vendredi 18 décembre 2020
Anciens numéros
Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Les dix ans de l’anti-édition

2010-2020 ! Dix ans ! Un peu d’histoire… Ça fait dix ans que l’anti-édition existe, un système fabriqué de toutes pièces et sur mesure pour un écrivain banni du milieu des Lettres depuis son apparition en 1985, et qui avait été édité par plusieurs maisons (Barrault, Denoël, Le Dilettante, Le Rocher et Gallimard) mais qui se retrouva en 2005 sans aucune possibilité de publier ce qu’il voulait hormis trois rééditions en 2006, et 2007 : Au Régal des vermines (Le Dilettante), Morceaux choisis (Léo Scheer), L’Âme de Billie Holiday (La Table ronde).
     Avec l’aide de sa femme de l’époque, Audrey Vernon, Marc-Édouard Nabe a construit en secret, à la fois un moyen de s’autoéditer par un procédé de commandes sur une plateforme internet, en se passant du diffuseur, du libraire et de l’éditeur, et en même temps s’est adonné à l’écriture, secrète elle aussi, d’un livre adapté à sa situation qui tourna vite à l’architecture élaborée d’un roman foisonnant sur la contemporanéité des années 2000 et qui s’est appelé L’Homme qui arrêta d’écrire.
     Le livre sorti en surprise en janvier 2010, ainsi que l’anti-édition qui le portait, a occupé le monde des Lettres toute l’année jusqu’aux portes du prix Renaudot en novembre, pour lequel Nabe compta sur les soutiens de Patrick Besson, Franz-Olivier Giesbert et JMG Le Clézio. Le prix échut finalement à Virginie Despentes, les hommes de lettres, critiques, et autres journalistes ne se résolvant pas à permettre à Nabe de s’enrichir sur son propre dos plutôt que d’engraisser leur petit personnel.
     L’anti-édition continua par L’Enculé sorti l’année suivante (2011) puis la réédition de son Régal (en 2012). Ensuite, le premier tome de Les Porcs (2017), suivi d’Aux Rats des pâquerettes en 2019. Même si l’on compte les quatre numéros de la revue Patience anti-publiés de la même façon, cela reste maigre : 4 livres inédits + une réédition… La faute à qui ? Pas à Nabe qui n’a jamais arrêté d’écrire et qui selon son habitude mène plusieurs livres en chantier qui étaient parfaitement prêts, sans oublier les rééditions possibles de ses titres épuisés dont il possède les droits (par exemple Je suis mort, Non, ou Rideau)… Mais étant en auto, pour ne pas dire anti-sponsoring complet, et refusant d’utiliser la précommande et le crowdfunding ainsi que la souscription, il attend à chaque fois d’avoir la somme requise pour imprimer ensuite et distribuer, toujours à ses frais, ses ouvrages.
     Les finances nabiennes, on le sait, dépendent exclusivement de la vente de ses livres et surtout de ses tableaux, qui, heureusement, sont acquis régulièrement par des amateurs judicieux. Voilà pourquoi l’anti-édition fonctionne et, espérons-le, fonctionnera de mieux en mieux dans cette époque qui va voir, fort heureusement, s’éteindre les ruffians de l’art, doublés des pleurnichards de la culture qui font vivret grâce aux artistes leurs sinistres libraires, salles de cinéma, théâtres, galeries, et autres officines de l’escroquerie anti-artistique contemporaine.
     Exemple unique dans l’histoire de l’art — de Victor Hugo qui était parvenu à toucher 50% de ses Misérables aux Lacroix jusqu’à Guy Debord qui pouvait se permettre de se passer de toute publicité et de médiatisation grâce à son sponsor producteur de cinéma Gérard Lebovici — Marc-Édouard Nabe, grâce à une équipe redoutablement efficace d’une douzaine de fervents techniciens compétents et d’amoureux de la littérature (hommage aux pionniers Laurent Bosc et Constantino Serra), a réussi sa première décennie anti-éditrice. Nous lui souhaitons d’autres fructueuses années à venir avec plus de tableaux vendus encore pour plus de livres édités toujours !
     Nous offrons ici, grâce aux archives de l’auteur, des documents de toutes sortes sur cette anti-édition et son livre phare inaugural, L’Homme qui arrêta d’écrire : photos, textes, manuscrits, messages, inédits divers… Avec en rappel, les premières pages que Nabe a publiés contre les complotistes, dès 2010, et qui se trouvent à la fin du roman, et qui n’ont pas été assez relues ni méditées au regard de l’ampleur que le fléau a pris en ces temps apocalypto-covidiens, c’est-à-dire « révélateurs grâce au Covid 19 »…

Pour en savoir plus sur L’Homme qui arrêta d’écrire et l’anti-édition, cliquez :

La fiche Wikinabia de L’Homme qui arrêta d’écrire
La fiche Wikinabia de l’anti-édition
Ainsi que trois études : 1, 2, 3

Et bien sûr… La page pour commander L’Homme qui arrêta d’écrire
NB : étant donné qu’il ne reste qu’une quarantaine d’exemplaires de L’Homme qui arrêta d’écrire (qui sera réédité, hélas, quand les fans auront des dents…), le prix des 20 prochains est obligé d’être augmenté. Merci de votre compréhension.