vendredi 18 décembre 2020
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

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L’imprimeur de L’Homme : les Deux-Ponts à Grenoble

Points de vente :

Refusant de laisser son livre dans les pattes des sales libraires, Marc-Édouard Nabe a imaginé le déposer dans plusieurs magasins amis : fleuristes, restaurants, boutiques de vêtements, boucheries, bars, chez qui on pouvait venir acheter l’ouvrage, et sans commission.

L’idée a fait son chemin puisqu’en 2020…

Les « Nabettes » :

     Dans l’anti-édition, même les moyens de publicité étaient nouveaux. Retour aux hommes-sandwichs, ou plutôt aux jeunes filles-sandwiches, comme celles appelées les « Nabettes », qui, avec des t-shirts appropriés, se baladaient un peu partout pour faire la publicité du roman : ici, au Salon du livre.

Essais de couverture :

     Le futur traitre Yves Loffredo, directeur-maquettiste-artistique de l’anti-édition, n’avait pas trouvé tout de suite, avec l’aide de Nabe, la « charte » des couvertures noires… Il a proposé à l’auteur plusieurs tentatives ratées dont nous dévoilons ici quelques échantillons.

L’anti-éditrice Audrey Vernon, sceptique devant le projet de couverture d’Yves Loffredo.

Table ronde sur L’Homme, 29 mai 2010 au Paname, avec : « Wham-Bam », « Olaf », « Jazza », « Petit Jean », Marthe, « la jeune vermine ».

Manuscrits :

     Pas beaucoup de manuscrits sur papier pendant la rédaction de L’Homme qui arrêta d’écrire (2005 – 2010). Quelques notes tout de même, prises à la volée, pour tracer des indications temporelles et spatiales des déambulations du héros-narrateur. Tout le reste est dans l’ordi !

Affiches :

Toujours avec l’aide de Loffredo, Nabe a conçu et fait réaliser des affiches publicitaires collées comme ses fameux tracts dans Paris avec des listes de noms toujours renouvelées du roman. Cette nouvelle manière d’informer le lecteur sur la sortie d’un livre, par ailleurs amplement boycotté par la presse traditionnelle, a provoqué la colère culottée d’une des hétaïres du quotidien Le Monde, scandalisée qu’un écrivain puisse, après l’offense de s’auto-publier, s’auto-promouvoir.

*

Globes de Cristal :

     Décidément, ayant du mal à avaler l’échec de son « poulain » au prix Renaudot, Franz-Olivier Giesbert, l’année suivante, tenta de faire obtenir à Nabe le « Globe de Cristal », distinction sans intérêt, purement « honorifique », présidée par une huile différente chaque année pour récompenser non seulement le meilleur livre mais la meilleure pièce de théâtre, le meilleur film, le meilleur spectacle, etc. En lice avec quatre autres ouvrages, c’est finalement Florence Aubenas avec Le Quai de Ouistreham qui obtint le Globe. Comme les résultats n’étaient pas connus à l’avance, Nabe, qui refusa de se déplacer, avait envoyé Audrey Vernon pour, au cas où, recevoir le prix. C’est donc elle qui a écrit ce petit laïus qu’elle n’aura jamais pu lire en public, ce 7 février 2011… Inédit !

Bonsoir,

Je m’appelle Audrey Vernon.
     Marc-Edouard Nabe n’est pas là, moi même à l’heure qu’il est je ne sais même pas où il est, probablement dans les bras d’une prostituée.
     Ce n’est pas son genre de recevoir et d’accepter un prix mais moi, je ne vois pas pourquoi je me priverai de ce plaisir, j’ai beaucoup travaillé et souffert pour ce roman.
     Nous avons monté l’antiédition ensemble, et je suis très heureuse que ce soit un tel succès qui permette à un artiste de vivre de son travail hors du monde de l’édition qui ose donner aux écrivains 10 pauvres pour cent du prix de leur livre… J’espère que ce sera un encouragement pour les jeunes à ne pas se laisser avoir par de vieilles règles absurdes. Il est temps que les personnes qui créent, qui produisent, se réaproprient le fruit de leur travail…
     Si Marc-Edouard Nabe avait été là, il aurait dit des choses énormes contre Dieu sait qui. De ma bouche ne sortiront que des mots émus, de la gratitude, de la bienveillance, de la tendresse, de l’empathie et surtout un mot qui lui reste toujours en travers de la gorge : Merci.. Merci à Anna Dostoievski qui m’a beaucoup influencée, merci à tous et surtout à Franz-Olivier Giesbert pour ce globe de cristal, Merci pour L’Homme qui arrêta d’écrire, célébré comme le meilleur roman de l’année donc.
     Bon ben, voilà ça y est c’est fait, je viens de niquer ma carrière… Merci… Merci, Merci Marc-Edouard Nabe…

7 février 2011

Audrey Vernon et Marc-Édouard en 2007, fomentant le Grand Complot de l’Anti-édition.