lundi 2 septembre 2019
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Chronologie Nabe / Moix

La vérité sur la relation Nabe-Moix

     Il ne faut pas compter sur Yann Moix pour dire la vérité sur sa relation à Marc-Édouard Nabe. Les pauvres journalistes continuent à croire sur parole (d’un menteur avéré) à la rupture d’un Moix avec Nabe en 2007, s’apercevant que ce dernier « conspuait Israël » ! Un mensonge de plus fabriqué depuis 2015, en pleine promo pour On n’est pas couché dont il devenait le chroniqueur. Toute sa vie (et il continuera) Moix accablera d’antisémite toute figure qui fera de l’ombre à sa carrière d’aujourd’hui, y compris le jeune homme que lui-même a été, on l’a vu…
     En réalité, Moix a une véritable passion pour Marc-Édouard Nabe. Et elle date du 15 février 1985 lorsqu’il voit comme tout le monde, Marc-Édouard Nabe défendre Au régal des vermines, chez Bernard Pivot, dans la célèbre émission d’Apostrophes. A cet instant, Yann Moix décide de devenir  écrivain, pas avant, contrairement à ce qu’il dit. À l’entendre, il lisait Gide à 8 ans et Péguy à 12, pourquoi pas Francis Ponge tout en tétant sa mère (ah non, c’est vrai, sa mère le détestait…) ? Nabe à Apostrophes, ç’a été de l’ordre de la révélation, de l’électrochoc, à presque 17 ans : «  Alex [son frère Alexandre Moix] était formel : je l’avais déboussolé. Le Régal l’avait complètement déréglé, cerveau, nerfs, ambition, c’était à ce moment-là qu’il s’était déclenché personnellement. Yann avait même une “nabothèque” : il demandait à sa grand-mère d’Orléans d’enregistrer tous mes passages télé, de les stocker, et bien sûr il possédait tous mes livres, il ne pensait qu’à ça… ». (Les Porcs, pp. 345-346). Moix lit tout Nabe de 85 à 88 (Régal, Zigzags, Chacun mes goûts, L’Âme de Billie Holiday, Le Bonheur), et veut le copier en tout, Moix dévore aussi les références de Nabe (Bloy, Suarès, de Roux, Simone Weil, Raymond Roussel, etc qu’il citera souvent plus tard).
     En 1989 et 1990, Nabe se « couvre de gloire » (dixit Sollers) dans L’Idiot International dont il est un des principaux piliers. Yann Moix, lui, petit étudiant de 21 ans quand même (Nabe en avait dix de plus) réalise trois numéros d’une revue écrite et dessinée, Ushoahïa, sous-sous-sous Idiot fantasmé, y mêlant antisémitisme et négationnisme, mais aussi « pamphlets » sur le Téléthon, l’Abbé Pierre et Jean-Luc Godard, autant de thèmes que Nabe a marqué de son sceau dans l’hebdomadaire de Jean-Edern Hallier par des articles célèbres… C’est dans le numéro 25, en date du 1er novembre 1989 que Nabe publie « Notre Dame des Pompiers », un dialogue imaginaire entre l’Abbé Pierre et son interprête dans le film Hiver 54, Lambert Wilson qui le suce ! Dans Ushoahïa, c’est un Ethiopien qui suce l’Abbé, ce qui ne veut rien dire, Moix rajoutant du racisme.

     Ensuite, c’est le 13 décembre 1989, dans le numéro 31 de L’Idiot international que Nabe écrit un pamphlet sur le Téléthon, intitulé « On achève bien les enfants ».

     Quant à Jean-Luc Godard, Nabe en a longuement parlé dans un entretien avec Claude Beylie, titré (sur une idée de Nabe) : « Godard le Suissidaire » et publié durant l’été 1989 dans le numéro 52 de  revue CinémAction. L’article a été entièrement retranscrit en 1999 dans le recueil de Marc-Édouard Nabe, Coups d’épée dans l’eau, publié aux Éditions du Rocher.

     Trente plus tard, il se justifiera en disant avoir fait Ushoahoïa pour intégrer l’équipe du professeur Choron à Hara-Kiri. Mais, en 1989, Hara-Kiri n’existait plus depuis décembre 1985, et le professeur Choron était très lourdement endetté… Quel journaliste a relevé cet anachronisme prouvant cet énième mensonge de Moix ?  En dehors de la prétention  de Moix qui croyait pouvoir  être publié dans Hara Kiri (comme qui vous savez l’a été réellement à l’âge de 15 ans et demi…),  dire que ces dessins négationnistes étaient destinés  à Choron induit dégueulassement l’idée que Choron aurait été « client » du  révisionnisme, ce qui est faux ! Moix se couvre a postériori en jouant sur la confusion  dans l’esprit des ignorants entre humour bête et méchant et propagande négationniste sous prétexte que les deux sont « choquants » ! Ainsi la technique de shaker (déjà dénoncée par Nabe dans ses livres) de Moix était déjà à l’œuvre dès sa jeunesse: piquer à Nabe des éléments et les revomir dans un autre ordre.
     Le 17 septembre 1991, grâce à Anthony Palou, bras droit de Jean-Edern Hallier, patron de L’Idiot avec qui il a commencé à tisser son réseau, Moix s’incruste dans la fête organisée pour la publication de Nabe’s Dream. À l’époque, Nabe ne l’avait même pas remarqué.

Vexé !

     Pendant son service militaire effectué  entre 1992 et 1993 (Yann Moix était aspirant, puis sous-lieutenant pour faire son petit  chef brimeur), Moix envoie des lettres d’admirations à Nabe, qui n’y répond pas… Ce qui vexe Moix, qui se venge dans La Règle du Jeu, la revue de Bernard-Henri Lévy, en publiant son premier article en janvier 1994 dans lequel il attaque Amélie Nothomb, Alexandre Jardin et… Marc-Édouard Nabe ! Il écrit : « Marc-Édouard Nabe est demeuré trente secondes le meilleur écrivain de sa génération. (…) Il sest forgé un style à la douteuse paternité, une sorte de canevas, une grille d’écriture comme il existe des grilles de lecture, et depuis  »Au Régal », il laisse sa main de bronze enfiler les perles. (…) Changez Suarès par Bloy dans ses élégies, Jango Reinhardt par Hendrix : vous n’y verrez que du bronze. (…) Lorsque les vrais talents commencent une œuvre, ils s’embarquent pour Acapulco et partent suer des sueurs de sang. Nabe, lui, ouvre sa penderie où l’attend son style de « décrochez-moi ça », sa robe-prétexte, toutes ses manies d’écrivant déjà si démodé et transparent. De la verroterie qui se veut du cristal ciselé ».

     Au milieu des années 90, Moix croise enfin son idole, fait amende  honorable (sa spécialité) et côtoie tant qu’il peut Nabe pendant la rédaction de son premier premier roman, Jubilations vers le ciel (Grasset) que le 5 février 1996, jour de la sortie, Yann Moix a apporté à son maître chez lui rue de la Convention avec cette dédicace :

     Nabe, Hélène et Alexandre invitent le jeune auteur à dîner. Moix empruntera la VHS de l’Apostrophes de Nabe 85 pour s’en faire une copie. La fanitude affichée continue…

Un jeune lèche-cul

     Début 1996, invité par La Cinquième (l’ancien nom de France 5), Yann Moix définit son style « entre Bernard-Henri Lévy et Marc-Édouard Nabe » et file la métaphore vestimentaire jusqu’à faire rire Jack Lang…

     Le 30 décembre 1996, Yann Moix est sur Paris Première, dans l’émission de Jean-Edern Hallier, Jean Edern’s Club, qui remet le « prix Paris Première ». Il vote en faveur du troisième tome du journal intime de Marc-Édouard Nabe, Inch’Allah, en ballotage avec Michel Houellebecq, pour Le sens du combat.

     Fin février 1997, Moix fait l’éloge du troisième tome du journal intime de Nabe, Inch’Allah, dans L’Événement du jeudi : « Une telle entreprise, dans un monde ou l’écrit s’évapore, a quelque chose de magnifique et de courageux. Le propre d’un journal ne serait-il pas de susciter l’évènement ? Nabe, lui, nabifie tout ce qu’il touche à jamais. ».


     Moins d’un an plus tard, début mars 1998, Moix écrit un dossier sur les pamphlétaires dans Marianne et y intègre Nabe : « Qu’on aime Nabe ou qu’on le déteste, force est cependant de reconnaître une chose : il est dans la littérature ».

     Deux mois plus tard, dans un article sur Zorro à l’occasion de la sortie du Masque de Zorro, Moix évoque Je suis mort, le roman de Nabe sur le suicide publié chez Gallimard au début de l’année 1998.

     En avril 2000, à l’occasion de la publication du quatrième tome du journal intime de Nabe, Kamikaze, Yann Moix publie une double page dans Marianne sur le livre.


     En septembre 2000, peu de temps avant le départ de Marc-Édouard Nabe pour Patmos (où il écrira son roman Alain Zannini), Yann Moix vient à la soirée de départ  de Nabe au Baron et lui apporte son Anissa Corto dédicacé:.

Moix dans La Vérité (sic)

     Après son retour de Patmos, en juin 2001, Nabe présente Yann Moix à Paul-Éric Blanrue (qui le détestait) dans une boîte de nuit qui fêtait son ouverture, le Cabaret. Les deux Béliers ne se quitteront plus (voir Les Porcs) …
     En novembre 2003, après la sortie de Printemps de feu, son roman sur la guerre en Irak (qu’il a vécu sur place en  mars), Marc-Édouard Nabe créé un mensuel, La Vérité, dans lequel Yann Moix, qui tient absolument  à faire partie  de l’aventure, entre les articles de Carlos, Soral, Ezra Pound,  publie dans le troisième numéro un article  (rewritté par Blanrue) sur Charles Péguy :

     Ensuite, en février 2004, dans le dernier numéro, Moix publie dans La Vérité un second article, qui est une relecture-écriture d’un morceau de Péguy (stratégie moixienne pour ne pas trop se mouiller personnellement, salir Péguy au passage, tout en se protégeant derrière un classique… Compris ?).

     En même temps, Nabe, qui était en contact avec son frère Alexandre Moix depuis les années 1990, publie près de celui de Yann, pour rapprocher les deux frères qui déjà ne s’entendent pas, un article sur le chômage :

     Dans Les Porcs, Nabe raconte une scène qui se déroule en janvier 2004 : Yann Moix était particulièrement hilare et avait félicité Nabe pour un encadré humoristique et menaçant adressé à Nelly Kaprièlian (l’infecte critique du Masque et la plume qui s’extasie aujourd’hui sur Moix) dans La Vérité n°3 : « C’est génial d’avoir pris un vieux comme Arabe et pas une jeune racaille de banlieue avec casquette américaine qui lui aurait fait moins peur » (dixit Yann Moix).

     En février 2004, lors de l’avant-première de son film, Podium, organisée en présence des parents et du frère de Moix, Yann Moix confie à Nabe : « Dans mon film, Benoît Poelvoorde joue mon rôle, et toi tu es Claude François ». Au cinéma, dans son premier film, Moix a transposé sa passion pour Nabe dans une histoire de sosie qui veut à tout prix ressembler à son idole… Nabe révèle que le scénario du film a été écrit par Olivier Dazat, à partir du livre de Moix, Podium, dont l’idée a été trouvée un ami d’Orléans, Michel Mouton (après avoir menacé Moix d’un procès, Mouton a été indemnisé par la production du film). Aussi, Thierry Ardisson avait menacé Moix de lui intenter un procès pour lui avoir volé l’idée de Cinéman…
     Entre 2004 et 2006, Nabe et Moix se retrouvent au Royal Pereire, souvent en compagne de Paul-Éric Blanrue, et parfois d’Alain Soral.

Moix crache sur Céline

     Le 23 septembre 2006, Yann Moix déclare, dans On n’est pas couché, que « on a prouvé historiquement, on le sait maintenant, que Céline a vraiment été une ordure. C’est à cause de lui par exemple que Robert Desnos est mort en camp de concentration ». Moix reprend ici une rumeur, longtemps démontée par des spécialistes de Céline.

     Pour Nabe, l’attaque anticélinienne de Moix est impardonnable. La rupture est dans l’air. En octobre 2006, Marc-Édouard Nabe publie aux éditions Léo Scheer ses Morceaux choisis (recueil de citations de ses 27 premiers livres classés selon 26 thèmes), et dont la préface est composée exclusivement de critiques négatives, dont celle de Moix en janvier 1994 dans La Règle du Jeu. Moix se vexe et envoie un SMS lapidaire à Nabe : « Va te faire enculer ». Dans les médias, Moix trompe les journalistes en prétendant que la rupture a lieu en 2007 (non, en 2006 !) et que ce SMS concerne la soudaine prise conscience de Moix sur l’antisionisme trop virulent de Nabe! Mais début mars 2007, Yann Moix s’excuse par téléphone auprès de Nabe : « J’ai été nul, j’ai manqué d’humour, j’étais surmené… J’ai eu tort. Ça m’avait choqué que tu ressortes ça, par rapport à tout ce que j’ai écrit sur toi… Je suis nabien de la première heure, je le serai toujours ! Je veux pas finir comme Zagdanski ! »
     Cependant, la rupture définitive a lieu le 7 mai 2008, à l’initiative de Marc-Édouard Nabe, qui ne lui a pas pardonné ses propos sur Céline chez Ruquier (voir le chapitre la racontant dans Les Porcs). Meutri, Moix à partir de ce moment là ne cherchera plus qu’ à renier Nabe et surtout à la salir tant qu’il peut par tous les moyens.
     Quatre mois plus tard, en septembre 2008, à peine Yann Moix a-t-il pris sa place de critique littéraire dans Le Figaro qu’il écrit à propos de Céline : « Il a fait beaucoup de mal : son génie aura plombé l’existence de ses imitateurs essoufflés (Boudard, Nabe, Paraz…) retournés certains avec fair-play, la plupart avec aigreur — à leurs oubliettes. » La rupture est consommée.

Moix, plagiaire compulsif

     Yann Moix est tellement imprégné de l’écrivain que tout en le cassant dans le milieu, il continue à le plagier, copiant toute son œuvre… Ainsi, en janvier 2008, à l’occasion de la sortie de son livre Mort et vie d’Edith Stein(pour faire son « Simone Weil » à lui), il affirme dans Esprit libre, émission culturelle présentée par Guillaume Durand : « Les trois choses qui me passionnent le plus dans la vie, c’est, dans le désordre, l’art, l’amour et la religion ». Une citation légèrement remaniée d’une phrase tirée de L’Âge du Christ, paru en 1992 au Rocher : « À cet âge, je n’ai plus que trois obsessions : l’art, l’amour et la religion, dans le désordre. ».
     Le 2 février 2010, Yann Moix est interviewé dans Le Matin (Suisse) en pleine affaire Polanski et après la publication de son livre, La Meute, où il attaque la Suisse. Il y traite les Suisses de « mous salauds », expression reprise comme titre de l’interview. La formule n’est pas neuve, puisqu’il s’agit du titre d’un article de Marc-Édouard Nabe, publié dans L’Autre Journal en 1993.


     En mars 2010, sur le site de la Règle du Jeu, Moix publie une série de dessins représentant les artistes qu’il admire, dont la moitié sont des inspirations communes avec Marc-Édouard Nabe : Antonin Artaud, Billie Holiday (Marc-Édouard Nabe a publié en 1986 chez Denoël L’Âme de Billie Holiday, réédité en livre de poche en 2007 à la Table Ronde, dans la collection La Petite Vermillon dirigée par Denis Tillinac), Rainer Werner Fassbinder (sur qui Nabe a publié plusieurs articles et a décrit les films dans son journal intime), Jean Genet, James Joyce, Franz Kafka, Marcel Proust, Arthur Rimbaud, le Marquis de Sade et Simone Weil. Rappelons que Marc-Édouard Nabe également un peintre, qui réalise des portraits d’artistes depuis les années 1970 (à ce jour, son catalogue est composée de plus de 1 300 tableaux). Ayons la cruauté de comparer de visu le talent des deux artistes sur les mêmes sujets…

     En décembre 2011, lors d’un séminaire de la Règle du jeu, consacré à Kafka, Yann Moix dit « Kafka n’est pas Jean-Loup Dabadie, mais Flaubert non plus », phrase inspirée celle de Nabe, prononcée le 24 septembre 1984, lors de son premier Droit de Réponse : « Il s’appelle pas Jean-Loup Dabadie, Flaubert ! ».

     L’inspiration de Marc-Édouard Nabe ne se retrouve pas qu’à l’oral, mais aussi à l’écrit. En septembre 2013, Yann Moix publie Naissance, toujours chez Grasset. Dans une critique publiée dans Le Figaro, Frédéric Beigbeder, fâché avec Nabe mais fair-play, reconnaît tout ce que Naissance doit à Nabe’s Dream…C’est flagrant, surtout que Nabe a loupé le Renaudot deux ans avant et que c’est à partir de là que Moix a tout fait pour séduire la bande à Giesbert afin que lui l’obtienne à la place de son idole… C’est comme ça qu’il fonctionne…

     Après la remise du prix Renaudot, Pierre Vavasseur, le 6 novembre 2013 sur France Inter, reconnaît à son tour la patte de Nabe :

     C’est autour de Jérôme Dupuis, le 13 novembre dans L’Express de prolonger l’opinion de Beigbeder (et de Vavasseur !)

Une Naissance qui pue la mort

     Au fait, qu’est-ce qui a bien pu leur mettre la puce à l’oreille, à ces messieurs Beigbeder, Vavasseur et Dupuis ? Que les choses soient claires : les coïncidences entre les livres de Nabe et ceux de Moix n’en sont pas. Il faut bien avoir à l’esprit que Moix a voulu devenir un grand écrivain en copiant Nabe et en le rendant bankable, donc dévoyé. Il ne peut plus s’en détacher… Quand on feuillette Naissance, la forme saute à la gueule. Moix ouvre son livre sur de fausses critiques sur lui-même et ses livres… comme la préface de Morceaux choisis (2006, édité par Léo Scheer), composée de jugements négatifs sur Nabe… dont celui de Moix en 1994, qui est à l’origine de son fameux texto à Nabe, « Va te faire enculer » !


En haut, Naissance (2013), pp. 14-16
En bas, Morceaux choisis (2006), pp. 12-13

     Dans les soixante premières pages, on a droit aux réflexions du presque nouveau-né, qui s’exprime en direct du ventre de sa mère. Pourquoi pas, mais la description de l’extérieur ressenti par le bébé depuis l’intérieur se trouve dès l’incipit de L’Âme de Billie Holiday, publié chez Denoël en 1986 (dispo en poche à la Table Ronde depuis 2007).


À gauche, Naissance (2013), p. 29
À droite, L’Âme de Billie Holiday (1986), p. 11

     Il est parfaitement inutile de lire précisément Naissance pour se rendre compte que Nabe est déjà présent dans l’ouvrage… Moix a voulu concurrencer Les Deux Étendards, mais même cette référence est nabienne, puisque Marc-Édouard Nabe a défendu le livre de Rebatet chez Pivot en 1985 ! Écrire un gros bouquin nécessite de travailler la langue, mais n’en demandez pas trop à Yann Moix…. Et même allons plus loin : ce que Moix veut dire, et qu’il cache, c’est qu’il voulait faire un livre renaudotisable pour concurrencer, non les Etendards, mais L’Homme qui arrêta d’écrire, évidemment ! Comme il ne peut pas le dire directement et que son inconscient ne peut pas se décrocher de Nabe, il cite un livre auquel Nabe lui-même fait référence, c’est-à-dire celui de Rebatet, dont il avait vanté la valeur, où ça ? À Apostrophes, en 1985 ! On en revient toujours à cette scène primordiale pour Moix.
     Comme si ça ne suffisait pas, Nabe fait son entrée dans le livre. Oui ! Marc-Édouard Nabe est le personnage le plus présent du livre, à tel point que c’est un monologue de lui qui clôt le pavé ! Évidemment, ce n’est pas « Marc-Édouard Nabe », mais « Marc-Astolphe Oh » (ça sonne comme « Adolf », classe…) Il est à noter que Yann Moix et ses parents, mais aussi Keith Richards ou Alain-Fournier sont mentionné sous leur véritable nom, mais pas M.-A. O. ! Drôle de critère romanesque… Moix mélange les vrais noms avec les faux noms dans des situations inventées, qui se passent à Orléans…. N’importe quoix ! (© Marc-Édouard Nabe, Les Porcs, anti-édité, 2017)
     Marc-Astolphe déboule page 131 et est présent dans 20 % du livre. J’exagère ? Sur les 1142 pages du roman, il y est mis en scène dans plus de 250 pages. La huitième partie est même intitulée « Oh Marc-Astolphe ». Je ne vais pas entrer dans le détail, le survol d’une heure et demi que j’ai pu faire du livre suffira… D’abord, Moix fait de M.-A. O. un anti-portrait pour brouiller les pistes… Marc-As est un blond portant des favoris et des lunettes carrées : « J’ai essayé quelques jours ses binocles. J’en suis resté sans doute encore un peu aveugle. » (page 131). D’un point de vue vestimentaire, Marc-As est clownesque, portant des cravates énormes, des chemises pelle à tarte et des costumes à carreaux… Pouët, pouët ! On est pas loin du « Marco Banana » qui avait pourtant coûté très cher à Zagdanski lorsqu’il a voulu, lui aussi, se « débarasser » de son grand ami Nabe dans son pauvre Pauvre de Gaulle… D’ailleurs, ils sont plus d’un point en commun, Moix et Zag’.
     Tout au long du récit, le langage de Marc-As évolue : quand il découvre le nouveau né, son phrasé est exagérément sensible, maniéré, précieux, très XIXe siècle, avant de ressembler de plus en plus à celui de Nabe, sans jamais l’atteindre… Moix inverse les rôles en faisant de Marc-Astolphe Oh un employé de Rank Xeros, « spécialisé dans la machine à photocopier ». La rencontre a lieu le 31 mars 1968, jour de la naissance de Yann Moix. D’abord embarrassée, la mère fait de Marc-Astolphe le parrain de Yann (à ce moment du récit, Yann n’a pas encore de prénom). Oui, dans le récit, Yann Moix se rêve le filleul de Marc-Édouard Nabe !
     Évidemment, Marc-As est écrivain. Mais qu’écrit-il ? Son premier livre, édité dans la collection « Que sais-je ? » par les Presses Universitaires de France (débile, Nabe a horreur des universitaires), s’appelle Photocopie et reprographie (page 137). Élégant… Moix dépeint Nabe pestant contre les critiques, envoyant ses livres aux critiques qui ne lui répondent pas. Il fait aussi de Marc-As un personnage qui affirme avoir vécu tout ce qu’il écrit, ce qui correspond exactement à la littérature de Nabe.
     Yann Moix trafique tout. Il raconte que Marc-Astolphe Oh s’éprend passionnément de Carole Laure… Pourquoi elle ? Parce qu’elle est québécoise, exactement comme Diane Tell, qui a été la première maîtresse de Marc-Édouard Nabe… et pour qui, des années plus tard, Yann Moix écrira des chansons ! Dans Naissance, Yann Moix écrit 20 pages de fausses lettres d’amour de Marc-As à Carole Laure… Que c’est pénible ! Évidemment, sans réponse, on sent le pauvre Oh démuni et éconduit, ce qui n’a pas été le cas avec Diane Tell. Il suffit de lire Alain Zannini (2002), et encore à ce moment-là, Moix ne connaissait pas encore Patience 3 dans laquelle il y a une lettre d’amour de Diane à Marc-Édouard datant de 1992 !
     On continue à feuilleter… Je passe le passage où Marc-As trouve la mère de Moix suffisamment à son goût pour envisager de la baiser, celui où le père de Moix est admiratif face à lui (ce qui n’est pas un compliment, puisque le père hait son fils avant même sa naissance), ni celui où Astolphe décrit sa sexualité… On voit où va se nicher l’inconscient moixien : ce n’est pas que lui, Yann, rêve de baiser sa mère, mais il rêve que Nabe la baise (à la place de son père). Quant au père, puisqu’il déteste Yann, il ne peut qu’admirer Nabe, qui est à la fois son frère et son père secret. Comme dirait Nabe lui-même : « c’est si facile la psychanalyse ! »
     Tiens, page 213, Marc-Astolphe Oh se prend un coup de poing qui casse ses lunettes ! Ça ne vous rappelle rien ?


Page 138 de Naissance (2013)

     Celui qui assène le coup de poing s’appelle Bart-Grönstein, comme par « hasard »… Ça fleure bon son antisémitisme ! Qu’en a pensé monsieur Benamou ? Et Moix se permet de décrire Nabe, pardon, Oh, comme un pleutre suppliant au sol avant de s’enfuir penaud. Là, c’est lui qui se voit à sa place !
     Je survole… Je feuillette… Voilà : à partir de la page 250 et pendant sept pages (sans alinéa, histoire de copier L’Homme qui arrêta d’écrire qui n’avait pas de chapitre sur 700 pages), Marc-Astolphe parle de la Corée du Nord et sa réalité. Prétexte pour Moix de raconter son voyage en Corée du Nord (après 2009, puisqu’il parle de Cinéman ; encore un mélange entre la réalité et la fiction : Marc-Astolphe n’existe pas, mais Cinéman, oui.)
     Page 499, le narrateur, Moix donc, écrit : « Je vous l’ai dit, je me choisis comme père Monsieur Marc-Astolphe Oh ». À partir de la page 657, Moix fait l’inventaire de l’« astolphothèque », c’est-à-dire une liste de 100 oeuvres par thème… et il y a la musique, la littérature, le cinéma, les oeuvres d’art (pourquoi distinguer ?). Il y en a pour douze pages de 400 citations parfaitement inutiles ! Dans son journal, Nabe décrit les oeuvres et sa passion pour les artistes, suffisamment grande pour être contagieuse. Chez Moix, on a autant Albert Ayler que Frank Zappa, James Joyce que Ferdinand de Saussure, Douglas Sirk que George Lukas, Pablo Picasso que Kurt Schiwitters…
     Moix écrit cette phrase, lourde de sens pour ce voleur d’énergie (et d’amis) : « Marc-As était un homme de liste, ce qui faisait de lui un grand admirateur de Jean-Jacques Schuhl, ce que je deviendrais à mon tour », page 658. Ton copain est mon copain… J’arrête là, il y a suffisamment de correspondance (pas de coïncidence !) entre le travail de Nabe, cohérent et réfléchi, et l’oeuvre de tâcheron du faux-martyr d’Orléans

Vite, chez Ruquier !

     Après avoir obtenu, donc, le prix Renaudot en 2013, Moix est devenu définitivement bankable. La première chose qu’il fait c’est de couper les ponts avec Paul-Éric Blanrue. Et de continuer à sapper Marc-Édouard Nabe, dont quelques-uns lui reprochent l’ancienne fréquentation. Dans un dossier de M Le Monde, Laurent Télo (déjà !), prépare un portrait de celui qui est bien placé pour devenir le nouveau chroniqueur de Laurent Ruquier… Moix en rêvait, comme Régis Jauffret d’ailleurs… Télo est le seul à faire parler Nabe dans le portrait de Moix, et déjà ça n’avait pas dû plaire à ce dernier car en septembre 2015, en pleine tournée promotionnelle autour de son arrivée dans On n’est pas couché, Yann Moix, interrogé par Fanny Marlier dans Les Inrocks, affirme « On peut côtoyer des antisémites pendant des années sans savoir qu’ils le sont parce qu’eux-mêmes ne le savent pas. Nabe adore se faire détester par ses amis. » Dans Le Monde, dans l’article de Laurent Telo, Moix disait : « J’étais attiré par Nabe pour des raisons littéraires. Il est devenu une boule de haine. Plus personne ne peut le suivre. » Dans Libération (Guillaume Gendon), il déclare : « Jusqu’en 2006, Nabe était lisible. Aujourd’hui, c’est un malade mental, comme tous les antisémites ». Drôle de date, 2006… À cette époque, Nabe avait déjà publié 27 livres et sa réputation d’ « antisémite » était faite depuis 1985 !
     Dans un dossier de TéléObs, publié en octobre 2015, Moix va plus loin : « Depuis ONPC, j’ai l’impression d’être le seul être humain au monde à avoir côtoyé Marc-Edouard Nabe. Quand j’étais jeune, c’était mon écrivain préféré, je n’ai jamais caché mon admiration littéraire pour lui. Je suis très étonné qu’on veuille me contaminer avec ce qu’il est devenu. J’ai arrêté de le voir en 2007 après lui avoir envoyé un SMS qui disait “Va te faire enc***” parce qu’il avait commencé à écrire des choses qui me dégoûtaient. Avant, soit je n’avais pas vu ce qui était en train de se passer chez lui, soit je ne l’avais pas pris au sérieux. Ses excès me semblaient relever du délire verbal ironique. Après 2007, je l’ai coulé sous une chape de plomb. Je ne peux pas être tenu pour responsable de ce que les gens deviennent. Aujourd’hui, on veut me polluer avec les fréquentations que j’ai eues. » Comme toujours avec Marc-Édouard Nabe, ses anciens amis se détournent de lui en prétextant des raisons politiques (l’antisémitisme, très souvent), alors qu’ils ont été vexé personnellement. Yann Moix ne fait pas autre chose en essayant de cacher sa vexation du 7 mai 2008. Que Moix dise quel livre l’a « dégoûté » et lui a donné l’impression que l’auteur que des 27 livres qu’il a adoré a brusquement changé… Il est à noter qu’il n’est pas question de « dazibao » sur Israël dans l’explication de 2015… À chaque saison, son explication nouvelle de la rupture de « 2006 » alors que Nabe n’a jamais changé de version. Forcément, c’est la bonne !

     Moix, total collabo :

     Pendant toutes ces années, Nabe remarquera comme d’autres le zèle dégoûtant que Moix mettra à collaborer avec les pires journalistes et observateurs politiques qu’il faisait mine de conspuer du temps où il le fréquentait. Et pire ! Croyant sans doute « appronfondir » une pensée qu’il estimait un peu trop creuse, Moix est devenu un étudiant du Talmud, un amoureux insincère de la culture et de la philosophie juive, tout pour consolider ses arrières en exacerbant évidemment, par pure démagogie, une islamophobie de mauvais aloi… Dans Patience 2 (2015), où Nabe décortiquait l’affaire Charlie, il n’a pas manqué de souligner le collaborationisme de l’ancien Rastignac littéraire devenu une véritable ordure politico-journalisitique.

Apothéose de l’ignominie:

     Le 31 août 2019, Yann Moix revient sur son parcours avec Nabe, ne l’appelant même pas « Marc-Édouard Nabe », mais « Monsieur Nabe ». « Monsieur Nabe a fait Bernard Pivot. Monsieur Nabe, dans toutes les soirées littéraires où j’allais, et les cocktails littéraires, je le croisais. Monsieur Nabe a failli avoir en 2010, et Franz-Olivier Giesbert le sait, a failli avoir le Renaudot. C’est passé de justesse, mais ses livres sont encore lus par des gens. »
     Tu parles qu’il le sait ! Giesbert a été (il faut le dire au passé, Franz ?) un grand admirateur de Nabe, l’invitant déjà pour Je suis mort (1998) !

     En janvier 2009, Giesbert a reçu Nabe pour la sortie du Vingt-septième livre et de son tract sur l’élection d’Obama, Enfin nègre !

     En février 2010, Giesbert le reçoit vingt minutes à part (déjà à part, en 2010 !) pour L’Homme qui arrêta d’écrire.

     En octobre 2010, Franz-Olivier Giesbert a été l’artisan, avec Patrick Besson et J.-M. G. Le Clezio (prix Nobel de littérature, cher Moix, ce n’est pas n’importe quoi aux yeux du milieu littéraire…), de l’inscription de L’Homme qui arrêta d’écrire sur la prix du Renaudot ! Et c’est par un tour de passe-passe dégueulasse dû aux Éditions Grasset-Nora, en remettant Virginies Despentes dans la liste définitive après l’avoir quittée un temps, que le prix a échappé à Nabe. Sympa, Giesbert a quand même invité Nabe (deux fois en 2010 donc) pour parler de son livre.

     En 2019, face à Moix, Franz n’a rien dit, pas un mot, pas une allusion ! Il a laissé Moix pourrir Nabe, alors que c’est lui qui a placé Nabe sur la liste du prix Renaudot. Moix veut s’en sortir en rangeant Nabe dans l’extrême-droite : « Il y a un tour de passe-passe, qui est propre à l’extrême-droite, car l’extrême-droite, c’est une nasse, si vous voulez, c’est un sable mouvant : quand vous faites un pas, à chaque fois que vous voulez vous en désengranger, ils vous enfoncent un peu plus ». La vérité n’est pas d’extrême-droite, elle n’a rien à voir avec le jeu politique, c’est au-dessus de tout ça !
     Moix continue en reprenant son explication débile de la rupture avec Nabe : « Monsieur Nabe a, contre moi, certains griefs, mais je me suis séparé de lui de manière très claire et très précise en 2007, parce que j’ai vu un dazibao, une petite affiche, dans les rues de Paris, où il s’attaquait à l’État d’Israël. » Non ! Le SMS date d’octobre 2006, pour une histoire de vexation, et Moix l’a regretté en mars 2007. La rupture était à l’initiative de Nabe, le 7 mai 2008. Arrêtez de croire Moix qui raconte n’importe quoi dans sa vie et dans ses livres ! D’ailleurs, de quel « dazibao » parle-t-il ? Oui, Nabe a, entre 2006 et 2009, publié des tracts : « Zidane la Racaille » (24 juillet 2006, sur le coup de boule de Zidane), « Les Pieds-blancs » (24 octobre 2006, sur le film Indigènes), « Et Littell niqua Angot » (24 novembre 2006, sur l’obtient du prix Goncourt à Jonathan Littell pour Les Bienveillantes), « Représente-toi » (1er mars 2007, sur la présidentielle française), « La Bombe de Damoclès » (31 octobre 2007, sur le nucléaire iranien), « Le ridicule tue » (15 avril 2008, sur Chantal Sébire), « Sauver Siné » (20 septembre 2008, sur l’« affaire Siné ») et, enfin, « Enfin nègre ! » (20 janvier 2009, sur l’élection de Barack Obama). Rien sur Israël ! Il y avait un projet de tract, révélé dans Les Porcs 1, mais jamais sorti. Que Moix dise en quoi le tract qu’il a eu sous les yeux l’a rendu ivre de colère au point d’envoyer Nabe se faire enculer !
     « Je n’avais jamais pris son antisémitisme au sérieux, j’avais lu ses livres depuis très jeune, j’aimais Au régal des vermines, L’Âme de Billie Holiday, de certains de ses livres de jazz, etc. Et tout d’un coup, je le vois conspuer l’État d’Israël. Je suis désolé d’être aussi prosaïque, mon cher Laurent, mais ce jour-là, voyant ce dazibao, je lui ai envoyé un SMS, qui disait, je suis désolé pour ces grossièretés, mais enfin, j’en suis plus à une grossièreté près aujourd’hui : “Va te faire enculer”. » Moix dit aimer les livres de Nabe, dont le Régal, mais c’est justement de ce livre qu’est née la rumeur du Nabe antisémite, raciste, fasciste, d’extrême-droite. Il a adoré (à juste titre) ce livre, pendant vingt ans ! Et, on l’a vu ici, il en a adoré d’autres ! Moix aurait dû dire aussi qu’il a adoré également J’enfonce le clou, où Nabe parle de l’actualité de l’année 2004, dont le conflit israélo-palestinien. Il a donc aimé « Toute l’histoire d’Israël sur une seule page » ! Moix se fout du monde : il a pillé Nabe et le rejette honteusement et publiquement.

     Saïd Mahrane au secours de Moix le Marane

     Il faut croire qu’il n’est pas si détruit ni contrit, Yann Moix… Il est même en super forme, surtout à la radio, quand les caméras sont absentes ! Après s’être montré à la télé, exprimé à la radio, place à la presse écrite : pour bien le consolider encore, on lui a délégué un journaliste (arabe, c’est mieux pour faire le sale boulot selon le point de vue des colons blancs à la tête du Point) pour lui offrir une pseudo-enquête, soi-disant fouillée, sur sa relation avec Nabe. Le titre déjà dit tout : « Enquête : Marc-Édouard Nabe, l’ami de Moix devenu “balance” » : c’est sorti le 2 septembre ! Saïd Mahrane zigzague entre le vrai et le faux, dans le seul but de sauver Moix en faisant de Nabe son persécuteur, celui qui a balancé Ushoahia. C’est bien évident faux, ce n’est pas Nabe qui a donné Ushoahïa à L’Express mais c’est toujours bon pour Moix et ses amis de le laisser croire. Et quel « meilleur » endroit que le journal de BHL, Le Point, pour le mettre en valeur ?
     Le plus fort c’est que l’opération, malgré son titre diffamatoire, est foireuse : Mahrane a bien travaillé, il a relevé des choses dans les livres qui, bien que tendant à faire passer Nabe pour un monstre calculateur et inamical, servent plutôt la thèse réelle, soit : Moix entièrement fasciné depuis sa jeunesse par Nabe, et vexé de ne pas recevoir en retour la moindre admiration ou indulgence, se venge en faisant jouer la mauvaise réputation de son ex-idole.
     Mahrane part de l’émission de Ruquier du 23 septembre 2006, dans laquelle Moix « dit son dégoût de Céline et se défend, face à Michel Polac, de vouloir singer son style » et prétend que c’est cette sortie qui rend Nabe furax. Mais non ! C’était avant de s’installer dans le fauteuil, quand Guy Bedos y était, quand Moix rendait responsable Céline de la déportation de Robert Desnos… Mahrane a visiblement Les Porcs sous les yeux ; sinon, comment connaîtrait-il la colère de Nabe contre Moix, sur Céline ? Dommage qu’il ne dise pas que dans Les Porcs, Moix s’excuse en mars 2007 pour son SMS d’octobre 2006 (et pas 2007 !)… Et que c’est Nabe qui rompt définitivement avec ce truqueur de Moix en mai 2008. Un témoin anonyme (une vraie balance, celle-là…) révèle que Moix « était en admiration devant Nabe. » « Tout ce que faisait Nabe, dessins, collages, livres, était jugé génial. » Détail exact ! « Mais il ignorait que Nabe n’aime personne, qu’il détruit tout autour de lui et que rien ne l’attendrit, pas même les histoires d’un enfant battu par ses parents » : très drôle !
     Hélas, Mahrane re-tombe dans le même piège du « dazibao » « violement “antisioniste” » Faut savoir, « antisioniste » ou « antisémite » comme le disait Moix ? Mahrane évoque le livre et Blanrue, la préface de Moix et la dédicace qu’il adresse à Nabe, représenté « en chapeau et nœud papillon, appuyé sur une croix gammée pleine de toiles d’araignées ». Ah, il a bien lu la page 483 des Porcs !
     Avec ce genre d’article, Le Point est un torchon juste bon à essuyer le cul si sale de Yann Moix le révisionniste ! Tout est fait pour cacher la réalité des revues merdiques de 1989-1990. Le contre-feu pour sauver celui qui voulait brûler La Barbarie à visage humain ! Mahrane ose écrire que Nabe « entend lui pourrir la vie et le compromettre par tous les moyens. Il se répand dans Paris, évoque l’existence d’une photo qui représente Soral, Moix et lui, sur laquelle Soral fait un salut nazi, souvenir d’une soirée parisienne. » Sait-il que ladite photo a été prise à la fondation Dubuffet, le 25 novembre 2004 ?
     Montre-là, Saïd, cette photo ! Non, surtout pas, a dû lui conseiller la rédaction. Pas question non plus de montrer la gueule de Nabe, ce qui serait pourtant journalistiquement logique, vu qu’il est le sujet de l’article. On préfère encore diffuser la face du pauvre révisionniste martyr injustement attaqué, avec ses yeux en trous du cul !
     Monsieur Mahrane cite aussi des morceaux du Régal des vermines, ce livre que Moix a adoré et qu’il n’attaquait pourtant pas chez Ruquier, le 31 août 2019, en en disant (c’est plutôt rare) du bien ! Habile dans l’art de salir, Mahrane prend des passages sur les Noirs et les Juifs (pas le jazz, pas la littérature, pas les parents, pas les femmes, pas le reste !), sans dire qu’il les tire d’un grand chapitre négrophile ni d’un autre sur les Juifs… Mahrane mentionne le prix Paris Première attribué à Nabe en 1996 par Jean-Edern Hallier, sans préciser que dans le jury, on trouvait… Yann Moix ! Et qu’il a soutenu Nabe, pour Inch’Allah, son quinzième livre !
     Voilà comment Saïd Mahrane verse dans la diffamation, pour arriver à la conclusion que c’est Nabe, forcément lui, qui a balancé Ushoahia. Comment aurait-il pu le faire, alors que dans Les Porcs, s’il avait eu les trois numéros de la revue sous les yeux, il aurait détaillé davantage, ne faisant pas trois, mais dix pages ? L’article construit l’image d’un Nabe revanchard et salaud, prêt à toutes les bassesses pour se venger de Moix, pour faire comprendre au lecteur que c’est Nabe qui avait toutes les raisons de balancer Ushoahia, et qu’il n’y a donc que lui pour le faire. L’insinuation, la diffamation et le procès d’intention, c’est ça, le journalisme au Point ? Un commentaire, Jérôme Béglé ?

     Yann Moix, un fan retourné en haineux, bilan :

     Yann Moix veut absolument cacher sa passion pour Nabe. C’est ça son Rosebud, pas l’antisémtisme..Il est de ces nabiens honteux qui reconnaissent le talent de l’écrivain, mais qui ne peuvent l’admettre publiquement en raison de sa réputation de fasciste d’extrême-droite d’antisémite raciste nazi… Moix a lu Nabe et sait que la réputation est infondée, mais pense d’abord à sa carrière et nie Nabe. L’erreur de Moix n’est pas d’avoir fréquenté Nabe, bien au contraire, mais d’avoir nié avoir eu de l’admiration pour lui, d’avoir été marqué à vie par son oeuvre, au point d’en être le plagiaire honteux. Moix admirait Nabe et au lieu de l’aider, ce que tout lecteur doit faire, il l’a enfoncé davantage en utilisant sa proximité avec l’écrivain pour conforter son image d’infréquentable auprès des médias !
     Comment peut-il dire la vérité sur ses parents alors qu’il ne cesse de mentir sur sa vie, de cacher, de minimiser ? Il prétend aujourd’hui avoir tout déballé à son éditeur en 2007, mais même Nora dit que Moix n’a montré les textes négationnistes, seulement les dessins ! Moix n’a pas besoin de s’expliquer pour des textes et des dessins révisionnistes et antisémites tout le monde a pu voir, alors que Marc-Édouard Nabe est définitivement et systématiquement réduit à un livre que personne ne connaît mais dont tout le monde s’autorise à parler. C’est le petit jeu des citations : on va reprendre les mêmes passages tronqués de Nabe pour le maintenir dans son statut d’infréquentable tandis qu’on va citer, document à l’appui, des passages de Moix, et ça ne posera absolument aucun problème !
     Non mais on rêve ! Toute sa vie, Siné a été emmerdé pour son « antisémitisme », traité de « SS notoire » pour des dessins d’une autre qualité que ceux de Moix ! Dieudonné, avant de s’éteindre complètement, avait fait en 2004 un sketch antisioniste, rapidement interprété comme antisémite par ceux-là mêmes qui prétendent que l’on peut parfaitement critiquer Israël. Et Nabe ! Même Les Inrocks croient judicieux de préciser que Nabe a publié Au régal des vermines en 1985, « un ouvrage accusé d’antisémitisme »… Ils oublient juste que : Nabe a publié 31 livres, qu’il s’est expliqué dans ses livres et à la télé sur son « antisémitisme », et que si aujourd’hui, on sait que Yann Moix avait publié cette « BD » qui lui vaut aussi peu d’emmerdes (il faut bien le dire !), les lecteurs de Nabe le savaient depuis 2017, depuis la sortie des Porcs !

DrMarty