dimanche 26 novembre 2017
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Yves Loffredo touche le fond, par le Docteur Marty

Le 20 septembre 2017, j’ai assisté à la XVIIème chambre du TGI de Paris à un épisode judiciaire de l’affaire Nabe-Loffredo.

Il s’agissait de la nouvelle procédure « sur le fond » intentée par Yves Loffredo, le 8 août 2017 ! Loffredo réclame des droits d’auteurs pour les couvertures des livres, des dommages intérêts pour atteinte à sa vie privée, soit une somme de 28 000€) et le retrait du livre (rien que ça !). De plus, il cherche à se désister de l’appel, qu’il a pourtant formulé, contre l’ordonnance du 10 février, qu’il estime ne pas avoir été observée par Nabe. Tout ça, c’est David Vesper qui me l’a expliqué dans la longue file d’attente devant le tribunal. Le même après-midi, l’arrière-petit-fils de Georges Bernanos, Antonin, comparaissait pour l’incendie d’une voiture de police en mai 2016. Accompagné par Rayan, David me détaille tout. Quand j’avais lu Les Porcs, j’avais tiqué sur le paragraphe sur l’ivresse d’Yves Loffredo. Je m’étais d’abord dit que cette histoire de procès était un procédé pour passer rapidement sur cet épisode. Mais ce serait très mal connaître Nabe, qui ne cache rien de la vie des autres, et surtout de sa propre vie. Plus David me raconte, plus j’hallucine : un proche de Nabe pendant quinze ans qui fait rappliquer un huissier à la galerie. Ce traître de Loffredo l’avait pourtant rejointe en 2015, un an après sa fâcherie à cause de Patience. On n’est pas obligé d’être d’accord avec Nabe, il faut juste le laisser bosser.
     Je n’étais jamais entré dans le TGI de Paris. Nous arrivons devant la porte de la XVIIème chambre. David me raconte l’audience du 20 janvier, celle sur les passages à supprimer. Nabe avait fait sa défense tout seul, sans avocat, avec l’éloquence qu’on peut lui connaître. Aujourd’hui, la défense de Nabe est assurée par Isabelle Coutant-Peyre.
    Nabe arrive et nous salue. Toujours souriant, il ne semble pas inquiet par l’issue du procès. Elle pourrait pourtant anéantir son anti-édition. Il raconte qu’il s’engueule souvent affectueusement avec son amie avocate. Nous entrons dans la salle : minuscule ! Nous sommes tous les quatre dans une salle vide. Quelques minutes plus tard, Coutant-Peyre arrive et nous salue, elle aussi souriante. L’avocat de Loffredo, Nicolas Brault arrive à son tour. Avant l’audience, on voit la tête de l’avocat Francis Szpiner jeter un œil dans la salle pour voir qui Coutant-Peyre pourrait bien défendre cette fois-ci, après Carlos, Youssouf Fofana ou Dieudonné… L’audience s’ouvre à 17h10. Soudain, cinq autres personnes entrent, tous déjà rencontrés à la galerie.
   Les rangs d’Yves Loffredo sont vides. L’intéressé a préféré se faire représenter uniquement par son avocat, Nicolas Brault (Nabe dirait-il vrai sur la lâcheté de Loffredo ?). Le juge Rondeau, celui qui avait condamné Nabe à retirer trois passages dans son manuscrit, et qui était prévu pour trancher cette nouvelle « affaire », est finalement remplacé par un autre juge. À 17h10, l’audience est ouverte. Coutant-Peyre prend la parole, la voix fatiguée par une angine, mais avec une certaine énergie, manquant de vexer le juge… En avocate de la défense, elle attaque l’avocat de Loffredo sur ses conclusions et son acharnement. Elle lui reproche de la harceler de mails et de lui avoir envoyé ses conclusions, longues de plusieurs pages, la veille de l’audience, dans la soirée… Elle fait remarquer au juge qu’une des pièces présentes dans son dossier date du 20 septembre 2017, alors que le dossier a été transmis le 19… Faux ou antidaté ? L’avocat d’Yves Loffredo veut annuler l’appel de la première décision (cf. retrait de trois passages) au profit de ses nouvelles actions intentées en août. Un appel qu’il a lui-même interjeté ! Coutant-Peyre refuse et demande le report du procès.
     L’avocat de Loffredo prend la parole, mais j’arrive à peine à l’entendre. Pourtant, nous sommes aux premiers rangs, à cinq mètres de lui. Manque d’éloquence ou manque de conviction ? Ses arguments sont les suivants : Nabe n’a pas respecté l’ordonnance du juge Rondeau du 10 février qui imposait le retrait de trois courts passages, dont celui sur l’ivresse d’Yves. Pour preuve, l’avocat lit le passage que Nabe a écrit pour mentionner la nuit d’ivresse et la décision du juge.
     L’avocat lit le paragraphe qui se termine par « sombre merde », sans qu’il n’y ait de réaction, sauf de discrets rires sur les bancs… Les passages ont été retirés, mais la mention de l’ivresse est présente car le juge des référés n’a jamais demandé à Nabe de la supprimer…
     Nabe a donc bien respecté l’ordonnance. L’avocat maintient que l’évocation du passé skinhead de Loffredo peut lui porter préjudice, dans son milieu de publicitaire, mais n’en apporte aucun élément : a-t-il réellement souffert d’un quelconque préjudice ? Je suis frappé par la faiblesse du dossier Loffredo et les difficultés pour son avocat à le plaider. Quand on lit Les Porcs, on voit un Loffredo parfois ridicule, parfois lent, mais admiratif de Nabe. J’apprendrai plus tard, en lisant Nabe’s News qu’il participait lui-même à la conception du livre, précisant certaines anecdotes !

     L’audience est interrompue à 17h25 pour laisser au juge le temps de délibérer. Cinq minutes plus tard, le tribunal revient et donne sa décision : il suit l’avocate de Nabe et décide de renvoyer le procès au 20 décembre 2017. L’appel de la décision est maintenu. Tout faux pour Loffredo… Dehors, la conversation entre Nabe et Coutant-Peyre est interrompue par l’avocat de Loffredo, qui semblait inquiet. Les chances de son client sont minces. En même temps, la défense de l’avocat est changeante : un jour Yves Loffredo n’a rien à voir avec Nabe, un autre, c’est un pilier de l’anti-édition dont les droits ont été floués…

     Loffredo affirme beaucoup, mais n’apporte aucune preuve. Les liens entre Loffredo et Nabe sont connus : des photos, des vidéos, des témoignages, et son nom (ou les initiales) sont présents sur les tracts, les affiches pour les galeries et toutes les anti-éditions (à l’exception de Patience 2). Les menaces sur l’anti-édition sont réelles et il est dommage qu’elles viennent d’un ex-allié, et non d’un ennemi d’aujourd’hui. Loffredo ne voulait pas être connu ? Maintenant, quand on tape « Yves Loffredo » dans Google, le premier résultat que l’on trouve est son portrait sur Nabe’s News

     Fin de la séance : Un flic ayant arrêté Carlos est venu saluer très respectueusement Coutant-Peyre bavardant de façon complice en compagnie de Nabe. Réflexion triste du pauvre Brault en jetant un coup d’œil aussi sur le notre groupe :
     — Je vois que chacun a son fan club…
     Et l’avocat du Judas va piteusement ôter sa robe au vestiaire… On le voit ressortir en civil, et fuir le Palais pour raconter la mauvaise nouvelle (le report au 20 décembre) par téléphone aux Loffredo.. Alors que nous tous (une bonne dizaine de personnes) allons boire joyeusement un verre au café le plus proche!

DrMarty