lundi 25 mars 2019
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

C’est qui le premier écrivain à publier un livre sur les Gilets Jaunes ?
Marc-Édouard Nabe !

Noir comme un Black bloc, jaune comme le gouvernement qui a eu la peur de sa vie, voici un pamphlet de cent pages où Marc-Edouard Nabe s’adresse aux pauvres Gilets jaunes qui ont tout raté en restant au niveau des pâquerettes.
     Comme Une lueur d’espoir sur le 11-Septembre (octobre 2001) ou L’Enculé sur DSK (octobre 2011), Aux rats des pâquerettes est le premier livre d’écrivain sur le mouvement des Gilets jaunes (mars 2019). Un constat colérique et terrible sur un rendez-vous loupé du « peuple » avec l’Histoire. À se tordre de rire… jaune !

     Aux rats des pâquerettes par Marc-Edouard Nabe (en antiédition comme d’habitude) ­­– 100 p. – 22 euros – à commander sur marcedouardnabe.com et disponible à la librairie Le Dilettante, 7 place de l’Odéon, 75006 – Paris.

EXTRAIT :

     Ça partait bien tout ça, putain !… Et puis, pschitt… Les Gilets se sont dégonflés. De semaine en semaine (déjà, c’est quoi cette soumission à ne manifester qu’hebdomadairement et à endroit fixe et déclaré ?), « le mouvement s’est essoufflé » comme disent, en s’en réjouissant, ces ordures de médias. Les révoltés du samedi ne pouvaient pas aller bien loin dans la « révolution ». C’est plutôt une révolte d’employés : manifs dans des lieux et à des heures autorisés par la préfecture, toujours le même jour, le samedi, parce qu’ils ne travaillent pas, et avec dispersion à 19 heures pour aller manger… Le dimanche, on panse ses plaies et le lundi, on reprend son boulot d’esclaves… Non, la Révolution, c’est pas ça, les mecs !

     Il fallait se douter que Nabe sortirait un livre sur le sujet car il écrivait déjà dans un texte non signé du Nabe’s News n° 18 (27 décembre 2018) :

     Il fallait pas y croire, voyons ! Bien sûr, ça a un peu frémi le premier décembre, mais très vite les Gilets ont montré leurs jaunes visages : celui de la peur de transformer leur mouvement en révolution. Il aurait fallu savoir faire des sacrifices comme en 1789, en 1848, en 1870, et même presque en 1968… L’objectif Élysée était excellent pour les révoltés et baisés de première, portés par l’exaspération, mais étaient-ils prêts à laisser 200 Gilets Jaunes, ou plutôt rouges, sur le carreau ? Non, évidemment ! C’est pourtant à ce prix (200 morts et non 100€) qu’une véritable révolution pourrait avoir lieu : en prenant le palais de l’Élysée, en saccageant tout dedans, et en forçant Macron a être présent, avec sa femme, à côté d’un Gilet leader non cagoulé qui parlerait face caméra à la France des minables (aussi bien celle des riches que des pauvres). Hors cela, pas de salut ! Gilets Jaunes, encore un effort pour être révolutionnaires !
     À partir du moment où les Gilets Jaunes se sont désolidarisés des casseurs, c’était foutu. Comme tous les beaufs, ils ne comprennent pas que les casseurs sont le fer de lance de leur liberté… Sans casseurs, pas de changement réel. Il fallait assumer les casseurs et se fondre à eux, et même leur rendre grâce pendant qu’ils rendaient gorge au Pouvoir.