lundi 11 mai 2020
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Le vieux confiné Yann Moix postillonne encore

Il a pris trente ans dans la gueule, il est confiné, l’air hâve, mais il ne comprend pas que les autres ne sortent pas !… C’est Yann Moix, encore lui, et toujours médiatisé, qui continue à postillonner ses sophismes un peu partout. Par exemple, chez ce péteux de Pascal Praud qui lui donne la parole de chez lui, ou qui lorsqu’il reçoit en direct des textos insipides du Moix les lit à l’antenne comme SMS d’Évangile… de la connerie ! Moix intervient toujours avec une telle assurance que ses interlocuteurs n’y voient que du feu ou n’osent rien dire, parce qu’il fait partie de la famille, qu’importe ses casseroles puisqu’elles sont aussi « brillantes » que lui !
     C’est comme ce « dossier » écrit dans Vanity Fair (numéro d’avril 2020) par son ancien employé de feu son talk-show Chez Moix, Arnaud Viviant… Dès le titre, qui reprend une auto-définition de Moix qui a fait pouffer Viviant, une incohérence : « Je suis un mythomane qui ne ment pas ». Ça commence mal pour qui à l’esprit logique…. Faux ! Ou bien il est mythomane, et il ment, ou bien il n’est pas mythomane, et il peut lui arriver de mentir. Mais dire qu’il est mythomane et qu’il ne ment jamais, c’est illogique. C’est comme son « J’ai fait des dessins antisémites mais je ne le suis pas. » Complètement débile ! Ça va finir par donner des idées à d’autres : « J’ai violé et tué Estelle Mouzin mais je ne suis ni violeur pédophile ni assassin d’enfant » (Michel Fourniret).
     Toujours dans Vanity Fair, Viviant, qui a apparement troqué son fameux chapeau mitterrandien contre la casquette de l’enquêteur, raconte qu’à la mi-décembre 2019, il se retrouve chez Yann Moix qui se sent « menacé par des groupuscules d’extrême-droite. » Lesquels ? Ceux qu’Éric Naulleau évoquait pour prétendre qu’Alexandre, le frère Moix, était lié à la tentative d’assassinat de Chirac en juillet 2002 ? À moins qu’il s’agisse de l’extrême-droite Blanrue-Soral-Nabe, comme si les trois avaient encore le moindre lien entre eux !… Viviant prétend que ce n’est que la deuxième fois qu’il déjeune en tête-à-tête avec Yann, lui qui est allé tellement de fois à la soupe impopulaire servie sur le plateau de Chez Moix sur Paris Première ! Et ça continue en petite balade sur les Champs où, presque main dans la main, Viviant l’écoute parler d’Ushoahia, toujours réduit à une simple « BD antisémite » de jeunesse. Pas de quoi en faire un savon !
     Viviant est en colère contre les quatre numéros de la revue de Yann Moix qu’il dit avoir consultés  grâce à ce fameux chercheur israélien, Nissim Amzallag (qui n’a mis en ligne que les trois premiers numéros). Viviant dit tout le mal qu’il pense de cette « merde » (Ushoahia seulement, hélas…), mais on sent une indulgence, et il faut bien le faire ce putain d’article long de huit pages ! Faut le comprendre, Viviant : pour lui, il y a les « antisémites » que l’on peut dégager et les « antisémites » qui vous ont engagé… à la télé ! Il n’est pas sûr que Viviant ait compris que si Moix l’avait employé à Chez Moix, ce n’était pas pour ses qualités de journaliste, mais seulement pour qu’au cas où ça roussirait pour lui, il pourrait compter sur Viviant pour le défendre et même lui tartiner des pages de pub glacée sur magazine chic. Bien vu ! S’il a été libre de baver ce qu’il voulait dans son Vivianoscope (pouffons !) de Chez Moix, Viviant raconte que l’animateur-chroniqueur-écrivain Moix lui a demandé une fois de se censurer pour protéger Michel Onfray, ce faux philosophe casse-couilles d’Onfray devenu une copie de ce qu’il déteste le plus : Bernard-Henri Lévy. Viviant dit ne pas avoir suivi les instructions de Moix, tant mieux pour lui…
     L’article de Viviant est long, on dirait qu’il a voulu faire son Docteur Marty ! Lui aussi veut creuser l’affaire Moix et même balancer un scoop : la sœur de Robert Faurisson (que Viviant qualifie de « spécialiste de Rimbaud et de Lautréamont » [sic]) s’est mariée à un toubib d’Orléans proche de la famille Moix. Et pour mouiller ses parents dans son propre révisionnisme, Yann fait croire que son père José avait déjà partagé des repas avec Robert ! Alex, le frère déjà un peu plus fiable, affirme le contraire, et précise même que c’est le Faurisson « littéraire » que José Moix admirait, pas le négateur de la Shoah…. Yann va jusqu’à être une balance inter-familiale pour essayer de ne pas plonger seul ! C’est vrai qu’au cours de son enquête, Sherlock Viviant prend ses distances avec l’auteur d’Ushoaïa, mais n’a jamais l’air écœuré par Moix. Comment il fait ?
     Plus loin, Viviant prétend qu’en 2001, il savait Moix proche de Marc-Édouard Nabe (ça y est, le nom tabou du maudit est cité !), mais aussi de Bernard-Henri Lévy, « deux fois trop pour moi » dit Viviant. Ça lui suffisait donc pour descendre les livres de Moix (voilà à quoi tient le travail des critiques littéraires…). Moix n’a pas apprécié et a fait la même chose avec les bouquins de Viviant, qui se souvient d’avoir été traité dans Le Figaro littéraire de « mini-Debord, de Sartre nain. » Quel approximateur, ce Viviant ! Même quand ça le concerne, il se trompe : il a carrément inversé la citation de Moix ! La vraie, publiée début novembre 2009, était « Viviant n’est pas un Sartre miniature, c’est un Debord nain. » Et Viviant ne s’est même pas rendu compte que c’était encore un emprunt de Moix à… Marc-Édouard Nabe ! En effet, en février 1997, dans le premier numéro de L’Éternité, Nabe publiait un article dont il titre était « Les nains de jardin de Guy Debord » où, sans même citer le moindre nom, on ne comptait plus les piques enfoncées dans la gueule de Viviant… Nabe le confirmera lui-même en novembre 2011 en pleine face à l’ex-journaliste du Monde et des Inrocks dans l’émission d’Éric Naulleau, Ça balance à Paris
     Dans ce Vanity fair toujours, on apprend quelques trucs quand même par Viviant, par exemple qu’Yvan Attal a compté parmi les soutiens de Moix. Le mari de Charlotte Gainsbourg a écrit une lettre ouverte qu’il a rapidement laissée dans son tiroir. On pouvait y lire : « Javoue que jai du mal à suivre. Tantôt on reproche à Yann Moix d’être à la solde du prétendu lobby juif”, tantôt on lui reproche d’être à la solde des fascistes. Il faudrait savoir ! Yann Moix aurait deux têtes, on lui trancherait les deux, et pour des raisons opposées. » C’est pourtant simple : Moix a lui-même joué sur les deux tableaux et, dans toute l’affaire, personne ne lui a reproché d’être à la solde du lobby juif, mais d’avoir voulu cacher son antisémitisme (de jeunesse ?) en en rajoutant dans le philosémitisme opportuniste. Aussi, Attal anticipe trop vite la décapitation de Moix, alors qu’il prouve par sa lettre ouverte restée fermée qu’il n’a été que protégé durant cette affaire. Oui, Moix a perdu une émission de télé qu’il présentait, mais en a gagné une où il chronique chaque semaine sur C8 et est même invité dans tous les débats de CNEWS (merci le groupe Canal+ !). Il n’a perdu ni la confiance de Grasset (chez qui il compte publier la suite d’Orléans), ni celle de Robert Laffont (qui veut publier son Journal intime)… Et Moix est loin d’être calmé, il reste le petit teigneux qui veut castagner tout le monde, pour ensuite se cacher dans ses propres larmes de trouille.
     Même s’il lui consacre ce copieux article, on sent Viviant plutôt moqueur, se foutant de la gueule de Moix plus ou moins ouvertement et en révélant des choses embarrassantes. Par exemple, quand Moix affirme qu’il n’est pas l’auteur des textes révisionnistes dans Ushoahia (il n’a fait que les dessins… racistes, antisémites et révisionnistes !), Viviant aurait dû recenser toutes les versions données par le « mythomane qui ne ment pas » au sujet de son lien avec les textes d’Ushoahia… Alors je vais le faire ! En août 2019, chez Ruquier, dans sa désormais ex-émission On n’est pas couché, Moix disait que les textes étaient extraits d’une lettre rédigée pour rire pendant un voyage en Europe durant l’été 1989 avec trois ou quatre amis. Puis, en novembre, dans Balance ton Post, Moix racontait à Cyril Hanouna qu’il voulait écrire une lettre d’amour de cent pages à « Marie » et qu’avec un ami prof d’allemand, ils ont complété ensemble les 40 pages déjà grattées. Version encore différente de celle donnée en janvier 2020 à la chaîne YouTube « Tandem 2.0 », où Moix parlait d’un ami prof d’allemand et témoin de Jéhovah accompagné d’un autre ami. Enfin, en mars, dans cet article de Vanity Fair, Moix affirme que les textes ont été écrits par un ami alors en prison. Ça fait donc quatre versions différentes pour le même sujet !
     Et Moix ajoute que c’est ce même ami taulard qui lui donna l’idée de Podium, livre puis film sorti en 2004. Viviant hausse les épaules et dit, très justement, que même écrits par un autre, Moix a accepté de recopier. Il a raison : les éditeurs de Matzneff n’ont pas écrits les récits pédophiles de « Gab la Rafale », mais restent responsables de ce qu’ils ont laissé sortir des imprimeries sous leur label… Et Viviant aurait pu faire un gros coup et faire parler ce fameux auteur d’Ushoahia et de Podium, désormais sans doute sorti de prison. Ça aurait fait un beau scoop, cher confrère, non ?
     En croisant Les Porcs et Vanity Fair, on trouve facilement le nom de celui que Moix charge de la responsabilité des textes d’Ushoahia, et qu’il a continué à fréquenté jusqu’en 2004 au minimum : il s’agit de Michel Mouton.

     Ah, mais fallait-il encore que Viviant ait lu Les Porcs !… Quel article terrible il aurait pu faire avec ! Tous les individus bien informés piochent (et piocheront) dedans… Mais Viviant, le creuseur pas assez profond, en est encore à croire que c’est Alain Soral qui a sorti le premier le passé révisio de Moix (quels cons !). C’est vrai que Soral a dit dans un « entretien du mois » de juin 2012 que Moix a publié des écrits révisionnistes à l’époque où il était à Sciences Po et que Nabe garderait pour les ressortir un jour : « Nabe qui d’ailleurs ne sort pas ses dossiers, il les garde en réserve ». Mais Viviant ne sait pas encore, six mois après le déclenchement de l’affaire, que celui qui en a parlé publiquement, c’est bien Nabe dans le premier tome des Porcs en 2017, et pas simplement « évoqué » : un chapitre complet (« “Ushoahia”, un inédit de Yann Moix », pp. 220-222). Tout le monde sait ça, mais Viviant ne mentionne Les Porcs que pour mieux les évacuer, preuve qu’il n’a pas lu le livre. Même pas les extraits dans Nabe’s News n°22 (2 septembre 2019) sur lesquels 10 000 personnes ont cliqué à sa sortie ?
     Mais qui a balancé Ushoahia ? Contrairement à ce qu’a osé écrire ce pourri de Saïd Mahrane dans Le Point, ce n’est évidemment pas Nabe qui a « balancé » Ushoahia (pas son genre), il l’a seulement décrit dans Les Porcs d’après les infos d’Alex Moix… Viviant se rapproche de la vérité en reprenant ce que racontait le journaliste David Doucet (figure connue « nabienne », intervieweur de Nabe en décembre 2013 pour Le Mouv’ et présent au lancement de Patience 1 en décembre 2014). Doucet donc disait qu’un « propriétaire d’un site influent d’extrême droite » a été approché, deux mois avant l’explosion de l’affaire Moix, par une journaliste belge venue lui vendre Ushoahia à la découpe : « Elle proposait de lui vendre les fanzines antisémites. Il y avait même deux tarifs : 400 euros pour les dessins seuls, 600 euros avec les textes » (dixit Viviant). On en conclut donc que L’Express a déboursé 600 balles pour tenter de planter l’auteur d’Orléans
     Bien que critique, Arnaud Viviant se laisse souvent embarquer par Yann Moix, dont il reprend les propos sans avoir l’air de comprendre qu’il ment toujours. Par exemple, quand Moix lui raconte cette anecdote : en 1998, Moix fête ses 30 ans au Bus Palladium et tente de réconcilier BHL et Nabe : l’auteur du Régal des vermines aurait tendu la main au directeur de la Règle du jeu qui l’aurait refusée ! Non seulement, ça n’a pas eu lieu, mais aussi fair-play que puisse être Nabe, c’est impensable qu’il veuille serrer de lui-même la main de BHL après tout le travail de sape et de boycott de l’éditeur Grasset ! D’autres témoins contactés par nos soins ont dit au micro de Nabe’s News se souvenir que Nabe, ce soir-là, a ouvert la première bouteille de champagne de sa poigne de fer et a tendu la première coupe versée par lui à … Raphaël Enthoven, souriant (ou à Justine Lévy, les versions divergent sur ce point crucial !)… Mais Moix a inventé le serrage foiré à Levy parce que ça « humilierait » Nabe a posteriori, et qu’il sait bien que Viviant déteste trop BHL pour aller lui demander la vérité (que d’ailleurs, on est persuadé que celui-ci la lui dirait).
     À propos de BHL, Moix revient sur son article publié sur le site du Point quelques heures après On n’est pas couché : « Le pardon de BHL, c’est le baiser de la mort. » Bah voyons… Moix sait que BHL salit tout ce qu’il touche (pas étonnant qu’il n’y ait pas eu de poignée de main avec Nabe…), il l’avait même dit dans un long article en mars 2013 dans Technikart, où il dit qu’à la sortie de Cinéman (son dernier film ?), début 2009, il avait demandé à BHL un article élogieux sur le film, ce que le « philosopheux » (comme l’appelait Moix) a fait et ce que le « menteur d’Orléans » (comme on l’appelle nous) dit avoir regretté quatre ans plus tard.
     Pour les futurs historiens littéraires qui se pencheront sur la psychologie de Moix, la publication par Viviant d’extraits du long mail que l’auteur d’Orléans écrit à la troisième personne lui a envoyé quelques jours avant leur rencontre pour Vanity fair seront précieux… Yann Moix y raconte la jeunesse de « l’enfant YM », décrivant sa mère en raciste et son père en hyper-sensible à la Shoah :

« En 1974, ou 1975, l’enfant YM fut giflé par son père pour avoir dessiné une croix gammée sur un de ses cahiers d’exercices. “Tu ne fais pas ça ! C’est mal ! C’est défendu ! Tu sais ce que c’est ?” Et, après la gifle, son père lui expliqua qui était Hitler et ce qu’il avait fait aux Juifs ; afin que la leçon portât vraiment, le père de YM alla chercher un livre de Christian Bernadac sur la déportation (il y avait de nombreux ouvrages de ce type à la maison) et montra à son fils une photo de Himmler devant un charnier qui traumatisa durablement ce dernier. »

     On peut s’arrêter là…
     En lisant Viviant, on reste donc perplexe. Sera-t-il impossible à jamais de résoudre, au fond, le seul grand mystère de l’affaire : malgré tous ses mensonges et ses arrangements avec la réalité largement prouvés, ses reniements incessants, les illogismes de sa pensée et la répugnance évidente qu’inspire le personnage, comment, oui, comment, les journalistes font-ils encore pour continuer à croire Yann Moix ?

Docteur Marty