lundi 25 septembre 2017
Anciens numéros
Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Mail de Nabe
à la concubine
de Loffredo

Mercredi 18 janvier 2017

Ma chère Virginie,

     Je comprends la tristesse et la déception d’Yves.
     J’ai essayé de l’appeler plusieurs fois pour qu’on discute mais il n’a pas répondu, d’autres amis à nous aussi ont essayé sans plus de succès.
     Bien sûr, ça a dû lui faire un choc de lire les épisodes et les jugements portés sur lui tel qu’il était il y a dix ans, mais on en avait tant parlé ensemble, de ce décalage, et il avait tellement affirmé aux autres, Rafaël, Antoine, Tommy, Laurent, Nicolas, Pierre, etc. qu’il était capable de l’assumer (et même de le défendre) que nous sommes tous consternés par le choix de sa « défense ». Comme s’il y avait une « attaque » ! Je rappelle que ce livre, auquel il participait lui-même il y a encore 15 jours, n’est pas un pamphlet contre Yves Loffredo et sa famille, mais un char d’assaut rempli de nos idées à tous et lancé en direction de ceux qui nous fait déjà tant de mal… Avez-vous oublié le combat qui comptait tant pour Yves, et tout ce qu’il y a sacrifié, désormais pour rien ?
     Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de rester dans l’Histoire comme les censeurs de Marc-Édouard Nabe. Il y avait bien d’autres moyens de se parler. Le lendemain de sa première lecture du texte que nous lui avons envoyé en toute complicité, Yves s’était radouci et était prêt à venir me voir pour qu’on modifie ensemble les passages qui le gênaient, et puis silence. Il a commencé par briser son engagement de verser à l’imprimeur l’acompte pour notre livre, puis silence encore, puis il m’a fait livrer les huit cartons de Patience que vous aviez en dépôt dans votre cave, puis ce fut cette affreuse visite matinale d’un huissier m’assignant en justice, pour la toute première fois dans ma vie, et par Yves Loffredo !
     Bien des personnages « offensés » dans mon journal intime m’ont fait la gueule, ont rompu avec moi, m’ont calomnié et finalement ont attendu que ça passe… J’ai toujours accepté la rupture, mais être convoqué par un proche au tribunal dans le but d’empêcher mon livre de sortir et de réclamer de l’argent à un artiste dont vous savez mieux que personne qu’il n’en a pas, est une singularité qui ne pourra pas, d’une quelconque manière, se retourner à votre avantage. La machine que vous enclenchez là risque de donner à Yves une réputation bien plus grave que celle qu’il craint d’avoir après la publication de notre livre…
     Pendant dix ans, vous avez eu assez de temps pour me connaître et m’approuver, et même critiquer sans retenue les anciens « amis » qui m’avaient trahi pour des questions d’orgueil. Voilà pourquoi votre assignation enrichie de bien des pièces désobligeantes et même déshonorantes m’a particulièrement blessé. Je pense que ça suffisait comme « punition ».
     Quand je dis « vous » c’est que je ne peux pas supposer que toi, Virginie, mère de famille et spécialiste en droit, tu ne suives pas de très près cette opération judiciaire anti-Nabe menée par mon plus fidèle lieutenant…
     Puisse Dieu, dans les bras de qui vous avez confié le salut des âmes de Justine et de Maxine, vous ramener à la raison !…
     Je vous conjure de retirer cette assignation très vite. Et voyons nous dans un cadre plus serein pour revoir les extraits qu’Yves aimerait supprimer, comme je le lui ai déjà proposé. Après ce vendredi, 20 Janvier 2017 à 11 heures, il sera trop tard.

Je t’embrasse

Marc-Édouard NABE