vendredi 12 octobre 2018
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Connerie Fourest
par Docteur Marty

La hyène est capable de manger sa proie encore vivante : on voit alors la bête s’éteindre doucement sous les coups de dents du charognard à la gueule ensanglantée.

À l’inverse, Caroline Fourest ne rumine que de la vieille viande, abandonnée depuis longtemps par les mouches… En 2018, elle continue d’attaquer Frédéric Taddeï et son Ce soir (ou jamais !), disparu depuis deux ans !, dans un article paru dans Marianne. Elle ne frôle pas la diffamation, elle s’y vautre avec délectation ! Son article est illustré par un crobard de Jiho, un sous-Tignous qui représente Frédéric Taddeï face à une machine à café et hésitant entre un thé vert, un thé au lait et un thé au polonium… On pourrait croire que la différence entre Jiho et Tignous est l’absence de mouches, mais que sont les lettres de Fourest autour, sinon des pattes de mouche à merde ?
     Pourquoi Caroline Fourest s’est-elle exprimée sur le cas de Taddeï, deux ans après la fin de Ce soir (ou jamais !) ? Il y a quelque chose d’étrange dans cette obstination anti-Taddeï. Son article pue la contradiction, l’omission et la demi-vérité, que ce n’est pas simplement le mensonge impur et simple… Elle parvient à écrire qu’elle a « souvent été invitée à l’émission » tout en ajoutant : « Alors que je boycottais “Ce soir (ou jamais !)” depuis des années, j’ai accepté d’affronter Tariq Ramadan sur ce terrain, si peu favorable ». Elle ajoute que pendant les émissions auxquelles elle a accepté de participer, elle se trouvait « confrontée à deux ou trois personnages étonnants venus multiplier les sous-entendus douteux sur le lobby ou l’ordre international ». Bien entendu, aucune date, aucun nom, seulement des mentions à la volée : « universitaires ou blogueurs, parfois artistes performeurs, débarquaient de toute l’Europe, souvent de Belgique, parfois de l’extrême gauche, parfois de l’extrême droite ». L’air de rien, Fourest nous explique que Taddeï était déjà mûr pour le complotisme de Russia Today (comme si elle y connaissait quelque chose), expliquant que Ce soir (ou jamais !) était le lieu de la promotion du conspirationnisme, où les conspis étaient « surreprésentés, et surtout présentés comme simples universitaires ou experts ».
     La vérité, c’est que Fourest n’a aucun sens de la chronologie : d’un côté, elle assume d’avoir été invitée pour justifier d’ouvrir sa gueule sur la mécanique de l’émission (qu’elle ne connait pas…), de l’autre, elle est très discrète sur le contenu de ses prestations médiatiques. Caroline Fourest n’est pas sorti de son boycottage pour affronter « Frère Tariq » : elle s’y est cachée, comme dans un terrier, après sa séance de « fact checking », pour ne pas dire de « fact fucking », prodiguée par l’habile Tariq sur France 3, le 16 novembre 2009 ! Après cette date, on n’a plus vu la Fourest sur les cubes de France 3, puis de France 2 !
     Selon l’immense catalogue de l’INA, qui ne cache rien (lui !), Caroline Fourest a été invitée neuf fois, entre octobre 2006 et novembre 2009, soit une invitation tous les quatre mois en moyenne. Caroline Fourest a donc bien profité de l’émission de Frédéric Taddeï, pour faire son image d’essayiste, journaliste, éditorialiste, universitaire, avant de lui chier dessus, par vexation ! On la voit dès la septième émission de Ce soir (ou jamais !), à l’époque en quotidienne, pour la seconde « revue de presse » de son existence, le 3 octobre 2006 ! Elle aurait donc boycotté les six premières émissions, avant de renoncer, à bout de forces, pour foncer broder sur le thème « faut-il se taire au nom de Dieu ? » avec Romain Goupil, Abdennoun Bidan, Jean Bauberot et Jul le « dessinateur »…
     A-t-elle entendu des « sous-entendus douteux sur le lobby ou l’ordre international » ? S’est-elle sentie confrontée à des « complotistes surreprésentés » ? Non, puisque deux mois plus tard, le 12 décembre 2006, elle récidive ! Toujours pour la « revue de presse », aux côtés de Jean-Jacques Beineix, Dominique Jamet, Yann Queffelec, François Rollin et Rony Brauman, pour évoquer, pêle-mêle, le concours miss France, la situation des SDF, le tsunami de 2004, le Front National et la mort de Pinochet… En moins de trois mois d’existence, déjà deux invitations. Pas mal pour une boycotteuse ! Après un temps de répit (pour les téléspectateurs), elle cause religion le 29 mai 2007, en présence de Henri Pena-Ruiz, Jocelyn Bezecourt, Jean-Claude Guillebaud, Frédéric Lenoir et Christophe Geffroy. Elle n’attend même plus six mois pour remontrer sa tronche, puisque trois semaines plus tard, elle clôt la première saison de Ce soir (ou jamais !), le 21 juin, sur le thème « qu’est-ce qui a changé en 2007 ? », avec Marc Weitzmann (qui, malgré l’Irak et la torture, préfère plaindre l’Amérique d’être responsable de la sécurité de l’Europe), Houria Bouteldja (qui a lancé son célèbre « souchiens »), Fernando Arrabal, Jean-Jacques Beineix (qui ne bande pas aux chaussettes de Frédéric Mitterrand, également présent), Jan Bucquoy et François Rollin (et sa censure par TGV Magazine…).
     Première saison : quatre passages ! Quelle leçon de boycott, Gandhi serait fier d’elle… Elle s’est légèrement frittée avec Bouteldja, la traitant de victimaire. Pas de quoi crier au complot ou aux sous-entendus… Ne voulant pas laisser l’année 2007 s’achever sans elle, Fourest refait une « revue de presse » le 7 novembre, avec Mathieu Terence, Michel Maffesoli, Eric Rochant, Thierry Wolton, Axiom et Roland Dumas. Taddeï les fait parler de l’Arche de Zoé, du voyage de Sarkozy aux États-Unis et la gestation pour autrui. Elle s’invite à nouveau le 8 janvier 2008 pour une « revue de Sarkozy » : Sarkozy au Vatican, la conférence de presse de Sarkozy, l’hypothèse Ségolène Royal (femme battue par Sarkozy) à la tête du PS, et l’interdiction de fumer dans les lieux publics, décidée par l’exécutif Sarkozy… Caroline Fourest tente de se faire une place au milieu de Philippe Besson, Bessora, Jean-François Stevenin, Zaki Laibi, Regis Jauffret, Paul-Marie Couteaux, Raphaël Glucksmann… Ouf ! Loin d’être dégoûtée par le dispositif de l’émission, elle la refait une semaine plus tard, le 16 janvier, pour débattre du féminisme avec Caroline Bongrand, Gisèle Halimi, Danielle Sallenave, Natacha Polony, Emmanuelle Messean et Darina Al Joundi, pour discuter ensuite avec Jean-Jacques Annaud. Puis, quelques semaines plus tard, nouvelle « revue de presse » le 1er avril, où elle s’illustre aux côtés de Paul Heutching, Bruno Gaccio, Tristan-Edern Vaquette (le fameux « artistes performeurs » [sic]) la liberté d’expression de Jean-Louis Costes), Abed Aznie, Yann Algan, Xavier Raufer et Nina Companeez. Parmi les sujets, le moral des Français, la grâce de l’Arche de Zoé par Idriss Déby, la banderole anti-Chtis (« Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis ») et Fitna, le court-métrage anti-islam de Geert Wilders.
     Ce jour-là, Caroline Fourest soutenait le droit du député néerlandais d’extrême-droite à faire un film anti-Islam, ne regrettant que son amalgame entre islamisation et immigration. Elle affirmait que le gouvernement hollandais le mettait en prison pour ne pas avoir à financer sa protection de la vie quotidienne du député d’extrême-droite. Fourest mentait, puisque Wilders était placé sous protection policière depuis 2004, après l’assassinat de Théo Van Gogh ! Elle était pour la liberté d’expression du député d’extrême-droite Wilders, par pure collusion anti-musulmans. Elle défendait 10 minutes d’un film, sans préciser qu’il n’en fait qu’une petite quinzaine… Et c’est déjà bien suffisant ! Dans Fitna, tout y passe… Des sourates du Coran introduisent des images d’attentats, dont ceux du 11-Septembre, mais aussi des saluts nazis, des gamines antisémites, des couteaux ensanglantés, des décapitations, la fatwa contre Rushdie, l’islamisation du monde entier… Au bout de dix minutes, le film montre des graphiques entendant illustrer l’augmentation du nombre de musulmans aux Pays-Bas, graphiques imprimés sur des images de musulmane voilées, de barres HLM et de policiers… Fourest soutient, sans problème, parce que c’est une critique de l’Islam, sauf les graphiques, là, ça va trop loin… Elle en est encore à ne voir dans les attentats que l’œuvre de religieux, qui n’agissaient qu’au nom de la religion, sans comprendre leur profonde motivation politique.

Caroline Fourest : Le film de Wilders, en fait, moi, tout le début me pose pas problème, je veux dire, il fait que aligner des images de massacres, d’excisions, de meurtres d’homosexuels, de femmes, au nom de l’Islam. Ces images, malheureusement, c’est pas lui qui les a inventées. Ce sont ceux qui ont commis ces massacres qui, moi, me choquent, pas celui qui les montre. Par contre, vers la 10e minute, dans son film, y a un changement, y a un commentaire qui naît, et le commentaire, c’est de lier tout ce qu’on vient de voir à l’augmentation du nombre de musulmans en Europe, et il fait un graphique qui montre que, finalement, plus il y aura de musulmans en Europe, plus l’avenir de l’Europe, ce sera ça. Donc, là, on bascule dans une interprétation qui n’est pas du tout de dénoncer ni l’intégrisme ni même de dénoncer l’Islam en tant que religion, de façon anti-cléricale, blasphématoire, et d’une certaine tradition dans laquelle je peux me reconnaître. On bascule dans la dénonciation de l’islamisation, avec un amalgame immigration = intégrisme. Ça, c’est un amalgame que nous, à Charlie Hebdo, en étant à la fois antiraciste et anti-intégriste, on peut pas suivre. Alors, maintenant, on peut pas suivre, ça veut pas dire qu’on demande l’interdiction.

     Maso, la Caro, puisqu’elle a accepté toutes ses invitations malgré le dégoût que lui inspirait l’émission… Dans Marianne, elle se souvient : « Quel que soit le thème, le débat finissait toujours par tourner aux mêmes obsessions. On affichait une discussion de très haut niveau, et l’on finissait par patauger dans la boue d’un site Internet complotiste ». Huit débats, huit bains de boue conspi ? Après cette ultime « revue de presse » du 1er avril 2008, elle prend un an et demi de recul avant d’accepter de débattre avec Tariq Ramadan. Grosse erreur ! Vexée à mort, elle n’y a plus jamais foutu les pieds, sur ce plateau souillé par son humiliation. Écrasée, l’infâme ! Elle s’est pris les pieds dans ses propres livres ! Ramadan en face n’avait pas besoin de beaucoup batailler pour la faire chuter. Après son intervention, elle a pleurniché chez Ruquier, se plaignant que Tariq Ramadan ait eu les moyens de se défendre. Depuis, quand elle le peut, elle attaque Taddeï, comme lors de la polémique de 2014, quand Nabe est venu en surprise exploser le « débat » sur Dieudonné.

(Rare phrase qu’elle n’assume plus, au point de prétendre avoir écrit que c’était 6 minutes pour Hitler…

     Malgré tous ses efforts, Fourest ne peut cacher qu’elle a participé à neuf émissions, avant de boycotter, et non l’inverse, comme le prétend dans son article pour Marianne. Si on ne compte pas le débat avec Ramadan, ce sont huit invitations, entre octobre 2006 et avril 2008, soit une tous les trois mois ! Elle pouvait avoir son rond de serviette, mais elle s’est surtout illustrée par des prestations faibles : elle acceptait de participer à des revues de presse uniquement pour se montrer incapable de parler d’autre chose de ses marottes : la religion, le féminisme, et… c’est à peu près tout. Elle n’aurait pu intervenir que dans des débats spécifiques, où elle pourrait prétendre à un degré de connaissance. Au lieu de ça, elle a préféré multiplier les invitations pour rien, jusqu’à la confrontation avec Ramadan, qui l’a définitivement achevée. Là, elle s’est trouvée face à un contradicteur de taille, hyper pointu sur le sujet du débat, puisque le sujet, c’était lui !
     Avec son article dégueulasse, elle reproche à Taddeï de ne pas l’avoir sauvée de son humiliation du 16 novembre 2009. Fourest a besoin d’avoir l’animateur dans la poche, parce qu’elle est nulle, profondément nulle. Il suffit de la voir toute timide sur le plateau de Ce soir (ou jamais !), au milieu des autres invités. Elle n’aime que les matches truqués. Fourest est une torero qui veut tuer une bête déjà affaiblie par l’organisateur, juste pour le plaisir de triompher. La corrida n’a d’intérêt que si le taureau peut tuer le torero à coups de corne dans le menton, après l’avoir l’éborgné et réduit le bassin en grossières miettes… On n’imagine pas un torero se vexer que l’animal ne serve pas ses oreilles et sa queue sur un plateau ! C’est pourtant ce qu’est Caroline Fourest et c’est ce qui explique sa campagne anti-Taddeï menée depuis des années, même après la fin de son émission. Pour cacher sa profonde médiocrité, elle en rajoute… dans la médiocrité, affirmant que chez Taddeï, c’est cinq minutes pour les Juifs et dix minutes pour Hitler… Et c’est Fourest la pauvre déportée ? Avec ses méthodes dégueulasses, on la place plutôt de l’autre côté…
     En 2018, Caroline Fourest s’obstine encore à dénoncer les « rouges-bruns », ne comprenant pas qu’il s’agit qu’une création de l’imprononçable Didier Daeneckx, après que l’Idiot International, au moment où il ne finissait pas de crever sous les procès, a publié en mai 1993 un article signé Jean-Paul Cruse, « Pour un front national ». Dans sa grande bêtise, elle s’obstine à croire que Taddeï est proche des « rouges-bruns » parce qu’il est passé dans l’Idiot. D’ailleurs, Taddeï, son manque de conviction, il est rouge ou brun ? En janvier 2014, elle avait déjà tapé sur le même thème et sur la même tête dans sa chronique sur France Culture. Et c’est le médiateur de France Culture qui a interrogé Taddeï, qui a pu restituer les choses : il a publié quatre articles dans l’Idiot International (trois critiques de livre et une de film) entre fin 1990 et début 1991. On est donc plus de deux ans avant « Pour un front national » et la rumeur « rouge-brune » ! Ça, la peste s’en tape puisqu’elle le répète en 2018, dans les colonnes de Marianne… Elle ne sait rien de l’Idiot, qui mêlait journalistes et écrivains, et qui était ouvert à qui veut bien écrire. En 1993, l’hebdo d’Hallier était mal en point, fragilisé par les procès à répétition, pour disparaître un an plus tard… Pour résumer, non seulement il n’y a jamais eu de « rouges-bruns », mais Taddeï n’était qu’un pigiste des années avant la « polémique »…
     En répétant ce mensonge, plus par méconnaissance que par malveillance, elle cherche à expliquer la supposée appétence de Taddeï pour les « invités les plus sulfureux, islamistes, indigénistes ou complotistes ». Comme si ça ne suffisait pas, elle enfonce le clou, pardon, elle se le plante profond dans l’œil, en invoquant le « mentor » (en 2014, elle parlait de « conseiller ») de Taddeï : Marc-Édouard Nabe ! Si Taddeï va sur RT, c’est à cause de Marc-Édouard Nabe, qui murmurait à l’oreille de Taddeï le nom de Dieudonné, Michel Collon ou Tariq Ramadan. C’est limite si elle ne reproche pas à Nabe d’avoir poussé Taddeï à organiser le débat Fourest-Ramadan…
     Elle ne s’emmerde pas, la Fourest. Son article est un « worst-of » de ses pires conneries ! Après les « rouges-bruns » dénoncés en janvier 2014, elle entend attaquer Nabe en reprenant ce qu’il a dit en novembre 2010, quand elle était chroniqueuse (encore une…) dans Semaine critique, émission présentée par Franz-Olivier Giesbert. Le 12 novembre 2010, le « mentor » de Frédéric Taddeï venait pour L’Homme qui arrêta d’écrire et avait fait ce fameux compliment à Rama Yade sur son africanité, immédiatement interprétée comme du racisme par l’intéressée, bien léchée par la Fourest…

Caroline Fourest : Madame la ministre, si vous aviez lu les pages de Marc-Édouard Nabe, sur l’exotisme avec lequel il parle des Noirs, il faut pas se vexer.
Marc-Édouard Nabe : Mais allons, mais arrêtez… me cherchez pas là-dessus…
C. F. : La façon dont il parle des homosexuels, la façon dont il parle des femmes, la façon dont il parle des Juifs…
M.-É. N. : Vous recopiez ce que dit Gérard Miller, vous en êtes là ?
Rama Yade : Vous n’avez pas l’air d’être un grand humaniste.
M.-É. N. : Ah, je suis pris entre deux feux !
C. F. : C’est quelqu’un qui pense qu’être subversif, c’est dire « youtre » à la place de « juif », c’est dire « nègre » à la place de « noir » et c’est dire « pédé » à la place d’« homo »…
M.-É. N. : Vous répétez ce que Gérard Miller dit, vraiment… On est loin de la psychanalyse que nous combattons, n’est-ce pas ?
[…]
C. F. : Marc-Édouard Nabe, ça fait trente ans que vous êtes sur les plateaux de télévision, présenté comme le type infréquentable, boycotté par tout le monde, vous en rajoutez, vous faites de la pub pour Ahmadinejad, vous faites de la pub pour la burqa, tout ce qui est détestable, vous le défendez pour avoir ce côté sulfureux…
M.-É. N. : Mais c’est votre avis, c’est votre façon de voir les choses. C’est vu comme ça, du petit bout de la lorgnette.
C. F. : Tous les stocs de Paris vous adorent, tous les stocs disent : « Oui, bon, il est très réac’ et très raciste, mais il écrit divinement. » Alors du coup, quand on lit votre livre…
M.-E. N. : Je suis ni réac’ ni raciste et vous le savez très bien.
C. F. : Quand on lit votre livre, on se dit « bon dieu, mais ce garçon doit avoir le talent de Louis-Ferdinand Céline ».
M.-É. N. : En revanche, j’écris divinement.
C. F. : En réalité, quand on ouvre votre livre, on croit trouver Céline, et qu’est-ce qu’on trouve ? Effectivement, je suis d’accord avec Adélaïde [de Clermont-Tonnerre], le Bottin mondain ! Une fascination pour le milieu parisien, une fascination pour les boîtes à partouze, pour les animateurs de télé défraîchis. Mais un truc juste pas à la hauteur de votre sulfureuse réputation.
Franz-Olivier Giesbert : Réponse ?
M.-É. N. : Non.
F.-O. G. : Pas de réponse.
M.-É. N. : Je dis que quelqu’un qui veut connaître ce dont il parle, il faut qu’il le vive. C’est comme la télé, moi je suis passé chez Drucker, j’avais 19 ans, j’accompagnais mon père dans une émission en 1978.
F-O. G. : Votre père, Marcel Zanini ! Tu veux ou tu veux pas ?
M.-É. N. : Avec Sam Woodyard qui était notre batteur, et nous avons joué devant Nino Manfredi et Gérard Depardieu.
F.-O. G. : Vous avez de la chance.
M.-É. N : Et Drucker a demandé à Depardieu « ça vous plaît, ça ? » et il a dit « oui, c’est très frais comme musique ». Et voilà, moi, ça me suffit dans une jeunesse, quand on a 19 ans, ça permet de savoir qu’il existe des gens comme ça. Je suis content d’avoir vu Nino Manfredi et Gérard Depardieu ce jour-là, en 1978. Ça n’a rien à voir avec le Bottin mondain. Ça forme aussi des individus dans leur jeunesse de savoir ce qui se passe aussi dans différents mondes.

     Ce qui donne en juillet 2018, dans Marianne : « Cet écrivain se croit “subversif” parce qu’il imite Céline et ne sait pas finir une ligne de littérature sans ajouter “crouille” ou “pédé”. Enfant du mauvais siècle, il pond des romans interminables et auto-édités sur la vie d’animateurs télé adorant les partouzes et les prostitués ». Encore cette scie débile, cette inversion accusatoire qui consiste à faire croire que Nabe se prend pour Céline pour mieux lui dénier son propre talent. Comme si la Fourest y connaissait quelque chose à Céline… Et elle continue en parlant d’« ambiance “One two two” » en référence à cette maison close de la collaboration, alors que ni Céline ni Nabe n’ont collaboré ! À force de dégueulasser ses ennemis en déformant leurs propos, en les accusant de tous les maux et en rajoutant dans la dénonciation, non seulement elle passe pour une collabo zélée qui n’a pas peur de la diffamation mais surtout on se demande bien les reproches de fond qu’elle formule à leur égard…
     Elle s’en prend à L’homme qui arrêta d’écrire, mais ne comprend pas que c’est un bouquin précieux pour un jeune d’une vingtaine d’années ! Elle ne peut pas le savoir, parce qu’elle ne l’a pas lu et qu’elle ne peut pas le lire ! Elle est dans l’incapacité mentale de lire un livre de Nabe parce qu’elle s’est forgée, et elle n’est pas la seule, un mur si solide et si haut entre elle et son œuvre que ça lui en coûterait énormément de le franchir pour accéder au texte. Elle préfère les on-dit aux on-lit… Les pamphlets contre Colette, l’art contemporain, Canal Plus, les complotistes, le monde littéraire, et j’en passe, décomplexent la jeunesse, qui cesse de croire qu’ils sont dans le vrai et qu’il faut nécessairement les rejoindre. Nabe détourne de faux univers pour libérer du temps pour en découvrir des vrais. Évidemment, après une telle lecture, on ne voit plus le monde de la manière, on est forcé de le quitter un peu pour se réfugier dans des niches de beauté et de vérité. Je ne compte plus les univers que j’ai découvert grâce à L’Homme qui arrêta d’écrire et aux autres livres de Nabe… Et cette conne parle de Bottin mondain, d’ambiance de collaboration ! Je suis reconnaissant à Taddeï d’avoir invité Nabe en janvier 2014 contre les deux pourritures de Soral et Dieudonné, car ça m’a permis de le découvrir. Rien que pour ça, Frédéric, ça valait la peine d’en prendre plein la gueule !
     Finissons-en avec son torchon. Fourest écrit aussi que Nabe a réagi aux attentats du 7 janvier « dans sa galerie de Saint-Germain-des-Prés ». Mais non !, pauvre Fourest, c’était rue Pierre-le-Grand, c’est-à-dire à cinq kilomètres du Ve arrondissement… Elle n’a pas supporté que Nabe regrette de la compter parmi les « ratés de Charlie ». Pourtant, elle y contribué, à cette obstination anti-arabe, elle y était, aux côtés de Val quand il a dicté à Cabu la Une « C’est dur d’être aimé par des cons ». Par haine anti-religieuse, elle a participé à faire de Charlie Hebdo, c’est-à-dire l’hebdomadaire du professeur Choron, un torchon raciste ! Elle disait « nous » quand elle parlait de Charlie chez Taddeï, l’engageant dans la défense du film merdique de la blondasse Wilders ! En toute logique, elle aurait dû être dans la salle de rédaction ce matin du 7 janvier 2015, en co-responsable des attentats. C’est trop facile de dégueulasser sans prendre la responsabilité d’en assumer les conséquences. Elle veut haïr sans être haïe… On ne peut que détester une militante qui se prend pour une universitaire, pour donner l’illusion que ses paroles sont justes et vraies, mais la justesse et la vérité ne sont pas une question de titre. Comme si elle n’avait pas suffisamment fait la preuve de sa bêtise, de sa méconnaissance totale des sujets qu’elle prétend aborder (comme si c’était un prérequis quand on se prétend éditorialiste !), elle laisse entendre que Ce soir (ou jamais !) diffusait l’analyse de Nabe sur les attentats de Charlie, alors qu’il n’a pas été invité pour parler de Charlie ni au moment des attentats, ou même de la sortie de son Patience 2.
     Fourest ne comprend pas qu’un combat mené par les moyens du mensonge ne mérite pas d’être livré, que le véritable combat aujourd’hui, c’est la défense des faits ! On a trop laissé le grand n’importe quoi prendre la place de la vérité. Elle se complait tellement dans l’à-peu-près qu’elle ne peut se rendre compte qu’elle est du côté des complotistes qu’elle prétend attaquer ! Quand les Inrocks lui mettent le nez dans ces mensonges, elle ose parler de « divergence de vue ». À quand « on a quand même le droit de douter » ? Ce qui la gêne chez Taddeï, c’est sa neutralité, qu’elle prend pour le masque de son fascisme, en grand copain de Nabe… « Ainsi s’agrandit la famille des animateurs prêts à prostituer le journalisme pour le mettre au service de la plus perverse des propagandes d’État : distiller les fake news chères au Kremlin sous couvert d’information neutre et professionnelle. » Fourest dénonce la propagande du système Poutine, mais elle est aussi est une représentante du système Charlie, dont la défense était médiatiquement obligatoire. Elle compile les « fake news » dans un hebdomadaire français sans que personne n’ait l’idée de s’interroger sur ses méthodes, sa liberté d’expression. À « soviétique », « soviétique » et demi !

Docteur Marty

La fameuse vidéo de Charles Branco :