vendredi 29 janvier 2021
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Salim Laïbi condamné à…

…200 euros ! Voilà à quoi ça a servi à Nabe de venir de Lausanne, de préparer seul sa défense, alors que Laïbi était lui tranquille à Marseille, faisant ses vidéos quotidiennes de propagande contre le Gouvernement responsable, à l’entendre, de la pandémie de COVID-19, tout en laissant son avocat maître Toussaint (pourquoi pas Haoulia ?) planter les juges sous prétexte de contact avec un cas positif…
     La longue plaidoirie fouillée et travaillée de l’auteur des Porcs, exposée pendant plus de 30 minutes, vous la retrouverez dans les poubelles du Palais de Justice à côté de ma compile de 200 pages : Chronologie de l’activisme complotiste de Salim Laïbi (2007 – 2020). On peut être certain que les juges l’ont à peine feuilletée alors qu’il s’agit d’un travail inédit sur le complotisme. Personne n’avait fait ce boulot de recherche, de retranscription, de synthèse de la folie conspie d’un seul homme ! 200 pages, 200 euros ? Cette synthèse servira à ceux qui ont compris que le complotisme est le mal de notre époque, qu’il a des caractéristiques propres qui doivent être analysées, un phénomène encore trop souvent réduit par les marottes de militants antiracistes qui ne le voient que comme une nouvelle expression du vieux racisme… Ou pire, par les universitaires tellement « spécialistes » d’un sujet qu’ils en recherchent des traces partout ailleurs pour dévoyer le véritable sens du complotisme. Tant pis pour les juges inconscients qui ont raté une occasion de faire jurisprudence en la matière !
     Oui, l’affaire portait sur le tableau brûlé, et pas sur le complotisme de Salim Laïbi, mais qu’a fait Laïbi si ce n’est exprimer son complotisme en brûlant le tableau dans une parodie des attentats du 11-Septembre ? « On juge des faits, on ne juge pas un homme » était la grande phrase proférée le jour de l’audience, mais en lisant attentivement la décision en appel, on comprend qu’elle confirme celle rendue en première instance en 2018 par la juge Cécile Louis-Loyant, qui avait adapté la peine infligée à Laïbi en tenant compte de la personnalité de Nabe : « L’attitude de M. ZANNINI justifie la réduction de son droit à indemnisation. » Rappelons que lors de l’audience du 9 février 2018, « lattitude » de Nabe était celle d’un plaignant silencieux, qui s’est limité à répondre « Non » à une question posée par l’avocate de Laïbi, maître Naïma Haoulia…
     Sur quoi les juges se basaient-ils pour déterminer l’attitude de Nabe ? Sur le dossier de défense de l’avocate de Laïbi ! On rêve ? Hélas, non… Une fois traduit par l’appareil judiciaire, on lit que Nabe fait « de la polémique un fonds de commerce », s’affiche « publiquement dans une posture de destruction revendiquée de l’ouvrage d’un écrivain renommé » et dénigre « la répression légale des atteintes publiques au droit de la représentation des œuvres » (et traduit par moi par « Nabe se fout du droit d’auteur »). Comment peut-on prétendre juger impartialement quand ses propres mots et arguments sont ceux d’une des parties au procès, qui plus est celle mise en accusation ?
     L’appel sans appel dit en substance : « Monsieur Zannini, vous ne pouvez prétendre à la réparation de votre préjudice moral, puisque vous êtes ce que vous êtes. » Les juges en première instance ont décidé en fonction de la personnalité du plaignant, et en appel, ils se sont désintéressés de celle de l’accusé puisque « M. Zannini n’a pas apporté d’éléments qui puissent remettre en cause le raisonnement des premiers juges. » Donc ni plaidoirie ni chronologie… À croire que Nabe est venu au tribunal les mains dans ses poches percées. De qui les juges faisaient-ils le procès ?…
     Le verdict de la juge Perret sonne comme une punition contre Nabe, car elle ne lui a pas accordé les frais d’avocats naturels pour tout plaideur (3 000 euros), sous prétexte qu’il n’était pas un professionnel ! Au lieu de récompenser ce travail personnel convaincu et convaincant, et qui plus est allant dans le sens de l’hostilité connue, plus ou moins feutrée, des magistrats envers les avocats, madame Florence Perret montre ainsi qu’elle compte pour rien au passage l’un des textes les plus forts de Nabe’s News et la première plaidoirie rédigée dans un langage juridique par Marc-Édouard Nabe himself ! Car, en effet, qui aurait fait mieux ? Le problème, c’est que les institutions ne font confiance qu’aux institutions, entre elles…
     À quoi reconnaît-on un « vrai » avocat ? C’est celui que l’on paie pour récupérer moins que ce qu’il coûte. Et puis, l’avocat général Yves Micolet était du côté de Nabe quand il s’est agi de maintenir l’audience et de le soutenir dans ses demandes financières raisonnables (14 000 euros en tout). Que fit madame Florence Perret ? Elle décida de passer outre l’avis de l’avocat pour ne rien donner de plus à Nabe… Une solution plus juste aurait été de condamner Laïbi à au moins 3 000 euros, pour qu’une fois ajoutés aux 4 500 euros en première instance (en 2018), le montant total corresponde à la moitié des demandes de Nabe en appel, soit 7 500 euros.
     C’est une déception, mais on se consolera en se disant que Nabe, en une seule plainte, a réussi à faire mettre en examen Laïbi, le faire condamner en première instance et en appel, alors que l’inverse n’est pas vrai : convoqué, rappelé à la loi, classé sans suite peut-être (après les harcèlements judiciaires de Laïbi), mais jamais Nabe n’a été condamné à verser quoi que ce soit au porc pro-Raoult de Marseille…
     Nabe attend donc le misérable chèque de 200 euros ordonné par les juges pour payer ses courses à la Migros ou plutôt au Denner de Lausanne. D’ailleurs, pourquoi 200 euros ? Encore une preuve de la mesquinerie judiciaire : c’est l’exacte somme d’un billet de train aller-retour Lausanne-Paris ! Au moins là, les juges se sont bien renseignés !…

« Docteur Marty »