lundi 25 septembre 2017
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Docteur Marty a réponse à tout !

hank_china​ski : Yo, Habituelllement, je suis un lurkeur (de moins en moins assidu, because la pseudo-dissidence a perdu beaucoup de sa capacité de nuisance). Et je sors brièvement du lurkage pour faire part de mon premier sentiment sur Les Porcs, que je viens de recevoir – j’en suis à la page 170.
Pour l’instant, très déçu. Certes, qui s’intéresse à « la dissidence » y trouvera de savoureux biscuits inédits. Mais il me semble que Nabe (c’est le premier bouquin que je lis de lui) n’applique pas à lui-même la rigueur analytique dont il fait preuve à l’égard de ceux qu’il évoque. Sérieux, le mec a quand même un melon gros comme ça, il passe un quart du temps à parler de lui, un autre à causer du fonctionnement de caste branchouille ou télévisée dont je n’ai franchement rien à fiche (Ardisson, Moix ou Fogiel, je m’en tamponne le coquillard), un troisième à livrer des analyses internationales tout à fait contestables et pas si brillantes que ça, et le dernier – en effet – à dégommer les figures de la dite dissidence.
Alors, oui, j’en suis qu’au début. Mais quand même, et par rapport à ce que j’ai pu lire du bouquin ici, je dis ma déception. Beaucoup d’esbrouffe (oui, il est bon pour les jeux de mots, mais comme il y en a un toutes les trois lignes, ça saoûle vite), un égo surdimensionné et des poses permanentes, énormément de Voici-style sur des gens du show-bizz…. pour le reste, ça casse pas trois pattes à un canard. Ni politiquement, ni littérairement.

     DrMarty : Bienvenue.
Au contraire, je trouve que littérairement, le livre est intéressant. Déjà, il s’attaque à un sujet inédit dans la littérature : le conspirationnisme. Ensuite, il le fait sérieusement, puisqu’il ne consacre pas à ses pages à pouffer facilement sur la bêtise des dissidents. Dans les 170 pages que tu as lu, il y a une bonne analyse de Meyssan par exemple. Enfin, c’est une forme particulière de récit, empruntant au roman et au journal intime. Les quelques livres traitant du conspirationnisme le font ou trop rapidement ou pas assez sérieusement, mais toujours en voyant les protagonistes de loin.
Sur le fond, Nabe parle de ce qu’il connait. Il descend sur le terrain, et évoque ses relations avec le tout sale monde présent dans Les Porcs. Nabe n’est pas un écrivain reclus qui méconnaît complètement les médias, il est allé se frotter aux Ardisson, Taddéï, et consort. Dans ce premier tome, Nabe pose le décor, tout est chronologique et file droit devant. Il fait remonter son récit à 1999, date de sa « rencontre » avec Dieudonné. Il a fréquenté Soral pendant des années, et les deux avaient l’air de bien s’apprécier (sauf qu’un l’écrira et que l’autre le niera).
Nabe aurait pu faire un livre de souvenirs, mais il préfère ancrer son récit dans une époque, d’où les passages qui te paraissent chiants et inutiles. Il veut aussi analyser le passage de la télévision à Internet, média qui a permis l’émergence et la massification du discours conspirationniste. Si on considère que les évènements passés ne méritent pas d’être raconté, il faudra flinguer les historiens… La critique du style Closer ou Voici voudrait réduire le livre à des bruits, des ragots, des mensonges, sauf que ces anecdotes révèlent la personnalité de chaque « Porc ». Alain Soral qui met dans sa poche la moitié des dons que ses lecteurs lui ont envoyé pour payer une condamnation, c’est du ragot ou un élément de la personnalité de Soral ?
Nabe parle de lui aussi, il évoque son parcours, sa Vérité, ses livres, son anti-édition. Ça fait partie du récit, du projet littéraire, et plus largement du style de l’auteur que tu découvres avec ce livre. À part dans Lucette (1995), son livre sur la veuve de Céline, Nabe apparaît dans ses livres (même dans L’Enculé (2011) le nom de Nabe apparaît p.74, parce qu’il y a l’annonce de sa SARL dans un numéro que feuillette DSK et Sinclair).
Finalement, j’ai l’impression que c’est l’objet littéraire que constitue Les Porcs qui te rebute. Mais patience, petit à petit les personnages se mettent en place. Page 170, Salim Laïbi n’existe pas encore. Vingt pages plus loin, il apparaît dans le récit. Nabe est un écrivain, pas un universitaire, ni un journaliste. Il raconte une histoire, celle d’une bande de bras cassés qui ont surfé sur la vague du conspirationisme pour en faire un business. Il se trouve que Nabe que les connu personnellement et que l’un d’entre eux a voulu casser la réputation de Nabe en multipliant les mensonges et les demi-vérités à son public. Soral a caché sa vraie image en montrant une fausse de Nabe.

hank_china​ski : Merci de cette réponse. Je m’aperçois, en la lisant, que je suis plutôt d’accord avec ce que tu expliques. Disons que j’ai ce présupposé favorable que Nabe pose un vrai projet d’écrivain, et que son dessein va peu à peu se faire jour. Ça, je l’entends tout à fait.
Non, ce qui me dérange pour l’instant, c’est la place centrale qu’il s’arroge (à le lire, il ne se trompe jamais – au moins un point commun avec Soral). Et surtout la façon dont il parle de ceux qui l’entourent. Qu’on s’entende bien : je suis antifa et je considère que des gens comme Laïbi ou Soral sont des psychopathes finis au pipi. Mais la question que je me pose, c’est : pourquoi Nabe a-t-il passé autant de temps avec des gens qu’il décrit aujourd’hui comme des crétins finis (j’en suis à p. 252 maintenant, et je ne crois pas qu’il ait eu des mots gentils à propos de plus de trois ou quatre personnes, et encore sur deux lignes à tout casser) ? Si ce monde politico-médiatico-mondain-faussement-transgressif-mais-total-aigri est si minable (et j’en suis profondément persuadé), pourquoi en a-t-il tant fréquenté les protagnonistes ? C’est là où je ne capte plus. J’ai l’impression qu’il n’est pas plus réglo que les autres, juste qu’il a plus de talent et d’ego. Il me fait l’effet d’un inlassable scrible de lui-même.

Carbone18 : Syndrome Jerome Kiervel : tant qu’il etait dedans a en croquer, il etait content et quand ca a merde et que ses ex-potes l’ont charge comme une mule, il est devenu un Saint prodiguant la Vertue et la Justice. En un mot : hypocrisie
NB : mais ca n’enlève rien au talent litteraire de Nabe. Faut dissocier ca du personnage, comme pour Celine.

La pugne : Il n’a rien « croqué », Nabe. On peut lui reprocher tout ce qu’on voudra, on peut ne pas aimer ses livres, ne pas l’aimer lui, être irrité par lui ou ne pas trouver son travail intéressant (comme Chinaski), mais il ne faut pas l’accuser d’être une sorte d’épicier (comme le sont la plupart des types dont ce fil s’occupe), non, car ça n’est pas vrai. Et puis mince, il est tout sauf hypocrite, Nabe ! Il est d’une sincérité à faire peur, même.

DrMarty : Qu’aurait-il croqué, Nabe ? Il a côtoyé Soral et Dieudonné qui n’ont jamais rien fait pour lui. Quel intérêt aurait-il eu à passer du temps en leur compagnie ? Au contraire, il s’est montré plutôt solidaire d’eux : il a écrit un article favorable à Dieudonné en février 2004 (dans le dernier numéro de La Vérité) et s’est inquiété de l’état de Soral après son agression (qui s’est avérée bidon) de septembre 2004. C’est Soral qui s’est retourné en 2010, incapable d’intégrer Nabe dans le révisionnisme et dans la liste antisioniste, et jaloux de son aventure solitaire. Il a embarqué Dieudonné dans ses conneries qui, faible et lâche, a laissé faire la BD Yacht People où l’on voit Nabe décapité.
Nabe ne passe pas tout son temps avec ces imbéciles. Il raconte dix années durant lesquelles il a fait d’autres rencontres, vécu d’autres choses et écrit plusieurs livres. Évidemment, ce n’est pas le sujet du livre, et Nabe ne digresse pas tant que ça.
Il se trouve que sa réputation, ses textes et sa personnalité font qu’il a pu approcher ces personnages. Il n’est pas dans l’anathème, par exemple il refuse de rencontrer Faurisson, pas par trouille, mais parce qu’il nie Lautréamont, Rimbaud et les chambres à gaz. Il sait que la conversation avec un tel neuneu tournerait court. À l’ouverture du livre, Faurisson est Faurisson, tandis que Soral est un inconnu et que Dieudonné est d’accord avec Gérard Miller. Nabe les rencontre au moment où ils n’ont pas encore basculé.
Aussi, si Nabe avait rompu les liens avec Soral et Dieudonné avant qu’ils se retournent bêtement, on n’aurait pas eu le livre. Laurent James (qui apparaît dans Les Porcs) explique cela très bien dans son article sur Nabe’s News : http://www.nabesnews.com/sur-les-porcs-laurent-james/

eaglestorm : mais comment a t il pu fréquenter pendant tant de temps des gens que finalement, maintenant, il exècre ?
il est pas idiot ? ne se rendait il pas compte à qui il avait à faire ? ou alors avait il quelque chose en tête ?

hank_china​ski : Et aussi, je ne le pensais pas si antisémite. Vraiment.
Encore une fois, je ne me fais pas d’illusions, je sais que quand je me plonge dans Nabe je ne lis pas un camarade. Je ne lui demande pas ça. Mais je croyais lire un homme rationnel – au moins, un peu. Et en fait, il passe son putain de temps à parler des juifs. Là, un exemple pile-poil où j’en suis, p. 262 :

Je me mis en quête d’un nouvel éditeur… J’avais rencontré Léo Scheer qui me faisait, par son bonhommie judéo-perverse et son affection instantanée, penser au Léo Gutman de Bagatelles pour un massacre. Il n’était pas prêt à enchaîner mes mensualités, mais il accepta plutôt le principe de sortir un volume de mes morceaux choisis…. C’était une vieille idée à moi.
Évidemment, Léo, en roublard Gutman, aurait préféré rééditer Au Regal des vermines… Mais contrairement à Céline, qui avait accepté d’être édité par un juif, Bernard Steele, l’associer financier de Denoël pour le Voyage, Mort et Mea Culpa […], moi je ne me résolvais pas à le suivre sur ce terrain. Pas question de donner le Régal à Léo Scherrer ! Les morceaux choisis, d’accord, car pas une ligne inédite de ma main n’apparaitrait dans ce recueil. Ça avait un sens qu’un Juif, tout « nabien » fût-il, republie des textes édités en premier par des goys (Barrault, Gillmard, Denoël, Gaultier), mais pas qu’il publie un texte vivant… Je l’avais métaphoriquement montré dans Je suis mort : les Juifs sont du côté de la Mort, de l’Étant dirait Heidegger… On y reviendra, on y pataugera.

Et des passages comme ça, il y en a moult. C’est un peu beaucoup ultra-chaud, quand même.

hank_china​ski : Je partage ce sentiment. Rien d’un épicier.
Mais c’est aussi là où le bât blesse : s’il est si sincère en écrivant (et il l’est, ça se sent, bordel, il ne fait aucun cadeau), comment peut-il alors être aussi insincère pendant les dix ans qui précèdent l’écriture du bouquin ?

la_pugne : Sincérité littéraire, hypocrisie avec les cons, quelque chose comme ça ?

DrMarty : Pour faire simple, Nabe a découvert Soral en 2002, et ce dernier a sympathisé avec Nabe, jusqu’à se retourner en 2010. Depuis 2009, et la liste antisioniste que Nabe avait moqué dans Médias, un magazine dirigé par les époux Ménard, il y avait une tension entre les deux. Soral n’arrivait pas à digérer Nabe, qui refusait « l’aventure collective » de Soral. Finalement, l’aventure collective s’est jouée avec d’autres personnages, à condition que ce soit Soral le chef. En 2010, Soral ramait encore, et a dû virer Marc George pour garder l’argent que Philippe Péninque, proche du FN mariniste, lui versait. La même année, Nabe publiait L’Homme qui arrêta d’écrire en auto-édition, un vrai succès (fête des trois milles exemplaires organisée mi-avril 2010). La rupture intervient en octobre 2010, quand Soral publie dans Flash (un journal qu’il prétendait diriger en auto-édition, alors qu’il géré par un autre) un article violent et mensonger contre Nabe. Fin du premier tome.
Mais après, Nabe continue de voir Dieudonné occasionnellement. Face aux attaques incessantes de Soral contre Nabe, Dieudonné ne fait rien. Pire, il cosigne Yacht People, publié fin 2012, dans lequel Nabe est décapité.

hank_china​ski : C’est marrant, hein, d’où j’en suis du bouquin, je dirais que j’estime la volonté affichée de « tout dire » du narrateur, mais que ça n’en fait vraiment pas à mes yeux quelqu’un que je respecte humainement. Tout juste : un conteur doué de la médiocrité du réel. Il faudra que j’essaye de lire quelque chose de lui tirant vers le positif – je le ferai, son écriture m’intéresse (quand même). Mais d’abord, je vais finir Les Porcs.

la_pugne : Ton sentiment est on ne peut plus respectable. Mais sache tout de même que Nabe conte aussi le beau, le sublime, avec la même intensité (je pense au jazz, bien sûr, et aux jazzmen, mais aussi à son amour pour ses Maîtres en littérature, aux femmes, etc).

DrMarty : Si tu veux quelque chose de positif, tu as les petits ouvrages parus aux Dilettantes. Début mai dernier, je discutais avec une connaissance de ma copine, qui me disait connaître Nabe de réputation : antisémite d’extrême-droite. Je lui donne Nuage (1993), petit livre sur Django Reinhardt. Deux-trois jours plus tard, j’apprenais qu’elle avait adoré le bouquin, qu’elle ne quittait plus et qu’elle le relisait par plaisir dans le bus.
Il y a Oui (1998), qui rassemble tous les articles positifs écrits entre 1983 et 1998. Il a été publié en même temps que Non, dont je te laisse deviner le contenu 😀 Il y a aussi beaucoup de positif dans Au Régal des Vermines, que l’on tient pour le pamphlet antisémite alors qu’il y a beaucoup d’amour dans ce livre. L’erreur à ne pas faire, c’est de prendre Nabe seulement pour un haineux. Oui, quand il déteste, il le dit, mais quand il adore, il le dit aussi !

hank_china​ski : C’est cool, merci beaucoup. Je vais commencer par le livre sur Django, sans doute le plus facile.
Et tu as raison : de ce que j’ai lu, je ne crois pas que Nabe soit uniquement haineux. Je vois bien que cette détestation générale est motivée par une soif d’absolu, de pureté, d’exigence – laquelle peut en partie me parler. Mais quand même, je ne pensais pas que la haine occuppait unt telle place en lui.

Carbone18 : Soral l’a flingue au minimum dans mon souvenir par 3 fois : graphomane, vivant avec les sous de papa, qui veut faire du style, etc
Ensuite, il y a salim Laibi qui lui a fait ses -scopie. Son poto Taddei a essaye de lui faire des coups de pub : je me rappelle des allusions a ses bouquins dans son emission et il finit par l’inviter pour le remettre en selle mediatiquement et… c’est la catastrophe.

DrMarty : Le coup du graphomane, c’était dans initialement dans l’article de Flash. Le coup des « sous de papa », j’avoue ne pas l’avoir entendu… Fils à papa peut-être. Le coup du style, ça, oui ! Ça a entrainé l’accusation soralienne selon laquelle Nabe veut être Céline à tout prix. C’est oublier que Céline influence Nabe, comme des dizaines d’autres écrivains, mais aussi des jazzmen, des peintres, des acteurs, et j’en passe.
Attention, le coup de la « remise en salle médiatique » est un machin fabriqué par les conspis pour expliquer son soi-disant « baissage de froc ». Nabe n’avait pas « besoin » de « revenir dans les médias ». Même s’il la souhaitait avant, il se fout de la reconnaissance du milieu médiatico-littéraire. Taddeï invitait Nabe normalement, sur des sujets différents (Arche de Zoé, bombe iranienne, Murakami à Versailles, Ben Laden…)

Carbone18 : J’en oubliais une encore de Soral : Nabe le mec qui veut parler du prolo sans en etre, pas comme Celine
On sera pas d’accord… pourquoi ses samizdats placardes dans Paris alors ?
Il veut faire des coups pour se faire connaitre, c’est normal, quand tu es tricard, tu prends ce que tu peux, mais Nabe n’a pas compris un truc : INTERNET.
Il aurait pu faire ses trucs comme Soral, a coup de billet du mois a faire de la provoc’ dans un bateau… il aurait fallu qu’il travaille son style verbale, parce que direct, on sent pas le mec proche du prolo. C’est bien d’avoir change de fringues, mais faut aussi des punchlines.

Rashaan : Mais c’est ridicule comme accusation. Où Nabe prétend-il défendre le prolo ? En quoi les trahit-il ?…
C’est Soral qui prétend cela, tout en venant d’une famille plutôt aisée : père notaire, Stanislas… Soral est un bourgeois déclassé qui la joue peuple, un parasite mondain, un écrivain raté, un bavard qui donne des leçons à tout le monde alors qu’il n’a rien réussi (mode, cinéma, littérature, socio…)
Alors que Nabe vient d’une famille plutôt modeste de Marseille, d’un milieu d’artistes de jazz. Il a juste la décence de ne pas jouer ce qu’il n’est pas. Il n’est pas dans une défense fantasmatique du « prolo ». Pourquoi croire un Soral qui est un pseudo-communiste plutôt qu’un individu qui n’a jamais prétendu l’être ? Parce qu’il vaut mieux être dans tous les cas « de gauche », même hypocritement ?

DrMarty : Les tracts étaient une forme littéraire qu’il n’y avait pas encore essayé. C’était aussi son premier pas dans l’auto édition. En plus, le texte des tracts circulait plutôt sur Internet donc faire de Nabe quelqu’un qui a loupé le coche, c’est faux. Une fois son livre sorti en 2010, il a arrêté les tracts. C’est fait, ce n’est plus à refaire.

Rashaan : Il a dit qu’il considérait Internet très bon pour la diffusion, mais pas la création. Par ex, pour les tracts, il a voulu du vrai papier, de la colle bien forte, pour que ce soit vraiment sur les murs de Paris et très difficile à déchirer, avant que ça ne soit diffusé sur le web. Le réel avant le virtuel. Voir son itw avec Robert Ménard dans la revue Médias (il en parle dans Les Porcs).
Mais avec Nabe’s News, il a vraiment sauté le pas et il communique directement sur Internet.