mercredi 6 juin 2018
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Wikipédia censure Patience !

Cet article est long parce qu’il faut beaucoup de patience pour révéler la censure. Ce n’est pas qu’une vue de l’esprit, mais un travail méthodique qui démontrer la perversité du censeur. C’est toujours pour des raisons étrangères au censuré, des détails permettant progressivement de contester l’ensemble du travail. Gébé, dans une vidéo censurée sur Youtube qu’on ne trouve désormais que sur Nabe’s News, disait que les théâtres pornos étaient fermés sous prétexte que l’on voyait déjà du cul partout. Une censure souriante, qui hausse les épaules tout en tapant sur les vôtres. Durant ces dernières semaines, je me frotté au monde « sympa » de Wikipédia en qualité de rédacteur. L’encyclopédie en ligne prend une telle ampleur aujourd’hui qu’elle devient la source unique de toute la population. Ce qui n’est pas sur Wikipédia n’existe pas. Et Nabe ne doit pas exister, donc il n’a pas sa place sur Wikipédia…
     Tout a commencé un samedi de janvier 2018. J’avais déjà dans le passé bidouillé des pages sur Wikipédia et j’ai voulu utiliser mes connaissances pour Marc-Édouard Nabe. Quelle idée ! Je ne connaissais pas l’historique tumultueux de l’article consacré à l’écrivain quand j’ai commencé à créer une page par livre. Mon projet prenait rapidement forme, je voulais faire une chronologie, pour que le curieux puisse passer d’un livre à l’autre, mais aussi une palette, pour avoir d’un seul coup d’œil l’ensemble de son œuvre. J’ai pu travailler pendant deux mois, créant, corrigeant, complétant tout à fait tranquillement les différents articles. Mais c’était sans compter l’obstination de la censure pratiquée sur Wikipédia…

     Avant de me lancer, je prenais Wikipédia pour une organisation anarchiste, sans chef ni hiérarchie. Première erreur : Wikipédia copie les travers de l’administration et sa mentalité de fonctionnaire. Il y a des chefs et des sous-chefs et ils se font même des sorties ensemble, en organisant des rencontres chaque année dans des restaurants. « Jean-Jacques Georges » (j’y reviendrai…) trinque avec « Manacore », qui taille le bout de gras avec « Éric Messel » au Vérona, 25 avenue Corentin Cariou, à Paris, quand ce n’est pas « Oiseau des Bois » qui monte à la capitale pour tirer les rois en 2017… Geeks ou excentriques, ils sont rarement mus par une passion, qui pourrait se traduire par un partage de leurs connaissances. Le plus souvent, ce sont des correcteurs, qui changent une virgule, quand ils ne revêtent tout simplement pas l’uniforme des flics de l’encyclopédie.

Fais gaffe à tes plumes, « Oiseau des Bois » !

     Ma seconde erreur a été de croire que la discussion argumentée pouvait faire changer d’avis. Pas du tout ! Je vous le dis : il y a des flics, et on ne discute pas avec un flic. Un coup de sifflet, et il faut se ranger sur le côté, en se taisant, en baissant la tête, sinon c’est le coup de matraque ! Mentalité de fonctionnaire, je le répète… Dans la nuit du 18 mars, j’ai eu une sale notification sur mon portable : « Oiseau des bois » avait décidé que l’article sur Patience méritait la suppression. Je trouvais le procédé stupide : l’article était sourcé, pas publicitaire pour un sou, et parlait d’une forme d’expression nouvelle d’un écrivain connu depuis plus de 30 ans. Ce qui a dû gêner, pensais-je innocemment, c’était l’appellation « magazine » pour ce qui tenait plus du livre illustré. Mais Marc-Édouard Nabe parle de magazine, tout comme le site de la BNF, il n’y avait donc aucune raison de le modifier. J’avais supprimé le bandeau, mais au réveil, il était de retour, accompagné d’un petit texte signé « Oiseau des bois », plutôt vexé : « Bandeau retiré quelques heures après son apposition. La page ne donne pas l’impression que ce magazine soit connu. Pas certain que les critères de notoriété concernant les entreprises de la presse écrite soient respectés (Wikipédia:Notoriété des entreprises, sociétés et produits). Possibilité d’autopromo par l’auteur lui-même ».
     Face à cette situation, j’avais envoyé un mail correct à « Oiseau des bois », dans lequel je manifestais mon souhait de discuter des motifs invoqués pour la suppression de Patience. Plutôt que de me répondre directement, il a préféré le faire en public, manquant totalement de classe et d’élégance : « Je vais vous dire le fond de ma pensée : Vous êtes monsieur Nabe, et vous souhaitez utiliser Wikipedia comme support marketing. Supposons que je me trompe : dans cette hypothèse, je vous présente mes excuses. Mais la quasi-totalité de vos contributions concerne ce monsieur, et je trouve cela hautement suspect. S’agissant du retrait du bandeau d’admissibilité à vérifier, vous avez retiré deux fois ce bandeau sans donner la moindre explication [faux, il suffit de lire le journal des modifications, aujourd’hui supprimé], ni sur les pages personnelles de discussion des deux apposants [sic] du bandeau (dont moi-même), donc « en catimini », ni sur la page de discussion de la page (page de discussion vierge de tout commentaire à cette heure). Maintenant vous donnez des leçons de savoir-vivre ? Je pense que vous auriez pu y penser avant.. »

     Le problème des contributeurs Wikipédia reste leur manque de curiosité. Ils ne vont pas aux bonnes sources, bien sûr ! Il aurait suffi de se renseigner un minimum pour répondre à chaque motif, mais c’est au créateur de la page de se justifier, pas à l’accusateur. Ce dimanche-là a été terrible. Moi qui travaillait sur ces pages depuis des mois, qui essayait au maximum de respecter les critères de Wikipédia, je voyais l’eau me monter aux chevilles et imaginais tout le travail couler dans la semaine. Pas de Nabe sur Wikipédia ! Je me suis défendu comme j’ai pu : « Respect des critères d’admissibilité exigés par Wikipédia. Ton neutre et objectif (pas d’auto-promo, accusation sans fondement) ». Je rédigeais un long texte de justification comme si j’étais un avocat en pleine plaidoirie. Mal foutu, et de toute façon inutile : je n’étais pas lu et aidé de personne. Seul face à mes « juges », je m’épuisais en tentant de les convaincre. En guise de réponse, « Oiseau des bois » m’a accusé d’être Nabe, me promettant des excuses s’il se trompait. Tu parles ! Puis c’est autour d’« Arroser » de partager le sentiment d’« Oiseau des bois » pour critiquer mes 30 créations de page en 10 semaines, parlant de « contributions proches du spam ».

Le cas « Jean-Jacques Georges », « star » d’Envoyé Spécial

     Puis vient « Jean-Jacques Georges », le fameux ! Internet lui a déjà réservé quelques pages… Lui, Patience lui a fait quelque chose, c’est certain ! Il vote pour la suppression de l’article en parlant de la biographie, jugeant son ton « édulcoré » et réclamant sa modification. Ce qui n’a rien à voir avec Patience et montre bien qu’il ne connait pas son sujet. La seule modification qu’il a apportée à la page, c’est le 15 août 2007 : il la classe dans la catégorie « Antisémitisme en France » après avoir précisé dans le texte : « Nabe est accusé d’antisémitisme : au cocktail suivant l’émission, il est physiquement agressé par Georges-Marc Benamou ». Le même jour, il précise : « Lors de son passage dans l’émission de Laurent Ruquier On a tout essayé le mercredi 18 octobre 2006, le chroniqueur Gérard Miller a lu à l’écran un montage de courts extraits d’Au Régal des vermines, pris hors contexte, dans lequel Nabe exprimerait des opinions racistes et antisémites. Nabe a alors quitté le plateau, sans s’expliquer, sous les huées et les applaudissements mêlés du public. » Ce qui intéresse « Jean-Jacques Georges », c’était l’antisémitisme de Nabe. Finalement, tous les articles créés sur les livres de Nabe, leur accueil critique et leur écho ne lui ont rien appris et ne pèsent rien face au préjugé et à l’idée reçue. « Jean-Jacques Georges » est un Porc au sens donné par Nabe : la réalité n’a aucune espèce d’importance, ce qui compte est l’opinion que l’on fait des choses.
     En avril 2014, il intervient lors de la querelle menée par Stéphane Zagdanski, qui insista pour faire de Nabe un coprophile après la parution dans L’Infini de l’« Eunuque raide » : « Que Nabe invective Zagdanski, cela semble avéré, qu’il l’attaque sur sa vie privée, c’est probable (c’est en tout cas ce qui ressort de l’article de Jérôme Dupuis). Mais que Nabe soit « coprophile » ????‼ ! Ce n’est pas parce que quelqu’un utilise des arguments scatologiques (que ceux qui relèvent ou non de l’humour) qu’il aime manger du caca, ou se rouler dedans. Il me semble d’ailleurs que c’est Nabe qui accuse Zagdanski de « coprophilie », mais au sens figuré du terme : or, le lecteur tendait à comprendre, dans cette phrase, que c’est Nabe qui était coprophile, au sens propre du terme (le mot “propre” est un peu déplacé dans ce contexte) Bref, il est normal d’évoquer le clash entre ces deux écrivains, mais il faut le faire dans des termes qui n’induisent pas le lecteur en erreur. Et, surtout, ne pas faire d’interprétations personnelles ».

     Mais le retournement de « Jean-Jacques Georges » intervient avec Patience qu’il n’a pas lu bien sûr, ni même feuilleté. Car ces anonymes censeurs-délateurs ont la particularité de décider d’effacer aux yeux du public des œuvres dont ils n’ont jamais pris la peine de prendre connaissance. C’est ça, la wikicratie !
     Mon aventure wikipédienne m’a permis de découvrir le fonctionnement de l’encyclopédie en ligne. Il existe un « Bistro » qui est une sorte de forum de discussion dans lequel les contributeurs discutent de sujets qui ont trait à l’encyclopédie. En septembre 2015, ce « Bistro » est sollicité pour une modification intervenue sur la page de Marc-Édouard Nabe, qui rajoutait l’interdiction par Martine Aubry de la conférence en mars 2012 à Lille, avec Tariq Ramadan et Nabil Ennasri. Alors qu’il pouvait être plutôt mesuré dans la critique, le voilà qui se lance dans une description des défauts de la page. Et ne comptez pas sur lui pour les modifier, il n’y connaît rien ! « Ca [sic] fait longtemps que, par manque de courage – mais aussi d’intérêt pour le sujet, qui m’intéresse un peu mais pas assez pour y dépenser toutes mes réserves d’énergie à essayer de le neutraliser – j’ai cessé de suivre la page Nabe ». Parmi les défauts, il y a les « tartines promotionnelles ». Depuis, ça a été bien corrigé, et mes pages ne versent pas dans la publicité (horreur de la pub).

     Il tombe dans l’approximation, encore une fois : « Contenu assez évasif sur certains points (notamment sur ses livres Une lueur d’espoir et Printemps de feu : il a écrit quoi dans ces ouvrages [il suffit de les lire…] ? Si je ne m’abuse ces écrits ont été très controversés [il n’y a que la controverse qui l’intéresse] et – là, j’ai un doute [un seul ?]– pourraient avoir contribué à causer la rupture avec les éditions du Rocher [pas du tout], après le rachat de la maison ; en outre, il faudrait expliquer de façon plus précise l’histoire de ses rapports avec Le Rocher [je l’ai fait en 2018, mais c’est encore trop « édulcoré »], éditeur qui publiait absolument tout de lui, quitte à perdre de l’argent – il me semble que l’ancien patron du Rocher était un peu son “mécène” [que Jean-Paul Bertrand soit ici remercié] – puis qui après son rachat lui a “coupé les vivres”, d’où le procès qui les a opposés). ». Il continue en dénonçant le manque de sources… J’ai finalement répondu à son appel, mais ça pinaille quand même. La mauvaise foi, sans laquelle il n’est pas de censure possible, se trouve dans l’évolution des arguments au fil de la conversation. Les sources ne sont qu’un prétexte parmi d’autres pour justifier le caviardage. On pointe des défauts qui, une fois corrigés, sont suivis par de nouveaux défauts, en attendant la phrase toute simple qui ne vient jamais et qui pourrait être : « Je ne veux pas de Nabe sur Wikipédia ».
     Même s’il affirme se désintéresser de Nabe, il est quand même informé de son actualité : « Quant aux tribulations politiques de Nabe, même si ce n’est pas toujours forcément de la littérature – quoique, lui est peut-être convaincu que tout ce qu’il fait est un roman – ça fait aussi partie du personnage. Mais le souci est que, malgré ce que l’intéressé et ses fans semblent en penser, il ne semble pas que cela passionne toujours les foules (à moins que je ne me trompe) d’où le manque relatif de sources sur certaines de ses sorties ». Tout est littéraire chez Nabe ! Il aurait suffi de le lire, de s’y intéresser un minimum. Tant pis pour les masses (quel argument…), puisqu’on la prive de lire Nabe, grâce à la critique qui dégoûte de la littérature à force de célébrer des non-livres. Combien de jeunes aujourd’hui découvrent avec bonheur la littérature de Marc-Édouard Nabe et y trouvent des trésors qui les aident à vivre ? Je n’aurais pas choisi « ArtBlakey » comme pseudo si je n’avais découvert Moanin ou A night in Tunisia en lisant le Journal Intime !

     Je précise que l’on est toujours en septembre 2015, dans le « Bistro » de Wikipédia et que c’est « Jean-Jacques Georges » qui écrit sur Nabe : « C’est un “marginal” – ça fait d’ailleurs partie du personnage qu’il s’est créé – mais il a su se donner une image inversement proportionnelle à la taille de son lectorat de la plupart de ses livres : d’ailleurs cela finit par porter ses fruits puisqu’il me semble que “L’Homme qui arrêta d’écrire” – son “come-back” littéraire après sa rupture avec son éditeur – a été un succès de ventes à son échelle. Et puis attention, un peu de respect, on parle quand même de l’homme à qui Internet doit tout (cf. l’article de l’Express de mars 2011) ». « Un succès de ventes à son échelle » : un triomphe plutôt ! Parvenir à vendre vraiment 8000 exemplaires d’un long roman, en défiant tout le système éditorial, il fallait être super-fort ! Je suis persuadé que « Jean-Jacques Georges » ne connaît pas du tout Marc-Édouard Nabe, qu’il ne s’est pas intéressé à son parcours. On ne demande pas de tout lire, mais au moins de parler en connaissance de cause.

     Et c’est le même qui dit avoir « cessé de suivre la page Nabe », qui la commente en décembre 2015, lorsque la presse française signale le numéro 7 de Dar al-Islam, reprenant de longs passages de Patience : « En ce qui me concerne, j’ai eu jadis une petite curiosité pour le côté “trublion” de Nabe, mais depuis qu’il a entamé ce virage – que j’ai renoncé à suivre en détail – après le 11 septembre, je dois dire que j’en ai ras-le-bol de ce personnage. […] je trouve sa prose d’une surprenante faiblesse quand il ne donne pas dans le registre “polémique/provocation” – le seul dans lequel il semble s’épanouir ». C’est faux, vu qu’il s’intéresse encore au personnage en 2014, lorsque le vandale Zagdanski est venu envahir l’article sur Nabe. Il y a bien un « effet Patience » sur « Jean-Jacques Georges », qui n’est pas à une contradiction près. Pour lui, la prose de Nabe est « d’une surprenante faiblesse » quand elle « ne donne pas dans le registre “polémique/provocation” », mais n’apprécie pas les pamphlets de l’écrivain… Et pour enfoncer le clou, il écrit une bêtise : « je dirais que le plus triste pour un personnage de ce genre, c’est de ne même plus arriver à faire scandale, un peu comme Gabriel Matzneff dans un autre genre », alors qu’au même moment, Nabe fait scandale en raison de Dar al-Islam et de sa « Nabologie du terrorisme » !

Patience, les anti-Patience

     Et si ça s’arrêtait là ? Eh non ! Les arguments anti-Patience ont eu raison de l’article, qui a disparu de l’encyclopédie le 26 mars 2018. La palette en a pris un sacré coup. Ça s’est joué au vote : j’étais le seul pour, contre deux contre le maintien, et deux appelant à la suppression immédiate ! Peu importe les arguments, il faut que les faits répondent à leur vision de l’écrivain. Ce qui est arrivé à Patience se reproduira d’ici quelques mois sur d’autres pages. Le 18 mars, le même jour que pour Patience, « Oiseau des bois » a contesté l’admissibilité des articles sur J’enfonce le clou, Le vingt-septième livre et L’Enculé. Je n’étais même pas à l’origine de la page sur le roman de DSK, qui existe depuis le 10 novembre 2011, grâce à « VincentDDD », qui avait même créé une page « anti-édition », supprimée dans la foulée. Mais comme pour l’oiseau, je suis Marc-Édouard Nabe, l’existence de l’article prend une autre tournure… Il demande aussi la suppression de Morceaux Choisis, de La Vérité et de L’Éternité. « Jean-Jacques Georges » veut voir disparaître Nabe’s News ainsi que l’article sur le recueil Loin des fleurs malgré les appréciations critiques de François Busnel et Jacques Chancel. « Arroser » est venu également appeler à la suppression de L’Affaire Zannini et Éclats de Nabe.

     J’ai passé du temps à développer mes arguments chaque page. Quel temps perdu pour des motifs étranges… J’enfonce le clou est un des 700 livres parus en 2004, donc pas de quoi en faire un article. Dès lors, il ne faudrait plus un livre sur Wikipédia. Je me suis amusé à relever les livres parus cette année et qui ont fait l’objet d’un article : aucun n’a pas la structure ni le sérieux requis pour apparaître sur Wikipédia : un livre de Remi Madoui (qui ?), un texte (même pas un livre) de Sœur Emmanuelle, une pièce de Yasmina Reza, des traductions de livres étrangers…

     Pour Le Vingt-septième livre, j’ai attaqué la notion de « Buzz médiatique ponctuel » et surtout l’argument que Nabe avait publié le livre à compte d’auteur au Dilettante et que le livre n’était plus disponible à la vente ! Voilà le genre de conneries auquel je dois me confronter… Le Vingt-septième livre est disponible 7 place de l’Odéon, à Paris, à la librairie du Dilettante, tout comme les autres Nabe parus chez cet auteur (à compte d’éditeur), également Patience 3 ou Les Porcs 1, ou dans les rayons de n’importe quelle autre librairie…

     Enfin, pour L’Enculé, je demandais pourquoi les articles sur Nabe subissaient un examen plus sévère que des milliers d’autres pages sur Wikipédia ? Parce qu’en tant que lecteur, j’en ai lu des articles mal foutus, sans sources ni plan, et qui existent depuis des années sans que cela ne pose le moindre problème. Il semble que la littérature en général, et celle de Nabe en particulier, fait l’objet d’un traitement spécial. Cet article-là a depuis été modifié par mes soins, et j’en ai profité pour virer le bandeau, jusqu’à quand ?… Quand on lit dans Le Point que Marcela Iacub a publié son roman sur DSK après que Nabe a publié le sien sans problème judiciaire, on peut se dire que L’Enculé a sa notoriété propre !

     Plutôt que d’admettre que j’avais bien répondu aux remarques, « Oiseau des bois » a préféré ouvrir la discussion au « Bistro » le 25 mars. Immédiatement, je comprenais que la bande de Patience avait venir contester le travail. Ça n’a pas loupé. Dès le début, j’ai suivi la conversation sans participer, afin de vérifier si les mêmes allaient intervenir. Le premier m’a surpris : « PHIL34 » écrivait justement : « Bonjour, sur chacun des [sic] ces articles il y a des sources, donc en quoi l’admissibilité de ces pages devraient être vérifiées ? ». Enfin un peu de sagesse, mais suivie par personne !

     Puis tout s’est brisé : « Jean-Jacques Georges » est arrivé, en se pressant, bien entendu, pour casser un écrivain dont il ne suit plus le parcours, dit-il, mais dont il dira quand même tout le mal qu’il en pense. Comme d’habitude, il parle d’autre chose pour justifier son immixtion dans la conversation : la palette, les articles sur L’Éternité, Loin des fleurs, K.-O. et autres contes, Éclats de Nabe, La Marseillaise…  « Même pour Les Porcs 1, on pourrait se poser la question, car j’ai l’impression qu’après une sorte de “come-back” avec L’Homme qui arrêta d’écrire il semble de nouveau faire l’objet d’une sorte de black-out (peut-être du aux insanités qu’il s’est mis à proférer au sujet du djihadisme : ce serait, dans ce cas, tout à fait mérité) ».

     Pour « Jean-Jacques Georges », la liberté d’expression d’un écrivain qui a toujours été pro-arabe mérite « une sorte de black-out ». Puis, il continue en comparant la notoriété des livres de Nabe avec les téléfilms érotiques diffusés le dimanche soir sur M6 : « Bref, autant certains écrivains du personnage ont été remarqué, autant il n’est sans doute pas indispensable de consacrer une page à n’importe quel texte portant sa signature. Ou alors, je vais revoir ma position sur les téléfilms érotiques de M6 qui ont été suivis en leurs temps par beaucoup plus de monde ». Argument ridicule, puisqu’il n’existe pas une page par article publié par Nabe dans l’Idiot international, l’Infini ou l’Éternité… En parcourant ses pages, on est frappé par le nombre de fois où « Jean-Jacques Georges » parle de cul. Sa page de présentation montre la photo d’une femme (asiatique, comme sa vraie femme) en lingerie et talons hauts : « Une image pour garder le moral malgré ma tendance à l’auto-flagellation. Je la garde aussi parce que sa publication sur le bistro avait, croyez-le ou non, provoqué un [sic] vive polémique au sujet du sexisme rampant dans l’encyclopédie. ».

     Pour contrebalancer l’image « sexiste », il place sur le même plan une « image de femme non sexiste » qui n’est rien d’autre qu’une femme en burqa… Plus bas, c’est une photographie de Lucy Liu au festival de Cannes 2008, légendée « Cheers ! ». Plus loin, il écrit : « Par ailleurs, depuis quelque temps, j’ai tendance à m’intéresser aux pages consacrées au cinéma pornographique : pas forcément par accès de lubricité, mais parce qu’elles ont tendance à proliférer et que la plupart sont dans un état déplorable, faute de sources sérieuses et de contributeurs prêts à les remettre d’aplomb ». Dans le précédent numéro de Nabe’s News, un extrait d’un reportage d’Envoyé Spécial montrait comment « Jean-Jacques Georges » négociait avec sa femme pour aller sur Wikipédia. Maintenant on sait qu’entre deux modifications sur Wikipédia, il se branle en regardant des vidéos de cul catégorie « Asiatique ». Comment ça, c’est pas vrai ? Peu importe, ce qui compte, c’est ce que je pense !
     Dans la même discussion, « Arroser » juge « disproportionnée » la présence de Nabe sur Wikipédia. Il devrait travailler avec « Jean-Jacques Georges » pour tout supprimer, sauf l’article consacré à l’écrivain, qui n’évoquerait que l’antisémitisme…Et pour justifier toute la suppression, « Jean-Jacques Georges » invoque Nabe’s News : « Au régal des vermines avait été relativement remarqué en son temps – une sorte de mini-scandale, car l’auteur s’était fait casser la gueule après son passage à Apostrophes, au pot qui suivait l’émission – mais pour des sujets comme Nabe’s News, je suis très, très dubitatif… », avant de poursuivre : « à quelques exceptions près comme son premier et L’Homme qui arrêta d’écrire, la notoriété des livres de Nabe a toujours été très relative, le personnage éclipsant un peu l’oeuvre à la manière d’un Jean-Edern Hallier. Reste à savoir si le “très relatif” doit être considéré comme se situant du bon ou du mauvais côté de la limité d’admissibilité. Je tends à penser que c’est au cas par cas… ». « Le personnage éclipsant l’œuvre », mais à qui la faute si Nabe est systématiquement ramené à Apostrophes et Au Régal des Vermines ? Comme si ses livres n’étaient que des prétextes pour cacher sa véritable nature d’antisémitisme fascisant d’extrême-droite… Ils n’ont pas lu Nabe, ils ne le connaissaient pas, mais ils savent ce qu’il est.

     Je suis finalement intervenu dans la discussion pour comparer mes pages sur Nabe avec celles d’un seul contributeur ne travaillant que sur les livres de Patrick Grainville. Et si « RobertLittré » était en réalité le pseudo de Patrick Grainville ? Après tout, lui aussi ne fait que travailler sur les livres du nouvel académicien… Pourtant, ces pages ne posent aucun problème, alors qu’elles sentent la publicité et ne répondent aux critères exigés pour Nabe (des sources fiables, une notoriété du livre et pas uniquement de l’auteur). « Jean-Jacques Georges » a préféré botter en touche, pour ne dire qu’il a fait preuve de mauvaise foi :
Jean-Jacques Georges : « Je n’ai pas d’avis arrêté sur Patrick Grainville […] »
ArtBlakey : « Ne pas avoir d’avis sur Grainville vous permet de ne pas répondre sur le fond et ne vous empêche pas d’en avoir visiblement un sur Nabe. »

Des sourds à tout

     Le pire dans toute cette histoire, c’est qu’ils n’écoutent rien ! Depuis le début, j’argumente et je me défends, mais ils s’en foutent… Tout n’est qu’idées reçues et préjugés, quand ce n’est pas mensonge tout bêtement. Il suffirait pour eux de regarder ceux que je suis en train de faire pour comprendre : variété des sources, ton neutre. Pour eux, qui sont habitués à corriger des articles à longueur de journée, ils ne parviennent plus à lire. C’est un défaut d’internet, on parcourt, on survole, mais on n’approfondit plus rien. C’est le même mécanisme qui se répète de page en page : un contributeur critique le contenu de la page, je réponds aux critiques, puis ce sont d’autres critiques qui apparaissent pour contester la page. Si je me plains, je suis un Calimero et on moque ma soi-disant proposition à me sentir victime d’un complot du monde entier… Du petit monde de Wikipedia, plutôt !
     Finalement, le 26 mars, au bout d’un jour de « discussion » sur le « Bistro », je reçois un message signé « Oiseau des Bois » : « Les débats sur le Bistro n’ont pas permis, à mon sens, de trouver un consensus sur la conservation ou la suppression des pages. Je vais donc garder les pages avec leurs bandeaux. Le délai de passage en procédure de vérification étant environ de 8 à 9 mois, les débats devraient avoir lieu en novembre ou décembre 2018. », que je rectifiais dans ma tête en : « Je n’ai pas trouvé suffisamment d’anti-nabiens pour faire passer tranquillement ma censure, mais ce n’est que partie remise en fin d’année. »

     Après un temps de répit, j’ai repris mes modifications le 7 avril, date de naissance de Billie Holiday, en ciblant les passages qui leur posaient un problème. Des sources ont été rajoutées aux articles sur La Vérité et L’Éternité, pour prouver leur importance, puisque j’invoquais la presse française et suisse ! Et ça n’a servi à rien. Le bandeau contestant l’admissibilité de la page est passé de « Journal tiré à deux numéros. Notoriété non caractérisée. Une seule source dans la page » à « Journal tiré à deux numéros. Notoriété non caractérisée. Les sources indiquées concernent la parution de ces deux numéros, chose habituelle et même anodine pour tout nouveau titre « subversif », mais la notoriété sur le long terme ne semble pas avérée. », alors qu’Anthony Palou avait mentionné le titre dans un article de 2012 dans Le Figaro.


     Et ça se répète avec La Vérité, où le bandeau est passé de « Journal tiré à quatre numéros. Notoriété non caractérisée. Trois sources dans la page, dont deux peu pertinentes » à « Journal tiré à quatre numéros. Notoriété non caractérisée. Cinq sources dans la page, dont quatre peu pertinentes (ainsi les sources de L’Express et du Figaro ne sont pas centrées sur ce journal) ».


     L’article Éclats de Nabe a été bien estropié également. Au début, il y avait une simple liste d’épisodes, classées en fonction de la saison. C’était assez moche et ça manquait d’information. Alors, j’ai fait un grand tableau, avec ajoutant la date de tournage (approximative quand elle n’était pas donnée) et la date de diffusion, avec un éventuel commentaire signalant l’apparition d’une personnalité. Je ne traitais pas les Éclats comme un produit Youtube, mais bien comme une œuvre cinématographique diffusée gratuitement sur la plateforme. Tout est passé à l’as, sur la décision de la contributrice « Fougère du Nord », suivi dans la journée de l’intervention d’« Arroser », qui a supprimé tous les liens menant vers les vidéos, utilisées comme autant de preuve de ce que j’écrivais, tout en éliminant bêtement la retranscription de l’échange entre Nabe et Henri Godard, pourtant effectuée par le Bulletin Célinien ! Et sur Nabe’s News, le procès intenté par Raffaël Énault ne suffit pas à démontrer le poids de la « gazette numérique » aux yeux des contributeurs… Peut-on enfin parler d’« une notoriété indépendante de celle de son créateur » ?

Pourquoi continuer ?

     Tout simplement parce que je suis sûr de moi, que je prends toujours au sérieux ce que je fais et que je n’ai pas un caractère à lâcher facilement. Parce que c’est juste que chaque livre de Nabe fasse l’objet d’un article, comme on peut avoir un article par album ou par film, pas toujours justifié… Parce qu’il est injuste d’avoir à devoir répondre à des exigences plus fortes pour Nabe, mais que ça m’amuse encore (jusqu’à quand ?) de chercher à trouver des arguments pour contrer les leurs. Parce que les idées reçues et les opinions ne devraient pas avoir leur place sur Wikipédia, que mes articles sont solides et sérieux, contrairement à d’autres contributeurs qui ont pu, dans le passé, faire n’importe quoi avec ces pages. Parce que c’est Marc-Édouard Nabe, que je connais ses livres et son parcours, et qu’on ne peut parler que de ce qu’on connaît… De toute manière, nos chers « Wikipédiens » sont déjà partis corriger des centaines d’autres articles. À la prochaine censure !

ArtBlakey