin sur leur Prophète… Quelle tartuffade !… Les petits blancots qui donnent des leçons de liberté d’esprit sont tout aussi offusquables, et seraient les premiers à faire la gueule si on les titillait sur d’autres sujets ! Tenez, si la dessinatreuse Coco avait dans son dessin représenté un Juif dans la même position exactement, à quatre pattes, la queue pendante avec la goutte au gland, écartant les fesses pour exhiber son anus en forme d’étoile de David, est-ce que d’autres parents, pas arabes, n’auraient pas protesté vivement que Paty en ait fait l’étendard de la « liberté d’expression » auprès de ses élèves pris en otage ? Bien sûr que si !…
     Finalement tout a été calculé dans ce procès pour détourner l’attention de l’essentiel qui était : qu’ont donc fait exactement ces 14 couillons patibulaires crados pour se retrouver ainsi cinq ans plus tard dans ce box aseptisé ?… Ah, au fait ! La Justice en a déniché un quinzième… In extremis ! Le dernier ! Un djihadiste d’Al Qaïda, en taule depuis deux ans, et sur le dos duquel aussi elle a cherché à mettre les attentats de janvier. Un certain Peter Chérif qui a connu Chérif Kouachi au Yémen et l’avait mis en contact avec le dangereux imam Anwar Al-Awlaki, celui qui aurait commandité la « tuerie de Charlie »… La déposition de Chérif, désigné comme responsable indirect, a eu lieu de sa cellule, par visiophone, mais ça n’a pas empêché Peter de crever l’écran du TGI ! Il a commencé par faire son invocation, puis a dit :
     — C’est le seul témoignage que je donnerai et c’est pour moi le témoignage capital : Dieu est une réalité et c’est un processus de pensée basé sur du pragmatisme, sur une réflexion scientifique de la réalité de Dieu. Tenir ce genre de discours, c’est passer pour une personne faible d’esprit, comme on veut nous le faire croire dans les médias, mais non, c’est une pensée réfléchie. Ce n’est pas dans un but de provoquer, de choquer. Je ne suis pas un criminel, je n’appelle pas au crime mais j’appelle tous les hommes à ouvrir les yeux, à réfléchir sur les questions essentielles de la présence de l’homme sur terre, c’est la seule chose que je vous dirai aujourd’hui. On m’a forcé à venir ici pour une affaire à laquelle je n’ai rien à voir, je ne répondrai à aucune question.
     « J’appelle tous les hommes à ouvrir les yeux, à réfléchir sur les questions essentielles de la présence de l’homme sur terre… » Pas mal ! En effet, et c’est ce qui est insupportable à entendre pour la plupart des « défenseurs de la liberté » qui appellent à tours de bras à « se poser des questions », mais jamais les essentielles comme dit Peter… Par exemple : à quoi ça sert de vivre dans une société démocratique si elle est si intolérable sur le plan humain, moral et spirituel ? Au lieu de répondre à celle-là, les moutons tondus broutant au ras de pas-que-des-pâquerettes s’en posent d’autres, et nulles, niveau BEPC : « Est-ce que les attentats n’ont rien changé ? » (Richard Malka). « Je pense que la situation est pire. Où sont les combattants de la liberté ? » (Fabrice Nicolino). « Pourquoi publier les caricatures ? Ce n’est pas comme ça qu’il faut raisonner. C’est pourquoi on vit ? On vit pour être libre ou pour être un esclave ? Si on ne vit pas libre, à quoi bon vivre ? » (Riss).
     Quand on est lucide sur l’état de la société, sur l’horreur des hommes, l’arnaque du catholicisme et l’interminable fin de vie de la civilisation blanche (par la seule faute de celle-ci), quand on est conscient de la criminalité de tous les pouvoirs, de l’entreprise d’abêtissement des médias et des réseaux sociaux (c’est la même), quoi de plus compréhensible que de « craquer », de prendre un couteau de boucher, ou un hachoir, une masse, que sais-je, et d’aller égorger, décapiter ou défoncer le crâne de n’importe qui ? C’est une juste contre-monstruosité défensive contre la monstruosité offensive et offensante du monde de 2020… Même si les terroristes sont portés par des convictions politiques et religieuses, la Puissance de vie qui veut insuffler la vraie mort aux faux vivants vient de bien plus profond encore… Et dans cette profondeur, personne ne veut descendre (à part quelques grands protestants, les bien nommés) !…

VERDICTS

     Le 16 décembre 2020, les verdicts tombent, autant dire les Fatwas républicaines… Prison pour les 14 larrons-dindons de la Foire-farce (pas un seul acquittement alors que la plupart le méritaient !), les uns pour « association de malfaiteurs en vue de crimes ou délits » ou pour les autres « en vue de préparer des actes de terrorisme », un seul, Mohamed Belhoucine, est reconnu coupable de « complicité d’assassinats et autres crimes et délits en relation avec une entreprise terroriste commise par Amedy Coulibaly », mais il est mort en Syrie et ne pourra donc purger sa peine (perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans) que s’il ressuscite ! En France, on condamne à de la perpétuité des gens déjà dans l’Éternité ! Où va se nicher la religion de la laïcité tout de même ! Pour son frère Mehdi Belhoucine, c’est pas mieux : comme il avait été déjà condamné, et déjà en son absence, pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », il bénéficie d’un beau non bis in idem, ce qui ne lui sert à rien puisqu’il est introuvable. En France encore, on ne juge pas deux fois quelqu’un pour la même raison, surtout quand il n’est pas là ! Sans oublier la seule femme du lot, elle aussi jugée pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme », mais par défaut puisqu’en fuite ou « présumée disparue ». Cette Cour d’assises spéciale, c’est comme si elle tirait sur des fantômes dans le dos… 
     Enfin, le dernier condamné l’a été pour « complicité de l’ensemble des crimes et délits en relation avec une entreprise individuelle ou collective visant à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur commise les 7, 8 et 9 janvier 2015 tant par Chérif et Saïd Kouachi que par Amedy Coulibaly en ayant sciemment, par aide ou assistance, facilité leur préparation et leur commission. » On sent la Justice gênée aux courbatures à force de se contorsionner exprès pour cacher la honte de son arbitraire. La Cour n’ose pas vraiment dire « terroriste » car ça n’a jamais été prouvé, alors elle tortille du croupion : « en relation avec une entreprise individuelle ou collective visant à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur » ! Et pire, elle colle au condamné une implication dans les actes commis « tant par Chérif et Saïd Kouachi que par Amedy Coulibaly », alors que le prévenu a connu, et sans savoir ce qu’il préparait, uniquement Coulibaly et n’a jamais eu aucun contact avec aucun Kouachi (on va y revenir longuement)…
     La succession des cas analysés par la Cour (et synthétisés par moi) n’est pas à l’honneur des « Votre Honneur »…
     Nezar Mickaël Pastor Alwatik, pote de placard de Coulibaly (à Villepinte) au point que Nezar l’avait pris comme témoin à son mariage, était physiquement avec lui les jours précédents l’Hyper Casher (on a retrouvé son ADN sur les armes de Coulibaly qu’il affirme pourtant avoir touchées fortuitement en les découvrant dans sa voiture ) = 18 ans.
     Willy Prévost, lui, c’est celui qui a acheté et livré à Coulibaly des gilets, couteaux, bombe lacrymo et taser dont le terroriste s’est servi dans L’Hyper Casher le 9 janvier, et même la voiture Scénic avec laquelle Couli s’est rendu à Vincennes. C’est Prévost aussi qui a enlevé le traceur de la moto Suzuki volée que Coulibaly a utilisée pour aller à Montrouge la veille, le 8 janvier (et qu’il a abandonnée sur place). D’avantage souffre-douleur qu’« ami » de Coulibaly, la Cour a estimé que Prévost était au courant des intentions du terroriste, alors que lui le réfute absolument = 13 ans.
     Christophe Raumel n’était que le comparse de Prévost, il l’a aidé à trouver les armes pour Coulibaly, les a stockées chez lui, a participé également à l’enlèvement du traceur, mais n’a fait que croiser Couli, « nègre » comme lui, et qu’il prenait pour un simple braqueur = 4 ans.
     Amar Ramdani, encore un intermédiaire qui serait allé chercher les armes à Lille et même aurait participé à leur financement en rendant le 6 janvier les 200 euros qu’il devait à Coulibaly suite à une escroquerie de vente de voiture (on ne voit pas très bien comment Couli aurait pu acheter des armes avec 200 balles, et en plus trois jours avant son Hyper Casher !)… A détruit son téléphone et sa puce le 9 janvier. En outre, Ramdani, lui aussi pote de prison de Coulibaly à Villepinte, l’avait soutenu en 2010 dans le projet d’évasion de Smaïn et de Fouad (voir plus haut, beaucoup plus haut, dans le ciel !), et en plus, Amar connaissait bien Belhoucine, ce qui est interprété par la Cour comme « une accentuation de sa pratique religieuse » = 20 ans.
     Saïd Makhlouf, cousin d’Amar, s’est rendu plusieurs fois à Lille avec lui, mais pour aller aux putes et vendre du shit, comme il le prétend. Sauf que son ADN a elle aussi été retrouvée sur la lanière du taser de Couli (qu’il n’a jamais fréquenté). Lui aussi a détruit son téléphone et sa puce au soir du 9 janvier = 13 ans.
     Mohamed Amine Fares a été le contact d’Amar Ramdani et de Saïd Makhlouf auprès du vendeur Claude Hermant à Lille, pour rechercher des armes, ce qui a facilité leur acheminement vers Coulibaly (que Fares  n’a jamais vu de sa vie) = 8 ans.
     Deuxième groupe de condamnés, et c’est l’inculpé suivant qui fait le pont entre ceux qui connaissaient bien ou un peu Coulibaly et ceux qui ne le connaissaient pas du tout (le tarif ne sera pas moins cher) :
     Metin Karasular, ex-patron de tripots clandestins, blanchisseur à ses heures, puis garagiste à Charleroi. Il a été mis en rapport avec Coulibaly par son compatriote kurde Ali Reza Polat, tous deux venus chez lui pour lui vendre la mini cooper de la femme de Coulibaly. Une liste d’armes rédigée par Polat a ensuite été découverte chez Karasular car celui-ci avait des contacts dans les milieux de vendeurs d’armes. Un versement du prix exact d’un revolver Tokarev a été effectué pour Karasular par Polat mais aucune des armes demandées ni obtenues ne sont celles que Coulibaly a acquises par la filière lilloise de Hermant qui n’a rien à voir avec la belge de Karasular. Ce dernier en a mis deux en dépôt chez Catino, son homme de confiance, avant qu’elles ne soient récupérées par deux intermédiaires encore : Abbad et Martinez. Elles étaient certainement destinées à Polat. Karasular a toujours affirmé qu’il ne savait rien des projets de Coulibaly à qui il devait seulement de l’argent pour sa voiture achetée, et que de toute façon il les aurait désapprouvés violemment étant kurde (donc anti-Daesh) = 8 ans.
     Michel Catino, homme à tout faire de Metin Karasular, mais surtout trafiquant de stups dans les Ardennes, est allé une fois rechercher un sac (sans doute d’armes défectueuses) chez Ali Riza Polat, et a gardé chez lui deux armes (fusil à pompes et carabine-mitraillette) à remettre à Abbad et Martinez. Aucun rapport avec Coulibaly = 5 ans.
    Abdelaziz Abbad et Miguel Martinez, copains de Metin Karasular, sont allés, à sa demande, et sans rien savoir d’autre, récupérer deux flingues chez Michel Catino, sans jamais avoir entendu parler de Coulibaly = 10 ans pour Abdelaziz et 7 pour Miguel.
« Moralité » : il n’est pas bon d’avoir effleuré ne serait-ce que du bout de ses empreintes une arme de Coulibaly, ou d’avoir connu Coulibaly, pour tout autre motif, même de loin, ou même pas du tout ! Ça suffit à la Justice Française pour faire sa basse œuvre… Du moment que vous êtes bras-cassés, escrocs, voyous, trafiqueux, que vous avez agi, contre rémunération, pour le compte d’un autre mec chelou de la région Nord qui avait un lien minuscule avec Satan Dolly, vous êtes marrons ! Et si, étant dans sa boucle, vous n’avez été au courant en rien de ses intentions terroristes, peu importe : « Au trou ! » Why ? Mais parce que ça fait plaisir à Charlie, voyons !…
     Avec quelle désinvolture cette Cour spéciale jette ces condamnations à l’encontre des emboxés !… Ce ne sont que des chiffres pour elle… 20, 18, 15, 7… Dans ce TGI, on les a tous sentis habités par un antiarabisme plus ou moins feutré, ces clowns sérieux vêtus de robes rouge sang du FLN et de pendeloques d’hermine en poil de Maghrébins… L’avocat général, assoiffé de punitions, avait requis, lui, bien plus pour chacune des racailles nickelées… Pour Michel Catino, qu’il a confondu avec l’imprimeur Michel Catalano, otage des Kouachi à Dammartin-en-Goële, il voulait 15 ans de réclusion criminelle, histoire de lui faire payer à lui, Catino, sa gaffe à lui, le procureur à la langue fourchue ! D’ailleurs, on l’a vu se rasseoir, super déçu, le corbac masqué !…

L’ARBALÈTE D’HAYAT-LA-FLÈCHE

     Mais voici que s’avance, du fin fond de son absence lumineuse, telle Le Christ quittant le prétoire de Gustave Doré, Hayat Boumeddiene, la star des condamnés ! La mignonne petite meuf de Coulibaly, dont on voit de si belles photos d’elle à la plage dans les bras de son Dolly balaise dans Patience 2 (août 2015 – 30 euros) brille par son absence présente… Elle, c’est la totale (pour ne pas dire l’intégrale) qu’on lui colle sur le voile : épouse, complice, combattante = 30 ans de réclusion criminelle à perpétuité. OK, mais où ça ?
     Ah, Hayat ! Elle hante les Francaouis… C’est elle qui revient dans les visions de Sigolène Vinson : « Longtemps, j’ai vu Hayat Boumeddiene me tirer un carreau d’arbalète dans le front. Car si un homme ne peut pas tuer une femme, une femme peut tuer une femme. »  Et quelle femme ! Une arbalète peut-être, mais une flèche à coup sûr !

     On a dit d’Hayat Boumeddiene qu’elle « avait fui en Syrie » avec Mehdi Belhoucine à qui l’avait confiée Coulibaly (mais non, elle est partie combattre avec l’EI, bananes magistrates !). Après la chute de Daesh (facile, car aidée par les dégueulasses Russes qui n’ont même pas eu les couilles de descendre sur le terrain ! ), Hayat a échappé aux traîtres kurdes qui l’avaient coincée, et elle a réussi à se cacher à Idlib, dernier mouchoir de poche syrien hors d’atteinte de Bachar Al-Assad et des autres… Les derniers djihadistes la protègent, car ils savent ce qu’elle représente, on l’appelle là-bas « le bijou de l’État islamique ». Et quelle cohérence : femme de Coulibaly, amie de la femme de Chérif Kouachi, guerrière en Syrie pour Daesh, recherchée par les Syriens alaouites… Finalement, l’Occident, en vain, qui a appelé pleurnichardement des années à lutter contre Al-Assad, devrait reconnaître que la seule vraie dernière résistante à Bachar, c’est Hayat Boumeddienne ! Personne d’autre ! Elle est logique et jusqu’au-boutiste… Ils ne vont pas nous resservir la « haine « de la civilisation des apéros en terrasse : s’il y en a une qui n’est motivée que par des convictions politiques de libération qui la poussent à imaginer le pire pour punir ses ennemis, c’est elle ! Et quelle lucidité ! Elle a dit la phrase la plus pertinente que j’aie entendue depuis longtemps sur la France : « La France, c’est un pays qui ne sert à rien. »

POLAT

     Évidemment, en dehors de feu Belhoucine et d’Hayat, le plus lourdement condamné a été le client d’Isabelle Coutant Peyre : Ali Riza Polat… Le Parquet demandait perpèt’, ces oies !…Et puis quoi encore ? Jugé comme « la pièce maîtresse des actes préparatoires », Polat va, à 35 ans, partir pour 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers. « De par sa proximité immédiate avec Amedy Coulibaly, il avait un degré suffisant de connaissance du projet de ce dernier. La seule intention coupable réside dans la volonté de porter en connaissance de cause une aide à la poursuite de l’entreprise » a estimé la Cour. Qu’est-ce qu’elle estime de choses, cette Cour pas estimable du tout, et qui ne fait que juger d’après ses propres névroses, sans aucun instinct de la Vérité, et ses bagages vides de toute connaissance humaine !…
     Ali Riza Polat est un Kurde alévi (mais pas du tout un « loup gris »), musulman couci-couça, surtout dealeur, voyou, bandit… Pote d’enfance de Coulibaly, ils s’étaient connus gosses dans un hall de barre à Grigny, ils se sont toujours fréquentés. Couli avait un ascendant certain sur Polat… En gros, c’est à peu près tout ce qu’il y avait dans la procédure, mais ce que la Cour a laissé croire lors des débats était complétement décalé !… À tous les entendre au TGI, Polat aurait mis Coulibaly en contact avec Karasular pour avoir des armes et Polat savait très bien l’utilisation hyper pas casher que Dolly comptait en faire ! N’importe quoi ! Polat a juste servi d’intermédiaire entre Couli et Kara pour que Dolly se fasse du fric sur une voiture afin en effet de s’acheter des armes, mais pas celles du Kurde, d’autres à Lille. Il se trouve que par ailleurs, lui, Polat, en cherchait aussi pour faire ses bracos et qu’il s’est adressé à son pote Karasular qui n’était pas vraiment « trafiquant d’armes » mais qui pouvait lui en dénicher à bon prix. Coulibaly était suffisamment débrouillard pour savoir où en trouver seul. Enfin, rien n’a été prouvé sur une connaissance par Polat, même très très vague, de l’objectif de Coulibaly dont il était une sorte de factotum amusé et effrayé à la fois par la personnalité de tchatcheur viril d’Amedy… Je répète : il faut bien mal connaître la mentalité et la stratégie d’un terroriste pour croire qu’il informerait quelqu’un de son entourage, même intime, de ses intentions meurtrières ! À mon sens, trois personnes seulement étaient au courant que Coulibaly allait faire un carnage à l’Hyper Casher : Hayat Boumediene, Chérif et Saïd Kouachi, point. Et encore, Coulibaly a peut-être improvisé ça au dernier moment…
     Cette politique à la fois de l’amalgame et du « par défaut », si chère de la Justice française, c’est la même qui a déjà été appliquée au frère de Merah. Et ça passe ! Même Maître Dupont-Acquittator-Moretti n’a rien pu faire ! Abdelkader Merah, lui non plus, comme Polat avec Dolly, n’a jamais rien su de ce que Mohammed préparait, évidemment. Trop peur des fuites, même dans sa propre famille, c’est une loi chez les terros… Vous pensez bien que les dernières heures avant les attentats de Charlie et de l’Hyper Casher, Coulibaly n’allait pas balancer le morceau à son pote Polat, au risque de tout faire foirer ! Si Coulibaly, bougeant sans cesse, voyant plein de monde, faisant mille choses en même temps, mais cloisonneur de première, écouta vaguement Polat sur ses projets de braquages, en aucun cas il ne s’est confié à lui sur ce qu’il comptait vraiment faire en coordination avec les frères Kouachi (que Polat d’ailleurs n’a jamais connus). Il aurait suffi de lire les revendications essentielles des trois combattants islamistes faites aux journalistes de BFM qui d’ailleurs se sont fait taper sur les doigts (pour une fois qu’il y en a qui font leur métier !) pour s’en convaincre, mais est-ce que ça a été fait pendant le procès ?
     Alors, oui, immédiatement après avoir appris ce qui venait de se passer à Vincennes, Polat est allé vite chez Metin Karasular chercher l’argent que celui-ci devait encore à Couli (le reste a été retrouvé sur le cadavre du malin Malien antisémite) pour se barrer à l’étranger. C’est vrai, Polat a fui le pays, le 9 janvier 2015, et pas parce qu’il était un complice terroriste et qu’il voulait s’endaeshiser  dans l’État islamique par conviction (n’importe quoi encore !), mais parce qu’il a eu la trouille d’être compromis avec feu Dolly… Il se doutait bien que faute d’avoir arrêté les Kouachi et Coulibaly, on allait l’emballer, lui. Et en plus, s’il avait été au courant de ce que mijotait « Dolly », Polat serait parti plutôt avant le 8 janvier, non ? D’ailleurs, ses destinations plaident pour lui : Liban du 12 au 19 janvier 2015, où il était souvent allé par le passé, dans la Bekaa, pour son trafic de stups, avec le 17 une petite tentative de passage en Syrie parce que la France venait de rompre ses relations avec Damas, puis Thaïlande du 22 au 25 janvier 2015. C’est ce qui s’appelle chercher à « se mettre au vert » et pas forcément au vert islam… Et qu’on l’ait vu plus tard venir traîner (se « recueillir », selon maître Klugman) devant l’Hyper Casher où son copain avait été exécuté pendant son attentat du 9 janvier ne voulait pas dire forcément que Polat s’était rendu là par sadisme ou par une quelconque approbation post-mortem des actes de son ex-pote… Il voulait juste voir où son ami Amedy était tombé… Hello, Dolly ! Polat, ça l’intriguait également de lire les petits mots adressés aux victimes, que des gens avaient collés sur les barrières de sécurité. Le Kurde était « choqué » : comment son Coulibaly, toujours rigolo et balaise dynamique déconneur, avait pu faire un truc pareil ?… Ce sont des cours de psychologie, et pas de « lutte contre le terrorisme », qu’il faudrait donner à tous les magistrats et aux avocats, plus pitoyables les uns que les autres !
     On a prétendu que Coulibaly avait descendu, le 8 janvier (lendemain de la fusillade à Charlie) à Montrouge, une fliquette, Clarissa Jean-Philippe, parce qu’elle le gênait pour atteindre l’école juive d’à côté qu’il visait pour faire comme Merah en 2012… Fantasme ! Merah lui-même ne savait pas qu’il allait agir dans l’école Ozar Hatorah de Toulouse, et n’y était entré que faute d’avoir pu aller liquider d’autres militaires comme il l’avait prévu… Non, des CRS gardaient l’école de Montrouge, alors pourquoi Coulibaly aurait tué une seule agente de la circulation plantonant à proximité ? « Il y avait bien des cars de CRS qui gardaient l’école, n’est-ce pas madame ? » a demandé Maître Coutant Peyre à la chef commissaire du quartier lors d’une audition. « Heu, oui, je crois… je n’ai pas vérifié pour ce jour-là… » « Ah bon ? Depuis l’affaire Merah, il n’y a pas en permanence des CRS pour protéger les écoles juives sur tout le territoire ? » La Cour et Maître Klugman, dont c’est la thèse que Coulibaly voulait faire une Ozar Hatorah bis, apprécieront… Ou il y avait des CRS devant et Coulibaly n’a pas pu entrer dans l’école, ou bien il n’y en avait pas et c’est grave car il aurait pu y entrer ! Que fait la Police ? Rien.  
     D’ailleurs, dans sa fuite, Coulibaly a tiré aussi sur deux autres badauds, sur une voiture, et il en a piqué une seconde… Sans oublier que le soir du 7 janvier même, à Fontenay-aux-roses, Coulibaly est présumé avoir vidé son flingue également, mais sur un joggeur qui a affirmé que c’était un Arabe et pas un Noir qui lui aurait crié, en lui déchargeant son arme dessus sans raisons : « Prends ça, enculé ! »…  
     Alors, pourquoi, pourquoi, pourquoi tout ça ? Mais pour faire diversion, voyons, afin que les poursuites effrénées de tout le pays en chasse de ses potes Kouachi soient au maximum perturbées et ralenties ! On oublie un peu vite que les deux « groupes » d’actions (Kouachi + Coulibaly) étaient complémentaires et très connectés entre eux… « Comme tout cela est bien ficelé… » m’avait dit en off un grand écrivain français dans son bureau en 2015… Élémentaire chinoiserie tactique ! Ces trois-là (Amedy, Cherif et Saïd) n’ont pas eu besoin de lire du Sun Tsu toute la journée pour en faire, en réel et en grand ! Obligeant les enquêteurs à cran à tout « gérer » en même temps, Coulibaly pouvait ainsi, d’une part, préparer au dernier moment son Hyper Casher, et de l’autre, ça permettait une meilleure cavale aux Kouachi… Pendant que toute la Policerie de France se frottait les méninges pour comprendre les tirs inexpliqués de Montrouge ou de Fontenay, les deux Kouach’ s’évanouissaient plus rapidement en fumée dans la nature, sortant dans un nuage de poudre d’escampette tels des génies arabes de leur lampe d’Aladdin ! Ça, c’est un beau geste d’amitié, et même de camaraderie, car c’est bien ça, la véritable amitié, c’est avant tout un mélange puissant de solidarité et de camaraderie, pas l’affect infect d’une bande de pédés sentimentaux qui préfèrent pleurer sur l’autre plutôt que se mouiller avec lui !… Oui, Clarissa Jean-Philippe mérite d’être honorée, couverte de fleurs et de médailles, et même d’avoir sa place au Panthéon des « innocents » assassinés, mais pas en tant que flic républicaine tombée en accomplissant son devoir : non ! Comme sainte sacrifiée en holocauste sur l’autel de l’Amitié, la vraie !

L’ALÉVI EST UN DREYFUS POUR L’HOMME

     L’absence de preuves est aujourd’hui érigée en flagrant délit de complicité. Entre deux toux et crachats, Polat, atteint du Corona, est sorti de son box comme de ses gonds pour hurler contre et insulter ceux qui le jugeaient coupable d’activité terroriste plutôt que de proximité voyouteuse avec un vieux pote qui l’a bien roulé dans la farine en lui faisant croire qu’il n’était qu’un braqueur comme lui. Le meunier était un Noir !… Coutant Peyre a plusieurs fois protesté contre le traitement infligé à son client, lourdement covidé donc, et à qui on n’a daigné que poser à ses pieds une bassine où vomir tout son saoul, et pas seulement pendant les plaidoiries des parties civiles…
     — Quand je sortirai de prison, je ferai du banditisme, je ferai encore pire !
     C’est pas demain que tu sortiras, miskine… L’Indécence, n’oublie pas… L’indécence de la Justice qui traite d’« indécente » ton avocat pour avoir, entre autres, osé te comparer à Dreyfus, alors que votre seul point commun, il est de taille : l’innocence… « Ce qui serait indécent, c’est que mon client, qui est innocent, devienne coupable ! » a dit Isabelle… Déchaînée derrière son masque de satin très Tulipe Noire, ma Coutant Peyre !

     Finalement, ce qu’on reproche surtout à Polat, c’est d’avoir un peu trop vu Coulibaly avant sa prise d’otages sanglante, alors que les motifs sont connus : par exemple, Polat était avec Coulibaly la nuit du 6 au 7 janvier, à une heure du matin, mais pour un rendez-vous avec un rappeur qui lui devait du fric pour une histoire de stups, et le matin même du 7 janvier, il était avec un autre type chargé de refaire la cuisine de sa mère…
     Tout cela est balayé par la Cour de maternelle ! La magistraterie n’en démord pas : Polat aurait eu « un rôle particulièrement actif et transversal ». Et les armes en sont les « preuves »… Mais il est désormais acté que les armes utilisées par Coulibaly ont été vendues par une société slovaque, AFG, à des clients parfaitement connus : d’abord à Claude Hermant, un ancien du Congo et d’Angola, trafiquant de flingues dans le nord de la France, reconverti aujourd’hui dans les duvets et gamelles, mais surtout indicateur pour tous les services de l’État, pour la gendarmerie, les douanes, en passant par la police et les RG ; ensuite à Aurore Joly, sa copine, (société Seth Outdoor, Haubourdin, près de Lille) ; et enfin à Patrick Halluent et surtout Samir Ladjali, ces derniers poursuivis mais jamais vraiment inquiétés. Condamné à de la correctionnelle, Hermant a fait un peu de taule en 2019, mais pour autre chose et plus pour la forme que pour cette autre chose… Convoqué par Coutant Peyre, c’est libre qu’il est venu, et en retard, témoigner à la barre du TGI, le 1er octobre.
     Hermant ? Sacré lascar d’extrême droite, identitaire survivaliste, et barbouze notoire… Un faux-air de Frédérik Limol, vous savez, cet apocalyptique disjoncté catho militarisé entraîné au tir… Le genre de crâne rasé à adhérer à Égalité & Réconciliation, entre Soral et Piero San Giorgio… Limol a dégommé trois gendarmes et mis le feu à sa maison (la transformant en tableau de Claude Lorrain !), avant de se suicider, le 22 décembre à Saint-Just (Puy-de-Dôme), où il attendait la fin du monde…

     En contrepartie d’un fermage des yeux sur ses activités armurières, Claude Hermant aidait la police à repérer les excités de la gâchette, y compris ceux de la Maison qui s’adressaient à lui… Voilà peut-être pourquoi ça n’intéressait pas trop les flics de surveiller de près ce gros trafic d’armes (des centaines) dans le Nord, ils préféraient s’occuper d’un autre, de cannabis, à la frontière franco-belge… C’est ce que Hermant a dit à la barre des témoins : il ne comprend pas que la police n’ait pas repéré Coulibaly avec ses armes vendues par lui (mais démilitarisées affirme-t-il). « Les services ont merdé ». Hermant se sent « responsable moralement, mais pas intentionnellement ». Exact ! Encore un Dreyfus dans cette histoire… Il est peut-être roublard mais en tous cas, en les zieutant dans le box, Hermant n’a reconnu ni Metin Karasular, ni Michel Catino, ni Polat bien sûr. Ce qui confirme que tous ceux-là n’avaient strictement rien à voir avec Coulibaly l’armé pas « par » mais via Hermant… Malgré ça, pour couvrir « l’erreur d’appréciation » des policiers sur le client d’Hermant, la magistrature a entretenu exprès dans ce procès la confusion entre le garagiste kurde de Charleroi et le survivaliste de Lille, tout ça parce que par eux transitaient pétoires, arquebuses et autres tromblons destinés à des clients différents ! Les choses qui ne sont pas connectées ensembles, pour peu qu’elles se ressemblent, sont considérées fautivement comme complices par le Consensus judiciaire, un tantinet conspi. Au fond, ce qui fait peur, c’est le type solitaire qui cache son grand jeu à tous et qui fait son coup soudainement avec éclat. Il faut absolument lui coller un réseau, ça rassure, mais tout au plus, il a une filière, et une filière n’est pas un réseau.
     C’est la ligne d’Isabelle Coutant Peyre qui l’a dit autrement. Elle ne kiffe pas du tout ce nouveau tribunal froid, pas pratique, où les micros tombent tout le temps en panne, qui est inondé en permanence et qui a coûté trois milliards. La magnifique râleuse hirsute s’énerve, fouille dans ses carnets de notes où elle griffonne ses réflexions entre deux témoignages.

Notes d’ICP                                                                    Dédicace de Ali Riza Polat

     Elle se prend les doigts dans ses stylos, mais quand elle se lève, elle est lumineuse comme une louve noire :
     —  Vous jugez une fusillade, la question c’est donc : ces armes, elles viennent d’où ? Qui les a prises ? Toutes les armes détenues par Amedy Coulibaly ont été fournies par monsieur Claude Hermant qui a déclaré qu’il les avait achetées et remises à Samir Ladjali qui a eu un non-lieu… On nous dit : « Circulez, y a rien à voir, c’est jugé. » C’est un scandale. Est-ce fait pour protéger un barbouze ? Un indicateur pote avec tous les services ?
La défense d’Isabelle Coutant Peyre est claire :
     1) Les armes de Coulibaly, ce n’est pas son client qui les lui a trouvées.
     2) Son client n’était absolument pas au courant des attentats fomentés par Coulibaly.
     3) S’il y a un commanditaire à ces attentats, c’est le « Cosmos ».
     Tout ça n’est pas très conspi… Bravo, Isabelle ! Polat n’était qu’un trafiquant de stups. Foutez-lui la paix avec le « terrorisme » ! Polat a même dit à la barre regretter d’avoir abandonné le trafic de drogue, c’était « tranquille ». Il était en train de se reconvertir dans l’escroquerie immobilière nécessitant un peu de mise de fonds pour enclencher le mécanisme, donc de faire quelques braquages. D’où une liste d’armes à Karasular qui avait des contacts en Belgique, mais cette liste n’a rien à voir avec les armes de Coulibaly, ni évidemment avec celles des Kouachi qu’il ne connaissait pas, combien de fois faudra-t-il l’écrire et le réécrire (quoique moi, je ne m’en lasse pas) ?… En plus, ces détonateurs, balles, kalach’, chargeurs de munitions listés par Polat ne sont pas du tout ce que Coulibaly a apportés avec lui à l’Hyper Casher, soit : deux fusils d’assaut CZ (Česka-Zbrojovka) modèle VZ-58 et des (pas un seul !) pistolets semi-automatiques Tokarev modèle TT 33 (from AFG)… Ni évidemment avec celles des Kouachi, transbahutées de rue Nicolas-Appert à l’imprimerie de Dammartin…
     Pas un proche des frères Kouachi dans le box ! Le procès a donc été celui de l’Hyper Casher, pas du tout de Charlie Hebdo ! Les 14 accusés sont exclusivement liés à lui. C’est la seule satisfaction! Malgré les grands discours de principe à leur mémoire et les hommages lucratifs, sans arrêt alimentés, rendus aux dessinateurs et rédacteurs saints martyrs de la Liberté d’Expression, la cause est passée à la trappe ! En condamnant injustement Polat, Karasular et les autres pour une participation indirecte ou inexistante à l’acte de Coulibaly, toute la charlitude a été évacuée au profit de l’hypercashérisation !

LA SAINTE CARICATURE

     Et pourtant, l’avocat de Charlie Richard Malka s’est montré ravi, le con ! S’il avait pu, il aurait fait faire à son fameux sourire le tour complet de sa figure tellement il était content des sentences prononcées. Ce qui prouve bien que ce qui compte pour les crapules de son espèce, ce n’est pas de punir les « méchants » qui ont touché à leurs « copains » de Charlie (il faut voir ce qu’est devenu le journal après le 7 janvier : Panier-de-crabes Hebdo !), mais de frapper directement ce qu’ils appellent « le terrorisme » (traduction arabe = le juste châtiment des musulmans sur leurs oppresseurs)… Malka est heureux parce qu’il voulait que le message soit clair : « toute personne ayant trempé de près ou de loin dans une nébuleuse terroriste sera sanctionnée très sévèrement ». Quelle nébuleuse ? C’est toujours le même fantasme complotiste et aussi le refus d’admettre la moindre conviction chez un grand méchant « loup solitaire » qui fait que des soi-disant petits chaperons rouges tout mignons caricaturent le reste du monde.
     D’ailleurs, ce fanatisme obscurantiste de la caricature imposée comme un terrorisme est à creuser. Creusons. Ils sont tous tellement vénérateurs de la Sainte Caricature qu’on se demande si ce procès n’a pas eu lieu uniquement pour pouvoir republier les « caricatures » ou bien si la republication des caricatures n’était pas dans le deal de départ pour pouvoir faire ce procès !… Ça n’a l’air de rien, et c’est tout, et même « tout ça pour ça », comme l’a titré Charlie à sa une pour annoncer ce procès prévu pour plus tard mais qu’on a avancé malgré le Coronavirus ! En effet, tout « ça » a-t-il été fait pour « ça » ? Mais au fait, de quel « ça » s’agit-il ? Celui dont parle Charlie, quel est-il ? Riss et sa bande de clampins sous-doués veulent dire : tous ces morts, tous ces drames, toute cette souffrance chez nous pour quelques caricatures insignifiantes… Mais justement, si ces caricatures sont si insignifiantes (ce qui ne les empêche pas d’être nulles et inutiles), pourquoi les republier ? Pour enclencher un autre « tout ça » ?
     On pourrait alors interpréter autrement le « tout ça pour ça » : tous ces attentats qu’ils ont essuyés, et les innombrables réactions qui ont suivi depuis 5 ans, les ont-ils donc fait si peu réfléchir au point qu’ils en arrivent à republier les caricatures danoises incriminées en 2006, ce qui ne pouvait que déclencher à nouveau la colère de millions de musulmans dans le monde ? Ou alors, autre interprétation du « tout ça pour ça » : ça valait vraiment le coup de faire autant de victimes pour des caricatures-symboles de la soi-disant liberté d’expression qu’ils ont absolument voulu republier en toute irresponsabilité de vieux ados ?  Mais non, ces « tout ça pour ça »-là sont encore trop nobles pour imaginer qu’ils aient pu sortir de l’esprit de ces abrutis criminels ! La vérité, c’est que pour montrer des caricatures de merde, ils n’en sont pas à des dizaines de morts près, les Charlistes… C’est ça, leur fond d’âmes ! Ah, on n’a pas fini de s’interroger sur cette obsession de vouloir braver un interdit qui n’est pas le leur de la part de petits Blancs inconséquents, si ce n’est pour humilier non une religion, mais une race : les Arabes.

TOUT ÇA POUR CES SALES GUEULES !

     J’affirme qu’en fabriquant ce procès abject, ils ont déclenché un autre « Tout ça pour ça »… C’est à se demander s’ils n’aiment pas ça, les punitions… Le masochisme n’empêche pas la haine, mais c’est elle la plus forte. Cette haine absolue pour l’Arabe digne et révolté qui se venge d’eux dépasse leur désir secret et pervers de se faire assassiner pour l’avoir exprimée… Tout prouve qu’ils n’ont rien compris… Mais, au fait, qui ça, « ils » ? Eh bien, les vrais responsables, ceux qui ont provoqué le nouveau « tout ça » de septembre-octobre en France ! J’ai nommé les dessinateurs principaux du torchon : Riss, Coco, Luz, et derrière eux les anciens qui les ont poussés à la roue, les « têtes pensantes » Philippe Val et Caroline Fourest. Sans oublier Zineb El Rhazoui… Ce sont eux qui devraient être en couverture avec écrit autour : « Tout ça pour ces sales gueules ». La voilà, la Une idéale ! Et, au milieu, évidemment ne pas remettre le dessin de Cabu-Val (« C’est dur d’être aimé par des cons ») qui a déclenché tout ça, mais une des conséquences de ce que cette republication en 2020 des caricatures a provoquée : la tête de Paty, par exemple, ou le corps de la fidèle de Nice égorgée en pleine prière près du bénitier… Car il était évident que les réactions s’accumuleraient, et encore, il y en a eu assez peu je trouve, malgré les manifs partout dans le monde pour lutter contre le terrorisme de la liberté d’expression à la française. Ô les drapeaux français brûlés, les portraits de Macron enflammés de « haine »… Quoi de plus normal ?

     C’était couru que des attentats se perpétreraient à la suite du Charlie remettant une couche de conneries pour faire sans vergogne de la pub à son propre procès. Comment douter que l’agression au hachoir par le Pakistanais mal renseigné sur des journalistes en pause-cigarettes sur le seuil de l’immeuble où les Kouachi avaient procédé en 2015 à l’élimination des « humoristes » de Charlie (25 septembre) ; que la décapitation du prof d’histoire-géo Samuel Paty par un Tchétchène sourcilleux (16 octobre ) ; que l’égorgement de trois cathos dans leur église de Nice par un Tunisien le jour de l’anniversaire de Mahomet (29 octobre) ; et que peut-être même aussi, par ricochet qui sait, la fusillade par un jeune Macédonien tirant au hasard dans les rues quasi désertes de Vienne le soir du confinement, près de la Synagogue et de l’Opéra (où Roberto Alagna chantait Paillasse de Léoncavallo), ce qui a fait quand même quatre morts (2 novembre), ne soient pas liés à la remédiatisation irresponsable de ces foutues caricatures, cette rebelote de la saloperie imposée par les donneurs de leçon laïque ?

     C’est bien sûr à cause de Charlie que toutes ces agressions, non pro-musulmanes, mais anti-antimusulmanes de principe ont eu lieu. Sans la republication et sans le procès, pas d’attentat, c’est pourtant simple ! C’est Charlie le responsable direct de ce qui s’est passé en cet automne sanglant 2020. Personne d’autre ! À force de dire que ça suffit de faire des victimes les coupables, on ne voit pas où sont les responsables qui ont fait ces victimes. Il faut dire que dans cette équipe de Charlie, ils sont tous plus butés les uns que les autres, c’est le cas de le dire.

LES CACAS DE COCO

     En tête, moi je mettrais Coco dont c’est le dessin montré par Paty à ses élèves qui lui a coûté la sienne (je parle de la tête de Paty). Cette chienne de Corinne Rey — mauvaise dessinatrice en plus — a toujours eu tout faux… Et en plus, elle ment ! À qui va-t-elle faire croire que les Kouachi qui l’ont croisée dans la cage d’escaliers l’ont appelée par son nom et l’ont reconnue ? D’où, d’abord ? Comme si sa tête était hypermédiatisée et qu’ils savaient qui c’était « Coco »… Prétentieuse ! S’ils t’avaient identifiée comme l’auteur du dessin « Une étoile est née », tu aurais passé une autre sorte de sale quart d’heure, crois-moi, mais pas jusqu’à te faire tuer, comme tu l’as affirmé à la barre en faisant son cinéma. Oui, cette coconne ignorante croyait que les Kouachi allaient l’exécuter alors qu’elle est une femme et qu’ils le lui ont dit eux-mêmes : « on ne tue pas les femmes ». Tout ça pour justifier que, par peur, elle ait fait le code de la porte, ce qui a permis aux frères de tuer tous ses collègues !
     Et malgré cet acte de faiblesse et de trahison manifestes qu’on ne cesserait de questionner s’il s’agissait d’un épisode pendant la Résistance, Coco a dit à la barre : « J’ai mis du temps à le comprendre, ce n’est pas moi la coupable là-dedans. Les seuls coupables, ce sont les terroristes islamistes, les Kouachi, et leurs complices. »  Ben voyons, cocotte, rassure ta conscience comme tu peux ! Dorlote-toi, si ça peut t’aider à dormir !… Ce que Coco aime bien aussi, c’est de reporter la faute sur les « complices dans la société qui ferment les yeux devant l’islamisme et qui baissent leur froc devant l’idéologie. Si j’ai voulu parler à ce procès, c’est aussi parce qu’il y a un problème de société. » Quel problème de société d’abord ? C’est toi qui as un problème pour croire que la société n’est pas assez sévère avec les Arabes terroristes ou soupçonnés de l’être ou de l’avoir été ! Les peines écopées par les14 boucs émissaires ne te suffisent donc pas ? Quant à baisser son froc, tu es mal placée pour la ramener… Tu appelles ça comment quand, tremblante devant les Kouachi, tu as tapoté sur le clavier les bons chiffres du Sésame-Hebdo-ouvre-toi de la porte de la rédaction de Charlie, le mercredi 7 janvier vers 11 h du mat’ ?

     Coco « pense » comme Malka, qui a dit pendant sa plaidoirie : « Les caricatures ne sont pas coupables. Ce qui est coupable, c’est la barbarie, et rien d’autre… Je ne me prononcerai pas sur la culpabilité des hommes qui sont derrière ce box. Mais pour moi, ceux d’entre eux qui ont connu Coulibaly ont tous commis un crime, qui n’est nulle part dans le Code pénal : un crime d’indifférence, de complaisance. » Ils parlent tous de Droit, mais il est où le Droit, là ? À quelle page du Code rouge sang de règles est inscrit ce crime d’indifférence, de complaisance ? Ça me rappelle mon « trouble manifestement illicite qui porte un préjudice moral évident » qui m’a coûté 8000 euros !…
     Si, les caricatures sont coupables ! Il n’y aurait aucune « barbarie » s’il n’y avait eu aucune caricature du prophète. On le sait que pour les musulmans, c’est comme insulter leur père (et plus). Voyez la vidéo de revendication du Pakistanais au hachoir dostoïevskien : il pleure à pleines larmes sincèrement — comme un personnage de Dosto d’ailleurs — en évoquant les caricatures qui l’ont profondément bouleversé, haché menu de douleur psychique et physique…

     Aucune haine pour le Blanc n’a sa place là-dedans. C’est physique, il s’en fout de propager sa foi ! Aucun musulman sur la terre n’a envie de transformer le reste de la planète occidentale en « République islamiste » avec charia et compagnie… Combien de siècles faudra-t-il pour que les Malkas et autres Cocos de l’avenir admettent un jour, et surtout fassent passer le message, que chaque attentat est une riposte à une agression barbare de la part des caricaturistes ? Ça rentrera quand dans leurs petites têtes remplies d’ignorance ?… Et quand l’avocat souriant ose parler d’un crime d’indifférence et de complaisance attribué aux complices de Coulibaly par exemple, il oublie un peu vite que c’est exactement ce dont s’est rendue coupable l’équipe de Charlie pendant 25 ans en laissant un Philippe Val taper indifféremment sur toute forme de lutte anticolonialiste et les dessinateurs et rédacteurs à sa botte se calfeutrer dans leur cocon de complaisance infecte à l’égard d’une idéologie mortifère qui fait semblant de défendre la liberté de toutes les expressions, alors qu’une seule l’intéresse : celle de son mépris hyperbourgeois, blanc et post-occidental pour toute révolte en soi… Entre la tartufferie et l’arnaque, voilà où se trouve Charlie Hebdo depuis qu’il n’y a plus le Professeur Choron à sa tête (1981).
     Quelle contre-productivité ! Que croyaient les démocrates laïcistes en condamnant des épouvantails ? Rendre moins héroïques les terroristes qui ont commis réellement les attentats en 2015 ? Mais non, après ce procès tous les islamistes du monde ne seront pas dissuadés d’agir, mais au contraire d’autant plus galvanisés par tant d’iniquité, ils n’auront que plus de hargne à punir encore et encore cette Justice française qui s’est contentée de mettre au piquet pour des dizaines d’années des prétendument « co-responsables ».
     Et ça eut le culot d’être filmé ! C’était la première fois depuis le procès Barbie en 1987 qu’un procès l’était, « pour l’Histoire ». La machine de la Justice avait tout prévu pour que les caméras « immortalisent » leurs guignolades. Et Charlie bien sûr n’a pas été choisi par hasard pour inaugurer cette nouvelle mesure… Tout prévu, sauf le Covid-19 ! Encore lui, bienfaiteur de l’Humanité ! Le Corona a obligé tous ces porcs, que ni Rouault ni Jossot n’auraient pu donc peindre et dessiner en cette circonstance, à se cacher… Tous masqués ! Ce qui a rendu caduques les futures images soi-disant si importantes à conserver de cette mascarade, la bien nommée. Si le tournage en continu avait été pensé pour qu’on voie enfin les mimiques et les grimaces sur les visages des protagonistes d’un grand procès public, eh bien, c’est raté ! C’est comme si le port obligatoire du masque venait d’une décision de Dieu-le-Juste qui voulait éviter aux générations futures d’avoir à supporter tant de trognes dégueulasses, tordues par l’hypocrisie, la bêtise et le mensonge, pour l’Éternité. « Non, ils sont trop laids, il Me faut tous les masquer ! »

YANNICK LE CHRONIQUEUX

     Mais il y a pire que le procès filmé, le procès chroniqué ! Et pour ça, Charlie a chargé l’un des pires écrivains pseudo-intellos de la postérité de Saint-Glinglin-des-Près, un disciple de Philippe Sollers (qui aura bien des surprises quand son maître disparaîtra…), et qui s’était fait déjà remarquer pour sa distorsion de la réalité au sujet de la Shoah, ce qui l’avait fait réprimander durement par Claude Lanzmann : j’ai nommé l’immonde petit Yannick Haenel ! Celle qui l’a pistonné pour écrire dans l’hebdo crade, c’est une autre misérable lettreuse dévoyée dans le charlisme anti-arabe : Marie Darrieussecq…  Haenel a dit : « Je ne connaissais pas du tout. Ce n’est pas ma culture. La caricature, ce n’est pas trop mon truc. Et leur humour n’est pas spécialement le mien. Mais ça me semblait le geste à faire. »  Il dit avoir voulu donner une dignité à Charlie par sa simple collaboration, la bien nommée (encore une) ! L’âne Haenel est persuadé, en toute ignorance, que ce torchon est dans le « rejet des communautarismes et de l’hystérisation de toutes les identités. » !

     À chaque audience, Haenel est là, accompagné de son Boucq, même pas émissaire, un très mauvais dessinateur scolaire, pour rendre compte des audiences les unes après les autres. Monsieur Haenel se vante d’avoir été prof pendant 15 ans en région parisienne. Il se targue de pouvoir, à défaut de faire la loi, expliquer le mal. Toute sa culture sollersienne ne suffirait pas à laver cette tache intellectuelle de participer à Charlie Hebdo. Monsieur croit penser la pensée de l’islamisme. Rien que ça ! Il se sent en empathie complète évidemment avec le pauvre Paty (empaty ?), prof comme lui qui ne demandait qu’à éduquer des gosses sur la valeur du tout-dire et du tout-montrer. C’est à l’intelligence qu’on a attenté, selon Haenel. D’ailleurs Haenel a séché un seul jour le procès, à la mort de Paty, il a craqué : « Je ne suis qu’un homme ». Même pas, espèce de lâche ! C’est comme lorsqu’il dit, pour se faire bien voir, qu’il n’a pas voulu décrire les photos des cadavres des vieux Charlies entassés en sang dans la salle de rédaction. « Il y a des choses qu’il ne faut pas dire, je crois… ». Le contraire de Sigolène encore qui n’a pas peur, elle. Sur Lançon qui s’était pris une balle dans la mâchoire : « Philippe avait la joue dans la main comme un enfant pris en faute ». C’est elle, l’écrivain de la bande, pas toi, minable Haenel !
     Tout est vu de travers. Le mépris de classe et même de race qui a poussé Paty à faire sortir les Arabes de sa classe pour montrer aux autres la caricature de Coco est interprété par Haenel comme la « précaution » et la délicatesse d’un « scrupuleux » !… « Il n’y avait pas offense, il a fait ce que font tous les enseignants : non pas imposer leur pensée, mais se mettre à la place de leurs élèves, et leur expliquer. »  C’est fou ce que Paty s’est mis à leur place (en les virant ?), c’est fou ce qu’il a pris la peine de leur « expliquer » ! Tu te fous de qui, Haenel ? « En plus de l’intelligence, qui s’apprend, notamment à l’école, il y a, en France, un droit et une liberté : celle de penser, de s’exprimer, de rire et de croire. »… Ou alors : « Nous sommes tous des enseignants : nous expliquons, nous pensons, nous parlons avec les autres. Cela s’appelle vivre et être libre. » Énormités sur énormités.
     Tiens, s’il citait Nietzsche ? Haenel ose dire que les terroristes mentent sur l’Islam et sur Mahomet. Et en général sur la religion. Tiens, s’il citait le Journal de Kafka ? Tout est bon comme combustible pour faire avancer sa machine de déformation, non des faits, mais de leurs causes, et tout ça pour ne se fixer que sur leurs conséquences. Quand il dit qu’il faut « penser la violence, penser le mal, penser le crime, penser la terreur politique, penser l’islamisme radical, penser les religions, penser la foi, penser le blasphème, aucune parole n’est de trop pour le faire : la pensée appelle la pensée, c’est-à-dire le dialogue. Penser, ça veut dire demander à quelqu’un ce qu’il pense. Les professeurs font ainsi avec leurs élèves » (tu parles !), on s’attend à ce qu’il réfléchisse aux motivations des attentats, qu’il se mette enfin à penser ce « Mal » comme il l’appelle, mais non ! Volteface ! C’est le modèle du « Bien » qu’il se propose finalement de penser, ce couard : « la société française est en proie à une attaque incessante contre ses valeurs, c’est pourquoi expliquer ces valeurs est devenu si urgent, c’est pourquoi penser est plus que jamais décisif. » Et hop ! Dis-nous tout le bien que tu penses de ta société de Blancs bourgeois civilisés, c’est en effet plus tranquille que d’expliquer le mal des pauvres opprimés acculés à commettre le pire comme tu l’avais promis une phrase plus haut !
     Pauvre con de prix Médicis qui croit être entré profondément dans son époque parce qu’il a couvert le procès Charlie Hebdo ! Mais tu n’as rien couvert, Haenel, tu t’es couvert toi-même, et de ridicule. Un romancier raté ne peut qu’être un chroniqueur raté. Il n’y a qu’une saloperie comme Élisabeth Philippe (c’est elle qui avait traité dans Les Inrocks L’Enculé d’« imbécile et nauséabond »), qui n’a jamais rien compris à la vraie littérature, pour l’interviewer béate dans L’Obs du 7 septembre 2020.  

     La Philippe marche dans la combine : Monsieur Haenel « a conscience de la responsabilité qui est la sienne »… Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire ! Philippe espère que cette mission n’a pas trop perturbé sa vie d’écriture, à Haenel. Mais non, sa « réelle crainte était de décevoir les quelques personnes que je connais à Charlie Hebdo ». Sic ! Il n’avait jamais mis les pieds dans un tribunal, le pauvre chéri, il avait peur de ne pas être à la hauteur. Ce fut le cas ! Tétanisé devant les familles des victimes, de son propre aveu, Haenel sentait les morts qui le regardaient prendre ses petites notes sur son cahier d’écolier de la Vie. Et pas peu fier d’avoir été choisi par la rédaction à cause de ses « qualités » d’« écrivain », il vomissait chaque jour sur le blog de l’hebdomadaire, ou sur le papier hygiénique du même, sa bouillie gloseuse de bébé du Réel… Mais attention ! Pas de journalisme ! Monsieur reste un écrivain : « La performance nerveuse d’écrire en une heure et demie, c’est nouveau pour moi. Mais je vois que je peux quand même accomplir un geste littéraire qui relève toujours d’une forme et celle-ci se révèle jour après jour. En ce sens, que je le veuille ou non, ce que j’écris relève de la littérature et non du journalisme littéraire. » Non mais écoutez-moi ça ! Mais quel paon prétentiard ! Tiens ferme ta connerie !
     Du côté de la Justice et de ses employés, ce sont les lapsus surtout que Haenel s’amuse à souligner. Ceux de Coutant Peyre bien sûr… Les frères « Chouaki » pour les frères Kouachi. Mais en bon lèche-cul, toujours dans le camp du Bien (-Pensant), Haenel omet ceux du président qui a osé prénommer Charb « François » plutôt que Stéphane (blasphème ?), ce qui a fait quitter la salle à la famille en larmes !… Et ceux de l’avocat général, dont le plus gros « Mohamed Merah » pour Ahmed Merabet, le flic du boulevard Richard Lenoir abattu au passage des Kouachi, tu l’as oublié Yannick ? Bien raciste ça, non, Haenel ?
     En bon copieur pompeur plagieur incapable, Haenel dit aussi qu’il a relu Joseph Kessel et Hannah-tarte-à-la-crème-Arendt pour tartiner sa chronique… Il fallait qu’il mouille à tout prix son vagin sec de l’âme, qu’il se stimule le clito mental ! Il se croyait au procès Eichmann à Jérusalem en 1961, sauf qu’Eichmann n’était pas un bicot-émissaire, mais un tigre nazi avec du sang sur les griffes et même entre les rayures… Parfaitement responsable ! De toute façon, Haenel ne se salit pas à citer les accusés, jamais leurs noms, ni ce qu’on leur reproche. Rien. Seules les victimes et les amis des victimes le bouleversent…
     Tout ça finira dans un livre, et même dans deux. « Face à ce déferlement d’humanité et d’inhumanité, je sais que quelque chose m’appelle à écrire un livre dont seul Emmanuel Carrère, peut-être, serait capable. » Tu parles d’une référence ! Les tricheurs, ça parle aux autres tricheurs. Le pauvre Yannick — que j’ai rencontré chez Isabelle Coutant Peyre en 2003, c’est ça qui est drôle ! — ose dire aussi : « Rendre justice, ça passe par la justesse. » Tu l’as dit, pourri ! Mais la justesse, ce serait de proclamer qu’il est évident que ce procès était obscène par les numéros successifs des victimes, parents de victimes, témoins, venant baver à la barre jusqu’à en éroder le bois, 5 ans après. La justesse, ce serait de signaler que les accusés étaient des pis-allers, des doublures inoffensives, des hommes de paille, des lampistes qui ont payé pour d’autres. La justesse, ce serait de reconnaître qu’il n’était pas juste, mais juste con, de la part du Charlie Hebdo de Riss de republier les caricatures, faisant par là même d’elles de véritables appels à la récidive d’attentats… La justesse, ce serait de faire comprendre, mais pour cela, il faudrait l’avoir compris d’abord, que les terroristes ne frappent pas pour attaquer un mode de vie à l’Occidentale où l’on aime citer Nietzsche, Kafka, Proust, Melville et les autres, mais pour venger leurs morts en faisant justice eux-mêmes puisque la Justice ne fait rien. La justesse, ce serait de montrer, ou au moins de faire savoir, au reste du monde qu’il existe un nombre incalculable de crimes perpétrés par les Blancs en toute impunité sur les terres de l’Islam, que cela constitue un énorme gâteau de chairs humaines saignantes, et qu’au sommet, les caricaturistes complices ne trouvent rien de mieux à faire que de rajouter, comme cerise, l’insulte rutilante et permanente au Prophète Mahomet !

Marc-Édouard Nabe